Disparitions de mineurs étrangers des institutions

8.02.10

L’Abrincate a piloté une campagne d’alerte sur la disparition des mineurs étrangers non accompagnés (M.E.N.A.) des institutions où les autorités des pays d’accueil les ont placés … pour leur protection ! »

Extraits des documents de cette campagne :

Introduction :

Dès la fin de 1999, nous avons entrepris de travailler à la prévention, à l’accueil et au rapatriement volontaire assisté de mineurs venant d’Albanie et rencontrés en Grèce.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, nous avons développé des opérations spécifiques de lutte transnationale contre la traite des enfants. Durant l’enquête préliminaire, des informations diffuses, approximatives et invérifiables, faisaient cependant état de centaines d’enfants étrangers placés dans les institutions par les autorités des pays d’accueil, mais qui disparaissaient de ces institutions: fugues, départs volontaires, ou sous une forme ou une autre de contrainte.

D’autres informations parcellaires de même nature, collectées de manière occasionnelle, nous sont progressivement
parvenues de différents pays européens. Jusqu’au jour où il nous est apparu que derrière ces informations allusives se cachaient probablement des réalités humaines à une échelle autrement plus significative que ce qui est présenté comme un simple phénomène marginal et secondaire.

Rien pourtant ne justifie que des enfants, qui ont une capacité relative de discernement, d’expression et le cas échéant, de défense, disparaissent de toute visibilité sociale et de toute responsabilité légale, n’entraînant comme réaction, au mieux, qu’un sentiment de fatalité et d’impuissance et au pire une sorte de soulagement face aux coûts et aux responsabilités légales… qui disparaissent en même temps que les enfants eux-mêmes.

Si nos propres enfants étaient placés en institution, pour quelque motif que ce soit, par des autorités du pays,
celles-ci, en cas de disparition, engageraient avec effet immédiat des procédures de recherche tous azimuts
et de manière durable. Or concernant les mineurs étrangers non accompagnés, la Convention internationale
relative aux droits de l’enfant, ratifiée par la quasi-totalité des pays du monde, est très explicite. Selon l’alinéa
2 de l’article 22,  » (…) le mineur étranger non accompagné se voit accorder … la même protection que tout autre
enfant définitivement ou temporairement privé de son milieu familial pour quelque raison que ce soit. »
source photo

Les mineurs qui disparaissent des institutions où les autorités les ont placés pour leur protection, sont-ils soumis aux mêmes procédures de recherche ? Sinon, serait-ce parce qu’étant non accompagnés, personne ne les réclamera ?
Il nous est donc apparu essentiel de procéder à une enquête sur ces réalités, sur la validité des termes employés
pour les qualifier, sur la responsabilité légale des différents acteurs concernés, en essayant d’appréhender l’extrême
complexité des situations, de déterminer les meilleures pratiques constatées chez les professionnels,
et de formuler des recommandations sur le plan légal et institutionnel. Il faut, au moins, pouvoir dire que le
maximum a été fait – obligation de moyens – à défaut de garantir mécaniquement la réussite des procédures,
sachant qu’il ne peut y avoir de solution uniforme face à la diversité des situations.

Toutes les littératures du monde regorgent de récits bouleversants d’humanité, de migrants, y compris mineurs,
dans des parcours du combattant où ils ont parfois trouvé, malgré tout, des opportunités de forger leur destin.
Pour des centaines d’enfants, en Europe, qui disparaissent des institutions où ils ont été placés par les autorités,
le pire n’est pas sûr. Mais, pour une partie d’entre eux, le pire est possible et personne n’en saura jamais rien.
Nous sommes conscients que certains enfants migrent en quête d’un avenir meilleur et méritent d’être soutenus
dans leurs efforts. Nombre d’entre eux arrivent sans encombre, ce qui n’enlève rien à leur besoin de protection
car UN SEUL enfant exploité ou trafiqué, c’est déjà trop. D’où l’enquête que nous avons réalisé.

Quoi qu’il en soit, tout doit être mis en oeuvre pour qu’on ne puisse plus jamais lire la phrase suivante:  » Presque
90 % des requérants d’asile (…) quittent le domaine de l’asile par des départs non officiels. Sans cette soupape, la
politique d’asile devrait assumer un fardeau social et financier qu’elle ne pourrait pas porter. Les disparitions – qu’on le veuille ou non – remplissent ainsi une fonction clé dans la gestion des flux migratoires. » (…)

« Les mineurs non accompagnés constituent une catégorie spécifique, parce qu’ils sont enfants, parce qu’ils sont
migrants et parce qu’ils ne sont pas accompagnés. Cette triple vulnérabilité exige une considération et une
protection particulières. L’art. 20, par. 1 de la CDE reconnaît cette situation:  » Tout enfant qui est temporairement
ou définitivement privé de son milieu familial (…) a droit à une protection et une aide spéciales de l’Etat. »
Dès lors que les enfants reçoivent une protection de remplacement – et dans les cas étudiés dans ce dossier,
un placement institutionnel – ils ont droit à la même attention et aux mêmes prestations de qualité que tous
les autres enfants placés, dès leur admission comme dans les préparatifs et l’exécution de la libération. Si donc
un enfant, quel que soit son statut, et quel qu’en soit le motif, disparaît d’une institution, toutes les procédures
habituelles doivent être déclenchées: la responsabilité de l’institution, et celle de l’Etat, sont engagées. »
(…)

