La roue – de la fortune – tourne

8.04.11

             Dans "Le Temps " du 8 avril 2011 :

              " Dans les années 60, Bob Dylan s’interrogeait sur la liberté des peuples et contestait la légitimité de la guerre américaine au Vietnam.
                Dimanche, le chanteur légendaire se produira pour la première fois à Saïgon, devenue Ho Chi Minh-Ville.
Il n’est rien de dire que le contexte a changé depuis qu’avec Joan Baez et quelques autres hérauts de la "protest-song", il s’érigeait en représentant de la contre-culture et réclamait la fin des combats.(…)

                  Si Dylan a fédéré une génération d’Occidentaux en conflit avec l’autorité, ce débat-là ne se pose pas dans le Vietnam communiste contemporain, où le dernier intellectuel à avoir réclamé le multipartisme vient d’être condamné à sept ans de prison.

                Le musicien à la voix nasillarde et à l’émotion sobre se produira dans une ville très occidentalisée, une ruche dopée par une croissance économique à deux chiffres, au coeur du continent le plus dynamique de la planète où la paix s’est enfin imposée. (…)

              La tournée qui célèbre le 50e anniversaire de son premier concert, le 11 avril 1961, l’a déjà emmené à Pékin mercredi, puis Shanghaï. Mais dans la capitale chinoise, Bob Dylan s’est abstenu de chanter ses titres les plus évocateurs, dont le célèbre " The Times They Are A-Changin" ("Les temps changent").

              Ou le mythique "Blowin’ in the Wind" (dont les paroles "Et combien d’années un peuple peut-il vivre, Avant d’être autorisé à être libre?" ).

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Extrait d’un article du "Temps" du 13 août 2007 :

Sous le titre :

Les Rolling Stones enflamment le stade  de la Pontaise

              " Infatigables, les légendaires sexagénaires ont offert deux heures de spectacle pour l’unique concert en Suisse romande de leur tournée «Bigger Band Tour».(…)

               A 64 ans, le chanteur Mick Jagger, silhouette toujours aussi féline, chemise bleue, veste noire et pantalon noir serré, a salué le public par un «Bonsoir Lausanne, Hello Lausanne» et s’est dit heureux d’être de retour en Suisse.(…)

               Traversant la scène de long en large, sautillant et se déhanchant, le célèbre rockeur a enchaîné les tubes comme «Brown Sugar» ou encore «Sympathy for the Devil» et les morceaux plus récents devant un stade plein à craquer.(…)

               Au final, le groupe a offert un show bien rodé, mais néanmoins impressionnant : au milieu du concert, une scène coulissante a emporté les musiciens au sein de la foule, jusqu’au centre du stade et le show s’est achevé par de nouveaux feux d’artifice.(…)

              Le grand distributeur Migros organisait le concert et avait distribué 30 000 billets aux détenteurs d’une carte «Cumulus». Sur scène Mick Jagger a indirectement salué le grand distributeur, faisant allusion à la ligne à bas prix «M-Budget» et aux points Cumulus."

              Le mot indirectement est ce que l’on appelle en anglais un understatement, car l’Abrincate fut témoin visuel de Mick Jagger demandant à la foule si elle avait bien ses T-shirts "Cumulus", et la foule hurlant " YEEAAHH…" ("cumulus" étant le nom de la carte de promotion des produits à bas prix du plus grand distributeur coopératif de Suisse.)

                Les temps changent, à coup sûr, mais de voir ces hérauts de la culture dite alternative des années soixante se vautrer l’un dans l’auto-censure chinoise ou vietnamienne, et les autres dans la promotion de la grande distribution suisse … cela suggère le pitoyable d’une fin de carrière en forme de pompe à fric toujours renouvelée…

Finalement,
tout cela n’était-ce que
du " socialo-sarkozysme
tendance Bernard Groucho Tapie
" ?

La roue tourne, certes, 
mais c’est un peu triste
de se dire que peut-être 
tout cela n’était que
la " Roue de la fortune "…

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Nous reste cependant Joan Baez, inoxydable :
("Le Temps" – 28 juilllet 2008)

             " Elle s’appelle Joan Baez. Elle chante depuis près de cinquante ans, et ses chansons, qu’elles soient ancrées dans la tradition folk, qu’elles soient protestataires, poétiques, religieuses, écrites par elle-même ou par Bob Dylan, sont indémodables.

