Téléphone portable et porno …

4.05.08

Lu dans “ Le Temps ” (Suisse) à la date du 30.04.08 :

” Un écolier alémanique sur deux regarde des films pornos sur son Natel (téléphone portable suisse). Les garçons sont nettement plus amateurs que les filles, selon une étude de l’Université de Zurich, qui a interrogé 453 écoliers âgés de 12 à 16 ans.
La plupart des vidéos à caractère sexuel sont téléchargés sur Internet, mais un film sur six est tourné par les adolescents eux-mêmes ! Ces chiffres hélvétiques sont deux fois plus élevés que ceux relevés en Allemagne, comme le note l’hebdomadaire SonntagsZeitung.
Les 12-16 ans ont aussi l’habitude de regarder des scènes violentes, notamment des images mettant à mal des animaux.”

A la date du 26 avril, le quotidien “Le Matin” (Suisse) sur la même étude de l’Université de Zurich :

(…)“Et si on isole les garçons de la statistique, ils sont près de 63 % ; 8 % d’entre eux ont même avoué qu’ils regardent régulièrement des films classés X. Parmi les vidéos les plus demandées, celles qui mettent en scène des rapports sexuels avec des animaux. En deuxième position, on trouve les “e-bullying ” (avalanche d’images dégradantes non demandées par le destinataire), suivi, au troisième rang, par des clips montrant essentiellement des victimes torturées.”(…)

Il ne s’agit pas ici de jouer au grincheux “morali-moralo” : la curiosité, teintée parfois d’anxiété, des ados sur la sexualité est légitime.
Par ailleurs, le scepticisme est de rigueur sur la manière dont les médias rendent compte (et rédigent leurs titres d’articles) à partir des statistiques révélées par cette étude universitaire.

Mais, au-delà des statistiques, ces informations posent cependant plusieurs questions :

1 - La définition juridique d’un mineur est la “capacité relative de discernement” (”ne pas mesurer pleinement les conséquences de ses actes”) selon son âge et son degré de maturité, ce qui fonde l’existence même de la justice des mineurs.
La responsabilité pénale des parents et des écoles est-elle alors engagée ?
Qui dira donc aux ados que le fait de télécharger des documents pornographiques violents est répréhensible, au même titre que le téléchargement et la diffusion de vidéos pédophiles par des adultes sur Internet ?

Source photo

2 - Ne serait-il pas pertinent d’initier, dans les programmes scolaires, des cours d’initiation au fonctionnement et aux risques des nouvelles technologies, au même titre que, péniblement, les écoles se sont mises à éduquer les jeunes à l’utilisation critique de la presse ?

3 - Qu’est-ce qu’une société qui se targue de défendre “orbi“, les droits humains en luttant contre l’exploitation sexuelle et la torture dans tous les recoins de la planète, sans se préoccuper de ce qui se diffuse “urbi” c’est à dire chez soi, au coin de la rue, à l’école, voire à domicile ?
On juge scandaleux, dans d’autres cultures du monde, le mariage précoce comme étant, à juste titre, un viol de mineurs, mais quelle serait notre réaction si un-e militant-e africain-e ou asiatique des droits de l’enfant lançait un communiqué de presse à Zurich pour dénoncer la mise à disposition de films pornographiques violents sur les téléphones portables des mineurs ?

4 - Qu’est-ce qu’une société qui se targue de modernité en distribuant les outils technologiques les plus récents sans se soucier des “contenus” accessibles à ses propres “enfants-rois” ?

Sur d’autres aspects de ce problème, voir les billets précédents de ce blog :

“Les “gratuits”, la bê(tis)e humaine et les ados”
“L’enfant et l’argent”
(paragraphe sur les publicités bancaires envoyées sur les téléphones portables des ados)

Sites utiles de prévention à l’intention des parents et éducateurs :

Informations et tests des outils de filtrage des contenus sur internet(contrôle parental)
(Ass. “Action Innocence”)
Kit d’apprentissage sur la communication mobile pour les enseignants (Swisscom)

“Votre enfant et le téléphone mobile - Guide à l’usage des parents” (Ass. AFOM)


Mai 68 : chacun son couplet …

26.04.08

L’Abrincate était de ceux qui ont eu 18 ans en 1968, et donc de ceux “qui ne réussirent leur bac qu’à la faveur de la complète désorganisation de l’examen” (dixit le Secrétaire Général de la République des Idées). Il tient donc à faire son couplet sur le quarantième anniversaire de Mai 68 et ajouter ainsi au foutoir des commentaires en tous genres d’un anniversaire - dont on se demande bien en quoi “le quarantième” a une quelconque signification.