Extraits de la Conclusion  de la publication :
 » Certains mécanismes de prévention des disparitions sont en place et fonctionnent bien: ils sont adaptés aux besoins spécifiques des mineurs étrangers non accompagnés, et préviennent les risques de manière proportionnée au degré   de vulnérabilité de chaque enfant. Des centaines de professionnels en contact direct avec les MENA affrontent
quotidiennement l’absurdité de systèmes inadaptés et trouvent pourtant des solutions. La première source
de solutions jaillit souvent de la capacité de l’enfant à agir, à devenir acteur de son propre développement, à
décider de son avenir. Il s’agit donc de mettre en place des mécanismes qui permettent une telle évolution
individuelle, quitte à ce que le mineur s’éloigne de l’institution avant sa majorité. Mais cela doit se faire
en toute transparence et en aucun cas dans la clandestinité, le non-dit, l’irresponsabilité, et dans l’intérêt
supérieur de l’enfant, protégé par la Convention relative aux droits de l’enfant.
Une institution adaptée doit intégrer la possibilité de sa propre insuffisance à gérer tous les cas et à négocier
un départ qui ne serait ni une disparition, ni une fugue, mais la conjonction de l’exercice d’une liberté
pour le mineur et d’une responsabilité de la part de l’institution. »

L’intégralité du dossier et de l’enquête (85 pages en français et en anglais)
est disponible sur demande par email,
ou par commentaire de ce billet du blog.
Voir aussi un précédent billet de ce blog .


Les chimpanzés altruistes pratiquent l’adoption

7.02.10

Dans un article de Maxisciences publié le 30 janvier dernier , on apprend ceci :

 » Des scientifiques allemands ont découvert que les chimpanzés étaient capables d’actes altruistes, comme adopter de jeunes orphelins, au même titre que l’Homme.

Une étude a recensé 18 cas d’adoption chez des chimpanzés non liés par le sang, dans leur milieu naturel, en Côte d’Ivoire. Il semblerait donc que cette pratique et, par conséquent,  l’altruisme en général, ne soient pas spécifiques à la race humaine.

En effet, les chimpanzés adultes donnaient beaucoup de leur énergie, de leur temps et de leur nourriture au jeune chimpanzé qu’ils avaient recueilli suite à la mort de ses parents génétiques. Ils lui offraient protection sans rien attendre en retour. Ce genre de comportement peut être rapporté chez des animaux domestiques comme les chiens et chats mais les chercheurs, après avoir étudié des singes en captivité, pensaient qu’il n’était vraiment répandu que chez l’Homme.

L’altruisme ne serait donc pas spécifiquement un comportement humain. Des exemples ont déjà été rapportés chez d’autres espèces comme les chauves-souris vampires : celles-ci régurgitent une partie de leur nourriture (en l’occurrence du sang, d’où leur nom) afin de la partager avec les chauves-souris qui n’auraient pas réussi à se nourrir. De même, les singes verts guettent et donnent l’alarme à leur groupe dans le but de le protéger des prédateurs, quitte à se mettre eux-mêmes en péril.

Cependant, certains scientifiques qualifient ces situations de donnant-donnant : l’animal ne partagerait pas sa nourriture par pur altruisme, mais pour que ses congénères se comportent de la même façon lorsque la situation sera inversée, quand lui-même sera dans le besoin.

Pourtant, dans le cas de l’adoption, il n’y a aucun rendu possible. Les chimpanzés auraient beaucoup plus de facilité à vivre sans un jeune à nourrir, surveiller et éduquer pendant des années.

Les chercheurs ont également remarqué que le nombre d’adoptions pour chaque sexe était quasiment le même, seul un mâle s’est révélé être finalement le père génétique de ce qu’il pensait être son enfant adoptif. De plus, les mâles jouent naturellement le rôle des femelles : ils portent leur jeune sur le dos, l’aident à grimper aux arbres et partagent leur abri avec lui.

La raison pour laquelle les singes en captivité ne débordent pas d’altruisme résiderait dans le fait qu’ils bénéficient de tous les soins et de la nourriture nécessaires à leur survie. A l’opposé, dans leur environnement naturel parfois hostile, ils ont développé une forme de solidarité qui les a incités à venir en aide aux autres. De plus, on pourrait supposer qu’au même titre que les humains en prison, les singes en captivité ne bénéficient pas d’un milieu enclin à une quelconque forme d’altruisme. »

*************

Euh…. quelques leçons à tirer de l’évolution des sociétés humaines, dites « post-modernes » ?

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Hommage à Jyoti Basu (« who’s that man ? »…)

7.02.10

Jyoti Basu est décédé le 17 janvier 2010 dans un hôpital de Calcutta, à l’âge de 95 ans…
«  Who’s that man ? « 

S’il y a une chance que vous acceptiez d’imaginer que Calcutta  - aujourd’hui appelée Kolkata – est autre chose qu’un amas de bidonvilles, sillonné d’âmes charitables, que cette capitale culturelle a donné à l’Inde son premier Prix Nobel de littérature (Rabindranath Tagore … en 1913), que cette ville-port a été la capitale de l’Empire des Indes et que dès le début du vingtième siècle, l’heure était déjà à certaines formes de mondialisation, alors vous serez peut-être curieux de découvrir qui était Mr Jyoti Basu.