               Devenue célèbre à 18 ans, grâce à sa voix d’une pureté prodigieuse, elle a fait à 21 ans la couverture de Time Magazine, marché aux côtés de Martin Luther King, chanté à Woodstock puis à Hanoï sous les bombes, lutté contre la guerre au Vietnam, plus récemment contre celle en Irak, pris la défense de prisonniers politiques, de réfugiés et d’oppressés un peu partout dans le monde.(…)

               Ses convictions non violentes sont intactes comme son plaisir de chanter, d’une voix plus grave qu’à ses débuts certes, mais profonde et habitée."(…)

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               L’Abrincate se souvient aussi d’avoir assisté, sans aucun spectacle de vulgarité commerciale cette fois, aux Arènes d’Avenches (Suisse Romnande) par une belle soirée du mois d’août 2004 à un concert unique où se produisaient successivement Lou Reed, Jane Birkin et vers minuit trente… Nina Hagen –  le tout pour 60 francs suisses, alors qu’il y a trente ans, on aurait payé le double pour chacun de leurs concerts respectifs…

               " On the opening night, three legends performed at Rock Oz’Arènes: Lou Reed, Nina Hagen and Jane Birkin. Three different cultural backgrounds, three styles but the same generation opened this year’s festival."


Calcutta-Kolkata, la "ville-monde"

20.02.11

D’une ville qui, créée en 1760 par les Britanniques, dispose d’un centre historique (avec un fronton qui témoigne d’une influence gréco-romaine ?) …

… sillonnée de petites ruelles propres, qui pourraient être celles de petits ports grecs ou portugais…

… on passe, en quelques minutes de métro, à l’enfer d’une agglomération de près de 15 millions d’habitants…

… agrémentée d’une campagne électorale très animée (les communistes risquent de perdre, dans l’Etat du Ouest-Bengale, un pouvoir détenu depuis 35 ans) – où l’on voit que l’écriture bengalie consiste à écrire, non pas sur la ligne, mais en accrochant les lettres en-dessous à la ligne, (comme pour faire sécher du linge…)

Contrairement à l’image trop réductrice de cette ville (où il n’y a pas plus de touristes qu’il y a 30 ans…) beaucoup de quartiers sont très animés, parcourus en permannce par une population très industrieuse, malgré une misère à grande échelle toujours présente (perceptible surtout la nuit) mais laissée à l’écart du centre-ville… 

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Il s’y trouve aussi parmi les plus beaux hôtels imaginables, comme le Taj Bengal, véritable cathédrale (mais peu de monde, à ces tarifs-là…) :

… où des artistes s’exécutent devant des oeuvres d’art régional parfois spectaculaires :

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Au détour d’une rue de la vieille ville, dans le quartier de Kumartuli, des artisans fabriquent les statues pour la fête de Puja :

… qui seront exposées, par dizaines de milliers dans tous les quartiers de la ville, riches ou pauvres, à la vue et au recueillement des passants à chaque coin de rue :

… pour ensuite être, le dernier soir, à la tombée de la nuit, jetées dans le fleuve Hoogly, affluent du Gange, à grands renfort de festivités, de chants et d’orchestres de rues :

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Calcutta est aussi la "ville-monde" des "Missionnaires de la Charité" de Mère Teresa, dont la tombe est honorée par les visiteurs toute la journée (c’est même un des rares endroits de la ville où l’on rencontre des "vrais touristes"), avec sur la tombe la mention : " Do small things with great love" – "Faites des petites choses avec beaucoup d’amour")

Au centre d’accueil des enfants abandonnés, la section des nouveaux-nés prépare les enfants pour l’adoption, nationale et internationale :

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Dans les nombreuses salles de l’Indian Museum de Calcutta,
on y croise ce visage de Bouddha :

… et quelques masques traditionnels du Bengale, de l’Orissa, et de l’Assam (trois Etats de l’est de l’Inde) :

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Retour "en ville" :

… avec, au détour d’une rue adjacente, un marché aux fleurs :

Pour l’anecdote, dans le quotidien local , "The Statesman" du 8.02.2011, cette annonce dans la page " Loisirs " : une invitation à une dégustation de vins français, dans la catégorie "Vie nocturne" (les lecteurs de ce billet de blog qui comprennent ce que signifie l’expression : " to enthrall the connoisseurs" sont priés de nous l’expliquer dans les commentaires ci-dessous…)

On ne peut terminer ce bref aperçu sans le sourire bengali qui s’impose :

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PS No 1 : Sur les surprenantes analogies entre les histoires respectives des deux villes Calcutta et St Pétersbourg, voir le billet précédent de ce blog :
" De Calcutta à St Pétersbourg …et retour "

PS No 2 : Sur le leader communiste du Ouest-Bengal, décédé récemment :
" Hommage à Jyoti Basu "

PS No 3 : Toutes les photos de ce billet ont été prises par l’Abrincate
dans la semaine du 4 au 12 février 2011.


