Contre la peine de mort applicable aux mineurs

11.04.13

Communiqué d’Amnesty International (18 janvier 2013)

"L’exécution en Iran, le 16 janvier, d’un jeune homme de 21 ans, condamné pour un crime qu’il aurait commis alors qu’il était encore mineur, témoigne d’un mépris affligeant pour le droit international.
D’après l’agence de presse officielle Mehr, Ali (Kianoush) Naderi a été exécuté dans la prison de Rajai Shahr à Karaj, dans le nord-ouest de Téhéran, mercredi 16 janvier.
Il avait été condamné à mort pour son rôle présumé dans le meurtre d’une femme âgée au cours d’un cambriolage, il y a plus de quatre ans – alors qu’il n’avait semble-t-il que 17 ans.
Les personnes âgées de moins de 18 ans au moment du crime qui leur est reproché sont considérées comme des enfants au regard du droit international, qui interdit strictement leur exécution."

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 Communiqué de Défense des Enfants International (DEI)

" DEI condamne fermement la mise à mort par peloton d’exécution de sept adolescents en Arabie Saoudite le 13 mars 2013, ainsi que celle d’un adolescent au Yémen le 9 mars 2013, pour des crimes qu’ils ont commis lorsqu’ils étaient encore mineurs. DEI regrette profondément que les appels téléphoniques fréquents et la pression d’organisations internationales et locales de la Société civile et des Nations unies, pour empêcher les condamnations à mort n’aient pas été pris en compte.

Défense des Enfants International – Yémen (DEI-Yémen/École de la démocratie) et le Parlement des enfants ont informé DEI que, en ce moment, vingt (20) mineurs sont condamnés à la peine de mort en attente de leur exécution au Yémen."

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Considérant qu’un mineur se définit par la capacité relative de discerner, de s’exprimer et de se défendre, les normes internationales de la Justice pour mineurs, largement ratifiées par la plupart des pays du monde interdisent la peine capitale pour les mineurs (au moment de l’infraction), quelle que soit la gravité de leurs crimes. Aucune pratique coutumière, à justification religieuse ou non, ne prévaut sur les conventions et instruments internationaux ratifiés par les Etats : la peine de mort appliquée aux mineurs est une forfaiture (« crime commis par un magistrat »).

Les exécutions de dizaines de mineurs en attente d’exécution, sont donc illégales et doivent, à ce titre, être dénoncées.

Article 37 de la Convention relative aux droits de l’enfant : « Les Etats parties veillent à ce que : a) Nul enfant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans. »

Dans les pays qui continuent d’exécuter des mineurs en public, l’Iran l’Arabie Saoudite et le Yemen, il faut exiger la suspension systématique des exécutions capitales de mineurs et la commutation de leur peine, non pas seulement en termes de faveur humanitaire, mais en attendant que, dans les pays concernés, la loi prévoit l’abolition définitive de l’exécution capitale.

Lorsqu’il y a doute sur l’âge réel du mineur condamné (ce qui est parfois le prétexte pour passer à l’exécution), le doute doit – évidemment – bénéficier au condamné, étant entendu que même s’il est majeur, la peine de mort reste un scandale universel, dont on apprend toujours que sa pratique (et sa justification coutumière ou religieuse) ne sont que les prétextes d’un enjeu politicien pour la conquête du pouvoir. Une foule nombreuse s’était rassemblée pour assister à la pendaison de l’adolescent, et les forces de sécurité ont été déployées pour “s’assurer que la sentence a été exécutée en douceur“ (sic) – Agence de Presse officielle iranienne IRNA – 21 septembre 2011.

Dans les pays où la peine capitale,  y compris pour les mineurs, est encore prévue par le Code Pénal, mais n’est plus appliquée, il faut renforcer toutes les coalitions utiles de la société civile pour en exiger l’abolition définitive, ainsi que de la peine d’emprisonnement à vie pour les mineurs. 
Il faut ajouter que l’enrôlement  de mineurs pour servir de kamikazes dans des attentats terroristes doit être considéré comme une forme d’exécution capitale de mineurs par des adultes – quels que soient les motifs coutumiers ou religieux invoqués pour manipuler les mineurs.

La Justice est un des chemins vers l’humanité,
et non pas l’inverse.


A quoi sert la reconnaissance universelle ?

6.12.12

Le quotidien suisse "Le Temps", ainsi que "Le Monde", ont probablement révélé à beaucoup de lecteurs l’existence et la combat du Docteur congolais Denis MUKWEGE, infatigable médecin gynécologue et chirurgien d’une multitude de femmes et filles violées, martyrisées, humiliées, en République démocratique du Congo, dans une région qui a connu entre 3 et 4 millions de morts depuis vingt ans…

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Le Docteur MUKWEGE , "avec de plus en plus de tristesse, inlassablement, arpente le monde et s’empare de toutes les tribunes qui lui sont offertes – ONU, Sénat américain,  Parlement européen, Maison Blanche, Downing Street – pour dénoncer ce qu’il qualifie de crime contre l’humanité."

Menacé de mort, agressé maintes fois, kidnappé pour exécution à laquelle il échappe miraculeusement, il est soutenu par Amnesty International, Médecins du Monde, Physicians for HumanRights, la Fondation du Roi Baudoin, soutenus par des gouvernements qui demandent du gouvernement congolais d’assurer sa protection. Mis à l’abri, des villages entiers réclament son retour dans l’hôpital qu’il dirige…

Mais le Dr MUKWGE  est las : " Las de parler dans le vide. Las de vouloir secouer en vain les consciences. las de raconter à toutes sortes d’auditoires la tragédie es femmes du Congo sans que rie se passe. Las de décrire les viols et tortures effroyables, de citer les chiffres à donner le tournis (500 000 femmes violées en vingt ans) sans qu’aucune volonté politique internationale ne s’exprime pour prendre de vraies mesures. Las aussi de recevoir de  prix et des hommages sans que les organisations gouvernementales envisagent de solutions autres que médicales : " Comment est-il possible que les acquis de la civilisation reculent à ce point ? (…) Ils rivalisent de cruauté, ils sophistiquent la torture; je distingue leurs signatures dans les plaies des femmes."…

Parfois on se demande à quoi cela sert-il d’être connu, reconnu, admiré, loué, récompensé tout autour de la planète pour constater que rien ne bouge en ce qui concerne les causes de telles tragédies collectives dont il ne peut que contribue à atténuer les effets ?
Notre monde de communication aurait-il secrété sa propre antidote à la mobilisation qu’elle devrait susciter ?
Ou bien est-ce…parce qu le problème ne concerne que … les femmes, et que ce sont les hommes qui sont coupables ?
Ou bien est-ce que par ce la justice ne peut pas fonctionner dans de tels contextes d’espace, d’insécurité, donnant ainsi le sentiment d’un impunité digne du retour à la jungle ?