Né à Calcutta en 1914 d’une famille bourgeoise de médecins, Joyti Basu fait ses études au Lycée catholique St Xavier, le lycée des Jésuites. Il part à Londres étudier le droit et y découvre le marxisme. Etudiant activiste anti-colonial, il revient à Calcutta en 1940. Il renonce à la carrière d’avocat et s’engage à temps plein dans les syndicats de chemins de fer. Après l’indépendance en 1947, il fut arrêté et incarcéré à plusieurs reprises pour ses activités d’opposant politique. Communiste tendance internationaliste, il soutient… Pékin dans la guerre sino-indienne en 1962.
Mais là se situe une étape très importante par rapport à beaucoup de ses contemporains initiés au marxisme via un séjour d’études en Occident : il refuse de suivre la tendance maoïste et oriente son parti vers l’approche parlementaire. Il se présente donc logiquement aux élections générales du Bengale Occidental (West-Bengal) dont il devient le Chief-Minister en 1977.

Jyoti Basu prête serment, en février 1969, au Parlement régional
et prend,en 1977, ses fonctions de Premier Ministre Communiste de l’Etat du Bengale occidental.

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Avec Indira Ghandi en 1984 :

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Avec Nelson Mandela

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Accueillant Yasser Arafat dans le grand stade de Calcutta :

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En 1997, 3 ans avant la fin de l’exercice du pouvoir:

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De 1977 à l’an 2000, pendant 24 ans, Joyti Basu dirigea un véritable pays de 80 millions d’habitants avec  des résultats certes insuffisants, mais nullement déshonorants : un taux d’alphabétisation de 70 %, dans une population rurale à 72 %, une espérance de vie moyenne de 64 ans, un peu plus élevés que la moyenne de l’Etat indien, alors que le niveau de criminalité est de loin plus faible que dans l’ensemble de l’Union Indienne. L’Etat du Bengale occidental est le seul Etat de l’Union Indienne qui dispose d’une Commission des Droits de l’homme…

Le 7 février 2010, après son décès, des militants manifestent à Kolkata pour protester contre la hausse des prix et contre la politique anti-terroriste, et les manifestants se présentent tous avec la masque du visage de Joyti Basu, décédé moins d’un mois avant :

Party cadres wearing the masks of veteran communist leader Jyoti Basu who died last month, participate in a rally to protest against price hike and political terrorism, in Calcutta, India, Sunday, Feb. 7, 2010. According to a local news agency, Indian Prime Minister Manmohan Singh met chief ministers of states in New Delhi Saturday and said the worst of food inflation is over and the situation will ease soon.

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Le leader actuel qui remplace Joyti Basu, Biman Bose, a fait un discours devant les Chambres de Commerce en présence d’un grand nombre de patrons et chefs d’entreprise et leur a adressé un discours assez éloigné de la lutte des classes  :“ Jyoti Basu told the workers to do their duties and asked the employers to look after the workers in order to promote industrial harmony. He told workers to make just demands and to go on strike if they are not met, but he also asked them to carry out their duties, just as he advised industrial houses to look after the interests of the workers.”

Et comme le précise l’article du « Monde » retraçant la vie de Joyti Basu :  » En fin de mandat, il aura préparé la voie à la grande mutation du communisme bengali, désormais converti à la voie chinoise de l’ouverture au grand capital – y compris multinational –  afin de redynamiser une économie locale décrépite. « Le socialisme à ce stade n’est pas réalisable », a-t-il déclaré, en 2008, afin de justifier le retournement doctrinal.
La recette de jouvence menace aujourd’hui de muter en poison mortel.
Depuis l’aggiornamento, le PCI ne cesse de s’affaiblir dans les urnes bengalies. »

Il fut avoir arpenté les avenues de Calcutta au début des années 1980 pour mesurer l’impact de l’idéologie communiste, à l’époque, dans l’Etat du West-Bengal, les millions de grafittis dans les rues, les manifestations quasi-quotidiennes en tous genres, etc, avec le sentiment que Calcutta était un monde en soi, impénétrable aux cerveaux occidentaux, ne serait-ce que la cohabitation de fêtes religieuses hindoues et musulmanes au cours de la même semaine d’octobre 1983, tandis que le grand journal quotidien (« The Statesman« ) titrait à la une : «  7 000 personnes ont été arrêtées à titre préventif pour éviter les heurts entre hindous et musulmans ».

Avec la disparition de Joyti Basu, c’est toute une histoire qui s’efface, celles de générations qui ont placé leur horizon de vie et de travail dans une idéologie à visée mondiale. Et tandis que le  monde entier voyait Calcutta comme la scène la plus noire de la misère sociale et économique, avec un gouvernement communiste cohabitant quotidiennement avec les « Missionnaires de la Charité » (Mère Teresa, albanaise d’origine…), la nouvelle génération, qui ne s’embarrasse pas de ces idéologies, donne le sentiment que l’Inde devient une grande puissance mondiale – en tous cas émergente.

