Clins d’oeil sur Lima (Pérou)

22.11.09

Grand silence sur ce blog depuis quelque temps :
un emploi du temps très chargé et des déplacements très prenants,
comme cette escapade au Pérou pour un Congrès (voir billet précédent).

Quelques diapos anecdotiques en vrac et en marge du travail :

Le plus court chemin entre Amsterdam et Lima passe-t-il vraiment au large de l’Islande ?
Ou bien est-ce pour éviter le “Pot-au-Noir” atlantique ?

Une étrange architecture d’hôtel (Marriott) :

Un des symboles de la civilisation Inca :

Sur la Place d’Armes, la Cathédrale :

Scène de rue :

Une façade d’immeuble du quartier central historique de Lima

dont un détail…

La solidité de celles qui descendent de la montagne :

Une rue du quartier historique de Lima :

Dans un recoin d’une église en ruine, une petite chapelle pour la messe en latin et en grégorien pour intégristes, en présence d’une statue pour le moins imposante…

Le chien, compagnon d’un mendiant au centre ville :

Détail de façade impeccablement restauré :

Une Vénus inattendue…

Du monde en permanence devant la statue de cette sainte patronne des “causes impossibles” :

Novembre, au Pérou, c’est le début du printemps…

Procession religieuse populaire :

Des rencontres en plein congrès :

Le soleil se couche sur Lima et prépare son lever sur l’Asie


Un vrai bonheur de lecture grâce à A.Finkielkraut

7.10.09

Le dernier ouvrage d’Alain Finkielkraut, ” Un coeur intelligent “ est exceptionnel à plus d’un titre.

Contrairement à beaucoup d’intellectuels qui donnent à chaque livraison le sentiment de planter leur drapeau sur le marché de l’édition, avec force mastication des mêmes idées et intuitions dans des formulations les plus variées, l’auteur reste ici en retrait d’autres écrivains, plutôt romanciers, tout en les accompagnant dans leurs démarches, et sans se priver pour autant d’émettre un avis, une analyse ou une hypothèse.
Son livre  est sous-titré, non pas “Nouvelles” ou “Essai”, mais ” Lectures”. Les analyses et intuitions sont d’autant plus fortes qu’on sent en permanence une sorte d’humilité, teintée d’empathie, si ce n’est d’admiration, non pas tant pour les auteurs eux-mêmes que pour ce qu’ils réussissent à transmettre à travers leurs fictions.

Le livre commence ainsi :

” Le Roi Salomon suppliait l’Eternel de lui accorder un coeur intelligent.
Au sortir d’un siècle ravagé par les méfaits conjoints des bureaucrates, c’est-à-dire d’une intelligence purement fonctionnelle, et des possédés, c’est-à-dire d’une sentimentalité sommaire, binaire, abstraite, souverainement indifférente à la singularité et à la précarité des destins individuels, cette prière pour être doué de perspicacité affective a gardé toute sa valeur.”
(…)
” Ce n’est directement à (Dieu), ni à l’Histoire, cet avatar moderne de la théodicée, que nous pouvons adresser notre requête avec quelque chance de succès, c’est à  la littérature.” (…) ” Sans elle, la grâce d’un coeur intelligent nous serait à jamais inaccessible. Et nous connaîtrions peut-être les lois de la vie, mais non sa jurisprudence.”

source photo


Tout le livre est ainsi, de concision, d’intelligence, accumulant de petits diamants de lecture, avec parfois la sourde intuition d’atteindre une dimension définitive dans ce qu’il faut extraire des lectures choisies.
Ce livre est une fête pour l’esprit, quand il cherche à dialoguer avec le coeur.
On le referme avec émotion et avec regret, tant il nous a élevé à un degré de qualité d’écriture, abordable par tous, et d’authenticité humaine effleurée de manière aussi sobre et donc hautement convaincante.

Voici quelques échantillons de diamants, volontairement sortis de leurs contextes, pour vous faire saliver – et  si vous voulez en savoir plus, fermez ce blog, éteignez votre ordinateur et précipitez-vous chez votre libraire : ce livre est un des cinquante livres à emporter pour vingt ans sur une île déserte.