" Il a tenté de pendant des heures de reconstituer le vagin d’une petite fille de 3 ans que des sexes barbares avaient saccagé, lors d’un raid nocturne sur un village…"

Qu’il y ait guerre ou pas, le crime contre l’humanité est la qualification la plus légitime de ces crimes collectifs.
L’article 6 des statuts de la Cour Pénale internationale stipule : (…) On entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque : (…) Viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ; (…)Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement
de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à
la santé physique ou mentale."
(…)

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Avec la même détermination et le même acharnement, un autre militant, dans la mesure des modestes moyens dont il dispose, fait son possible face à cette tragédie, pour financer les "Chambres foraines" dans cette même République Démocratique du Congo : Michel HOFFFMAN, fondateur de l’association VIVERE, soutient des ONG locales qui contribuent à organiser, avec l’accord du gouvernement congolais, des tribunaux mobiles pour juger les militaires (de l’armée régulière) qui ont commis des crimes de viol sur des femmes des populations qu’ils sont supposé protéger.
Toute l’explication et les moyens de soutenir cette action sont sur le site http://www.vivere.ch et notamment les témoignages indépendants selon lesquels ces tribunaux sont absolument conformes aux règles élémentaires de l’exercice de la justice selon les normes internationales.

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Si la justice ne passe pas, tout se reproduira…

Email de contact :   contact@vivere.ch


La communication rend-elle fou ?

23.09.12

C’est tout de même un paradoxe qu’une vidéo nulle sur Mahomet (au point qu’on ne peut s’empêcher d’y voir une stratégie planifiée dans un contexte qui n’est pas neutre…) suscite  tant d’émotion, de heurts, de manifestations, alors que la mort de 30 000 Syriens depuis 1 an et demi ne suscite aucune réaction internationale…

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Ce monde serait-il plus malade que pendant la Guerre Froide ?
On craignait alors l’embrasement général par une guerre atomique, et on a le sentiment qu’aujourd’hui un embrasement pourrait émerger, n’importe quand, d’une vulgaire vidéo lancée en orbite sur … Youtube…
Ce monde serait-il dirigé, non pas par des élus responsables et compétents, mais indirectement grâce à des média interposés et complaisants, par une bande de pauvres types et de gamins irresponsables et hystériques ?

Charb, rédacteur en chef de Charlie-Hebdo,
con, béat et satisfait…

Jusqu’à Charlie Hebdo qui a flairé le big business avec deux coups de crayon, tout en jouant les vierges effarouchées devant  tant d’émotion…
Même le porte-parole de la Maison-Blanche a donné son opinion sur l’"initiative" de Charlie-Hebdo !

Tout cela est ridicule, pitoyable et lamentable.

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PS : Comment va-t-on nourrir les 3 milliards d’enfants
qui vont naître dans les 50 ans à venir ?


Développement durable et justice des mineurs

20.06.12

L’intérêt à long terme de toute société
est d’appliquer
les normes internationales
de justice pour mineurs.

Article 40 de la Convention relative aux droits de l’enfant :
1. Les Etats parties reconnaissent à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales d’autrui, et qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein de celle-ci.
 

Dans un contexte de globalisation, et notamment de libéralisation de l’économie mondiale, réduisant parfois le rôle des services publics de l’Etat, l’accent mis sur la lutte pour la « sécurité humaine »  se traduit par une gouvernance interne strictement sécuritaire, qui conduit parfois à la criminalisation de multiples formes de pauvreté. En cela, ils ignorent le caractère déterminant d’une Justice des mineurs conforme aux normes internationales, dans l’intérêt de la sécurité de ces mineurs, comme pour la sécurité de la population, ce qu’exige l’opinion publique.

Livre à lire toutes affaires cessantes…

Beaucoup de gouvernants privilégient une politique à courte-vue dans l’espoir d’un gain politique immédiat, préféré à un traitement à long terme : punir vite plutôt qu’éduquer lentement… Même dans des pays disposant des moyens économiques pour des mesures alternatives à la répression pénitentiaire, apparaissent des pratiques de « couvre-feu » dans certaines zones urbaines, ou l’annonce récurrente de la détection de la « prédisposition à la délinquance » dès l’école enfantine. Les comportements marginaux et contestataires, perçus comme symptômes inévitables du renouvellement des générations, s’effacent devant des discours sur les comportements « anti-sociaux » des mineurs, « toujours plus nombreux, toujours plus violents, et toujours plus jeunes (ce qui est souvent statistiquement faux) permettant de justifier des pratiques publiques de stigmatisation et d’exclusion.

Par ailleurs, la privatisation de la construction et de la gestion des établissements pénitentiaires ne contribue pas au développement durable d’une politique de réinsertion: le nombre d’incarcérations augmente, et il faut rentabiliser les nouvelles structures privées « mises sur le marché ». Au contraire, la rigueur économique suppose que, pour l’immense majorité des délinquants primaires, le rapport coût-efficacité du travail social et éducatif en milieu ouvert soit admis comme plus favorable que d’investir dans des institutions pénitentiaires coûteuses, même si, par leur visibilité, elles donnent le sentiment de rassurer la population.

De plus, la croissance des phénomènes migratoires entraîne l’exil de quantité de mineurs, parfois incités par leurs familles, parfois sous la contrainte de trafiquants en vue d’activités illégales. Les pays de destination utilisent souvent des méthodes marginales, arbitraires voire illégales, du type « deux poids-deux mesures » contraires aux conventions internationales.