Peut-être parce que le président Sarkozy dit s’être fait élire sur la “ liquidation de Mai 68 ” (ça doit être pour cela que la fête de la Concorde, le soir de son élection, nous a infligé Mireille Mathieu et Enrico Macias…)
Un motif plus sérieux pourrait être qu’il importe, pour la “Génération 68″, de faire un dernier “raout” avant la retraite…

Alors, quelques réflexions :

1 - L’Abrincate a passé son bac au Lycée Le Verrier de St-Lô, chef-lieu du département de la Manche, sous la forme d’une journée de 6 épreuves orales successives, entre 8 heures du matin et 16 heures, avec les résultats affichés à 18 h 30 dans le hall d’entrée du lycée.
Reçu avec mention “Assez Bien”, ce qui laisse supposer un succès si le bac avait été convenablement organisé. On se rassure comme on peut.

2 - Dans cette petite ville de province (Avranches), “les évènements” ont pris la forme - selon le souvenir qu’on en garde - de conflits verbaux très durs à l’intérieur du corps professoral, divisé entre les “pour” et les “contre”, certains enseignants, non-grévistes, rouges de colère, ne pouvant parfois éviter d’”éclater” en plein milieu d’un cours.
Le directeur du collège eut alors l’intelligence de passer dans les classes pour demander aux élèves de faire les assemblées générales du “Comité Lycéen” en-dehors des heures de cours, mais qu’il était disposé à en entendre les conclusions et les doléances à toutes heures du jour ou de la nuit.

En ville, des manifestations de salariés descendaient la rue principale, la “Rue de la Constitution”, en regardant si tous les commerçants avaient bien collé sur les vitrines l’affichette : ” Solidarité avec les grévistes “.

Mais l’”intensité”, c’était surtout, la radio et la télévision (cette dernière n’ayant investi les maisons et foyers que depuis moins de 10 ans) qui permettaient, pour la première fois, de suivre en direct, les échauffourées du Quartier Latin, surtout sur les chaînes de radio, et surtout la grande radio privée Europe1, qui était “la radio sympathique-dynamique” de l’époque, où des reporters décrivaient en direct ce qui se passait à Paris. On vivait en temps réel l’évolution des “groupuscules” de la Rue Gay-Lussac à la Rue Soufflot. Le carrefour du Bd St Michel et du Bd St Germain était le lieu du paroxysme frontal entre étudiants et policiers.

Mais quelle “substance historique” retenir des évènements de Mai 68 ?
Un soulèvement de l’inconscient collectif d’une société taraudée par le surgissement de la génération du baby-boom, laquelle qui ne pouvait se projeter dans l’avenir sous la chape de plomb d’un pouvoir encore sur-déterminé par la Deuxième Guerre Mondiale symbolisé par un chef d’Etat d’envergure historique, De Gaulle, tenant le rôle du père. ” Chasser le vieux de l’Elysée” était un slogan récurrent.
La grille d’analyse générationnelle est la matrice de ces évènements, au-delà de toutes les idioties qui ont pu être dites, sur les “CRS=SS”, sur le “scandale des 600 000 chômeurs” de l’époque, sur “les élections=pièges à cons”,etc.

Deux plaques tectoniques se sont affrontées. D’un côté, un pouvoir gaullien, héberlué et ébranlé. De l’autre côté, un Parti Communiste qui a refusé d’aller jusqu’au bout d’une révolution qui était à portée de la main.
Le premier s’est rétabli en s’asseyant sur la frousse du deuxième, par un simple discours (non-télévisé) de De Gaulle, de 4 minutes, le 29 mai, conduisant à de élections triomphales en juin, le tout en moins de 6 semaines.

Le 29 mai, après la plage où, avec les copines, on … revisait pour le bac, retour dans le magasin des parents. Le père : ” T’as entendu le discours de De Gaulle ?” - “Euh, non…” - ” Ah, ben, tu vas voir ce que c’est qu’un Chef d’Etat ! “.

Pendant ce temps-là, la guerre du Vietnam battait son plein.
Et deux mois plus tard, les armées du Pacte de Varsovie envahissaient la Tchéchoslovaquie.
La récréation était terminée.

Mais quand on pense retrospectivement…

- qu’une des critiques les plus fortes contre De Gaulle était “l’abus du pouvoir personnel“,
- qu’il y a aujourd’hui près de 2 millions de chômeurs,
- qu’il n’y a pas eu un seul mort directement imputable aux révoltes étudiantes tandis qu’aujourd’hui, des étrangers “sans-papiers” se jettent par les fenêtres pour échapper à la police,
- que malgré tout, à l’époque des “trente glorieuses”, la croissance était forte
- etc,etc…

on se dit qu’il y aurait aujourd’hui autrement plus de raisons de voir un soulèvement de ce genre.

