Clins d’oeil insolites lors d’une petite fugue à Rome

12.04.13

Dans une ville aux richesses innombrables
- et avec très peu de temps disponible -
il est presque plus reposant de se limiter
à quelques étonnements simples
qui accrochent le regard parfois de manière inattendue,
sans grand ambition culturelle…

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  Aux antiquités égyptiennes du Musée du Vatican :

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Rit-il par ce qu’on le chatouille
ou crie-t-il parce qu’on lui enlève une écharde du talon ?

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Les chats de Rome mériteraient-ils donc une exposition ?

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La bataille de Lépante, le 7 octobre 1571
(elle n’aurait donc duré qu’une journée ?)
où la flotte chrétienne a vaincu la flotte ottomane :

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Dans la Basilique St Pierre :
…ou comment mettre du vent dans les voiles avec du marbre !

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Plafond symbolisant le ciel,
en mosaïques de petites pierres;
peintes et posées une à une…

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Un immigré clandestin se serait-il planqué
sur un balcon de la façade de Sainte Marie-majeure ?

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Que signifie cette peinture murale sinistre ?
… seule la Croix brise les idoles…

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La Pieta de Michel-Ange :
une jeune femme porte le corps de son fils de 33 ans ?

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La Place St Pierre suscite-t-elle des visions surréalistes ?

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Extrait d’un tableau du Caravage,
dans l’église St Louis des Français :
le message a l’air convaincant…

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Seule légende disponible : " Un cardinal "…
…ou, mise à part la suggestion de l’âge,
la personne se dissout dans le costume de la fonction :

Fellini n’est pas loin.,..

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Dans les petites ruelles de Trastevere,
une annonce de restaurant :

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" Nous sommes contre la guerre et le menu Touriste "
Comprenne qui pourra…

Bon appétit.

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PS : photos prises par l’Abrincate
au cours d’un bref séjour fin janvier 2013

A quoi sert la reconnaissance universelle ?

6.12.12

Le quotidien suisse "Le Temps", ainsi que "Le Monde", ont probablement révélé à beaucoup de lecteurs l’existence et la combat du Docteur congolais Denis MUKWEGE, infatigable médecin gynécologue et chirurgien d’une multitude de femmes et filles violées, martyrisées, humiliées, en République démocratique du Congo, dans une région qui a connu entre 3 et 4 millions de morts depuis vingt ans…

source photo

Le Docteur MUKWEGE , "avec de plus en plus de tristesse, inlassablement, arpente le monde et s’empare de toutes les tribunes qui lui sont offertes – ONU, Sénat américain,  Parlement européen, Maison Blanche, Downing Street – pour dénoncer ce qu’il qualifie de crime contre l’humanité."

Menacé de mort, agressé maintes fois, kidnappé pour exécution à laquelle il échappe miraculeusement, il est soutenu par Amnesty International, Médecins du Monde, Physicians for HumanRights, la Fondation du Roi Baudoin, soutenus par des gouvernements qui demandent du gouvernement congolais d’assurer sa protection. Mis à l’abri, des villages entiers réclament son retour dans l’hôpital qu’il dirige…

Mais le Dr MUKWGE  est las : " Las de parler dans le vide. Las de vouloir secouer en vain les consciences. las de raconter à toutes sortes d’auditoires la tragédie es femmes du Congo sans que rie se passe. Las de décrire les viols et tortures effroyables, de citer les chiffres à donner le tournis (500 000 femmes violées en vingt ans) sans qu’aucune volonté politique internationale ne s’exprime pour prendre de vraies mesures. Las aussi de recevoir de  prix et des hommages sans que les organisations gouvernementales envisagent de solutions autres que médicales : " Comment est-il possible que les acquis de la civilisation reculent à ce point ? (…) Ils rivalisent de cruauté, ils sophistiquent la torture; je distingue leurs signatures dans les plaies des femmes."…

Parfois on se demande à quoi cela sert-il d’être connu, reconnu, admiré, loué, récompensé tout autour de la planète pour constater que rien ne bouge en ce qui concerne les causes de telles tragédies collectives dont il ne peut que contribue à atténuer les effets ?
Notre monde de communication aurait-il secrété sa propre antidote à la mobilisation qu’elle devrait susciter ?
Ou bien est-ce…parce qu le problème ne concerne que … les femmes, et que ce sont les hommes qui sont coupables ?
Ou bien est-ce que par ce la justice ne peut pas fonctionner dans de tels contextes d’espace, d’insécurité, donnant ainsi le sentiment d’un impunité digne du retour à la jungle ?