Enfin, les bouleversements survenus dans les conflits armés, internes ou internationaux, accroissent le phénomène des enfants enrôlés soit dans les forces armées, soit dans les milices, guérillas, et autres groupes armés. Souvent, les Etats confrontés à des troubles internes imposent un régime légal d’exception ou une sorte de « loi militaire » qui suspend l’obligation de traiter les mineurs selon les normes : l’enrôlement est pourtant une forme avérée d’exploitation et d’abus de pouvoir qui oblige pourtant à traiter le mineur comme une victime avant d’être un criminel.

               Il n’y a pas de sécurité humaine durable sans Etat de droit : toute politique sécuritaire fondée sur un abaissement des exigences en matière de respect des droits humains est vouée à l’échec.

                                ********

« Les enfants conserveront pendant toute leur vie
ce qu’ils assimilent
et ce qu’ils expérimentent pendant leur enfance,
sur le chemin qui mène à la vie adulte,
et transféreront ces connaissances
à la prochaine génération. »

(UNICEF).


Qu’est-ce que le développement durable ?

20.06.12

Le développement durable est « un développement harmonisé de l’ensemble des sociétés des diverses régions du monde, orienté sur une croissance riche en emplois, économe en ressources naturelles et renouvelables, soucieux d’équité et de cohésion sociale visant à l’accès pour tous à une haute qualité de vie répondant aux besoins présents, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »(à partir du Glossaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie)

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La définition traditionnelle et occidentale de la croissance n’est plus le paradigme universel du développement. L’imprévisibilité et la complexité des problèmes posés par la destruction progressive de l’environnement obligent les Etats à définir et négocier une approche internationale concertée, qui tienne compte de la diversité des cultures et traditions, tout en étant fondée sur les droits humains fondamentaux.

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Il faut désormais considérer :

- que les droits humains fondamentaux ne peuvent être effectivement garantis que si l’Etat dispose des moyens de réguler et contrôler leur application, car il porte la responsabilité de l’intérêt collectif quant aux nécessaires investissements à long terme, notamment dans l’éducation et la santé, tandis que le marché ne gère la rareté qu’au prix, à de degrés divers, d’une explosion des inégalités ;

- que si la nature est une richesse, elle n’est pas une marchandise. Les ressources naturelles ne sont pas commercialisables, pas plus que le droit de les détruire, sachant par ailleurs qu’aucune instance internationale de régulation ne serait en mesure d’encadrer ce marché en donnant la priorité à  la sauvegarde des ressources pour les générations futures ;

que les citoyens doivent être conscients de leur responsabilité individuelle dans leurs comportements quotidiens, et notamment les enfants et jeunes fréquentant les établissements éducatifs ;

- que les raisonnements économiques doivent intégrer le coût des conséquences à long terme de l’absence de prévention et de protection de l’environnement pour la future génération, et pas seulement le coût de l’utilisation sans limites des ressources naturelles et énergétiques pour un profit immédiat.

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L’action doit être fondée sur une approche « droits humains, qui ne se réduit pas à la seule évaluation des besoins, mais l’octroi des moyens d’y subvenir sur la base de droits fondamentaux, négociés et ratifiés par les Etats, qui en sont à la fois la source et les garants, sans en être les acteurs exclusifs. Ces droits humains sont des outils universels, indivisibles et interdépendants qui favorisent l’égalité des chances et l’intégration  sociale de toutes les générations.

Il n’y a de développement durable que dans une organisation sociale en recherche d’efficacité, d’équité et de solidarité, avec la participation active d’une société civile formée et informée, qui exerce ses libertés d’expression, d’association et d’initiative.

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L’action sociale au bénéfice des populations les plus vulnérables n’est pas une activité secondaire pour une population marginale. Si tous les enfants d’une classe d’âge ont des droits, dont  l’égalité des chances en matière de santé et d’éducation, le travail social y contribue de manière vitale, et non pas selon une vision condescendante ou compassionnelle.

« Si les normes élémentaires de l’équité sociale ne sont pas respectées, le tissu social commence à se défaire et l’intolérance politique s’installe, créant un climat qui décourage l’investissement. De sorte que, loin d’être une conséquence de la réussite économique, le développement social (est) une condition essentielle dont dépendent la viabilité et l’efficacité de l’économie de la région. »  (Déclaration du Sommet Mondial de Copenhague sur le développement humain – 1995)

Il est inacceptable que la majeure partie des populations souffrant de la faim de manière chronique vive en milieu rural et agricole. La lutte contre « la faim dans le monde » progressera par l’équilibre des chances données aux agricultures locales de subvenir aux besoins nutritionnels de la population dans son milieu naturel et communautaire.

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La « victoire » de l’allaitement maternel sur les nourritures artificielles importées à grand renfort de publicité dans les pays les plus pauvres est une victoire du développement durable sur l’intérêt commercial à court terme, grâce à la vigilance de la société civile et de beaucoup de professionnels de la santé.

Les valeurs porteuses d’une approche sérieuse du développement durable doivent être intégrées dans le système éducatif. Que ce soit dans l’éducation, formelle, non formelle et fonctionnelle, la prévalence de la pérennité la vie sur le profit, de la solidarité sur la concurrence, de la participation sur l’autoritarisme, de la loi commune sur les privilèges, de l’appréhension de la complexité sur le simplisme médiatique, de la notion de bien public sur la seule propriété privée, et des investissements pour les services publics à long terme sur la commercialisation généralisée à profit immédiat. L’éducation doit développer chez les enfants le goût de la complexité (contre les préjugés), du débat (contre l’intolérance), de l’initiative (contre le fatalisme), avec des outils permettant de former leurs opinions et de les confronter avec celles des autres.