Mais l’Histoire n’est pas rationnelle.

Mai 68, 40 ans après :

MAI 68, 40 ans après

Source photo


Coluche inépuisable …

26.04.08

La lecture du “Best of” de Coluche parvient à calmer l’impatience penant les heures d’attente dans les aéroports… Echantillons :

” Un banquier suisse m’a envoyé pour les “Restos du coeur” un chèque sans signature en me disant qu’il voulait rester anonyme.”

” Nous organisons un grand concours de chèques à mon nom. Le plus gros a gagné.”

” Je voulais raconter une histoire de boomerang, mais je ne m’en rappelle plus.
Ce n’est pas grave, ça va me revenir.”

” A la télé, ils ne disent rien. C’est normal, il y a trop de gens qui regardent.”

” Les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent.”

” Savez-vous ce que les belges font des vieux camions de pompiers qui ne marchent plus ? Ils les gardent pour les fausses alertes.”

” Les boxers, au départ, étaient des chiens ordinaires. Sauf qu’ils ont pris une porte dans la gueule quand le cartilage était pas sec.”

” On dit toujours à un Noir : ” T’es mon frère“, mais mon beau-frère, jamais.”

” J’ai fait tellement de fugues que j’aurais dû avoir mon Bach.”

” L’avenir appartient à ceux qui ont le veto.”

” L’histoire se répète, dommage que ce soit nous qui payions les répétitions.”

” La navette a explosé avec sept homme dedans : si ça avait été sept singes, les expériences seraient interdites.”

” Coup d’Etat à Madagascar. Eh oui, Tananarive pas qu’aux autres !”

” Les Restos du Coeur, c’est pas de la charité, c’est de la redistribution. Merde alors ! ça leur appartient, aux gens, la bouffe que je leur refile ! Dans leurs impôts, ils paient pour les excédents alimentaires, non ?”

” J’ai eu du bol, parce que ma mère me disait toujours : “Arrête de dire des conneries !” Et tu vois, si je l’avais écoutée…”

” On me demande souvent si j’ai l’intention de sortir un bouquin de toutes mes conneries. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait de librairie assez grande pour toutes les contenir.”

Source photo : http://www.w3sh.com/2006/07/18/vingt-ans-le-mec/


Lettre ouverte à Maître Fatimata M’Baye

11.04.08

Maître,

Evidemment le factotum qui, dans l’avion du 11 mars dernier en partance de Roissy vers Nouakchott, vous a intimé l’ordre de retourner à votre siège pour avoir protesté contre le traitement d’un expulsé conduit de force dans l’avion, puis appelé ses chefs pour vous faire descendre et vous mettre en garde à vue (ce que vous décrivez dans cette vidéo)…. ce factotum, disions-nous, ne savait pas - parce que ce n’était pas inscrit sur votre front - que vous êtes avocate, Vice-Présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’homme, de l’Association Mauritanienne des Droits de l’homme, récipiendaire du Prix des Droits de l’homme de l’Université de Nuremberg (1999), avocate dans plusieurs juridictions pénales internationales, et militante au point d’avoir croupi 9 mois dans les geôles mauritaniennes pour avoir promu les mêmes droits dans votre pays. Car vous savez aussi, mieux que nous, ce qu’il en est du respect des droits humains dans certains pays africains.

Mais il faut vous dire - et vous l’aviez probablement lu dans les journaux - que la nouvelle France, celle de la “rupture”, a décidé de créer un Ministère de de l’immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement Solidaire (il y a des fois où l’accumulation des mots révèle de l’embarras, non ? Ce n’est plus un Ministère, c’est un train de marchandises…).

Même le gouvernement du Maréchal Pétain (1940-1944) n’avait pas osé faire un Ministère de l’Identité nationale : il n’avait osé qu’un Ministère de la Reconstruction Nationale, co-listier d’un Secrétaire d’Etat aux Colonies. Les choses au moins étaient claires, sans noyer tout cela dans le charabia du Développement Solidaire…
Ces postes étaient occupés par des titulaire successifs aux noms totalement oubliés, noyés qu’ils ont été dans une idéologie fasciste. L’anonymat historique menace idemement le sieur Brice Hortefeux, actuel responsable de la sauvegarde de l’identité nationale : en effet, son mandat est de faire du chiffre d’expulsions d’étrangers. Ce n’est évidemment qu’une posture idéologique et le destin misérable des idéologies est de mourir noyé dans les statistiques, forme moderne du mensonge : c’est une question de temps.