" Il a tenté de pendant des heures de reconstituer le vagin d’une petite fille de 3 ans que des sexes barbares avaient saccagé, lors d’un raid nocturne sur un village…"

Qu’il y ait guerre ou pas, le crime contre l’humanité est la qualification la plus légitime de ces crimes collectifs.
L’article 6 des statuts de la Cour Pénale internationale stipule : (…) On entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque : (…) Viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ; (…)Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement
de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à
la santé physique ou mentale."
(…)

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Avec la même détermination et le même acharnement, un autre militant, dans la mesure des modestes moyens dont il dispose, fait son possible face à cette tragédie, pour financer les "Chambres foraines" dans cette même République Démocratique du Congo : Michel HOFFFMAN, fondateur de l’association VIVERE, soutient des ONG locales qui contribuent à organiser, avec l’accord du gouvernement congolais, des tribunaux mobiles pour juger les militaires (de l’armée régulière) qui ont commis des crimes de viol sur des femmes des populations qu’ils sont supposé protéger.
Toute l’explication et les moyens de soutenir cette action sont sur le site http://www.vivere.ch et notamment les témoignages indépendants selon lesquels ces tribunaux sont absolument conformes aux règles élémentaires de l’exercice de la justice selon les normes internationales.

source photo

source photo

Si la justice ne passe pas, tout se reproduira…

Email de contact :   contact@vivere.ch


Petite fugue au Tessin

26.08.12

Si un image vaut mille mots, ces 11 photos valent 11 000 mots sur la beauté du Tessin canton italophone du sud de la Suisse :


Petite fugue à Vienne…

29.04.12

Au détour de quelques heures glanées à l’occasion d’un déplacement professionnel à Vienne (Autriche), voici quelques flashes en vrac :

Un petit placard affiché sur une porte d’une salle de réunion de l’AIEA (Agence Internatinale de l’Energie Atomique) dont on ne sait si on doit s’en inquiéter ou le prendre comme rassurant…

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L’intérieur illuminé de la Stefanskirche, cathédrale de Vienne

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Au Kunsthistorischesmuseum de Vienne :

"Portrait d’une inconnue"
de Gaspard de Crayer
(Flandres, 1630)

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De Josef DANHAUSER,

"Portrait d’un enfant rebelle"
Vienne, 1835

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De Rembrandt

"Portrait d’une jeune fille "
Amsterdam, 1632

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De Jean FOUQUET

" Portrait du juge Gonella "
France, 1440

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Et quelques échantillons de tableaux
captés au hasard d’une visite
au pas de charge…

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A détour d’une salle, un peintre local s’exerce à la copie…

tandis qu’à l’extérieur du Musée,
un autre artiste subjugue les passants …

Le secret  ?

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PS : toute les photos sont de l’Abrincate,
moyennant une surtaxe de 5 euros
pour prendre des photos sans flash
dans le Musée.


Mémorable traversée de la Baie du Mont-Saint-Michel

2.04.12

(Photos prises par l’Abrincate en août 2011)

Tous renseignements 
sur les traversées à pied
de la baie du Mont-Saint-Michel
sur le site :

http://www.decouvertebaie.com/site/FR/traversees.php?cat=5


En vrac et sans (trop de) commentaires…

10.03.12

Le photographe Fred Boissonnas
prend les grands moyens, en 1907,
pour immortaliser le Parthénon d’Athènes :

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L’artiste espagnol Miquel Barceló a assuré, en 2005,
la rénovation de l’immense dôme
de la salle du Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies à Genève.
Trente-cinq tonnes de peinture ont été nécessaires
pour métamorphoser cette coupole faite de stalactites multicolores
évoquant une "grotte marine".