” Le rire de l’humour dérègle les unions sacrées; le rire des amuseurs désigne des victimes sacrificielles. Le premier défie la meute ; le second la déchaîne. Le premier est une modalité du doute tandis que les  verdicts du second tombvent en cascade. Le rire de l’humour ébranle, par la fantaisie, les certitudes sentencieuses de l’idéologie; le rire des amuseurs tranche les têtes qui dépassent et punit, à coups de caricatures, tous les arriérés, tous les retardataires, tous les réactionnaires, tous ceux qui contreviennent, par leur anachronisme, aux évidences narquoises de l’esprit du temps.” (p.39)

La sale race, ce n’est pas tel peuple ou telle civilisation, c’est l’humanité quand elle se désentrave de tout ce qui la distingue d’une espèce sanguinaire.” (p. 137)

” L’imaginaire est double : l’imagination confère à l’homme le pouvoir de sortir de lui-même et d’habiter d’autres consciences; le fantasme l’installe au centre du monde et lui assujettit les êtres, les choses, les évènements; l’imagination explore l’immaîtrisable, le fantasme en constitue la négation; l’imagination prend acte de la pluralité, le fantasme la conjure; l’imagination enseigne la modération, le fantasme nourrit la démesure; l’imagination relève de l’attention, le fantasme est une production du désir.
Imaginer, pour le moi, c’est se quitter; fantasmer, c’est s’écouter, se dédommager, se repaître de scénarios compensatoires.”
(p.31-32)

” Les activistes qui conduisirent ce massacre n’étaient pas au départ des scélérats ou des criminels. C’étaient des idéalistes effrénés jusque dans leur matérialisme radical et leur impeccable efficacité. Ils habitaient un monde allégorique, un univers exclusivement peuplé de formes : le koulak, l’ouvrier, le bourgeois, l’aristocrate, le payssan pauvre. Ils ne se contentaient pas de soumettre le particulier au général, ils ne voyaient que le général. Les archétypes étaient pour eux plus réels que les individus, les noms plus tangibles que les êtres, les énoncés doctrinaux plus vivants que la vie,  la division du monde en deux entités antagonistes plus vraie que la variété des situations et la diversité humaine. Nul visage ne les déconcertait jamais, rien ne les prenait de court, car ils étaient entièrement immergés dans le drame de la Raison. Là le concept régnait sans partage, là les corps n’étaient que des supports, là se résorbait tragiquement la différence ontologique entre la réfutation des idées et l’élimination des personnes.”(p.57)

pologne poznan lignitz dresden 153

” Le monde est indocile. La réalité excède perpétuellement l’image qu’on en forme ou l’idée qu’on s’en fait. Les circonstances les plus décisives n’ont presque jamais la tête de l’emploi.” (p-197)

” Tout ce qui arrive nous parvient sous forme de récit. Et eux auxquels même les plus sophistiqués d’entre nous ajoutent foi, ceux que nous faisons spontanément pour mettre de l’ordre dans l’anarchie des évènements, sont édifiants et rudimentaires. Nous sommes dès l’enfance des consommateurs insatiables de fictions stéréotypées. Nous ne nous lassons pas de réduire les problèmes, les dilemmes et les casse-tête de l’existence à des scènes éblouissantes où le Bien affronte le Mal en combat singulier. les contenus de ces deux notions changent, la structure demeure : c’est toujours saint Georges qui enfonce sa lance dans la gueule du dragon.
Contre cet activisme romanesque, impétueux et monotone, il existe une instance d’appel : le roman. Le roman n’est pas une modalité parmi d’autres de la fable, il est la fable qui ne joue pas le jeu et qui, pour le dire comme Milan Kundera, déchire ” le rideau magique tissé de légendes suspendu devant le monde.”
(p.171)

Avec ce livre de lectures d”Alain Finkielkraut,
le monde est plus lisible
et l’air du temps est beaucoup plus respirable.


Du progrès en art

2.09.09

Dans son ouvrage,
Paris-New York et retour,
voyage dans les arts et les images”
,

Marc Fumaroli propose :

” Il y a quelque chose comme du progrès en art,
comme en religion et en éducation,
même si ce progrès n’est ni cumulatif,
comme dans les sciences et les techniques,
ni évolutif et ininterrompu,
comme dans le darwinisme et le marxisme.
Des éclaircies qui s’accroissent,
des moments de grâce qui se poursuivent,
des dons qui se multiplient.
Leur source invisible, elle, ne tarit jamais.
Elle donne à croire
à l’éternel retour de la beauté.”

mont-saint-michel paysages 290


Afghanistan : un candidat intègre…

31.08.09

Un des candidats aux élections présidentielles afghanes, Mr Ramazan Bashardost, interviewé par Valérie Crova, correspondante de France-Info à Kaboul, répond – dans un français parfait –  aux questions de la journaliste sur la corruption en Afghanistan :

Extraits du reportage :

Il cible d’abord ses attaques sur les organisations non-gouvernementales :

Les ONG se créent pour servir le peuple, mais elles se servent : des maisons à dix chambres pour les directeurs, 10 000 dollars à 15 000 dollars de loyers ; des voitures à 60 000 dollars avec des téléviseurs dedans … mais à qui ça sert  ?”