En réalité, la vieille France, dont vous maîtrisez parfaitement la langue et les valeurs qu’elle a portés dans l’Histoire, semble ne pas avoir encore “digéré” l’éloignement progressif de sa période coloniale. Vous aurez remarqué que dans les troubles récurrents des banlieues françaises ces dernières années, la chasse aux étrangers s’acharne essentiellement sur “les Arabes et les Noirs”.
On n’a pas beaucoup entendu dire que les Chinois, les Kosovars ou les Guatémaltèques posaient des problèmes particuliers dans les banlieues.
…Tenez … au passage, saviez-vous que le mot “banlieue”, signifie le lieu du “ban”, (”espace de juridiction-environ une lieue-autour d’une ville dans lequel l’autorité publiait les bans et avait juridiction”) ce qui était aussi la limite géographique du bannissement - vous l’avez certainement appris dans vos études de droit - et qu’au Moyen-Âge, en Europe, la sanction pénale la plus courante n’était la prison mais précisément le bannissement, c’est à dire l’interdiction d’entrer dans n’importe quelle ville.
On voit qu’aujourd’hui, les aéroports sont devenus les nouvelles vraies frontières, lieu du bannissement des Africains…

Par ailleurs, on a vu à l’oeuvre, dans la bande dessinée de l’”Arche de Zoé”, cette vision tout aussi idéologique - et donc truffée de mensonges aux communautés tchadiennes comme aux familles françaises candidates à l’accueil d’”enfants du Darfour” - qui consistait à se comporter comme si les Français avaient le droit, revendiqué comme “moral”, d’intervenir, n’importe quand, pour n’importe quelle raison, et n’importe où dans vos pays d’Afrique pour y “labourer le terrain”, ce terme n’ayant pourtant plus de connotation géographique depuis les indépendances. Et puisqu’on n’est plus propriétaire de la terre, on prétend cependant disposer à volonté des enfants qui y survivent… pour que des familles françaises - payantes - aient le sentiment d’honorer les droits de l’enfant. C’est le monde à l’envers, ou comme disent joliment les Anglais : “upside down“…

Vous êtes peut-être aussi au courant de l’histoire de ce jeune maire d’une commune camerounaise, nouvellement élu en septembre dernier, arrêté devant ses administrés début mars de cette année, et toujours incarcéré à ce jour, quelque part du côté de Douala, pour avoir exigé que les multinationales françaises de la banane - qui l’avaient menacé de mort par téléphone - payent des impôts locaux, ce dont elles s’étaient exemptées d’office depuis 30 ans.
Mériterait d’être défendu avec la médiatisation qui s’impose.
“Arche de Zoé” et multinationales françaises, même combat…

On ose croire - sauf erreur - que les fonctionnaires coloniaux Français qui géraient votre pays sous la forme des “Groupements Nomades” ne se comportaient pas ainsi, probablement trop préoccupés à survivre eux-mêmes dans les conditions extrêmes du désert, où l’on faisait probablement peu d’idéologie, car comme disait Lawrence d’Arabie : ” Dans le désert, les mots ont des contours nets “.

Vous voilà donc poursuivie pour “trouble à l’ordre public”, ou quelque chose comme ça, alors que la liste s’allonge, presque quotidiennement, des Africains qui se noient dans les fleuves ou se jettent par les fenêtres lorsque la police française les poursuit, et que des enfants sont désormais détenus dans les centres de “Rétention” qui, tout administratifs qu’ils soient, n’empêchent pas qu’une cellule est une cellule.
Et en matière de cellules, vous en connaissez un rayon.

On va finir par se demander si le drapeau des droits de l’homme, brandi quotidiennement “urbi et orbi“, n’est pas devenu, en France, une gigantesque fumisterie, qui perd toute crédibilité, qu’il s’agisse de la chasse sauvage aux immigrés, des interventions militaires, ou encore - on fait toujours plus raffiné - des commandos de Zoé humanitaires.

Pour avoir le plaisir de travailler occasionnellement avec vous depuis plusieurs années, on se dit que ce sont peut-être - et d’abord - des militant-e-s comme vous qui portent véritablement la flamme des droits humains où que ce soit, dans votre pays comme ailleurs, y compris en France.

Car seul-e-s, celles et ceux qui en ont été privés sont experts en droits humains.

Soyez assurée, Maître, de notre totale solidarité.


