Un bol de riz pour les “traders d’exception”
Cameroun, Sénégal, Bangladesh, Burkina-Faso, Madagascar, Philippines, Maroc, Mexique ….
Les émeutes de la faim se multiplient et la colère gronde, de tous les côtés, contre le coût des produits alimentaires de première nécessité.
Dans “le Monde” du 05.04.08, on peut lire ceci (p.19) :
(…) “ La vie chère, c’est l’explosion des prix alimentaires sous l’effet de la hausse générale des matières premières agricoles : selon la F.A.O., ils ont augmenté de 40 % en 2007 au niveau mondial.
Le blé (au plus haut depuis 28 ans), le maïs, le colza, le soja ou l’huile de palme ont vu doubler, voire tripler, en deux ans leurs cours au grand dam des populations pauvres dont les revenus ne progressaient pas autant.
Par la voix de son président, Robert Zoellick, la Banque Mondiale a décrété (sic), mercredi 2 avril, qu’il fallait de toute urgence lancer un “new deal” alimentaire pour éviter que 33 pays connaissent des troubles politiques et sociaux.”(…)
” Ce n’est pas avec des décisions unilatérales que le problème se règlera“, déclarait (le) Directeur général (de la FAO), Jacques Diouf, appelant les Etats à prendre des décisions stratégiques en matière d’alimentation mondiale, mais collectivement.”
Que se passe-t-il donc ?
- “la demande accrue des pays émergents est suscitée par la poussée démographique, mais aussi par la hausse du niveau de vie en Asie.”
- “ les terres se raréfient en raison de l’urbanisation accélérée, en Chine comme en Inde,”(…)
-” le réchauffement climatique contribue à aggraver les phénomènes de sécheresse et d’inondation qui détruisent les récoltes.”(…)
- “ la hausse des prix de l’énergie a provoqué celle des intrants (semences,pesticides, engrais,etc…)“
- “ l’utilisation des des céréales, de la canne à sucre et des oléagineux pour la fabrication des agrocarburants a encore aggravé la situation.“(…)
Face à cette situation, qui fait quoi ?
(…) “LA SPECULATION A PROFITE DE CES TENSIONS POUR JOUER (sic) LES PRIX AGRICOLES A LA HAUSSE ET PLACER DES CAPITAUX SUR CES MARCHES DEVENUS UN REFUGE CONTRE LES FLUCTUATIONS DU DOLLAR OU CONTRE L’INFLATION RENAISSANTE. (…)
Le riz, dont le prix a augmenté de 30 % en deux semaines (…) est un cas d’école : ce petit marché subit les aléas climatiques(…) et des réactions protectionnistes.(…).
Les fonds d’investissement en ont donc fait un “véhicule” spéculatif de choix depuis trois mois.”(…)
” Il y a le feu à la maison pour plusieurs des nations dont le riz est l’aliment de base.”(…)
Autrement dit, nos “traders d’exception“, capables de perdre 5 milliards d’euros en jouant au loto sur leurs claviers avec 50 milliards d’euros (soit l’équivalent du P.I.B. annuel du Maroc) sont bien fichus d’affamer à court terme une trentaine de pays, en spéculant sur les matières premières et en bricolant avec les “produits dérivés“, les “private equity“, les “hedge-funds“, et autres jeux de casinos, issus de leur cerveaux devenus fous d’ingéniérie boursière.
Foin du marché immobilier qui s’est planté (ça eût payé…),
on bifurque in petto sur les marché du riz et du blé…
Le délire hystérique qui suit
vaut bien celui de nos “traders d’exception ” :
Qui poursuivra ces “Dr Folamour” sous les qualifications suivantes :
Article 6 : ” On entend par crime de génocide (…) la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction partielle ou totale.”(…)
Article 7 : ” On entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après, commis dans la cas d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque (…dont) :
k) actes inhumains(…) causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale.”(…)
Article 8 : ” On entend par crime de guerre (…) le fait d’affamer délibérément des civils comme méthode de guerre, en les privant des biens indispensables à leur survie (…).
Guerre économique, s’entend.
Rendez-vous compte !
On en est réduit à donner un Prix Nobel de la Paix (et non pas d’Economie, en 2006) à un Bangladeshi, Mr Mohamed Younus, fondateur de la Grameen Bank, qui n’a rien fait d’autre que d’inventer le micro-crédit pour les familles les plus pauvres, au point que cette démarche est devenue une pratique dans les pays les plus riches (c’est même devenu “d’un chic fou“…). Il a ré-inventé la roue, c’est-à dire la démarche économique de base…
Vous allez voir que lorsque le système spéculatif mondial (où plus personne n’est responsable de rien) aura fait suffisamment de catastrophes et d’innombrables morts, on se rendra compte que c’est dans les pays les plus pauvres qu’on réussit à remettre sur pied une économie de bon sens qui soit au service de la population.
Dans le même numéro du “Monde”, on apprend qu’à New Delhi, la Banque Coopérative Sangini se préoccupe des prostituées : (…) ” Pour les atteindre, la banque envoie des femmes revêtues de blouses rouges qui sillonnent les maisons closes avec un sac qui contient des formulaires, un tampon et des billets en pagaille. “C’est le concept de la banque à domicile. (…) Nous récoltons les économies des prostituées avant qu’elles ne les dépensent.“
La banque leur permet de racheter leurs dettes avec des emprunts à taux raisonnable. Ces prêts servent aussi à financer l’éducation de leurs enfants restés au village, ou à sortir de la prostitution en ouvrant par exemple un commerce.
Pour rendre ses prêts accessibles, la banque a dû s’imposer face aux usuriers et aux proxénètes.(…) Mais depuis que la banque coopérative a attiré l’attention des chaînes de télévision indiennes, personne n’ose perturber ses activités.”
Sait-on le nombre de paysans indiens qui se suicident par désespoir et surendettement ?


8.04.08 à 11:03
Dans les liens externes de Wikipedia France , c’est à dire en bas de page , je vous ai mis deux liens qui vous donnent le prix du riz sur les marchés internationaux
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oryza