Ancien Ministre du Plan  jusqu’en 2004, il a démissionné avec fracas,  parce qu’il était en désaccord avec la politique menée par le président Karzaï, à cause du clientélisme :

Lorsque j’ai commencé mon travail, j’avais droit à un lot de terres  pour construire une maison. J’ai refusé, j’ai dit “je ne veux pas” … n’est-ce pas … donnez d’abord aux Afghans pauvres.”

Il a aussi refusé la somme de 10 000 dollars allouée à tous les parlementaires pour acheter une voiture.

“J’étais le seul à ne pas vouloir de cet argent. C’est là que pour la première fois, j’ai entendu un député me traiter de fou.”

Depuis qu’il est député, Bashardost reverse 60 % de son salaire pour aider les Afghans dans le besoin.
40 % de la population afghane vit avec 10 euros par mois.

Lors d’un débat télévisé, pendant la campagne, opposé aux autres candidats, dont Hamid Karzai, il a asséné quelques vérités :

” Dans tous les pays, il y a de la corruption, mais la différence, en Afghanistan, c’est que la corruption est pratiquement légale : elle fait partie de l’administration. C’est un signe de pouvoir.”

Bashardost se définit comme un idéaliste, mais pas comme un utopiste.

” Car tous les idéaux se réalisent un jour.
Il n’est que de voir Barak Obama.”


Germaine Tillion, apprendre à lire l’humain (2)

20.08.09

Toujours des extraits libres du livre de Tzvetan Todorov à partir des écrits de Germaine Tillion :

Sur sa méthode d’investigation ethnographique :

” Que la quantité soit assez importante pour prendre valeur qualitative, j’en étais convaincue, mais convaincue aussi que les statistiques, mêmes exactes, omettent des éléments essentiels. Aujourd’hui où les chiffres occupent en force les sciences humaines, je regrette souvent que l’on tienne si peu compte de ce que disent, pensent et veulent les gens. Pourtant s’il existe des comportements humains apparemment comparables, il n’en est pas qui soient identiquement motivés. Mais seuls les romanciers nous sortent de l’approximation.”


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” Je m’étais amusée à condenser le fruit de mon expérience pratique en quatre formulettes que j’appelais  ” les commandements du Parfait Petit Explorateur ” :

1 – “ Quand l’eau est jaune on fait du thé; quand l’eau est noire, on fait du café”. Je l’ai suivi et par chance ou par raison, me furent épargnés les typhoïdes, amibes, ainsi que les différents crus dysentériques qui pullullaient.

2 – ” Les objets utiles empêchent de trouver les objets nécessaires.” (Variante : “tout ce qui n’est pas indispensable nuit”.)

3 – ” Ne jamais dire aujourd’hui ce qu’on peut dire demain.” Cette prescription régira avantageusement l’attiude de l’étranger, particulièrement dans ces régions archaïques où l’honneur est méticuleux et la vie de peu de prix.

4 – ” Choisissez les gens nobles, et traitez-les noblement.”

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Sur le vécu de la Résistance et de la Déportation :

” Peut-être que la patrie, comme l’air,  n’est perçue que lorsqu’elle manque ? (…)
Une origine ethnique cela n’existe pas. Mais une “inculcation” extrêmement longue , ça c’est nous.
(…) Cette unanimité unique que nous avons connue en 1940 et 1941 (entre résistants de différent partis), je l’ ai retrouvée dans d’autres pays et d’autres circonstances, mais il faut le dire : leur nature est d’être exceptionnelles…
Une nation, une tribu, une communauté quelconque ne la connaissent qu’à l’extrême fond de l’abîme, lorsqu’une seule exigence efface provisoirement toutes les autres.

Dès les premiers mois de 1941, dans un couloir de la prison du Cherche-Midi, un prisonnier, le commandant d’Estienne d’Orves, inventa un rite, une voix qui criait dans la nuit : ” la France” , tandis que de toutes les cellules, de tous les cachots, les autres captifs répondaient : “vivra”.
Jusqu’au jour de son exécution, d’Estienne d’Orves appela ainsi dans les ténèbres ; après lui, d’autres prirent la relève et, quatre années plus tard, dans le block 32 du camp de Ravensbrück où je me trouvais, chaque soir,  ponctuellement, nous répondions au même appel : “vivra, vivra, vivra” .
(…)

D’Estienne d’Orves – Source photo

” Je ne pouvais pas supporter sans haine et sans colère l’intolérable pitié pour ceux qu’on vient chercher dans une cellule et qu’on mène froidement vers le lieu de leur supplice, mais les rumeurs de la prison disaient qu’on n’exécutait moins.
Pour cette raison, vers le sixième mois de ma captivité, me sentant quitte de mon devoir vis à vis de ma patrie et de mes compatriotes assassinés (puisque j’avais tout engagé dans la lutte), j’ai éprouvé un apaisement profond à pouvoir me dégager de plein droit de la haine et de l’obsession des crimes allemands.
Ce sentiment de paix et de joie, beaucoup de mes camarades l’ont connu et je l’ai retrouvé dans le journal de captivité de deux premiers fusillés de la Résistance, tous deux jeunes (1)
, heureux et sains, ayant donné leur vie dans la plénitude et en accord avec l’univers, dans la sérénité du sacrifice consenti et de la haine dépassée.”