Une adoption, ça rapporte 2 millions de dollars ?

8.04.08

Dans “L’Hebdo” (Suisse) de fin mars 08, cet entrefilet :

” ENFANTS A VENDRE :

Angelina Jolie et Brad Pitt pourraient recevoir 10 millions de dollars pour des photos exclusives de leur progéniture en gestation ( ? ), estime Barry Levine, du tabloïd américain National Enquirer.
Le couple a déjà reçu 4 millions de dollars en 2006 pour une photo de sa fille biologique Shilo et 2 millions pour des clichés de l’adoption de Pax Thuien (2007).
C’est devenu un gros business “, raconte Barry Levine.
Et si bientôt certaines stars décidaient d’avoir des enfants pour gagner de l’argent ? La question émerge outre-Atlantique.”

Si les propos du journaliste, de type collecteur d’égouts, Barry Levine, publiés dans cette soupe à chien qu’est le National Enquirer, sont exacts, d’autres questions “émergent” :

- Faut-il donc en conclure qu’une photo d’un enfant biologique vaut deux fois plus que “des clichés de l’adoption” d’un enfant asiatique ?

- Y aurait-il donc désormais des adoptions qui coûtent aux parents anonymes et des adoptions qui rapportent aux parents célèbres ?

- L’argent gagné avec une photo est-il placé sur un compte d’épargne au bénéfice futur de l’enfant ? Versé à des orphelinats des pays d’origine ?

- Qu’en est-il de l’anonymat du visage, du droit à l’image, et du respect de la vie privée de l’enfant sur ces photos ? Un enfant n’a pas de vie privée, parce que c’est un enfant ?
Voir ” Déclaration des droits et devoirs des journalistes” (Munich, 1971- Point no 6)

Ce n’est évidemment pas l’adoption en elle-même qui est critiquable dès lors qu’elle se déroule en respectant les lois applicables dans les pays d’origine et d’accueil, et selon des normes non-lucratives, dans un sens comme dans l’autre.
On attend un simple communiqué de presse pour savoir combien ont perçu (ou, au contraire, n’ont pas perçu) ces célébrités pour les photos de leurs enfants adoptés :

Madonna (un garçon malawite),
Sharon Stone (un enfant adopté une semaine après sa naissance, Laird, un autre garçon commandé à une mère porteuse, et un autre enfant adopté),
Angelina Jolie (un enfant cambodgien en 2002, une petite ethiopienne en 2005, et le troisième, vietnamien, en 2007)
Mia Farrow ( 10 enfants adoptés en Inde, en Corée et au Vietnam)
etc,etc… (voir la liste sur cet article)

Peut-être n’y a-t-il rien d’illégal dans tout cela,
mais alors , pour l’éthique, on repassera…

Source photo

Pour en savoir plus sur l’adoption internationale,
voici une étude comparative récente (février 08),
sur 6 pays européens, intitulée

” ADOPTION : A QUEL PRIX ? “ (texte intégral)

et sous-titrée :
Pour une responsabilité éthique des pays d’accueil
dans l’adoption internationale
“.


Identités remarquables … en littérature

6.04.08

Les attentes interminables dans les aéroports laissent le loisir de lire plus attentivement qu’ailleurs…
Dans le “Monde des Livres” (28.03.08), au hasard des articles, on déniche parfois des petits diamants d’écriture, comme ce qui suit :

D’Abdelkédir KHATIBI, écrivain marocain :

” J’appartiens à un pays magnifique qui est marginal.
Il est de force vive.
Je lui dois ma naissance, mon nom, mon identité initiale.
Je lui dois mon histoire, sauf le récit de ma liberté d’esprit, celle d’avoir à inventer un espace et une relation de dialogue avec n’importe quel être venant vers moi.
Je me modifie au contact de l’étranger qui me veut du bien, grâce au discernement et à la clarté d’esprit.
Et après tout, vivre avec soi-même avec la liberté d’esprit, partager le principe de communauté d’esprit avec le proche, le voisin, le lointain, l’ancêtre qui nous fait encore signe, est le destin de tout intellectuel contemporain qui soit conséquent en parole et en acte.
Mondialiste et altermondialiste à la fois, je migre dans cette constellation d’affinités actives avec les scientifiques, les penseurs et les artistes. En tout cas, je fais mon travail, c’est-à-dire la transfiguration de mon expérience en un chemin initiatique.”

