Dans " Le Monde " du 29.11.11 (page 13), au détour d’un dialogue sur la sécurité avec le criminologue Alain Bauer, " présenté par certains comme éminence grise du pouvoir, et notamment de Nicolas Sarkozy", sur les questions de sécurité, on lit ceci :
(…) En fait , la réponse policière reste formatée autour de logiques qui sont quantitatives et pas qualitatives. Avec tous les effets secondaires du quantitatif : quand ça monte trop , on se fait engueuler; quand c’est trop bas, on se refait engueuler. Et donc tout le monde vise une moyenne-moyenneté visant à répondre à des outils administratifs de comptage de l’activité et pas à des outils qualitatifs d’efficacité du service." (…)
Venant d’un personnage influent du pouvoir sur la sécurité publique depuis des années, on relit une deuxième fois, une troisième fois, en se disant
- qu’il serait bon d’afficher cette réflexion dans tous les commissariats, notamment ceux où l’on dissuade le public de porter plainte quand on pressent que le pronostic d’interpellation des auteurs sera trop difficile et peu efficient (volume de temps et d’énergie démesuré par rapport au résultat attendu). Ce qui permet de faire monter le " taux d’élucidation ";
- qu’il est rassurant de voir que de vrais professionnels, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont capables d’être réalistes et pertinents.
Et qu’un vrai dialogue serait donc possible, au-delà des oeillères du pouvoir…