(1) Boris Vildé et Pierre Walter.

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Germaine Tillion écrivit enfin ceci, à propos des années qui ont immédiatement suivi la fin de la Deuxième Guerre Mondiale :

(…) ” De toute cette période (de l’immédiat après-guerre), je n’ai gardé que le souvenir d’une fatigue écrasante et d’un désespoir morne. Non que j’aie le moins du monde, et à aucun moment, minimisé l’importance de la victoire que nous avions remportée en 1945 sur la plus scélérate des entreprises humaines, mais pour atteindre cette victoire, il avait fallu à quelques-uns d’entre nous une telle dépense d’énergie qu’il ne leur en restait plus pour avoir envie de poursuivre l’entreprise vitale(…) Usure totale de toute la trame physique et psychique ? Certes, mais cela n’aurait pas suffi. La vie est normalement rude : elle a exigé de l’espèce humaine, pour lui permettre de devenir maîtresse de la planète, l’extraordinaire robustesse nerveuse qui la caractérise : l’être humain est apte à compenser de très rudes coups. Il ” éponge”, il ” étale”, il “répare” sans cesse des dégâts incessants.(…)

” Grande originalité zoologique, cet être détient l’extraordinaire aptitude de pouvoir dissiper des forces et des énergies supérieures à celles qu’il possède, à la condition de les concentrer sur un but situé au-delà de lui-même. S’il atteint ce but, il devra alors, dans cette situation dépouillée, affronter l’énorme dépense que représente nécessairement la transposition dans le réel d’un idéal pour lequel tout a été sacrifié, dissipé…
Il est assez nornal que l’animal humain succombe alors :
Résistants de tous les pays, méfiez-vous de votre victoire.”

Ecrire cela après une vie pareille…
On se surprend à regretter qu’il n’y ait aucune transcription d’un dialogue entre Germaine Tillion et André Malraux.
On imagine mal qu’ils ne se soient pas rencontrés…

Seul Jean Lacouture, biographe des deux, pourrait peut-être l’imaginer …


Germaine Tillion : apprendre à lire l’humain (1)

16.08.09

Très curieuse de notre univers et de ses habitants “, Germaine Tillion, décédée en 2008 à l’âge de 101 ans , avec les honneurs de la République,  fut une universitaire remarquable et une résistante de la première heure pendant le seconde guerre mondiale, ce qui lui valut un séjour au camp de concentration des femmes à Ravensbrück.

Du remarquable ouvrage écrit à sa mémoire par Tzvetan Todorov, on retiendra ces quelques extraits libres :

Avant la guerre, Germaine Tillion étudie, dans les Aurès (à l’époque, colonie française) une ethnie algérienne, les Chaouias.
Après la guerre (1954), elle retourne en Algérie, reprend ses études ethnologiques et découvre alors … “l’inversion des rôles “.
Elle mène l’enquête à partir de témoignages de tortures perpétrées par l’armée française : elle découvre que ce sont les nôtres, mes compatriotes, mes proches, dont je ne suis toujours sentie solidaire… Et pourtant ce qui se passe sous mes yeux est une évidence : il y a, à ce moment-là, en Algérie, des pratiques qui furent celles du nazisme.”
Au contact des militants du FLN, elle découvre parallèlement que “ces “terroristes” agissent comme elle et ses camarades, en France, quinze ans plus tôt”, contre le nazisme.
Sur le moment je n’ose établir franchement aucun parallèle” écrit-elle. Sans se désolidariser de son pays, “elle se met au service de ceux qui ont souffert par la France: grâce à elle, des dizaines, des centaines d’individus échappent à la peine capitale et aux sévices.”

Après la guerre d’Algérie, elle reprend ses recherches ethnologiques et projette d’écrire un livre “qui expose les fondements de la connaissance dans le domaine des sciences humaines, à partir de son expérience d’ethnologue – mais aussi de résistante et déportée”.