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Dans le parc de la Fondation Giannadda à Martigny (Suisse)

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Au hasard des chemins de forêt autour de Lausanne

(encore un qui a mis le pied sur l’écorce …
qui n’était pas encore sèche !)

Et quand le printemps cherche à percer sous la glace :


Automne 2011 (no comment)

22.11.11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Danielle Mitterrand : "le pouvoir, c’est le citoyen"

22.11.11

Décédée cette nuit,
voici ce que disait Danielle Mitterrand,
en août 2010,
et qui vaut pour un certain nombre de droits fondamentaux :
la nourriture, la santé,
l’éducation, le logement, etc…

Extraits de l’ interview de Danielle Mitterrand
dans " Libération " du 2 août 2010 :

" Qu’est-ce que le droit universel à l’eau ?

D’abord, c’est reconnaître que l’eau n’est pas une marchandise, que c’est un bien constitutif de la vie. Qu’elle doit être rendue à la nature dans un état suffisant pour que les générations à venir puissent en user sans risque. Elle doit pouvoir être gérée par les pouvoirs publics qui ont le sens de l’intérêt général, avec une grande vigilance démocratique. Il faut que les Etats inscrivent dans leur Constitution que l’accès à l’eau est un droit de l’homme contraignant et qu’ils sont tenus de le respecter.

(…)

L’eau, pour la Terre, c’est l’équivalent du système sanguin pour l’homme. Vous arrêtez une artère, le membre meurt. En construisant un barrage, en conditionnant l’accès à l’eau, les grandes entreprises disposent des vies de millions de personnes entre leurs mains.
Pourquoi la Chine ne quittera-t-elle jamais le Tibet ? Parce que la province recèle les sources des fleuves qui alimentent l’Inde et la Chine. On ne peut pas résoudre le problème de l’eau derrière les frontières. Il faudrait imaginer pour l’élément vital de la planète un droit international différent, avec un traitement politique innovant. On réunirait des sages, la société civile, les entreprises et les politiques…

Si l’eau n’a pas de prix, le service, lui, a un coût. Une bonne gouvernance impose à ce service que la quantité d’eau nécessaire soit gratuite pour pouvoir vivre dignement. L’Organisation mondiale de la santé a fixé cette quantité à 40 litres par jour et par personne. Il faut que chacun, riche ou pauvre, puisse avoir cet accès universel.

En juin, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France se battrait pour un droit universel à l’eau. Une bonne chose ?

Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Si c’est pour privatiser la gestion de l’eau… Entre ce qui est dit et ce qui est fait, on est à des années-lumière. On me dit souvent que je suis contre les entreprises, mais pas du tout. Elles sont nécessaires, mais il faut qu’elles se cantonnent à leurs missions : être des plombiers. Qu’ils fassent bien leur travail de maintenance, de raccordement, qu’on les paie pour leurs prestations, un point, c’est tout.
Ce n’est pas à ces entreprises de définir la politique de l’eau dans les Etats.

Vous êtes pourtant souvent critique avec le Forum mondial de l’eau…

Le problème, c’est que c’est un club de business – ce qui n’est pas illégitime en soi -, qui se présente comme une autorité de la gestion de l’eau dans le monde qui travaillerait dans le sens de l’intérêt général. C’est tromper l’opinion. Ces réunions sont une foire, c’est un marché. Le Conseil mondial de l’eau est présidé par le PDG de la société des eaux de Marseille, une filiale de Veolia. Nous, quand on dit «l’eau pour tous», c’est un bien pour tous. Eux, c’est l’eau pour tous ceux qui peuvent payer. Quand ils parlent d’humanité, ils parlent de consommateurs. Quand ils parlent d’individus, ils parlent d’usagers.

Pensez-vous que l’eau deviendra un enjeu politique, lors des prochaines échéances électorales ?

Je l’espère, il le faut. Un jour, ça sera tellement évident que ceux qui nous dirigent ne pourront plus passer à côté. Tous les grands mouvements sont partis d’un petit groupe qui a convaincu le plus grand nombre.

Le pouvoir, c’est le citoyen qui l’a, mais on ne l’utilise pas."

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Danielle Mitterrand,
entrée dans la Résistance, à 17 ans,
pendant la Seconde Guerre Mondiale….