Petite fugue à Rome …

20.11.10

De passage à Rome…
en une petite demi-journée
et au pas de charge :

Saint Pierre tient la permanence
de l’accueil depuis 2000 ans
avec les clés de la ville.

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Quel " marché "  y-a-t-il pour les soutanes de cardinaux ?
Il n’y a  que 150 cardinaux…

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Dans la pinacothèque du Musée du Vatican,
certains petits tableaux de peinture
donnent le sentiment d’être
de véritables photos prises sur le vif :

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Que fait Voltaire sur un petit tableau au Musée du Vatican ?

 

 

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La Galerie de Cartographie : 120 mètres de long…
où l’on découvre ce qu’était Venise au 15 ème siècle :

et la ville de Gênes :

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Dans la Chapelle Sixtine,
que l’on traverse à la seule lumière naturelle,
et que l’on dit menacée
par la pollution des milliers de touristes quotidiens …

Extrait du Guide des Musées du Vatican :

                  (…) " La création d’Adam suscita une grande admiration aussi de la part de ses contemporains car ils purent voir l’un des idéaux les plus élevés de la culture de la Renaissance : celui de l’homme à l’image de Dieu. Dans les sermons que les prêcheurs prononçaient dans la Chapelle, l’exaltation des facultés intellectuelles et spirituelles  de l’homme n’était jamais séparée de celle de la beauté du corps, miroir du divin et sommet de la Création. 
                             Malgré cela, l’homme sans Dieu n’est rien et cette pensée est très bien exprimée par l’artiste qui représente, sur un fond indéfini comme si c’était l’aube du monde, la jeune figure d’Adam qui tend le bras vers celui de Dieu, lequel semble voler dans un drapé. Représenter les deux index tendus l’un vers l’autre est une idée extraordinaire : ils sont représentés juste avant qu’ils ne se touchent, métaphore de l’énergie vitale qui passe du Créateur à la créature." 


Les photos plus belles que le direct…

16.02.10

Quelques photos prises sur  "Liberation.fr"
avant qu’elles ne disparaissent du  site …

Les Allemands Maylin Hausch et Daniel Wende. – Cliquez pour voir la photo suivante

Les Français Vanessa James et Yannick Bonheur. – Cliquez pour voir la photo suivante

Les Ukrainiens Tatiana Volosozhar et Stanislav Morozov. – Cliquez pour voir la photo suivante

Les Chinois Zhang Dan et Zhang Hao. – Cliquez pour voir la photo suivante

Les Russes Yuko Kavaguti et Alexander Smirnov lors du programme libre de patinage en couple, lundi. – Cliquez pour voir la photo suivante

source photos


Clins d’oeil sur Lima (Pérou)

22.11.09

Grand silence sur ce blog depuis quelque temps :
un emploi du temps très chargé et des déplacements très prenants,
comme cette escapade au Pérou pour un Congrès (voir billet précédent).

Quelques diapos anecdotiques en vrac et en marge du travail :

Le plus court chemin entre Amsterdam et Lima passe-t-il vraiment au large de l’Islande ?
Ou bien est-ce pour éviter le "Pot-au-Noir" atlantique ?

