La disparition de Raymond Devos, c’est comme la disparition de Brassens…Toute leur carrière a consisté à traquer les petits secrets et les petites absurdités de tout un chacun, sans que l’on soit obligé ni de répondre ni de se défendre…
“ Le comique, disait-il, c’est toute notre histoire observée avec honnêteté“(…) ” Il n’y a pas une grande différence entre le tragique et le comique, c’est seulement une différence de dose”.
Exemple ?
“Je préfère glisser ma peau sous les draps pour le plaisir des sens que de la risquer sous les drapeaux pour de l’essence“.
Lors d’un spectacle, il y a une quinzaine d’années, à Genève (durée : 3 heures de suite, sans entr’acte…), un de ses sketches commençait ainsi :
” J’arrive à Genève. A peine sorti de la gare, quelqu’un m’interpelle :
” Mr Devos, que venez-vous faire en Suisse ?
- Mon numéro…
- Dans quelle banque ?…”
A la fin du spectacle, la lumière s’éteint sur scène. Raymond Devos réapparaît sur fond de lumière bleu-verte, couleur “lune blafarde” : il avait, dans l’obscurité, attaché les fixations de ses bretelles à ses chaussettes par devant, et s’est mis à marcher, en silence, les élastiques des bretelles faisant remonter les jambes, en simulant à la perfection la marche en état d’apesanteur…
Cette fois, il ne les a pas détachées : Raymond Devos est resté définitivement en apesanteur…
Quelques jours après sa mort, dans le “Carnet” du journal “Le Monde”, un faire-part de dècès émanait de l’Académie Alphonse Allais qui terminait ses condoléances à la famille par cette épigraphe :
” Riez pour lui “.

17.11.06 à 10:21 |
Et que pensez-vous de ce sketch original que je lui ai dédié ?
25.03.07 à 14:08 |
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