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Voir le site de la "Fondation France-Libertés"


Steve Jobs : de résurrection en résurrection…

8.09.11

            Le discours que Steve Jobs, fondateur d’Apple, a prononcé en 2005 à l’intention des nouveaux diplômés de l’Université de Stanford (US) est disponible sur plusieurs sites, mais l’Abrincate est heureux de participer à sa diffusion :

            « C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout.
Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.

Steve Jobs jeune – source photo

         « Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

         La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement.
        Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
       Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent :« Bien sûr».
Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.

             Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
         Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
          Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.

            On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

           « Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
           Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
            C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien.
Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.

           Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
           Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
           Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

            « Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
           Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
          Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.

       Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
          J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.


source photo

              Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
                 Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
                Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

               Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu.
Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.

             Soyez insatiables.  Soyez fous.
             Merci à tous.
»

Steve Jobs
Fondateur d’Apple
A l’Université de Stanford (US) en 2005

****************

Au-delà de l’estime sincère que ce discours personnel génère pour son auteur, on ne peut passer par pertes et profits – c’est le cas de le dire – les critiques formulées par des ONG, notamment chinoises, sur les conditions de travail des employés des sociétés sous-traitantes qui fabriquent les produits Apple. Sans avoir les moyens de juger de la réalité de ces critiques, on peut cependant rester attentif à ce que ces ONG affirment. Par exemple :

" Ma Jun et la responsabilité d’Apple " (Source de l’info)

Ma Jun, le directeur du Centre de Recherche sur l’Environnement. une ONG chinoise, explique :

« Apple clame être une des entreprises les plus vertes du monde. La raison en est très simple : Apple n’a pas d’usine, la totalité de sa production est sous-traitée. Ce sont donc ses sous-traitants qui polluent pour elle.

Même si les sous traitants d’Apple sont les principaux responsables sont de cette situation, c’est aussi parce qu’ils n’ont aucune solution pour obtenir plus de profits du côté de leur client qu’ils font pression, soit sur les employés, soit sur l’environnement. »

Source photo

En avril 2010, diverses ONG mondiales, sous la présidence de Ma Jun, ont enquêté sur 29 grandes compagnies des hautes technologie. Apple était classé dernier et n’a jamais commenté à ce sujet. Cette année, Ma Jun a réitéré son constat.

« Beaucoup de sociétés pointées du doigt ne souhaitaient pas répondre. Les associations ont envoyé des centaines d’email, organisé beaucoup de rencontres et de conférences à distance. Beaucoup ont à ce jour commencé à entreprendre des actions concrètes. La seule compagnie à n’avoir jamais envoyé la moindre réponse, c’est Apple, en fort contraste par rapport à toutes les autres. »

Les ouvriers intoxiqués de United Win envoient une lettre à Steve Jobs

Ces derniers jours, les ex-employés de United Win ont décidé d’envoyer collectivement une lettre au PDG d’Apple, Steve Jobs, dans laquelle ils décrivent ce qu’ils ont subi.

« Nous espérons qu’Apple exerce un plus grand contrôle sur ses sous-traitants, et que votre compagnie aide à débloquer le dossier au sujet de nos compensations. »

Encore aucune réponse à ce jour."

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On peut consulter le rapport intégral sur Apple (en anglais) de l’ONG de Mr MA JUN sur le site :

The Other Side of Apple: Investigative Report into Heavy Metal Pollution in the I.T. Industry (Phase IV): Special Apple Inc. Edition  -  Publisher: IPE    Date of Issue: 2011-01-25

Mr MA JUN participe à un débat sur l’information écologique en Chine à la TV Chinoise CCTV (en anglais)


Acrobatie aérienne à Lausanne

1.09.11

Pour le centième anniversaire
de l’aéroport de la Blécherette à Lausanne

un meeting aérien a permis, le 28 août,
d’admirer des patrouilles de voltige
suisse et étrangers :

La patrouille jordanienne a beaucoup impressionné les spectateurs :

tandis que les voltigeuses britanniques juchées sur leurs biplans respectifs
ont donné des sueurs froides à tout le monde :

pour ensuite se laisser admirer en position "hollywoodienne" sur leurs engins…

P.S. : Photos prises par l’Abrincate


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