Une étrange architecture d’hôtel (Marriott) :

Un des symboles de la civilisation Inca :

Sur la Place d’Armes, la Cathédrale :

Scène de rue :

Une façade d’immeuble du quartier central historique de Lima

dont un détail…

La solidité de celles qui descendent de la montagne :

Une rue du quartier historique de Lima :

Dans un recoin d’une église en ruine, une petite chapelle pour la messe en latin et en grégorien pour intégristes, en présence d’une statue pour le moins imposante…

Le chien, compagnon d’un mendiant au centre ville :

Détail de façade impeccablement restauré :

Une Vénus inattendue…

Du monde en permanence devant la statue de cette sainte patronne des "causes impossibles" :

Novembre, au Pérou, c’est le début du printemps…

Procession religieuse populaire :

Des rencontres en plein congrès :

Le soleil se couche sur Lima et prépare son lever sur l’Asie


Notes de lecture vagabonde

8.09.09

Dans " Le Monde des livres du 04.09.09,
un écrivain américain, Joseph O’Neill,
à propos de son livre "Netherland"
(gros succés aux Etats-Unis) le commente ainsi :

:

(…)" Je n’ai jamais aimé les livres qui prétendent éclairer la société ou nous apprendre quoi que ce soit sur la condition humaine. Les seuls qui m’intéressent sont ceux qui créent une intimité entre le lecteur et la page. Si ce lien existe, l’auteur peut (presque) écrire n’importe quoi." (…) " L’idée d’écrire un livre" avec un sujet " me fait horreur. Celui-ci n’a donc aucun sens et je voulais qu’il en soit ainsi. Insaisissable. Comme le monde."

On conçoit bien que l’intérêt d’une oeuvre réside d’abord dans son style, et que les "romans à message" secrètent l’ennui. Mais on attend d’un écrivain qu’il nous ouvre des horizons d’écoute et de lecture du "monde", même si ce sont les siens – et même si monde  est insaisissable. Le romancier propose, mais il propose à des lecteurs, parmi lesquels les adeptes de " l’art pout l’art " sont probablement minoritaires. Et si l’on en croit les critiques de "Netherland", ce livre est bien enraciné dans son époque.

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Extrait du livre de Patrick Besson " Mais le fleuve tuera l’homme blanc" (même source que la citation précédente) :

" Dès qu’on franchit l’Equateur, tout le monde devient un mystére, même les gens les plus limpides. C’est peut-être parce que (au Nord) on marche au plafond. Le sang nous descend à la tête, qui se brouille."

C’est peut-être aussi pour cela qu’au sud de l’Equateur, on voit pas "la crise" de la même manière qu’au Nord : la crise, ces pays la connaissent depuis toujours, et c’est bien parce qu’il existe une économie parallèle, dite "informelle", que des populations entières survivent malgré tout. Les "produits dérivés", ils les trouvent dans les poubelles.

Et les jeunes qui vivent des "petits métiers" de la rue – ce qui n’est pas indigne – ont bien raison de protester contre l’étiquette "enfants des rues" avec laquelle les gens du Nord les stigmatisent et les enferment.


Du progrès en art

2.09.09

Dans son ouvrage,
" Paris-New York et retour,
voyage dans les arts et les images"
,

Marc Fumaroli propose :

" Il y a quelque chose comme du progrès en art,
comme en religion et en éducation,
même si ce progrès n’est ni cumulatif,
comme dans les sciences et les techniques,
ni évolutif et ininterrompu,
comme dans le darwinisme et le marxisme.
Des éclaircies qui s’accroissent,
des moments de grâce qui se poursuivent,
des dons qui se multiplient.
Leur source invisible, elle, ne tarit jamais.
Elle donne à croire
à l’éternel retour de la beauté."

mont-saint-michel paysages 290


Instants furtifs d’intimité avec la perfection

9.08.09

Ce billet se veut un modeste florilège
de photos prises, lors de voyages, par l’Abrincate,
et placées en vrac
sans aucune logique géographique ni chronologique,
rien que pour le plaisir des yeux,
qu’on espère partager…

Photos 2008 054Coucher de soleil sur le lac Léman, vu de Lausanne,
avec au fond la côte française (Yvoire, Thonon,etc…)

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Photos 2008 008Au loin , entre les deux massifs de fleurs, Evian.

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P1000694Avant l’atterrissage à Kaboul.