Révolte québecoise salutaire dans la crise

9.06.12

Sans connaître tous les tenants et aboutissants de la situation générale au Québec, il est permis de penser que la révolte des étudiants est parfaitement justifiée au sens où il est inacceptable qu’un gouvernement de comptables besogneux ne cesse de leur crier dans les oreilles : " utilisateurs-payeurs !" ou "apprendre c’est s’enrichir, donc ça se paye ! "… pour justifier la hausse des frais d’inscription à l’Université.

Ce système économique devient complètement stupide : l’éducation, y compris universitaire, devrait être considérée d’abord comme un investissement vital du pays. Chaque étudiant-e qui a révélé ses capacités devrait être payé et aidé pour pouvoir pousser ses études au maximum et servir ainsi les intérêts du pays sur une ou deux générations.

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Sur ce site, on apprend : "L’Europe du Nord est réputée pour la qualité du système éducatif et universitaire. Les études à l’université sont gratuites. Les étudiants suédois bénéficient, notamment, de prêts d’État leur permettant de vivre sans courir après les "petits boulots".
Le prêt est renouvelé chaque année, à condition que les étudiants obtiennent de bons résultats, et il est remboursé à un taux d’intérêt assez avantageux, sur une très longue période – tout au long de la vie professionnelle la plupart du temps. Autrement dit, l’Etat accorde des prêts aux étudiants pour vivre et se consacrer à leurs études sans avoir à travailler, et non pas pour payer les frais d’incription à l’Univesité….

Au Danemark, "si un jeune fait des études en biologie à l’Université de Copenhague, il en coûtera 220 000 couronnes (30 000 euros) par an à l’état, alors qu’un étudiant en droit dans la même université ne coûtera que 37 000 couronnes (5 000 euros). Etudier les mathématiques à Aarhus revient à 145 000 couronnes (20 000 euros), et pour un étudiant en tourisme à Aalborg, c’est 50 000 couronnes (6 700 euros).

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Tous les petits roquets de gouvernants néo-libéraux, qui prêchent, comme des religieux enamourés, la réduction du rôle de l’Etat, la privatisation des services publics de santé et d’éducation, qui criminalisent les chômeurs, etc, sont des petits rigolos parfaitement nihilistes, qui n’ont que le mot de valeur à la bouche (les valeurs de la Bourse…) et n’ont strictement aucune vision, ni sens des responsabilités, ni convictions vis à vis de leur propre pays.

Si la démocratie consiste à gouverner pour  endetter l’Etat afin de renflouer les banques irresponsables et renvoyer l’ascenseur de la pompe à finance aux pouvoirs économiques qui ont payé les campagnes électorales, on ne donne plus très cher (!) de la démocratie.

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C’est une des caractéristiques de notre époque :
les banques et leurs copains-coquins gouvernants font tout pour endetter les étudiants (pour les tenir en laisse pour le restant de leurs jours, comme pour les familles qui empruntent sur 30 ans pour leur maison) et ensuite se plaindre que leurs clients-créanciers ne sont pas fiables, et donc exiger de l’Etat qu’il les sauve de la faillitte, évidement par les impôts, ce qui n’empêche pas les familles et étudiants endettés
de continuer à devoir payer 1- leurs impôts et 2- les intérêts-et-le-capital : c’est ainsi que les petites gens payent deux fois
et qu’au prix de leur misère et de celle de l’Etat qui doit sauver les ¨banques", (en faisant payer le public une troisième fois
par l’augmentation de la TVA), celles-ci continuent à se renflouer
pour rejouer l’essentiel au casino de la Bourse et à payer des cerveaux académiques spécialisés dans "l’ingénièrie financière".

Les deux renflouements de 500 banques européennes par la Banque Centrale Européenne fin 2011 et début 2012 (plus de 500 milliards d’euros à chaque fois) ont permis à ces banques de …les replacer au taux de 1 % à la BCE pour ensuite reprendre les crédits à 5 ou 6 % vers l’extérieur…

Et en même temps, on veut nous convaincre que c’est le marché et les investissements privés qui vont financer les investissements vitaux
à long terme pour relancer l’économie, investir dans l’urgence d’installer une économie durable et le développement économique
du tiers de l’humanité sur 50 ans ???

Combien de temps va-t-on continuer
à penser que nous sommes dupes ?

********

On aura malgré tout noté ce qu’a dit le 7 juin 2012, Michel Barnier
Commissaire européen au Marché intérieur et des Services, à Bruxelles
(vous êtes bien assis ?) :

 « " Nous ne voulons plus que les contribuables paient, les banques doivent payer pour les banques », a insisté Michel Barnier au cours d’une conférence de presse. Il a souligné que ces propositions n’étaient « pas faites pour traiter les crises d’aujourd’hui » comme celle du secteur bancaire espagnol, mais pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation à l’avenir, et pour « casser le lien entre les crises bancaires et les finances publiques ».

Dans le communiqué intitulé "Résumé pour les citoyens" (sic),
on peut lire ceci :

" Le renflouement répété de banques (considérées comme «trop grandes pour faire faillite») — qui n’en continuent pas moins à prendre des risques excessifs et à faire des bénéfices au détriment de leurs clients - a alimenté un sentiment de profonde injustice, aggravé la dette publique et imposé des sacrifices supplémentaires aux contribuables."

Diantre  ! Que c’est bien vu… Mais qu’est-ce qu’il n’a pas fallu entendre, depuis le début de la crise en 2008, de toute la droite européenne sur l’irresponsabilité des gens de gauche, évidemment incompétents en économie … puisqu’ils en appellent sans cesse à l’Etat !!!

Et le texte se termine par la question "Qui en bénéficierait et comment ?
"L’exposition des contribuables aux coûts de renflouement des banques serait réduite au minimum. Les coûts de restructuration et de résolution seraient supportés par les propriétaires des banques, les créanciers et les gestionnaires responsables des mauvaises pratiques.
Les entreprises pourraient se concentrer davantage sur leurs activités essentielles, grâce à une plus grande stabilité financière et une incertitude moindre sur la santé de leurs sources de financement."
Quand la proposition prendrait-elle effet ?
Début 2015."

En un mot ? Le bon sens.
Espoir ou enfumage ?

