Mode d’emploi d’un congrès international

L’Abrincate s’absente pour une dizaine de jours dans un congrès international.
Pour en avoir fréquenté un certain nombre depuis deux décennies, voici quelques conseils pratiques :

D’abord un congrès international, c’est organisé par des “boîtes d’évènements” mandatés par l’association, le groupement ou le gouvernement qui en a pris la décision. Ces “boîtes” sous-traitent entre elles, tel ou tel aspect de l’organisation du congrès, et donc, selon les questions que vous pouvez avoir (surtout si vous devez intervenir dans plusieurs ateliers techniques – 4 ateliers dans le cas qui s’annonce), thématiques (”le thème de mon intervention annoncé dans le programme n’est pas celui qu’on m’avait initialement demandé...”), logistiques, pratiques (”y a-t-il une connexion Internet dans la salle de mon atelier ?“), vous aurez affaire à quantité de personnes, avec au fur et à mesure que le congrès approche, des noms nouveaux en signature, mais jamais de téléphones, puisque tout est supposé se régler “si facilement par email” et par des formulaires à remplir sur Internet. Le sommet fut atteint cette fois-ci : la responsable des questions administratives et financières, répond par un message d’absence, 3 jours avant le congrès, signifiant explicitement son départ en vacances…Bon.

Mais à l’expérience, on sait qu’un congrès international est un chaos – créatif, mais chaos tout de même. Et qui plus est, en général très sympathique : on rencontre un tas de gens connus et on est content de se revoir, ou inconnus et d’une certaine manière, “on se prend en auto-stop”, car le contact est réputé furtif, sans aucune obligation de suite à donner après le congrès, même si tout se termine par “we keep in touch” – “on reste en contact“. Cela a des bons côtés, car dans le domaine thématique du congrès, on peut ainsi tester une idée ou une formulation, et si on passe pour un benêt, c’est sans conséquence puisqu’on ne se reverra probablement jamais. Mais dans ce chaos, on croise parfois, à la pause de la séance plénière, “une perle”, une personne qui vient de dire deux ou trois choses de bon sens au micro et qui transmet l’intuition qui illumine la complexité d’un problème.

Le spectacle des intervenants est souvent un régal : celles et ceux qui s’écoutent parler, celles et ceux qui ont préparé leur intervention depuis 6 mois, au millimètre, par un texte vraiment génial, mais inaudible (”est-il possible d’avoir une copie de votre intervention ?” ), celles et ceux qui pensent frapper les esprits par un ton très personnalisé, mais surtout, surtout, les batteleurs de “power-point”. Et là (quand le projecteur marche du premier coup), on est partagé entre la fascination et le scepticisme : tout a l’air lumineux, avec un zeste d’humour ou de fausse humilité, mais on a toujours du mal croire que l’affaire soit aussi structurée et décomposable en autant de concepts aussi translucides. Avec une mention spéciale aux Français s’exprimant en anglais (dont l’Abrincate en personne…) avec un accent inimitable, d’un chic fou paraît-il, du type ” ouère ize ze bassroume?”…

Il reste que lorsqu’on est spécialiste d’un domaine précis, un congrès est malgré tout une occasion unique de rencontrer, volontairement ou par hasard, des personnes très compétentes, venant du monde entier, concentrées sur 1000 m2 pendant 5 jours. On devrait toujours laisser deux ou trois heures de vide dans une journée de congrès, car l’informel est finalement essentiel, derrière toutes les apparences du “look power-point”, dont peu de gens sont finalement dupes.

Et puis pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore lu, lisez toutes affaires cessantes, ” Un tout petit monde”, de David Lodge. La description des congrès internationaux y est irrésisitible.

Une réponse vers «Mode d’emploi d’un congrès international»

  1. diane dit :

    Cher
    j’ai lu vos derniers messages depuis votre retour de vacances même si je ne vous ai pas harcelé de messages. Toujours pas en vacances, j’ai préféré me concentrer sur mon dernier article et je me suis occupée de ma bonne grand mère.
    j’aime toujours votre façon d’écrire et vos idées que je partage en général.
    j’aime bien votre résumé sur le congrés….il est très vrai. je lirai le livre aussi. Surtout avant d’organiser mes prochaines conférences. Ah oui, je change de boulot et de pays dans 1 mois.
    bonne conférence we keep in touch?!

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