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P1000850Est-ce l’intérieurde la nef d’une église romane ?
L’intérieur d’une mosquée ?
Non, rien que les reflets des matériaux utilisés
dans le grand hall de l’aéroport de Dubaï,
qui se reflètent dans un des piliers du hall…

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Photos 2008 089Lever du jour au bord d’une plage de Rio de Janeiro (Brésil)

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Photos 2008 185Château de sable sur la plage de Copacabana (Rio de Janeiro)

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Saint-Pétersbourg 2008 068Mosaïque d’une église de St Pétersbourg

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mont-saint-michel paysages 076

Près du Mont-Saint-Michel à marée basse

mont-saint-michel paysages 094et lorsque la marée monte,
elle arrive par le lit de plusieurs rivières
et lorsque lesvagues séparées se rejoignent,
vous n’avez plus qu’une solution,
l’hélicoptère de la Sécurité Civile…

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mont-saint-michel paysages 259Un pilier du cellier restauré de l’Abbaye de la Lucerne d’Outremer (Manche)

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mont-saint-michel paysages 286Le soleil, aussi, contemple la marée jusqu’à la dernière minute…

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msm chausey appart 162Une jeune violoncelliste lors des nocturnes
des visites libres de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel
(dans le Promenoir des moines)
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mont-saint-michel marée granville 168Lorsqu’on se présente ainsi – rayonnante -
à l’entrée d’une plage
où circulent plusieurs milliers de personnes,
il ne faut pas s’étonner de se retrouver sur un blog…

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juin 2009 art basel ouchy divers 042Oeuvre exposée à ArtBasel 2009

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" Les détails font la perfection,
mais la perfection n’est pas un détail. "

Léonard de Vinci

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Et si vous cherchez une photo de l’Abrincate,
qui rédige ce blog et publie ses photos
(celles qui n’ont pas de lien de source en référence),
désolé, caramba, c’est encore raté…

juin 2009 art basel ouchy divers 046ArtBasel 2009







"Pourquoi s’obstiner à construire des tours ?"

10.06.09

Le bon sens se fait tellement rare
que la lecture de cet interview est irrésistible :

Interview de Thierry PAQUOT, dans " Le Temps " du 10.06.09
auteur d’un ouvrage : " La folie des hauteurs "
Bourin Editeur, Paris 2008, 219 pages.

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" Vous dites que la tour exprime l’avenir… d’un siècle passé. En quoi ?

- La tour est une invention de la fin du XIXe siècle. Elle est obsolète. La présenter comme le symbole du XXIe siècle est un combat d’arrière-garde.L’objet architectural du siècle à venir reste à inventer.
Ce pourrait être le bâtiment écologique, plus significatif de notre époque et de ses questionnements.

– Pourtant la tour est présentée comme une solution pour densifier les villes, alors même que l’exiguïté du territoire est une problématique très actuelle …

– C’est un faux argument. La loi interdit de construire des tours mitoyennes. On doit donc les séparer les unes des autres. Il y a par conséquent tout un espace à leurs pieds que l’on ne peut utiliser pour ne pas voler la lumière aux autres. Ce qui réduit leur densité, même si elles accueillent beaucoup d’habitants. On y vit enfermé, isolé, dans une forme d’autisme. Le seul lieu de rencontre est l’ascenseur. Mais qu’est-ce qui se passe dans un ascenseur? Chacun évite le regard de l’autre et contemple ses pieds.
La tour, le centre commercial, l’autoroute vont contre la ville. De mon point de vue, l’intensité urbaine est plus importante que la densité. J’entends par intensité la possibilité de se rencontrer, de se promener dans la ville, d’y mener des activités. Dans une ville intense, on se trouve dans le bain de ville, dans le bain de foule, dans l’échange.

– Quelles sont les principales faiblesses de la tour?

– Elle est totalement énergivore, par conséquent réservée à une population aisée. Les charges sont plus élevées. L’ascenseur est un moyen de transport plus coûteux que la voiture.
En outre, les matériaux sont de plus en plus sophistiqués, avec une surconsommation d’énergie pour les fabriquer et pour les faire fonctionner ensuite. Avec les vitres qui font effet de serre, la climatisation est indispensable. Une tour écologique devrait être en pierre, et non vitrée. Ce qui est absurde.

– Pourquoi a-t-elle toujours ses défenseurs?

– L’engouement pour les tours s’observe surtout dans les pays non occidentaux, comme les Emirats arabes unis ou la Chine. C’est une revanche inconsciente et non théorisée de la part de pays autrefois considérés comme sous-développés et devenus riches. Et puis, il subsiste dans les entreprises cette idée qu’un siège social doit être symbolique, témoigner de sa puissance. Mais cela ne correspond plus à rien. Avec l’informatique, le télétravail se répandra encore, avec pour conséquence un éparpillement dans de petits bureaux. On n’est plus dans la logique de l’entassement, mais dans la logique des réseaux, très éclatés au niveau spatial.