(” L’intellectuel et le mondialisme ” - “Essais”, page 323)

Ce qui rappelle une des citations les plus célèbres du poète autrichien Rainer-Maria Rilke :

” Nous naissons, pour ainsi dire, provisoirement, quelque part ;
c’est peu à peu que nous composons en nous
le lieu de notre origine, pour y naître après coup,
et chaque jour plus définitivement.”

(” Lettres milanaises” , 23.01.1923)


Pour une police de proximité …

29.01.08


Source : blog.cornemuz.com

Très favorable au retour de la police de proximité
pour rétablir le dialogue dans les banlieues…


… et le contact est vite rétabli :

Source : ville-arles.fr


MM. les élus municipaux, lisez ceci …

17.01.08

Dans un article du “Journal du Droit des jeunes”(Décembre 07), un dossier rend compte des débats d’une table ronde, tenue en Belgique, sur le transfert des responsabilités du traitement de la délinquance juvénile du niveau national au niveau communal.

Extraits :

(…) Les participants n’en disconviennent pas, le niveau communal offre beaucoup d’avantages en termes de proximité. Cependant, on ne peut tolérer démocratiquement les dérives qui en découlent (…), également constatées dans le domaine culturel. (…)
On est en quelque sorte devant une approche managériale. On assiste à un effet de bascule dont l’enjeu n’est pas la qualité du travail social, qui est mis au service du politique, et non plus l’inverse. La proximité du pouvoir politique risque de favoriser des aides, des mesures partisanes, porteuses au niveau électoral et ne garantit même pas une mixité culturelle et sociale pour tous.(…)

La durée du mandat, la proximité de l’électeur favorisent une vision qui se centre sur le court terme avec une obsession de l’immédiateté. La réponse est de plus en plus dans l’impulsivité du passage à l’acte et implique une vision en terme “action-résultat“. Les participants insistent pour dire que cette politique à court terme ne mène à aucun résultat si ce n’est une visibilité de la réaction, utilisable uniquement dans un discours électoraliste. Il faudrait oser avoir un discours fort sur l’impact des actions à long terme. Cette obsession de l’immédiateté influence également très fortement le niveau pédagogique et le travail des intervenants sociaux.

On constate que l’approche répressive se généralise dans les actions des communes pour assurer la tranquillité publique.(…) Les exemples se multiplient : couvre-feux pour lutter contre les ” bandes de jeunes perturbateurs “; rapprochement police-école (conventions locales),etc.
La lutte contre la délinquance (vision sécuritaire) et la lutte pour l’émancipation (vision sociale), ce n’est pas la même chose.“(…)

” La démocratie représentative fonctionne de manière indirecte : le peuple délègue ses pouvoirs à des représentants à qui il confie l’administration des affaires de la Cité”. Mais ” la professionnalisation excessive de la vie politique est la manifestation la plus évidente d’une tendance du champ politique à se fermer sur lui-même, à fonctionner d’une manière confinée, selon des règles que ses protagonistes sont tendanciellement les seuls à comprendre.(…)
Le contre-pouvoir dénonce alors la confiscation du pouvoir par les délégués, la réduction de la participation au rituel électoral, le désintérêt des citoyens pour la chose publique. La tentation est grande de substituer une démocratie directe, réputée plus effective, plus vive, plus créative, à une une démocratie indirecte, qui paraît incarner la confiscation du pouvoir et la sclérose de la gestion.
(…) Mais la seule promotion du caractère direct ne garantit en rien qu’on lutte efficacement contre les effets dommageables du confinement du champ politique. (…) On observe même des effets inverses :
- la réduction de l’action politique à la recherche de la satisfaction directe ;
(…)
- le jeu politique se ramène ainsi au choc des corporations, au point que le ” bien commun ” est réduit à la notion d’un ” gâteau ” dont il convient d’arracher sa part.(…) - (Mr Jean Blairon).

Petit commentaire :

Le débat est sans fin de savoir à quel niveau l’intervention est la plus efficace, face à la complexité de la délinquance. C’est peut-être même un faux débat.
Il est hautement préférable que les acteurs de la prévention et de la gestion de la délinquance soient au plus proche possible de la population. Mais l’efficacité n’est pas tant dans la détermination du niveau de décision que dans les éléments suivants :
a - chaque profession concernée (les “sécuritaires” comme les “sociaux”) doit être compétente et formée à l’écoute des mineurs, aux droits de l’enfant et au travail multidisciplinaire, lequel n’est efficace que si chacun reste à sa place tout en connaissant les possibilités et les contraintes des autres professions;
b - toute décision relevant de la sanction, voire de la privation de liberté, doit être l’effet d’une décision judiciaire (autorité non-municipale) et non pas administrative (ce qui peut être le risque de la municipalisation).
Autrement dit, l’efficacité n’est pas tant “dans l’organigramme” que dans le niveau de compétence des acteurs.

