Vu(es) d’avion (2)

Amsterdam-Lima le 21 août : 12 heures de vol sans escale.
Attentes interminables pour l’enregistrement de près de 300 passagers, pour les passeports, les contrôles de sécurité, et dans le couloir d’accès à l’avion, etc…

Question : lorsqu’il y aura un vol du futur Airbus A 380 avec 600 passagers, que se passera-t-il dans les aéroports ? Combien de temps tout cela prendra-t-il ? Combien d’heures à l’avance faudra-t-il se présenter ? Combien de temps faut-il rien que pour faire asseoir 600 personnes ? Combien d’heures  d’attente pour les mêmes contrôles à l’arrivée ?
Et si deux ou trois A 380 partent en même temps du même aéroport ?

Lu dans l’incontournable "International Herald Tribune" (21.08.07) :

"British Airways a perdu les bagages de plus de 550 000 clients au premier semestre de cette année·.(…) "Cela fait une moyenne statistique de " 28 bagages perdus pour mille passagers".

En réalité, il ne s’agit pas de "perte sèche" de bagages mais de retards dans la livraison des bagages, que le passager récupère dans un délai qui va de 2 ou 3 jours à 2 ou 3 semaines.

Sans compter les plaintes innombrables de passagers qui tentent en vain de joindre une personne de la compagnie par téléphone, la compagnie considérant que la responsabilité du chaos revient aux autorités aéroportuaires. La cause de ce chaos n’est autre que les retards des vols qui oblige à stocker les bagages "en retard" ailleurs que dans l’entrepôt des bagages des vols qui sont à l’heure. Tout irait bien si tous les avions étaient à l’heure, le moindre retard d’un avion ne devant pas affecter le flot des avions ponctuels.
Situation typique où tout est prévu, à condition qu’il n’y ait aucun grain de sable. Et dans un aéroport qui assure un flot de quelques centaines d’avions au départ ou à l’arrivée chaque jour, il y a toujours un grain de sable.
Donc, mettez toujours une étiquette à votre bagage, et remplissez votre bagage à main de bouquins que vous rêvez de lire depuis longtemps – surtout si vous prenez un Airbus A 380.

Lu dans le "Wall Street Journal" (21.08.07) :

Un  article sur Mr Hyman Minsky, ("Minsky moment arrives"), économiste américain, décédé en 1996, peu connu mais dont la popularité posthume semble assurée. Selon ses thèses, les systèmes financiers, largement basés sur des procédures spéculatives, conduisent intrinsèquement à des crises comme celles des "subprimes" (prêts hypothéquaires à un public d’acquéreurs immobiliers n’offrant pas spontanément toutes les garanties de solvabilité – si on a bien compris…), alors que la pensée unique généralisée exige de faire confiance aux lois du marché, supposés rétablir les équilibres.
(Soit dit en passant, qui a dit que l’expression "lois du marché" était une contradiction, puisque par définition, le marché fonctionne par des mécanismes d’adaptation permanente aux donnés factuelles immédiates – et donc sans loi contraignante - pour un intérêt financier à court terme ?)

Hyman Minsky était donc un "mouton noir" dans l’océan de l’idéologie ambiante néo-libérale et il a toujours été de bon ton de l’ignorer comme le "grincheux de service" et l’oracle de mauvaise augure.

Mais l’article mentionne que désormais, beaucoup de ses étudiants de l’époque, intégrés dans des fonctions économiques ou académiques, se rappellent – maintenant – ses leçons et discours. Un d’entre eux, Charles Kindelberger, devenu professeur d’économie au Massachussett’s Institute of Technology (MIT), a publié un livre intitulé – rien que cela : " Manias, Panics and Crashes : a history of financial crisis" (" Manies, paniques et catastrophes : une histoire des crises financières"). Un autre, nommée Laurence Meyer, qui était gouverneur à la Réserve Fédérale US, affirme qu’à l’université, les analyses de Minsky ne l’intéressaient pas outre mesure, mais que cela avait changé lorsqu’il est "entré dans le monde réel".
Etc,etc…

Quel nombre et quel degré de catastrophes faudra-t-il attendre pour qu’on comprenne que cette soi-disant "inévitabilité" de la loi du marché, et de la soumission absolue de toute l’économie aux fluctuations de la Bourse, est une vaste fumisterie et que ce discours est finalement une idéologie comme une autre ?

Lu dans le "Financial Times " (21.08.07"), sous le titre "Germany skills gap costs 20 bn euros a year" (" En Allemagne, les carences de compétences professionnelles coûtent 20 milliards d’euros chaque année" - article signé par Bertrand Benoît).

Selon une étude officielle, réalisée auprès de 2 400 entreprises allemandes, par le Ministère allemand de l’Economie, la croissance rapide des exportations allemandes est insuffisamment alimentée par les compétences disponibles sur le marché intérieur de l’emploi. Selon le Ministre, Mr Michael Glos, il faut lancer une grande "offensive nationale de qualification", plus d’investissements, publics et privés, dans l’éducation, plus de coopération entre le monde des affaires et les universités, recruter plus de femmes, plus de travailleurs âgés et plus d’étrangers vivant en Allemagne.
Et l’article ajoute : " Le ministre s’est révélé prudent dans son plaidoyer pour plus d’immigration, reflétant ainsi les craintes des partis de la coalition de perdre des voix en prônant l’ouverture des frontières."
D’où la tension entre patrons de l’économie et politiciens : tandis que les premiers sont favorables à l’ouverture des frontières, les derniers leur reprochent de préférer faire venir des ouvriers étrangers à bas-salaires plutôt que d’investir dans la formation à l’intérieur du pays.

Il y a quelques années, l’OCDE avait chiffré le besoin en main d’oeuvre étrangère, ne serait-ce que pour maintenir le niveau économique de l’Union Européenne,  à 75 millions de personnes dans les 50 ans à venir.
Quel politicien aura le courage de dire la vérité ?

Autre article du même "Financial Times " sur les perspectives de l’économie chinoise :

" Le "prix chinois" ne sera progressivement plus le prix le plus bas pour acheter un bien de consommation. Ce sera une récompense sur la valeur des industries dans lesquelles la Chine privatisée investira partout dans le monde.  Ne considérez pas la Bourse de Shanghaí comme une anomalie. Considérez – la comme étant l’avenir." (Stephen Green)

La Chine réussira-t-elle l’exploit d’être à la pointe la plus arrogante d’un capitalisme financier mondial effréné, tout en maintenant un système politique et social qui se donne encore le "faux-nez" du communisme et du Parti Unique ?

Décidément, le monde économique est truffé de "faux-nez", des néo-libéraux aux communistes, qui se tiennent tous par la barbichette en jouant au tiercé mondial quotidien des OPA, sur le dos – et avec l’argent – d’une humanité spectatrice et impuissante…
A moins que…

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