Elle  part de ses intuitions de jeunesse (ses premières recherches dans les Aurès en Algérie, avant la seconde guerre mondiale) et les approfondit en formulant une “véritable révolution dans la manière de pratiquer les sciences humaines ou même, plus généralement, sa connaissance de l’humain”.
L’idée de base de Germaine Tillion est qu’il est vain d’aspirer à la pure objectivité : pour comprendre les autres, nous faisons appel toujours et nécessairement, à notre sensibilité subjective.
Elle ajoute :

” Je tiens à signaler que les rapports “scientifiques” – c’est à dire basés sur l’observation des autres – sont faux et factices : pour connaître une population, il faut à la fois la “vivre” et la “regarder”.”(…)
” Toute la mécanique de notre érudition ressemble aux notes écrites d’une partition musicale, et notre expérience d’être humain, c’est la gamme sonore sans laquelle la partition restera lettre morte. Combien y-a-t-il d’historiens, de psychologues, d’ethnologues – les spécialistes de l’homme –  qui, lorsqu’ils assemblent leurs fiches, ressemblent à un sourd de naissance copiant les dièses et les bémols d’une sonate ?”(…)
“L’absence totale de participation affective à un évènement est un élément d’incompréhension quasi radical.”(…)
” Le choix n’est pas vraiment entre celui qui fait intervenir sa subjectivité et celui qui ne le fait pas, mais entre celui qui en est conscient et celui qui ne l’est pas, celui qui cache cette identité et celui qui accepte de la révèler.”
(…)

Les évènements vécus sont la clé des évènements observés”.(…) et T.Todorov ajoute : ” On se sert de son soi pour comprendre l’autre :  sans cette contiguïté entre les deux, les informations accumulées restent lettre morte. C’est la méthode même de l’enquête qui doit être transformée : le vécu individuel ne doit plus être évacué; bien au contraire, il faut en rendre compte avec précision, car il est reponsable de notre construction de l’autre, celui qu’on est censé étudier.”

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Sans faire d’analogie abusive, on aimerait être sûr que nos charismatiques humanitaires se préoccupent de la nature et de la qualité de leurs perceptions des sites d’intervention, de la manière dont ces sites sont identifiés et analysés avant de décider d’ouvrir ou de fermer une action humanitaire. Et ce au-delà des critères objectifs, des indicateurs “professionnels” et des statistiques en tous genres, qui, comme chacun sait, ne sont souvent qu’une des formes modernes du mensonge – dans ce qu’on leur fait dire.

Qu’est-ce, au juste, que lire une situation humaine collective ?
Avec quels paires de lunettes décide-t-on parfois d’intervenir ?
Est-ce encore de l’action humanitaire que d’être en permanence à l’affût des magots budgétaires des Etats et à la chasse aux prospects (nouveau look des donateurs) ?

En lisant les conseils méthodologiques de cette grande professionnelle académique de la recherche en sciences humaines que fut Germaine Tillion, on se dit que le soi-disant professionnalisme de certains “technocrates de l’humain” a parfois – pas toujours, heureusement – quelques relents de fumisterie.


Instants furtifs d’intimité avec la perfection

9.08.09

Ce billet se veut un modeste florilège
de photos prises, lors de voyages, par l’Abrincate,
et placées en vrac
sans aucune logique géographique ni chronologique,
rien que pour le plaisir des yeux,
qu’on espère partager…

Photos 2008 054Coucher de soleil sur le lac Léman, vu de Lausanne,
avec au fond la côte française (Yvoire, Thonon,etc…)

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Photos 2008 008Au loin , entre les deux massifs de fleurs, Evian.

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P1000694Avant l’atterrissage à Kaboul.

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P1000850Est-ce l’intérieurde la nef d’une église romane ?
L’intérieur d’une mosquée ?
Non, rien que les reflets des matériaux utilisés
dans le grand hall de l’aéroport de Dubaï,
qui se reflètent dans un des piliers du hall…

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Photos 2008 089Lever du jour au bord d’une plage de Rio de Janeiro (Brésil)

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Photos 2008 185Château de sable sur la plage de Copacabana (Rio de Janeiro)

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Saint-Pétersbourg 2008 068Mosaïque d’une église de St Pétersbourg

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mont-saint-michel paysages 076

Près du Mont-Saint-Michel à marée basse

mont-saint-michel paysages 094et lorsque la marée monte,
elle arrive par le lit de plusieurs rivières
et lorsque lesvagues séparées se rejoignent,
vous n’avez plus qu’une solution,
l’hélicoptère de la Sécurité Civile…

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mont-saint-michel paysages 259Un pilier du cellier restauré de l’Abbaye de la Lucerne d’Outremer (Manche)

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mont-saint-michel paysages 286Le soleil, aussi, contemple la marée jusqu’à la dernière minute…

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msm chausey appart 162Une jeune violoncelliste lors des nocturnes
des visites libres de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel
(dans le Promenoir des moines)
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mont-saint-michel marée granville 168Lorsqu’on se présente ainsi – rayonnante -
à l’entrée d’une plage
où circulent plusieurs milliers de personnes,
il ne faut pas s’étonner de se retrouver sur un blog…