Dans un autre article du même numéro, Mme Ingrid Gilles conclut ainsi :

(…) Il faut donc résister au catastrophisme ambiant, la situation n’est pas critique. L’espace public n’est pas envahi par des “ mineurs fous ” plus violents, plus délinquants ou forcément plus jeunes qu’auparavant, qui commettraient des méfaits jamais vus dans le passé.
Nous ne devons pas céder aux appels d’effrayantes sirènes qui voudraient que nous nous précipitions vers un mouvement sécuritaire ” parce que la prévention a échoué “ et “qu’ ” il est temps de passer à autre chose “ : la coercition pure et dure, autrement dit, la prison.
Nous insistons encore une fois pour rappeler que l’” on a généralement tendance à réduire la question complexe de l’inquiétude existentielle, conséquence du processus de mondialisation à un simple problème de “maintien de l’ordre”. On s’aperçoit ainsi que les préoccupations concernant la “sécurité”, que l’on réduit le plus souvent au souci de protection du corps et des biens, sont au contraire “surdéterminées” : elles reçoivent tout le poids des angoisses engendrées par un des aspects fondamentaux de l’existence actuelle - l’incertitude.”
(In Bauman Z . ” Le coût humain de la mondialisation “, Paris, Hachette, 1999).
Dégageons-nous des discours politiques ou journalistiques qui voudraient nous laisser croire que la détention (ou plus généralement la répression) est le remède miracle aux difficultés d’une société quelle qu’elle soit. C’est faux. Le dénouement de nos angoisses passe par l’amélioration de notre contexte de vie via la certitude du travail, d’un pouvoir d’achat
(…), d’une pension, et non pas par les ersatz de l’enfermement des ” méchants “.
(…)
En conséquence, ” la politique devient de plus en plus une politique-spectacle cherchant non pas à changer la réalité, mais bien l’image qu’en ont les gens, de sorte que la politique soit appréhendée moins en termes de production effective de sécurité que sous l’angle de sa capacité à répondre symboliquement à la demande de sécurité et à donner l’illusion de la sécurité.
(Van Campenhoudt ; ” L’insécurité est moins un problème qu’une solution “, in “Revue du Droit Pénal et de Criminologie”).

Et l’auteure termine ainsi :

“Nous sommes de ce fait manipulés par un système étatique
pour qui il serait utile stratégiquement que nous ayons peur de l’Autre
et qui, en renforçant l’isolement social,
(…)
nous rend dépendants de son offre artificielle de protection,
l’unique moyen à sa portée
dans l’objectif de se ré-approprier notre confiance
(et son corollaire, notre docilité)
en perpétuant ainsi sa raison d’être. “

 

Autres ouvrages de référence mentionnés dans le dossier :

“L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ?” (R.Castel, Ed du Seuil, 2003)
“Insécurité et pénalisation du social” (P. Mary, Ed Labor - Bruxelles, 2003)
“Réponses à l’insécurité. Des discours aux pratiques” (Van Campenhoudt, Ed Labor, 2000)

Source : faabwien.skyrock.com 


Loi africaine sur l’immigration des ressortissants français

6.10.07

Article 1 er :

Les ressortissants français désirant s’installer comme résidents dans un pays d’Afrique pour une durée supérieure à 3 mois sont tenus d’engager une procédure de demande de visa, comprenant une attestation de leur identité par empreintes génétiques, établie à leurs frais, validée par le Tribunal de grande Instance de leur pays d’origine.

Article 2 ème :

Les membres de la famille des Français candidats à l’installation en Afrique peuvent solliciter un permis de résident sous réserve d’identification par empreinte génétique de la mère et des enfants, à l’exception des enfants adoptés, des enfants de précédents mariages du père, ou des enfants nés d’accouchement sous X.

Article 3 ème :

Les ressortissants français désirant s’installer en Afrique subiront, dans les locaux de l’Ambassade de référence, un test préalable de langue, dont le résultat sera joint à la demande de visa, dans un délai fixé par chaque Ambassade, à compter du dépôt du dossier complet de la demande de permis de résident, dossier comprenant les mentions de la durée et du contenu de la formation.

Article 4 ème :

Tout Français résidant en Afrique et faisant publiquement, par écrit ou oralement, l’apologie des bienfaits de la colonisation, dûment constaté par les autorités du pays de résidence, sera soumis à une amende fixée par l’Etat de résidence. En cas de récidive, l’expulsion pourra être prononcée, y compris dans le cas de personnel diplomatique à qui l’Etat pourra retirer son accréditation.