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Extraits de la Revue de presse d’Ivan Levaï sur France-Inter du samedi 9 juin 2012 :

" On devrait relire le premier discours de Roosevelt, arrivant au pouvoir aux Etats-Unis, après la crise de 1929, et disant dans son premier discours :

" Les dirigeants qui président aux échanges des biens de l’humanité ont échoué par leur propre obstination et leur propre incompétence pour ensuite admettre leur échec, le regretter et abdiquer. Les pratiques de cambistes (à la Bourse) sans scrupules restent l’objets d’accusations publiques : les hommes les ont rejetté du fond de leur coeur et de leur esprit. Il est vrai qu’ils ont essayé d’agir mais leurs efforts sont basés sur des coutumes obsolètes.(…) Face au manque de crédits, ils n’ont rien trouvé de mieux que de prêter davantage. Privé du profit grâce auquels ils incitaient la population à les suivre, ils n’ont eu d’autres recours que d’exhorter, larmoyants, les citoyens à leur rendre la confiance perdue. Ils ne connaissent que les lois d’une génération d’égoïstes. Il leur manque une vision d’avenir et sans celle-ci, les gens courent à leur perte."

C’était du temps les Etats-Unis étaient capables de sursaut, de clarté et de courage dans la guerre mondiale qui a suivi la crise économique. C’était l’époque où Morgan Chase,  Goldman Sachs, Lehman Brothers n’étaient pas encore gangrénés par une mafia de petits roquets de Bourse issus des laboratoires de ce Docteur Folamour qu’était Milton Friedman. 

 

 Franklin D. Roosevelt


Réélire Sarkozy ? Vraiment ?

6.04.12

Voulez-vous VRAIMENT réélire le candidat sortant Sarkozy ?

Voulez-vous vraiment réélire celui qui a, en cinq ans, fait passer la dette française de 1 100 milliards d’euros à plus de 1 700 milliards d’euros ? A quoi ont servi les plus de 600 milliards d’euros supplémentaires empruntées  en 5 années de mandat  ? Comment faire comprendre à des gens qui gagnent moins de 1 000 euros par mois qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens, après avoir augmenté la dette collective de 50 % ?

Voulez-vous vraiment réélire celui qui a co-piloté le sauvetage drastique de la Grèce, non sans avoir déclaré au début de son mandat que les limites budgétaires fixées par Bruxelles pouvaient être balayées d’un revers e la main ?

Voulez-vous vraiment réélire un président qui affirme bêtement " qu’il y a trop d’étrangers en France ", sans avoir pensé un instant qu’il y a peut-être une différence entre " étrangers " et " immigrés " ?

Voulez-vous vraiment réélire un président qui hurle à la remise en cause annoncée par F.Hollande de l’accord sur les budgets européens de crise, tout en annonçant, quinze jours plus tard, qu’il demandera la renégociation des accords de Schengen et autres accords ?

Un président qui dit tout et son contraire, parfois d’une semaine à l’autre, en pensant que nous ne sommes que des poissons rouges, qui à chaque tour de bocal, ont oublié ce qu’il leur a dit au tour précédent ? (image entendue, mais où ?)

Le pouvoir est-il un jouet ?
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On ne demande pas à un président de prendre d’abord position sur les jeunes qui ont besoin d’amour, sur la supériorité du curé sur l’instituteur, ou sur la viande hallal. On lui demande de faire fonctionner les institutions dans le cadre de la Constitution dont il est le garant… Or à lire cet extrait du site de " Marianne " :

" En proposant la déchéance de nationalité pour les Français «d’origine étrangère» ayant porté atteinte à la vie de policiers ou de gendarmes, Nicolas Sarkozy sait qu’une telle loi ne pourra qu’être invalidée par le Conseil constitutionnel.
Mais peu lui importe : il lui suffit d’annoncer…

Août 2007 :  la déduction fiscale rétroactive des intérêts d’emprunts immobiliers : dès le 16 , les Sages la jugeaient anticonstitutionnelle, la rétroactivité entraînant « une rupture caractérisée de l’égalité entre les contribuables ».

Novembre 2007: une partie de la loi Hortefeux sur l’immigration est finalement invalidée par le Conseil : les juges constitutionnelsrejettent l’amendement sur les statistiques ethniques et réduisent la portée des dispositions sur les tests ADN.

Février 2008, la loi Dati sur la rétention de sûreté — enfermer dans des centres spéciaux des criminels ayant purgé leur peine de prison, mais déclarés toujours dangereux par des experts — est amputée : elle ne pourra pas s’appliquer pleinement de façon rétroactive, ce qui diffère son application réelle de plusieurs années.(…) Levée de boucliers dans toute la magistrature.

Mars 2008. Plusieurs articles du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 sont censurés par les Sages.

Juin 2009 : la loi Hadopi est, pour l’essentiel, retoquée par le Conseil. Ainsi, la mesure phare, la riposte graduée, est-elle invalidée.(…) Seul un juge est habilité à prononcer pareille sanction.

Août 2009 : le Conseil constitutionnel censure la partie de la loi sur le travail dominical accordant un statut particulier à Paris.

Décembre 2009 : la loi sur la taxe carbone (…), est annulée par les Sages deux jours avant son entrée en vigueur prévue pour le 1er janvier 2010.

2012 : Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel vient de déclarer le dispositif ordinaire des gardes à vue contraire à la Constitution  !

Janvier 2012 : Le Conseil constitutionnel a retoqué la loi pénalisant la négation des génocides. Motif invoqué : le texte n’est pas conforme à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté d’expression et de la presse, inscrite dans la Constitution. "

Extraits libres du site :

http://www.marianne2.fr/Sarkozy-president-le-plus-retoque_a195984.html 

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Quelle urgence y avait-il à provoquer un conflit diplomatique avec la Turquie, à propos du génocide arménien, sinon pour attirer l’électorat arménien en France, en ajoutant : " La France ne se laissera pas dicter ses convictions…"
Il n’y a qu’une seule analyse sur laquelle Marine le Pen a raison :
" Nicolas Sarkozy n’a strictement aucune conviction ".