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juin 2009 art basel ouchy divers 042Oeuvre exposée à ArtBasel 2009

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Les détails font la perfection,
mais la perfection n’est pas un détail. “

Léonard de Vinci

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Et si vous cherchez une photo de l’Abrincate,
qui rédige ce blog et publie ses photos
(celles qui n’ont pas de lien de source en référence),
désolé, caramba, c’est encore raté…

juin 2009 art basel ouchy divers 046ArtBasel 2009







Federer, exceptionnellement humain

10.06.09

Extraits de l’interview de Mr Pierre Paganini,
préparateur sportif de Rodger FEDERER,
dans ” 24 Heures ” du 10.06.09 :

2594388339_ea14808081Source photo

“  Où se situe la grande force de Roger Federer?

- Le tennis, c’est athlétique, mais s’il n’y a pas une tête pour guider tout cela, on ne va nulle part. L’homme Federer a le joueur Federer sous contrôle, c’est sa force, c’est pour cela que c’est un grand champion.
Les gens le reconnaissent aussi en cela, sans forcément se l’expliquer clairement, mais il est le boss, le patron de lui-même, et c’est tellement important !
C’est à lui de gérer, de savoir ce qui va bien aujourd’hui, ce qui va moins bien, dans les différents paramètres, c’est là qu’il est si fort, qu’il est unique.”

(…)

Le plaisir, chez lui, c’est un moteur…

- Sans plaisir, sans sourire, il meurt. Il aime la vie, il est fait pour créer.
D’habitude, c’est du moins ce qu’on dit, les artistes sont des gens moins bien structurés, organisés que les autres, et on dit que quelqu’un de structuré, organisé, manque d’étincelles.
Rodger a les deux: la structure et les étincelles.”

Mais comme le suggère ” Le Temps ” (Numéro spécial) en donnant la parole à André Agassi, ancien champion, qui a remis le trophée des Internationaux de Roland-Garros à Rodger Federer :

(…) ” Roger Federer n’oubliera pas qu’avant ce jour béni il a risqué l’élimination à trois reprises, et que, depuis quelque temps déjà, son aisance naturelle n’y suffisait plus. Passé le stade jubilatoire de la prodigieuse évidence, le maître a exprimé des valeurs morales exceptionnelles, admises communément comme le privilège des conquérants :

«Cette aptitude à la souffrance est un lien invisible, presque mystique, qui relie tous les champions de tous les sports. En un regard, nous savons que l’autre a vécu «ça», nous nous reconnaissons entre mille», s’enflamme Andre Agassi.”

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Sur ce lien, la liste des records battus ou égalés par Roger Federer


Argumentaire contre la peine capitale (contribution…)

31.05.09

Mr Bill Richardson, Gouverneur (Démocrate) du Nouveau-Mexique a décidé, le 19 mars dernier, d’abolir la peine de mort dans son Etat, après avoir été un des défenseurs de la peine capitale pendant des décennies…

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Il s’en est expliqué dans une conférence de presse par ces motifs :

“If you are going to put somebody to death, the criminal justice system has to be perfect, and it isn’t…”
” Si vous êtes déterminé à envoyer quelqu’un à la mort, c’est que le système de justice criminelle est parfait, or il ne l’est pas…”

Faced with the reality that our system for imposing the death penalty can never be perfect, my conscience compels me to replace the death penalty with a solution that keeps society safe.”
” Confronté au fait que notre système qui impose la peine de mort ne peut jamais être parfait, ma conscience m’impose de remplacer la peine de mort par une solution qui sauvegarde la sécurité de la société.”

” The sad truth is the wrong person can still be convicted in this day and age, and in cases where the conviction carries with the ultimate sanction, we must have ultimate confidence – I would say certitude  – that the system is without flaw or prejudice.”
“La triste vérité est qu’une personne peut être condamnée par erreur, et lorsque la condamnation prévoit la sanction ultime, nous devons avoir une confiance absolue – je dirais la certitude – que le système n’est à la merci d’aucun doute ni préjugé.”

“The reality is that the system is not perfect : DNA testing has proven that innocent people have been put on deathrow all over the country.”
” La réalité est que notre système n’est pas parfait : les tests ADN ont prouvé que des innocents ont été envoyés à la mort dans tout le pays…”

“I have no confiudence in a system as it currently operates to be final arbitrer when it comes to who lives and who dies for their crime.”
“Je n’ai pas confiance dans un système qui agit comme arbitre ultime pour décider qui doit vivre et qui doit mourir pour ses crimes.”