Article 5 ème :

Tout Français désirant exercer une activité professionnelle en Afrique devra préalablement à sa demande de visa et de permis de résident, faire une déclaration sur l’honneur relative au contenu de l’activité qu’il compte y mener, et joindre un bilan de compétences, afin de permettre aux autorités du pays sollicité d’attester que la même activité ne peut être assurée par un-e de ses ressortissant-e-s, à qualification égale.

Article 6 ème :

Tout ressortissant de nationalité française désirant s’établir dans un pays africain, pour une durée de plus de trois mois, au titre de consultant pour une entreprise privée ou un service public, et sous réserve de l’application des clauses de l’Article 5, sera rémunéré, pour les besoins - et pour la durée - de son séjour, au tarif d’un consultant national, selon le calcul local du “panier de la ménagère”, son employeur lui versant la différence sur un compte d’épargne dans son pays d’origine.

Article 7 ème :

Tout ressortissant de nationalité française désirant initier ou contribuer à une activité sociale ou humanitaire, parallèlement à son activité professionnelle, devra s’enregistrer auprès du Ministère de référence, lui rendre rapport régulier de ses activités et de ses financements, et accepter tout contrôle de ses activités.

Article 8 ème :

Tout ressortissant de nationalité française désirant se faire accompagner de mineurs lors de ses déplacements à l’étranger, en sollicitera l’autorisation, dûment justifiée, auprès le Tribunal de Grande Instance du pays de sa juridiction de résidence et disposer de l’autorisation écrite au moment de sa sortie du territoire.

Article 9 ème :

Tout ressortissant de nationalité française, disposant d’une accréditation diplomatique, ayant eu connaissance dans l’exercice de ses fonctions, de crimes commis par des ressortissants de son pays, quelle que soit leur fonction ou leur titre, sur le territoire du pays accréditaire, sera poursuivi pour non-dénonciation de crime dans le pays d’accueil ainsi que dans son pays d’origine, par voie diplomatique.

Article 10 ème :

Le Président de la République Française ayant clairement affiché son intime conviction que la pédophilie était d’origine génétique, tout ressortissant de nationalité française ayant commis, pendant son séjour, des crimes sexuels sur mineurs dans le pays africain de résidence sera poursuivi et jugé dans le pays, ou, à défaut, dans son pays d’origine, l’enquête sa basant sur l’identification par empreintes génétiques (cf. Article 1 er).


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10.05.07

Extrait du quotidien suisse romand “24 heures”(10 mai 2007) :

“Les émetteurs d’ultra-sons installés il y a deux mois par le Service des Bâtiments de la Ville de Genève sur le Palais Eynard ont été démontés. Hier matin, il ne restait au mur que des petits trous, seule trace encore visible du litige.

Ces petits boîtiers produisaient des sons de haute fréquence qui ne sont audibles que par les moins de 25 ans.
Objectif : faire fuir les jeunes. “C’est impossible de rester plus d’une minute dans les parages“, explique Adrien. Ce collégien de 17 ans retrouve régulièrement ses amis aux abords du Palais
.(…)
Ces ultra-sons, il les a entendus à plusieurs reprises.
D’après les collégiens, le dispositif s’enclenchait durant la nuit.
Choqué d’apprendre que la mesure visait à les éloigner, Adrien s’insurge :
” C’est très insultant. Une mesure aussi ciblée ne peut que catégoriser les jeunes comme étant les grands méchants et monter les gens les uns contre les autres.”

Evoquant une atteinte à la dignité humaine, Antonio Hodgers, le chef de file des verts ne mâche pas ses mots: ” C’est un scandale. On traite les ados comme des chiens.” Un avis que partage Christian Ferrazino, le magistrat (maire-adjoint) en charge des bâtiments. ” Ce n’est pas de cette manière que l’on va démontrer un comportement respectueux à l’égard de ceux à qui on demande justement plus de respect.
S’il n’a pas mis son veto plus tôt, c’est tout simplement parce qu’il n’était pas au courant.
(…)
Selon le chargé d’information du Conseil Administratif, “il ‘agissait uniquement d’un test, d’où le fait que le magistrat n’ait pas été informé. Ce lieu public est souvent lié à des dépradations, des violences.
Le Service des Bâtiments, après s’être assuré que cela ne représentait aucun risque pour la santé, a expérimenté ce dispositif. Le jugeant inefficace, ils étaient d’ailleurs prêts à l’abandonner.”

No comment.