Voulez-vous vraiment réélire Sarkozy qui
- méprise publiquement les juges,
- fait écouter les journalistes,
- prétend nommer les patrons de presse par chantage (cf le dernier livre d’Eric Fottorino, débarqué de la direction du " Monde "), et des radios et télévisions publiques ?
- place ses partisans au postes judiciaires les plus importants (pour verrouiller la litanie des situations financières qui le concernent) en se drapant dans la fonction de garant de l’indépendance de la magistrature …
Plus c’est gros, plus ça passe…

Comme disait le regretté Edgar Faure :
" Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent… "
(lequel ajoutait en souriant :
"Si vous n’avez pas d’opinion politique, prenez les miennes...")

Il faut évacuer Nicolas Sarkozy de l’Elysée,
pour incompétence juridique,
pour endettement fatal du pays,
pour non-respect récurrent
de la séparation des pouvoirs en démocratie,
et pour s’être entouré d’une bande d’incapables
(sauf Alain Juppé).

Pour les choix politiques et économiques sérieux,
vous n’aurez que l’embarras du choix aux élections législatives.


La tartufferie monumentale du candidat Sarkozy

22.02.12

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, et après avoir pris position résolument contre son élection en 2007, l’Abrincate s’est abstenu de signer des billets de colère, de désaccord, d’indignation ou de mépris pour l’occupant de l’Elysée, d’abord parce que ressasser la négativité, c’est mauvais pour la santé, et ensuite parce qu’il reste toujours à espérer une évolution vers des attitudes et des politiques plus positives.

Mais là, l’Abrincate s’accorde la liberté de considérer, au moment où le président sortant se lance dans une nouvelle campagne présidentielle, à quel point le mandat qui se termine a été pitoyable.

Après une première période où le président s’est comporté en adolescent gâté, impoli, arrogant et pusillanime, la liste est longue de nullités, à des degrés divers, des retournements de veste, des annonces quasi-quotidiennes débitées comme les moulins à prière, de décisions dont on ne verra pas toujours la couleur, toutes choses qu’on présentera ici comme simples échantillons :

- les mensonges sur le caractère intransigeant de certaines mesures… annulées juste avant la période électorale (le bouclier fiscal) ;
- l’impayable Congrès de Versailles pour annoncer … un grand emprunt;
- la suppression de toute formation des maîtres de l’enseignement primaire (pour laisser le service public se dégrader ?) ;
- la consultation-bidon dans les préfectures sur " l’identité nationale ";
- la réduction des fonctionnaires (qui finalement n’a pas coûté moins cher à l’Etat);
- le foutoir législatif en réaction au moindre crime médiatisé ;
- les coupes budgétaires dans les subventions aux associations qui s’occupent seules des banlieues abandonnées;
- l’abandon des polices de proximité, etc …

Le tout a été noyé dans une augmentation de la dette publique de 630 milliards en 5 ans…Si “tout doit être fait pour réduire le budget de l’Etat “, où sont donc passés  les plus de 125 milliards d’euros de nouvelles dettes contractées chaque année du quinquennat ?

Et on apprend par hasard (le livre de Mr René Dosières) que chaque déplacement du président (deux ou trois fois par semaine) coûte environ 500 000 euros, protégé par deux ou trois cercles concentriques de gendarmes et CRS…
Combien coûte donc ” la minute de la petite phrase” destinée au journal de 20 heures ? Tout récemment, le président a fait un déplacement de Paris à St Quentin(Aisne)… avec l’Airbus présidentiel…

Autour du président, dans l’entourage, qui est donc, en cinq ans,  sorti du lot de médiocrité, et avec d’autres compétences que les mouvements de menton lors d’un micro-trottoir, en apparence spontané ?

Mis à part Alain Juppé, qui a eu l’intelligence de s’occuper des “Affaires étrangères”, les Morano, les Bertrand, les Coppé, les Besson, les Hortefeux (la cellule “Riposte” !!!), et même les Fillon et autres Chatel (qui compare François Hollande à Babar…) nous font penser à ces reportages sur les Suricates, ces petits animaux qui se dressent spontanément sur leurs pattes pour observer, écouter et réagir au millimètre :

Le Club des Suricates qu’est l’UMP devrait méditer ce proverbe :
” Qui vit par et pour les medias tombera par les medias. “

****

                Imagine-t-on l’arrogance et l’impéritie que s’autoriserait ce président s’il était reconduit pour 5 ans sans possibilité de se re-présenter aux prochaines élections ?
S’il devait n’avoir de comptes à rendre à personne pendant son deuxième mandat, à quoi servirait-il de protester contre l’intimidation et les écoutes des journalistes, dont il nommera les employeurs, contre les attaques régulières et méprisantes envers les juges ? Sans oublier les nominations de magistrats favorables au pouvoir politique, sous prétexte de garantir l’indépendance de la Justice ? Plus c’est gros, plus ça passe…

On a déjà eu quelques symptômes forts de cet autoritarisme moderne que constitue la menace sur les journalistes et les magistrats, sans souci, autre que de façade, de l’indépendance des pouvoirs, laquelle est pourtant la seule vraie définition de la démocratie ?

Si on en reprend pour cinq ans de Sarkozy , le régime se ” poutinisera “, se ” berlusconisera ” sans limites autres que celles du bon pouvoir du prince.
Ce sera l’amalgame permanent, dans l’impunité totale, des pouvoirs politique, économique,  judiciaire et médiatique, le tout à l’intérieur d’un groupe de deux ou trois cents personnes, copains et coquins en foire permanente pendant 5 ans….