Dans l’Inde éternelle aussi, le monde change à grande vitesse…

Car si, du temps de la jeunesse de Joyti Basu, il était essentiel de faire des études à Londres,  pour y apprendre la lecture du monde à venir, c’est désormais l’inverse pour la génération d’aujourd’hui : il serait essentiel que quantité d’étudiants occidentaux aillent voir sur place comment on développe une économie réelle avec le micro-crédit, comment une société démocratique fonctionne avec un tiers de l’électorat analphabète et comment on développe des systèmes éducatifs novateurs, comme l’ »éducation fonctionnelle », pour des populations  qui n’auront jamais les moyens de payer des scolarités à l’occidentale,etc…

Indian Coffee House, Kolkata par asis k. chatt

Source photo : Indian Coffee House, Kolkata


Camus: « Au plus noir de notre nihilisme, j’ai cherché… »

1.02.10

Extraits libres d’un numéro hors-série
du « Magazine Littéraire« , consacré à Albert Camus
(les citations sans références sont extraites d’articles
qui ne les indiquent pas…)

:

“ Je suis né pauvre, sous un ciel heureux, dans une nature avec laquelle on sent un accord, non une hostilité. Je n’ai donc pas commencé par le déchirement, mais par la plénitude. ” (Essais, Gallimard 1967, p.380)

“Au plus noir de notre nihilisme, j’ai cherché seulement des raisons de dépasser ce nihilisme.
Et non point d’ailleurs par vertu, ni par une rare élévation de l’âme, mais par fidélité instinctive à une lumière où je suis né et où, depuis des millénaires, les hommes ont appris à saluer la vie jusque dans la souffrance.”
(L’été, L’énigme, Essais, p. 865)

 » Je suis de ceux que Pascal gouverne, mais ne convertit pas. »

« J’ai choisi la justice pour rester fidèle à la terre. »

 » Pour moi, Dostoïevski est d’abord l’écrivain qui, bien avant Nietzsche, a su discerner le nihilisme contemporain, le définir, prédire ses suites, monstrueuses, et tenter d’indiquer les voies du salut. »

 » Si tu veux être philosophe, écris des romans. »


 » Le démocrate est modeste, il sait qu’il ne sait pas tout, il accepte de réfléchir aux arguments de son adversaire. »

« La morale d’un homme, son échelle de valeurs, n’ont de sens que par la quantité et la variété d’exppériences qqu’il lui a été donné d’accumuler. »

 » Le privilège du mensonge est de toujours vaincre celui qui prétend se servir de lui. Et aucune vertu ne peut s’allier à lui sans mourir. »

 » Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non.
Mais s’il refuse, il ne renonce pas: c’est aussi un homme qui dit oui, dès don premier mouvement. »
(..)
 » Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur ».(…)
 » Si confusément que ce soit, une prise de conscience naît du mouvement de révolte : la perception soudain éclatante qu’il y a dans l’homme quelque chose à quoi l’homme peut s’identifier. »(…)
 » Plutôt mourir debout que vivre à genoux. »(…)
 » Je me révolte, donc nous sommes. »(…)
 » Le révolutionnaire est en même temps révolté, ou alors il n’est plus révolutionnaire, mais policier et fonctionnaire qui se tourne contre la révolte. Mais, s’il est révolté, il finit par se dresser contre la révolution… »
« Tout révolutionnaire finit en oppresseur ou en hérétique. »
(…)
 » On commence toujours par vouloir la justice et on finit toujours par créer une police. »


Quand on lui demandait s’il appartenait à la gauche, il répondait :  » Oui, malgré moi et malgré elle. » (Oliver Todd)

 » Lui qui est né «  à égale distance de la misère et du soleil », la misère lui a appris la nécessité de l’engagement politique, le soleil que l’engagement n’est pas tout. » (Alain Finkielkraut).

 » Camus lie révolte et mesure, ce qui le conduit à une critique de la révolution au nom de la révolte authentique : le refus de voir l’homme traité en chose, en objet exclusivement historique. Cela va bien au-delà du simple constat sur l’échec des régimes totalitaires : cela met en jeu des impulsions fondamentales de la modernité. » (Alain Finkielkraut)

Camus était  » un petit pied-noir entré par effraction dans le salon des idées qui dérangeait les beaux esprits, éternels ricaneurs, distrayants sans doute pour l’ordinaire des vies (nous en
connaissons tous), mais au fond très lassants, non à force de fiel mais d’impuissance. Je crois que Camus ne supportait pas cette impuissance,
(…) et les petits messieurs de la rive gauche ne supportaient pas son énergie à créer. Ils lui ont reproché sa façon de toujours s’installer ailleurs, en-dehors, plus loin, en s’écartant de la vanité des polémiques habituelles, littéraires ou politiques.
Camus a payé au prix fort son souci de se dégager de la tribu instruite, en solitude,. »
(Daniel FRondeau).

Voilà qui mouchera pour longtemps celles et ceux qui ont fait d’Albert Camus un « second couteau », probablement parce que né et vécu en-dehors du boulevard périphérique parisien…


Une nouvelle science : l’élasticité des statistiques

31.01.10

Dans « 24 Heures », quotidien suisse romand (10.01.10),
sous le titre : « Les taux de chômage sont faux »,
on peut lire  ceci:

(…)  » Le taux de chômage helvétique est calculé sur la base du recensement fédéral (= national) de la population datant de l’an 2000. Pour Genève, ce dernier dénombrait une population active de 217 000 personnes.
Si l’on compare à ce total les 15 930 chômeurs inscrits au mois de décembre, c’est sûr, on obtient 7.2%. Mais il y a là comme un gros bug…
En effet, le nombre de places de travail a considérablement augmenté dans le canton à 242 000.
Dès lors, les quelques 16 000 sans-emplois inscrits ne représentent plus que 6,6% soit une différence de près de 10 % ! »(…) Les cantons de Vaud et du Tessin, où la démographie a beaucoup progressé(…) pourraient rejoindre la grogne genevoise contre un statistique qu’ils jugent trompeuse. »(…)