“And it bothers me greatly that minorities are over-represented in the prison population and on death row.”
” Et je suis très inquiet de constater que les minorités sont sur-représentées dans la population carcérale ainsi que dans les  couloirs de la mort.”

I went to the prison to-day to look at the conditions, the death chamber. I wanted to see what imprisonment for life would look like. Those cells are worse than deaths.”
” Je suis allé à la prison aujourd’hui pour constater les conditions, et voir la salle d’exécution. J’ai voulu voir à quoi ressemble la prison à vie. Ces cellules sont pires que la mort.”

” From an international human rights perspective, there is no reason the US should be behind the rest of the world on this issue. Many of the countries that continue to support and use the death penalty are also the most repressive nations in the world. That’s not something to be proud of.” 
” Dans une perspective internationale des droits humains, il n’y a aucune raison pour que les EU soient en queue de liste dans le monde sur ce sujet. Beaucoup des pays qui continuent à soutenir et à utiliser la peine de mort sont aussi les pays les plus repressifs  dans le monde. Il n’y a pas de quoi en être fier.” 

” In a society which values individual life and liberty  above all else,where justice and not vengeance is the singular guiding principle of our system of criminal law, the potential for wrongful conviction and, God forbid, execution of an innocent person stands as anathema to our very sensibilities as human beings. That’s why I’m signing this bill into law.”
” Dans une société qui valorise la vie individuelle et la liberté par-dessus tout,  où la justice et non pas la vengeance est le principe fondamental de notre système de loi criminelle, la possibilité d’une condamnation erronée, et , Dieu nous pardonne, de l’exécution d’une personne innocente, constituent une injure à notre sensibilité profonde d’être humain.
C’est pourquoi je promulgue cette loi.”

                                                                            



Mgr Ricardo Ramirez, évêque catholique de l’Etat, approuve en ajoutant :
” We cannot teach that killing is wrong by killing those who kill.”
” Nous ne pouvons pas
promouvoir l’idée
que tuer est mal
en tuant ceux qui tuent.”



“De partout, des gens se lèvent et parlent”

29.05.09

Pour une fois qu’un-e responsable international-e s’exprime au premier degré, sans que l’on devine ou soupçonne des arrières-pensées ou des agendas cachés, cela repose, cela motive, cela rassure, et cela mobilise….
Surtout lorsqu’on sait que d’autres acteurs ont des stratégies mondiales – précisément – destinées à effacer toute référence aux droits élémentaires que la communauté internationale a mis 60 ans à négocier et rendre crédibles comme objectifs.
Il n’est pas inutile de rappeler ces choses élémentaires, sachant que tous les petits roquets du néo-libéralisme , tous les escrocs du discours sur l’importance du “compassionnel”, et bla-bla-bla, vont renaître, sans aucun scrupule, de plus belle, après s’être cachés pour pleurer des larmes de crocodiles dans les jupes de l’Etat…

Dans un éditorial de l’”Hebdo” (Suisse -13.04.09) , Jacques Pilet affirme :
La crise ? ” En Afrique, les populations ne la ressentent guère. Car elles sont de toute façon privées du bénéfice des exportations qui filent vers les compagnies étrangères et les élites locales corrompues. Les pauvres, que la conjoncture mondiale soit bonne ou mauvaise, en sont réduits à se débrouiller tant bien que mal dans les méandres de l’économie souteraine.”
Et de citer l’économiste péruvien Hermando De Soto, qui, dans Marianne, affirme que ” les chiffres officiels ignorent la part énorme de l’économie informelle. (…)  Le tissu insondable de la débrouillardise, peu mondialisé, résiste mieux à la crise que le grand business international…”

Alors quand on voit l’état humanitaire de dizaines de millions de gens en Corée du nord, en Somalie, en Irak, en Palestine, en Afghanistan, à l’est du Congo, au Zimbabwe, au Sri-Lanka et ailleurs… il est de simple bon sens de lire ces extraits de l’ interview dans ” Le Monde ” du 29 mai 2009, de  Mme Irene Khan (originaire du Bangladesh), Secrétaire Générale de l’organisation AMNESTY INTERNATIONAL, qui prend la défense des “prisonniers de la pauvreté”.

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” La crise mondiale changerait-elle la cause des droits de l’homme ?

- Les informations recueillies sur 157 pays renforcent notre conviction : la crise n’est pas seulement économique, c’est une crise des droits de l’homme. Les populations les plus pauvres sont les premières victimes . Des milliards de gens souffrent d’insécurité, d’injustice et d’indignité. Et lorsque certains protestent, les gouvernements les répriment : 100 morts au Cameroun, 2 morts et des centaines d’arrestations en Tunisie…
La crise met en cause les droits fondamentaux : elle se traduit en pertes d’emplois et de logements, en restriction d’eau et de nourriture, en discriminations. Elle attise le racisme, la xénophobie, fait monter l’insécurité.”
(…)

Vous écrivez que 2008 donne un avant-goût de ce qui nous attend. Quelles sont vos craintes ?