Sans oublier la décision de lancer l’armée française dans une guerre,  sur simple suggestion “éclairée” de Bernard-Henri Lévy, autour d’une tasse de thé, sans la moindre consultation des élus nationaux…

Comment imaginer la ré-élection d’un président qui a perdu toutes les élections intermédiaires pendant son mandat ? Les municipales, les cantonales, les européennes, les sénatoriales,etc…

Les Français vont-ils de nouveau accourir au miel dégoulinant du charabia sarkozien, pour de nouveau se plaindre du délabrement économique et politique du pays, dans la médiocrité et dans le tournis quotidien des effets d’annonce et du show permanent à 500 000 euros la petite phrase du journal télévisé ? Et si toutes les questions de société font l’objet de réferendums, on va voir le pataquès…

Et si l’Europe qu’il nous prépare se donne déjà en exemple dans la mise à genoux du peuple grec, il sera trop tard pour s’en plaindre…

Dès l’ouverture de sa campagne, le candidat-président annonce un référendum pour que “le peuple” se prononce sur le fait que les chômeurs sont coupables de l’être…

Oublier Sarkozy…


Iran : l’âge de la "majorité criminelle"

1.10.11

L’Iran vient à nouveau de commettre
un crime d’Etat, illégal
et surtout pitoyable dans son argumentaire.
Qu’on en juge :

                 " L’Iran a procédé le mercredi 21 septembre 2011 à la pendaison d’un mineur de 17 ans, Alireza Molla-Soltani, condamné à mort pour avoir tué un athlète connu comme "l’homme le plus fort d’Iran".

                 " Une foule nombreuse s’était rassemblée pour assister à la pendaison de l’adolescent, et les forces de sécurité ont été déployées pour "s’assurer que la sentence a été exécutée en douceur"(Agence de Presse officielle Irna).(…)

                  Condamné à mort pour avoir poignardé à mort l’haltérophile Ruhollah Dadashi à la mi-juillet. L’adolescent a expliqué au tribunal qu’il avait agi en légitime défense  après que Dadashi l’ait frappé au visage et jeté contre une voiture après un accrochage de la circulation.

                  Amnesty International a essayé d’en appeler aux autorités iraniennes arguant que la Convention relative aux droits de l’enfant (que l’Iran a ratifiée) interdit la peine capitale pour les mineurs de moins de 18 ans.

                  Le porte-parole du Procureur a répondu en affirmant que Molla-Soltani avait  atteint la " majorité religieuse "(sic). Le calendrier lunaire islamique ayant 11 jours de moins que le calendrier international, le condamné s’est retrouvé avoir plus de 18 ans lunaires, et a donc été considéré comme "majeur, donc pendable" (sic).(…)
La presse était présente à l’exécution et a tenté de recueillir les dernières paroles du supplicié."

Source :

http://www.dombosco.fr/article-l-iran-pend-un-mineur-84891831.html

Source photo

               Les juges iraniens, bien avancés dans l’âge de la "majorité criminelle", oublient sciemment (et sont payés pour ça…) ce que tout le monde sait : l’interdiction de la peine de mort est interdite pour les mineurs au moment des faits pour lesquels ils sont jugés. Donc le charabia du "calendrier lunaire", permettant de pendre un mineur juste après sa majorité, serait une aimable plaisanterie si elle n’avait servi à justifier cette forfaiture ("crime commis par un magistrat").

              Au-delà de ces faits (récurrents), on sait que ces crimes d’Etat ne sont, en Iran, que le symptôme des rapports de force entre factions politico-religieuses – qui se moquent éperdument de religion - pour se partager les magots du pétrole et du trafic de drogue.

 *******

‘I call again on the Iranian authorities to end these inhumane practices.’Along with China, Saudi Arabia and the United States, Iran has one of the highest numbers of executions each year.The latest hanging brings to 202 the number of executions reported in Iran so far this year, according to an AFP tally based on media and official reports.Iranian media reported 179 hangings last year but international human rights groups say the actual number was much higher, ranking the Islamic republic second only to China in the number of people it executed in 2010.Tehran says the death penalty is essential to maintain law and order, and that it is applied only after exhaustive judicial proceedings."

Britain’s Foreign Office Minister Alistair Burt – September 2011

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Au lendemain de l’exécution d’un meurtrier à Guernesey,
Victor Hugo écrit une lettre de protestation
au  Ministre britannique Lord Palmerston,
dans laquelle il mentionne :

" Nous habitons, vous et moi, l’infiniment petit.
Je ne suis qu’un proscrit et vous n’êtes qu’un ministre.
Je suis de la cendre, vous êtes de la poussière.
D’atome à atome on peut se parler.
On peut, d’un néant à l’autre, se dire des vérités."

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Et lorsqu’ Edmond KAISER,
fondateur de Terre des hommes,
dit à un journaliste : " Vous savez, je ne suis rien…"

le journaliste lui répond :

" Oui, Monsieur Edmond Kaiser, vous n’êtes rien.
Je ne voudrais pas vous contredire.
Mais, vous au moins,
vous êtes toujours là où il faut…. »


Le bon sens, c’est probablement trop compliqué

11.07.11

Lu dans le quotidien suisse " 20 Minutes"
du 05.07.2011

" Pédophile condamné,
confirmé dans sa fonction d’enseignant"

           « Un enseignant d’école primaire (Canton de Soleure) a été reconnu coupable, en juin (2011), de détention d’images pédopornograhiques. L’homme possédait 171 fichiers de ce type, téléchargés sur le Net et stockés sur son disque dur. Le prof détenait aussi des clichés mettant en scène des excréments humains. Il a été condamné à 60 jours-amende à 170 francs soit une somme de 10 200 francs suisses. Il a obtenu un sursis de 4 ans.

            Malgré ce verdict, les autorités scolaires n’auront pas accès à davantage d’informations sur l’identité du condamné.(…) « La situation entraîne une suspicion générale envers l’ensemble des enseignants du canton. »(…) " Le directeur des Services de psychologie scolaire du canton exprime son « dégoût ». (…) « L’inquiétude monte naturellement parmi les parents d’élèves ».(…) « Le Directeur des écoles publiques veut prendre des « mesures appropriées. »(…) « Le Conseil d’Etat (gouvernement cantonal) veut mette un terme à ce vide juridique. Un projet de loi est déjà devant le Parlement. »

Le Tribunal aurait-il pu, ou dû, prononcer une interdiction professionnelle de travailler avec des enfants ? Le Code Pénal suisse répond par l’Article 67 :  

," 1 Si l’auteur a commis un crime ou un délit dans l’exercice d’une profession, d’une industrie ou d’un commerce et qu’il a été condamné pour cette infraction à une peine privative de liberté de plus de six mois ou à une peine pécuniaire de plus de 180 jours-amende, le juge peut lui interdire totalement ou partiellement l’exercice de cette activité ou d’activités comparables pour une durée de six mois à cinq ans s’il y a lieu de craindre de nouveaux abus."