« Au SECO (Service Fédéral de l’Economie) on se dit conscient  de ce problème de recensement.
Mais le Directeur du travail nuance toutefois :  » Dans l’arc lémanique, les frontaliers ne sont pas du tout comptabilisés dans les chiffres du chômage , puisque ce derniers ne prennent en compte que la population active résidante ».
A l’échelle nationale,  si  le référentiel était la population active actuelle, le taux de chômage ne serait plus de 4,4% mais de 3.8% (…)

Tout cela en dit long sur la validité des statistiques utilisés à longueur de journée par les politiques et les médias pour nous convaincre de quelque chose…. Il ne s’agit pas de hurler aux mensonges, mais on aimerait avoir la certitude que l’on compare ce qui est comparable…
Qu’il s’agisse des statistiques du chômage, de celles de la criminalité, ou des performances boursières, l’essentiel n’est pas – finalement – tant leur validité que l’heure à laquelle on les diffuse dans les média, de préférence très tôt le matin pour que ces pourcentages aient les effets voulus de communication (et non pas d’information) dans « les temps de cerveaux disponibles « …

Sur le thème des statistiques, voir les billets précédents :

 » Délinquance juvénile : mais qu’est-ce qu’on nous raconte ? »

 » Les faits, les chiffres, les indicateurs …et la réalité »


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J. Dutronc : gentleman d’une dérision pas si dérisoire…

26.01.10

En prévision de son concert du 5 février à l’Arena de Genève,
Jacques Dutronc (66 ans)
répond aux questions d’un journaliste
du quotidien suisse « 24 heures ».
IMG_0037 par yXeLLe ~@rtBrut~

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Extraits libres de l’interview :

Question :  On vous dit feignant, vous avez accepté 60 concerts…
Réponse :  » Oh non… Au début c’était 51, comme le pastis, mais on va arriver à 80(…)
C’est sans fin, je vais finir sous perfusion et en déambulateur…

Q : Comment expliquez-vous cette popularité sans faille, malgré vos longues périodes de retraite, en ermite ?
R:  » C’est aux gens qu’il faut le demander : ça prouve que je n’ai pas besoin d’être dans Paris-Match toutes les semaines pour annoncer que je vais faire caca ou me marier avec la princesse machin. »(…)

Q : C’est votre fils qui vous a poussé à remonter sur scène ?
R :  » En partie oui. (…) J’ai dû rester trois mois dans une chambre d’hôpital. Et pendant les visites, Thomas me rapportait que le public de ses concerts réclamait mon retour.(…)
La décision n’a pas été facile. Finalement, j’ai demandé à mes chats. J’ai préparé deux gamelles avec la même nourriture et la majorité s’est dirigée sur celle marquée « tournée« . En gros, ça s’est joué à 20 chats contre 10. »(…)

Q : Un nouveau disque est-il envisagé ?
R : «  Peut-être que la tournée fera naître une envie. Mais pour dire quoi ?

Q : Vous auriez quelque chose à dire ?
R : «  Non. Mais je veux que ça se sache…. »

Dans les encarts de l’article, on apprend que la fameuse chanson  » Il est cinq heures, Paris s’éveille  » est sortie deux mois avant mai 1968, et que  » L’opportuniste  » est sorti trois mois après mai 1968…
Et le journaliste le décrit ainsi :  » A la fois appliqué et décalé, professionnel et dilettante, gueulard et sophistiqué, chaud lapin et marié de longue date à Françoise Hardy, (il) fit du show-business un terrain de jeu pour son personnage cynique et provocateur. »

On y ajoutera que Dutronc, à l’époque, c’était aussi une potion magique contre la « prise de tête »… sur des mélodies et des arrangements de grande qualité et qui ont survécu à toutes les modes qui ont suivi.

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L’Opportuniste

« Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste

 

 

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n’ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
J’fais confiance aux électeurs
Et j’en profite pour faire mon beurre

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les partys
Je suis de toutes les cauteries
Je suis le roi des convertis

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu’un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l’ai tellement retournée
Qu’ell’ craqu’ de tous côtés
A la prochain’ révolution
Je retourn’ mon pantalon

Citations de Jacques Dutronc :

 » Adam avait-il un nombril ? « 

«  J’ai arrêté de croire au Père Noël le jour où, dans une galerie marchande, il m’a demandé un autographe… »

 » Je ne parle pas aux journalistes, je réponds juste aux questions. »

 » Je suis pour l’augmentation du goût de la vie. »

 » La politique, c’est un des rares métiers du spectacle où l’on voit toujours les mêmes acteurs, le même scénario, les mêmes décors et les mêmes costumes, et personne ne dit rien. »

Etc…

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Haïti (2) :  » le crayon de Dieu n’a pas de gomme « …

24.01.10

Assisté ce vendredi 22.01.10 à une soirée de solidarité avec le peuple de Haïti, dans un amphi de l’Université (UNI-Mail) de Genève .

Pas de programme, pas d’agenda, mais de simples prises de parole en public, que l’on soit Haïtien ou de n’importe où ailleurs.
Un journaliste donne la parole successivement à celles-ceux qui veulent la prendre. Pas d’applaudissements : chacun est invité, chacun est remercié. On y entend d’ailleurs un pasteur protestant dire que le mot prière n’est pas spécifiquement chrétien et que sa définition signifie « prise de parole » ou quelque choses comme « dépôt de parole ».
Quelles paroles mettre sur une tragédie de cette ampleur ?