- Si on continue d’ignorer les questions de discrimination, de xénophobie, cela va empirer.
Regardez ce qui s’est passé en Afrique du Sud, quand les gens s’en sont pris aux étrangers accusés de prendre leurs emplois. On voit le même phénomène en Europe avec l’hostilité à l’égard des Roms et des migrants. En France, en Italie, en Espagne, regardez comment la police se comporte avec les étrangers ! En Pologne et en Hongrie, on voit l’intolérance monter. En Grèce, en Argentine, en Haïti, on constate un mécontentement grandissant et une répression accrue.
Les Etats affaiblis par la dérégulation peuvent-ils promouvoir les droits de l’homme ? Les Etats restent les premiers garants du respect des droits de l’homme.
Mais beaucoup ont abandonné certaines de leurs obligations, en privatisant la sécurité, les prisons, en réduisant leurs dépenses sociales.
Tout le monde voit aujourd’hui à quoi a mené le manque de régulation dans le domaine économique et réclame l’intention accrue de l’Etat. Il faut promouvoir la même exigence en matière de droits de l’homme.

Dans beaucoup de pays pauvres, les ONG assument les missions abandonnées par les Etats.
Ont-elles une part de responsabilité dans leur affaiblissement ?

- Le retrait des Etats a créé un vide qui a été comblé par des sociétés privées et par des ONG.
Celles-ci peuvent fournir des services, mais non garantir les droits de l’homme.
Ce ne sont pas des entités démocratiques : leurs responsables ne sont pas élus et ne sont pas responsables devant la population même si certaines ont été créées localement.
Ce n’est pas leur faute : elles sont là parce qu’on s’est défaussé sur elles.

Le mépris affiché par Pékin et Moscou pour les droits de l’homme met-il en cause leur universalité ?

- Il serait très dangereux que des pays appelés à dominer le monde ne prennent aucun engagement en la matière. Reconstruire l’économie mondiale sans vision commune des droits de l’homme augmenterait les risques d’inégalités, de marginalisations et donc de conflits et d’insécurité.
Mais la reconnaissance doit être réciproque :
à la Chine de reconnaître les droits civils et politiques ;
aux Etats-Unis de reconnaître les droits sociaux et économiques.

Est-il possible d’ouvrir ce débat en période de crise économique ?

- Mais c’est au contraire une opportunité ! Les Etats se concertent sur la manière de juguler la crise.
C’est aussi le moment pour eux de remettre les gens au centre, de fonder un nouveau leadership tenant compte des droits de l’homme. Mais les Etats ne suffisent pas.
Les sociétés multinationales, parfois plus puissantes qu’eux, doivent être soumises à des règles universelles de respect des droits humains et à un système de sanctions qu’il serait possible d’actionner partout dans le monde.

Les droits de l’homme passent-ils par l’abolition des frontières ?

- Nous sommes pour que les sociétés, et non les frontières, soient ouvertes.
La question des migrations ne peut être traitée que par une coopération multilatérale.
Ni le verrouillage des législations nationales ni les accords bilatéraux ne sont efficaces parce qu’ils oublient que le phénomène est planétaire. Il faut mettre autour de la table tous les pays, ceux de départ, ceux de transit et ceux d’accueil dans le cadre de la convention des Nations unies sur les migrations.

Barack Obama est-il un allié ?

- Nous sommes heureux qu’il ait décidé la fermeture de Guantanamo que nous réclamons depuis 2003. Il apporte beaucoup d’espoir. Mais nous sommes inquiets du fait qu’il use du même langage de guerre que l’administration Bush à propos d’Al-Qaida. Il faut laisser la justice décider si les gens sont coupables et ne laisser personne en prison sans jugement.

Dans ce monde troublé, percevez-vous des signes d’espoir ?

- Qui pouvait imaginer voici quelques mois que Guantanamo, le Goulag de notre temps, serait fermé ?
La campagne pour le contrôle des armes a été un succès aux Nations Unies, de même que le vote d’un moratoire sur les exécutions capitales. Les débuts effectifs de la Cour pénale internationale constituent un autre sujet de satisfaction. Mais le premier signe d’espoir reste la manière dont, partout dans le monde, émergent les sociétés civiles, y compris sous les régimes les plus durs.
Sur tous les continents, des gens se lèvent et parlent.”

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Il naît environ 125 millions d’enfants par an dans le monde.
Compte tenu de la baisse relative du taux de croissance démographique ,
cela fera 3 milliards de naissances dans les 50 ans à venir.

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