Comme la peine infligée n’entre pas dans le champ d’application de l’Article 67, l’infraction commise n’implique pas automatiquement une interdiction d’exercer dès lors que " les risques d’abus ne toucheraient pas directement les élèves". Ce point mérite d’être discuté : en effet, toutes les enquêtes judiciaires concernant des pédophiles révèlent, quasiment sans exception, qu’ils disposaient à leur domicile de centaines, parfois de milliers de photos, magazines et vidéos pédophiles (et parfois c’est la découverte de ces stocks qui a permis d’engager des poursuites qui ont ultérieurement révélé que des actes pédophiles avaient été commis…puisque filmés par l’auteur lui-même).

On peut souhaiter "réserver" le terme de "pédophiles" aux auteurs d’actes attentant à l’intégrité physique des mineurs et le refuser pour des amateurs de téléchargement de pédopornographie, car tous ces amateurs "ne passent pas aux actes" - de même qu’on ne peut pas déduire que toutes les victimes d’abus sexuels deviendront abuseurs, sous prétexte que tous les abuseurs ont été victimes d’abus dans leur enfance.

Mais on peut tout de même s’interroger sur le fait qu’on peut condamner un individu pour téléchargement de videos pédo-pornographiques et dissimuler son identité et ainsi nier – faire l’autruche – qu’il y ait un quelconque risque sur les enfants dont cet individu a fait sa carrière professionnelle.

Que vaut une condamnation "au nom du peuple" si l’anonymat du condamné est absolu ? La jurisprudence répond qu’" une interdiction professionnelle serait disproportionnée, car l’intérêt du condamné au respect de sa sphère privée prévaut sur les intérêts publics de la collectivité, dans le mesure où la détention de documents n’atteint pas directement la collectivité."
On croit rêver : la détention de videos pédo-pornographiques ne présenterait aucun risque pour les enfants dont cet individu partage la responsabilité éducative ?

                                                                                 **********

         Supposons que la justice ait de bonnes raisons de s’en tenir à ces stricts principes, il est, sur une situation de ce genre, une autre source de décision relevant de l’administration scolaire et non pas de la justice :

 " Un enseignant condamné pour actes d’ordre pédophile ne pourra plus pratiquer son métier en Suisse. Depuis le 1 er janvier, les cantons disposent en effet d’une « liste noire » des personnes à qui une autorité scolaire a retiré le droit d’enseigner.

Jusqu’ici, un enseignant licencié dans un canton pour motifs graves pouvait, théoriquement, retrouver une classe le plus simplement du monde. Il lui suffisait de changer de canton et de maquiller son curriculum vitae. (…) Depuis le 1 er janvier, les cantons peuvent transmettre à la  Conférence suisse des directeurs de l’Instruction publique (CDIP) les noms d’enseignants interdits de pratique. Cette liste (…) sera consultable par les autorités scolaires de tous les cantons. Le but est de protéger les élèves d’éventuels abus sexuels. 
        Rappelons qu’un enseignant peut se voir retirer son droit d’exercer, au niveau cantonal, pour des motifs graves. Ces motifs peuvent concerner des actes à caractère pédophile, mais aussi tout autre agissement pénalement répréhensible, comme la maltraitance. Le canton qui retire à l’un de ses enseignants le droit de pratiquer communiquera cette décision à la CDIP, mais sans préciser le motif de l’interdiction. La CDIP, qui ignore les motifs du retrait, saisit alors le nom de cette personne, le type de diplôme, la date de la décision de retirer le droit d’enseigner et sa durée. La personne concernée est ensuite informée de cette saisie. Cette procédure respecte les obligations légales en matière de protection des données, souligne la CDIP.
      (…)  Lorsqu’un enseignant présentera sa candidature dans un canton, celui-ci pourra donc s’adresser par écrit à la CDIP, dont le service juridique dira si oui ou non la personne en question dispose du droit d’enseigner.
             L’enregistrement de données personnelles en lien avec le retrait du droit d’enseigner aide le pouvoir public à remplir les tâches qui lui incombent. Les autorités scolaires ont l’obligation de s’assurer, avant d’engager un enseignant, que celui-ci dispose du droit d’exercer cette profession. L’intérêt public enfin réside dans la protection de l’institution qu’est l’école ainsi que des enfants et des jeunes qui lui sont confiés, ajoute la CDIP."
              Article paru dans "La Tribune de Genève" le 07.02.2004

              Autrement dit, les autorités scolaires et administratives cantonales diposent de la possibilité de licencier, de muter à des fonctions hors contact avec les enfants - ou de ne pas recruter – un enseignant condamné pour détention de videos pédo-prnographiques, même si la Justice n’a pas prononcé d’interdiction professionnelle. Il suffirait que la CDIP élargisse le motif de fichage intercantonal aux condamnations de la détention de matériels pédo-pornograhiques, et pas seulement à la commission d’actes pédophiles.

               Pourquoi est-ce donc devenu illégal de télécharger des videos pédo-pornographiques, sinon parce que leur possession – leur achat – est assimilée à la complicité des crimes visionnés ? Sinon pour contribuer à la prévention des actes pédophiles ?
Pourquoi est-il interdit de communiquer à un directeur d’école qu’un de ses enseignants a été condamné pour cette forme de complicité de crimes sur mineurs ?

              La protection des données vis à vis du grand-public est concevable, mais il n’est pas admissible qu’un directeur d’école, dans ses recrutements, ne puisse avoir la garantie que les candidats n’ont aucun antécédent judiciaire en lien avec la protection des enfants.
              La protection des enseignants passe-t-elle avant celle des enfants dont ils ont la charge ?
Le bon sens serait-il plus compliqué que le droit ?

                                                                                  ***********

Voir aussi l’extrait du Téléjournal de la Télévision Suisse Romande du 23.08.2004


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