Une intervenante haïtienne témoigne, puis fond en larmes, en disant qu’elle n’ose plus rencontrer un-e compatriote, le-la regarder dans les yeux pour lui demander «  comment ça va ?  » puisque chacun-e sait que chacun-e est en deuil de quelqu’un.
Elle termine : «  Comment évaluer la douleur sur l’échelle de Richter ?« …Silence…

Haiti Earthquake - destruction as seen from the plane par IFRC

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Un autre intervenant : «  Toutes les bibliothèques du pays sont par terre. Y compris celle constituée par les Jésuites et qui restituait toute l’histoire du pays. L’Ecole Normale s’est effondrée sur ses étudiant-e-s, l’Ecole d’infirmières s’est effondrée sur ses étudiantes… »

Le Chargé d’affaires du Sénégal à Genève mentionne les initiatives prises par le président Wade au niveau de Nations Unies. Mais il ajoute – très officiellement – le « droit au retour » des Haïtiens dans leur Afrique natale …

Quelqu’un cite un poète haïtien :  » Le crayon de Dieu n’a pas de gomme.« 

Un jeune juriste haïtien en formation Suisse : «  On parle de mettre Haïti « sous tutelle » et d’inventer le statut de « pupille de l’humanité » (Régis Debray). Il faut aider Haïti à se reconstruire, mais bien faire la différence entre l’élite intellectuelle, qui est remarquable, et l’élite politique, qui a pillé le pays. »

Un autre intervenant fait remarquer que les foules qui quittent Port-au-Prince pour rejoindre la campagne sont les mêmes qui, affamées dans les campagnes, avaient rejoint la capitale pour tenter d’y survivre (exode rural), en raison de l’invasion de produits alimentaires étrangers qui ont détruit l’agriculture vivrière traditionnelle. Donc, si l’aide alimentaire extérieure est vitale pour les semaines à venir, cette catastrophe serait peut-être l’occasion de renverser les raisonnements économiques pour revenir à une économie vivrière nationale.
Mais les multinationales de l’alimentaire le permettront-elles ?

Plusieurs intervenants lancent des appels à la diaspora haïtienne, faite souvent de personnes remarquables, compétentes, formées à l’étranger…mais qui sont restées à l’étranger…

Seule question qui n’a pas été abordée au cours de la soirée : comme beaucoup de pays parmi les plus pauvres, les élites intellectuelles vont accomplir et terminer leurs études en Europe et aux Etats-Unis, s’y intègrent, y fondent leur famille,etc…

Mobiliser la disapora est une exellente chose, mais est-ce l’argent qui manquera ou les compétences ? Les deux probablement…
Mais si les compétences nationales de Haïti se trouvent dans la diaspora à l’étranger, il ne faudra pas s’étonner que tout l’argent de l’aide investi pour la reconstruction disparaîtra de nouveau dans les poches d’une caste d’escrocs (étrangers et nationaux)qui se drapent -comme d’habitude – dans la soie de la « souveraineté nationale » du pays…

Et on recommencera comme avant. Si toutes les compétences haïtiennes capables de reconstruire le pays et de faire vivre un Etat sont – et restent – à l’étranger, il ne faut pas s’étonner que seuls les escrocs prennent le pouvoir et tirent les ficelles sur place, souvent manipulés par des puissances politiques ou économiques extérieures…

Voilà la seule question qui n’est pas posée, et à laquelle, pourtant, seule la diaspora haïtienne peut répondre :  » Qui acceptera de mettre ses compétences au service de son pays, mais sur place ? « 

Haitians Wave to U.S. Helicopter After Food and Water Delivery par United Nations Photo

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Haïti (1): séisme dans le monde du sous-sol…

18.01.10

A l’heure d’écrire ces lignes, combien de centaines  – combien de milliers ? – de personnes coincées sous les gravats attendent la mort en écoutant les bruits sourds de la rue, les valses d’hélicoptère, et, si la lucidité est encore vive, en espérant que la mort viendra avant l’arrivée des engins de terrassement et de déblayage, et en se disant que peut-être personne ne savait qu’ils étaient là où le séisme les a surpris, et que personne ne les réclamera, ni ne saura où ils auront été ensevelis ?….

Que dire de plus, quels mots faut-il encore ajouter à l’indicible souffrance d’un peuple ?

Qu’il est effarant qu’il faille une catastrophe naturelle pour ouvrir les rideaux sur l’état de jungle dans lequel ce peuple a été mis par les combinaisons d’élites corrompues et stupides et de puissances économiques et politiques étrangères…

Que notre monde vit dans sa bulle économique et politique, avec ses « crises de bulles », spéculatives ou non, tandis que la moitié de l’humanité vit dans une crise permanente qu’on ne nomme plus, dont on ne perçoit plus le paroxysme, dont on se fout complètement, sauf le jour où une catastrophe assimilable à l’impact d’une bombe atomique déclenche un déluge compassionnel universel…

Oui, il y a beaucoup de monde qui meurt dans le sous-sol de notre société dite « post-moderne »… Seule une catastrophe de cette ampleur nous oblige à soulever la paupière… et l’oeil pleure. La société internationale méritera vraiment l’adjectif « post-moderne » quand elle saura gérer des situations comme celles-là…
Qu’elle commence donc par reconstruire d’une manière post-moderne, qui ne soit plus une question d’aide compassionnelle mais de simple justice…

Séisme 19600445d1d6aeeb00 par agadirnet

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Si le monde devient un village, et si l’aide internationale est à la mesure de l’ampleur de la catastrophe, il faudra bien cependant que ladite communauté internationale prenne, un jour, les choses en mains pour la gestion des besoins et des droits élémentaires de populations entières, sans attendre qu’un ouragan ou un tremblement de terre nous arrache les larmes.

