Les limites ont des bornes – et réciproquement.

En date du 3 juin 2008, un communiqué du Département d’Etat américain (Ministère des affaires Etrangères), exige des autorités chinoises la publication des chiffres des morts et des détenus, 19 ans après les massacres de la Place Tien-An-Men à Pékin, en 1989.

Tien An Menphoto

Extraits du communiqué (traduction libre) :
Les familles des victimes, autant que les citoyens chinois ordinaires, méritent cette information.”(…)” On estime à entre 50 et 200 citoyens chinois le nombre de ceux qui languissent (sic) dans les prisons. Pratiquement tous ont accompli la moitié de leurs peines et devraient pouvoir être bénéficier d’une libération conditionnelle.
Nous demandons aux autorités chinoises de ré-examiner les évènements de Tien An Men, de libérer tous les prisonniers, et de cesser le harcèlement des familles des victimes.
Ces actions, conjointement avec les progrès en matière de droits fondamentaux internationalement reconnus des citoyens chinois, aideront à améliorer leur image dans le monde.”

Manque pas d’air, le Département d’Etat, que dirige Condolezza Rice.

Condi Rice Is A War Criminal!photo

On imagine facilement un communiqué de presse du Ministère chinois des Affaires Etrangères, reprenant le même, communiqué mot à mot, mais en remplaçant Tien-An-men par Guantanamo ou par exemple en exigeant les chiffres des morts irakiens depuis 2003.
Inutile de rétorquer qu’en protestant ainsi, on fait le jeu des talibans et autres fous furieux de l’autre côté des conflits en cours.

Car ce type de semonce internationale, envoyé tous azimuths et quasi-quotidiennement, sur le site du Département d’Etat, ne peut que donner à des populations entières de la planète, le sentiment d’une hypocrisie criante, quand on sait les pratiques américaines en matière de droits de l’homme : on a appris ces jours-ci que des milliers de ” combattants ennemis” avaient “langui” sur des bateaux-prisons dans les eaux internationales, non seulement pour les isoler, mais surtout pour les soustraire à toutes sortes de juridictions.
Exiger le respect des droits humains universellement reconnus, ça ne concerne pas les grandes puissances, ça fait vivre les ONG, et ça occupe les médias.

Cette hypocrisie n’est pas seulement le fait d’une administration américaine à bout de souffle et pourrie jusqu’à l’os, de mensonges, d’impostures, de double-jeu, de tartuferie…
C’est la perception de l’Occident par des populations entières du monde qui est en jeu.

Parions que les Chinois ne répondront même pas : ils tiennent par le manche une partie de l’avenir du monde, en se moquant tout autant des droits de l’homme, et réagir serait donner un début de crédibilité à des messages que plus personne n’écoute, venant d’un Occident (que la Chine veut remplacer en le mimant) qui creuse ainsi sa tombe, en creusant celle de ses valeurs.

Voici la photo-souvenir des défenseurs des droits de l’homme,
en chasuble épiscopale, comme larrons en foire…
in memoriam, de gauche à droite (de la photo) :
le Tibet, la Tchétchénie et l’Irak.

photo

Une réponse vers «Les limites ont des bornes – et réciproquement.»

  1. sadys dit :

    Je n’arrive même plus à me mettre en colère! Bon je vais continuer la lecture de votre blog de ce pas…

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