– Quelles sont les alternatives aux gratte-ciel ?

– Je crois beaucoup aux quartiers compacts, aux habitats groupés. Je suis contre l’étalement urbain qui va paradoxalement de pair avec la tour. A l’inverse, les maisons isolées sont un non-sens. Il faudrait inventer de nouvelles maisons, écologiques et économiques en espace. L’inventivité des architectes devrait être mobilisée pour trouver des solutions en ce sens. Dès qu’on fait un paysage de tours, il gomme le reste. Le plus petit disparaît, écrasé sous leur domination. Ce sont des objets qui effraient. Des objets totalitaires. "



Quelques peintres contemporains du Moyen-Orient

21.05.09

A la faveur d’un déplacement professionnel en Jordanie, le samedi 16.0509 (jour férié), une petite fugue au Jordan National Gallery of Fine Arts, permet de voir des peintures contemporaines rarement exposées en Europe.
Le gardien ayant autorisé la prise de photos, c’est l’occasion de leur faire une (modeste) publicité, sans avoir le sentiment de violer des droits d’auteur, ce blog n’ayant aucune visée commerciale : le seul objectif de ce billet est de contribuer à faire découvrir ces oeuvres, et leurs auteurs. Si cette diffusion posait problème, merci de le signaler en commentaire ci-dessous et suite sera donnée dès qu’il en sera pris connaissance.

Comme l’indique le catalogue du musée, ces oeuvres témoignent des compétences techniques acquises au contact d’artistes ou à travers des écoles étrangères, mais dont le contenu sensible – et parfois émotif, au bon sens du terme – reflête et témoigne d’un enracinement indélébile dans une situation géographique et historique très précise.

Voici quelques échantillons :
décembre 2008 divers 456

" Untitled "("Sans titre")
de OMAR HAMDAN (Jordanie – 1994)
Ce tableau représente cependant, de toute évidence,
l’amphithéâtre romain au coeur – et au creux – du centre-ville de Amman

décembre 2008 divers 399

" Next to Erez Passage"
("Près du passage Erez " – seul voie de passage entre la Bande de Gaza et Israël)
de ISMAIL SHAMMOUT (Palestine – 1997)

décembre 2008 divers 427

" Al-Entefada " (" L’Intifada" – détail)
de ABD AL-QADER RAYS (Emirats Arabes Unis – 1988)

décembre 2008 divers 376

" Untitled " ("Sans titre")
de SARKIS HAMALBASHIAN (Arménie – 1999)

décembre 2008 divers 384

" Untitled " (*Sans titre ")
de HOSSEIN AHMADINASAB (Iran – 2000)

décembre 2008 divers 440

" Morning market  Malaka" ("Le marché Malaka le matin")
de CHIANG SHIN WEN (Malaysie – 2002)

décembre 2008 divers 442

" Untitled" ("Sans titre")
de NAWAL ABDULLAH (Jordanie – 2003)

décembre 2008 divers 480

"Untitled " ("Sans Titre")
de PG.Haji Muhammad BIN PG DURAMAN (Brunei)

décembre 2008 divers 472

" Peaceful Village" ("Village paisible")
de Saïd HADDADIN (Jordanie – 1984)

décembre 2008 divers 467

" A scene from Ma’aloula " ("Une vue de Ma’aloula")
de NASIR CHURA (Syrie – 1988)

décembre 2008 divers 483

" Market Place in Baghdad " ("Place du Marché à Bagdad")
de Ismaël SHEIKHLY (Irak – 1980)

décembre 2008 divers 469

" Jabal Al-Qusour"
de Diana SHAMOUNKI (Jordanie – 1981)

décembre 2008 divers 500

"Dance under le moonlight"
("Danse au clair de lune")
de NE’MET NASSER (Tunisie – 2004)

décembre 2008 divers 454

"Amman covered with snow " ("Amman sous la neige")
de AFAF ARAFAT (Palestine)

décembre 2008 divers 446

" Amman and I " (" Amman et moi")
de MAHMOUD SADIQ (Jordanie – 2000)

décembre 2008 divers 490

" Dream City" ("Ville de rêve")
de Dodgog Soeseno ( Indonésie – 20o01)

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" Three mourning women" ("Trois femmes en deuil")
de BASTAWI BAGHDADI (Soudan – 1971)

décembre 2008 divers 404


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