Il faut un Conseil de Sécurité Humanitaire capable de déclencher les alertes, sur la base de critères objectifs, techniques, professionnels et non plus stratégiques, géo-politiques, économiques ou purement cyniques. Il ne s’agit pas de doubler les prérogatives des Etats, bien au contraire, mais de développer une bonne gouvernance mondiale, face à des tragédies de ce genre. Les compétences techniques existent chez beaucoup d’ONG confirmées,et chez beaucoup d’agents des Nations Unies.

Quand par ailleurs tous nos politiciens décideront de mettre ne serait-ce 5 % des budgets militaires dans des forces multinationales capables d’intervenir en dehors de tout critère géopolitique ou idéologique, comme ils ont été capables de « lever « quelques centaines de milliards de dollars en 48 heures pour renflouer les banques, on commencera alors à croire à leurs larmes de crocodiles.

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Mais sans oublier une question lancinante : à quoi ont servi des décennies d’aide humanitaire et au développement, si c’est pour en arriver à cet état de la société haïtienne  ?

Where is this money ? La question ne sera pas posée.
Pas plus qu’elle ne sera posée en Guinée, en Somalie, au Bangladesh, au Zimbabwe, en Moldavie, en Afghanistan, au Honduras…

Relire «  Globalia  » de Jean-Christophe Rufin.


L’humanité… fichez-lui la Paix !

5.01.10

Dans un petit livre intitulé  » Préceptes de paix des Prix Nobel  » (Coll.Espaces libres – Ed Albin Michel), le lecteur peut lire quantité de citations extraites des discours ou prises de position des Prix Nobel de la Paix.
Beaucoup de ces citations sont assez générales, voire – paradoxalement  - banales, et malheureusement, le livre ne mentionne aucune référence (ni date) précise d’où ces citations sont extraites.
Mais on y détecte cependant une hantise quasi-générale, chez tous ces Prix Nobel de la Paix, de la destruction de l’humanité par elle-même, comme celle-ci du Dr Albert Schweitzer (France - 1952 – l’année mentionnée après chaque nom est celle de l’obtention du Prix Nobel) :

 » L’homme est devenu un surhomme parce qu’il a à sa disposition, non seulement des forces physiques innées, mais aussi parce qu’il commande les forces de la nature qu’il peut asservir.(…)
Mais nous devenons inhumains à mesure que nous devenons des surhommes : nous avons appris à tolérer les conséquences de la guerre… »
(…)

Albert Schweitzer – source photo

Mais on y trouve aussi quelques réflexions positives, à la fois réalistes et orientées sur un horizon d’espoir.
Petit florilège libre, en vrac :

 » A vrai dire, je n’a rien fait de spécial. D’autres personnes ont fourni un travail magnifique. Je dis souvent que j’ai été un leader par défaut, parce que nos vrais leaders étaient en prison ou en exil. C’est peut-être le sens de l’humour de Dieu qui explique ce choix. J’avais un nom facile à retenir.  »

«  Si quelqu’un vous dit que les gens sont impuissants, faibles, dites-leur qu’ils mentent, car nous avons réussi à mettre fin à l’apartheid. Et si nous avons pu en finir avec l’esclavage, avec le nazisme, avec l’Holocauste, avec quoi ne pourrions-nous pas en finir ? »

Archbishop Desmond Tutu par Wa-J

Mgr Desmond Tutu – Afrique du Sud - 1984
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 » La haine détruit celui qui hait autant que celui qui est haï. »

 » La violence crée beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en résout. Et je l’ai dit à maintes reprises, les Noirs et les autres minorités luttent dans le monde entier pour leur liberté. S’ils succombent à la tentation d’employer la violence, les générations à naître seront les héritiers d’une longue et triste nuit d’amertume, notre principal legs pour l’avenir sera le règne sans fin d’un chaos n’ayant aucun sens. La violence n’est pas la bonne voie. »

« J’accepte le Prix Nobel de la paix au moment même où vingt-deux millions de Noirs américains sont engagés dans une bataille créatrice pour mettre fin à la longue nuit de la ségrégation.(…) Cette récompense (…) signifie que la non-violence apporte la réponse à la question politique et morale cruciale de notre temps, exprime la nécessité pour l’homme de vaincre l’oppression et la violence sans avoir recours à la violence et à l’oppression. J’accepte ce prix aujourd’hui avec une foi inébranlable dans l’Amérique et dans l’avenir de l’humanité. »

« C’est seulement lorsqu’il fait assez sombre que l’on peut voir les étoiles. »

(…)  » Il y a un type de tension non-violente et constructive qui est nécessaire au progrès(…) Nous devons exprimer notre volonté par des actions non-violentes, afin de créer au sein de la société une sorte de tension qui aidera des hommes à s’élever depuis les profondeurs sombres des préjugés et du racisme jusqu’aux hauteurs majestueuses de la compréhension et de la fraternité.
Le but de ces actions est d’engendrer une situation de crise tellement forte qu’elle aboutira inévitablement à la négociation. »

20080121-Martin Luther King Day par Dennis Mueller

Pasteur Martin Luther King – USA – 1964
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Il faut  » élaborer une culture universelle de la paix, fondée sur un nouveau code éthique prenant en compte les espoirs et les aspirations de toute l’humnaité, à l’aube millénaire :

- il n’y a pas de paix sans justice
- il n’y a pas de juustice sans équité
- il n’y a pas d’équité sans développement
- il n’y a pas de développement sans démocratie
- il n’y a pas de démocratie sans respect pour l’identité et la dignité de toutes les cultures et de tous les peuples. »

 » La paix ne doit pas dépendre uniquement de ceux qui entreprennent les conflits. Le processus de paix doit être élargi au plus grand nombre. C’est le peuple qui a mis fin à la guerre du Guatemala. Nous , Guatémaltèques, avons forcé les parties combattantes à venir à la table des négociations, à ne pas faire de la guerre un processus politique. Les accords qui en ont découlé n’étaient pas un simple arrangement pour l’une des parties. Les accords de paix doivent être impérativement établis par la société civile et ne peuvent se limiter aux seules parties engagées. »

Rigoberta Menchú en Utah par Edgar Zuniga Jr.

Rigoberta Menchù – Guatemala – 1992
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 » Chaque personne est une minorité. Car être humain veut dire être seul. C’est la solitude de l’être humain qui le lie à la solitude de l’autre. Ensemble, ils arrivent sinon à annuler, du moins à atténuer cette solitude. Ils parviennent même à en faire des oeuvres créatrices et fécondes. Les minorités sont des catégories spéciales parce que, souvent, elles sont menacées. Elles ont besoin de protection. »

(…) Tous les livres sur la vie pèsent moins qu’une vie d’homme. Mais, direz-vous : quelle vie ? quel homme ? La réponse est : n’importe lesquels.  Dieu seul juge ses créatures en termes absolus. Nous ne possédons pas ce pouvoir. Elles ont toutes les mêmes droits. Leur existence relève du même mystère. La vie d’un savant n’est pas plus précieuse que celle d’un illettré. L’avenir d’un penseur vaut celle d’un ouvrier. »

« Il faut se battre contre l’indifférence. Elle n’aide que le persécuteur, l’oppresseur ou le geôlier, jamais la victime… »(…) Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le bourreau, jamais le torturé. »

Elie Wiesel - World Economic Forum Annual Meeting Davos 2003 par World Economic Forum

Elie Wiesel – USA – 1986
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 » Nous désirons la paix, c’est pourquoi nous n’avons jamais eu recours à la force.
Nous éprouvons un grand besoin de justice, c’est pourquoi nous sommes si obstinés dans la lutte pour nos droits.
Nous cherchons la liberté de conscience, c’est pourquoi nous n’avons jamais essayé d’asservir la pensée de chacun. »

Lech Walesa – Pologne – 1983
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 » Le langage est déterminant. Il cerne le problème et définit la réponse, les droits et donc les responsabilités. Il détermine si une réponse médicale ou humanitaire est adéquate, et si une réponse politique est inadéquate.
Personne n’appelle un viol un  » cas d’urgence gynécologique complexe
« . Un viol est un viol, un génocide est un génocide. Tous les deux sont un crime.
Pour MSF, l’acte humanitaire cherche à soulager la souffrance, à aider à restaurer l’autonomie, à témoigner de la rélaité de l’pinjsutce, et à insister sur la responsabilité politique. »

 » L’humanitaire n’est pas un outil pour en finir avec la guerre ou amener la paix. C’est une réponse des citoyens à l’échec politique. C’est un acte immédiat, à court terme, qui ne peut effacer la nécessité à long terme de la responsabilité politique. »

James Orbinski – « Médecins sans frontières » – 1999
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 » Qu’est-ce qu’implique la sagesse ? La compréhension que le monde n’a pas été créé par l’homme et qu’en altérant la nature et la Création, l’homme met en danger la survie humaine.
Qu’est-ce qu’implique l’0idéalisme ? Une croyance éthique et morale dans le devoir d’aider les êtres humains à survivre et à profiter de la bonté naturelle et de la beauté dont la Providence a comblé l’humanité. Que l’homme croie en un dieu ou en plusieurs, ou qu’il nie toute présence divine, il ne peut pas changer les lois qui dirigent l’univers sans l’endommager. »

Sean MacBride – Irlande du Nord – 1974
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 » Un équilibre des intérêts plutôt qu’un équilibre des forces, une recherche du compromis et de l’accord plutôt que d’avantages, le respect pour l’égalité plutôt que des revendications de pouvoir, tels sont les éléments qui peuvent conduire au progrès du monde et qui devraient être facilement acceptés par les individus raisonnables, s’ils tirent les leçons du XX ème siècle. »

Mikhaïl Gorbatchev – Russie – 1990
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Quand l’oeil se pose, le cerveau se repose…

2.01.10

Pendant que vers l’Est du Lac Léman
l’année 2009 se termine,
vers l’Ouest
la lumière est encore vive
en ce 31 décembre 2009, vers 17 h 30…

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Arbres des bords du Léman

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Reflets de vitrail sur les murs
d’une vieille église romane :


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Echanges de regards

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Au détour d’un mur insignifiant…

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Les deux informent les bateaux
sur la direction du vent…

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Symptôme de l’air du temps ?

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Coucher de lune sur une vallée de Kaboul ?

Non, sur les monts du Jura, vu de Lausanne,
ce samedi 2 janvier 2010, à 9 h 00 du matin :