Instants furtifs d’intimité avec la perfection

9.08.09

Ce billet se veut un modeste florilège
de photos prises, lors de voyages, par l’Abrincate,
et placées en vrac
sans aucune logique géographique ni chronologique,
rien que pour le plaisir des yeux,
qu’on espère partager…

Photos 2008 054Coucher de soleil sur le lac Léman, vu de Lausanne,
avec au fond la côte française (Yvoire, Thonon,etc…)

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Photos 2008 008Au loin , entre les deux massifs de fleurs, Evian.

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P1000694Avant l’atterrissage à Kaboul.

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P1000850Est-ce l’intérieurde la nef d’une église romane ?
L’intérieur d’une mosquée ?
Non, rien que les reflets des matériaux utilisés
dans le grand hall de l’aéroport de Dubaï,
qui se reflètent dans un des piliers du hall…

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Photos 2008 089Lever du jour au bord d’une plage de Rio de Janeiro (Brésil)

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Photos 2008 185Château de sable sur la plage de Copacabana (Rio de Janeiro)

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Saint-Pétersbourg 2008 068Mosaïque d’une église de St Pétersbourg

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mont-saint-michel paysages 076

Près du Mont-Saint-Michel à marée basse

mont-saint-michel paysages 094et lorsque la marée monte,
elle arrive par le lit de plusieurs rivières
et lorsque lesvagues séparées se rejoignent,
vous n’avez plus qu’une solution,
l’hélicoptère de la Sécurité Civile…

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mont-saint-michel paysages 259Un pilier du cellier restauré de l’Abbaye de la Lucerne d’Outremer (Manche)

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mont-saint-michel paysages 286Le soleil, aussi, contemple la marée jusqu’à la dernière minute…

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msm chausey appart 162Une jeune violoncelliste lors des nocturnes
des visites libres de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel
(dans le Promenoir des moines)
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mont-saint-michel marée granville 168Lorsqu’on se présente ainsi – rayonnante -
à l’entrée d’une plage
où circulent plusieurs milliers de personnes,
il ne faut pas s’étonner de se retrouver sur un blog…

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juin 2009 art basel ouchy divers 042Oeuvre exposée à ArtBasel 2009

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Les détails font la perfection,
mais la perfection n’est pas un détail. “

Léonard de Vinci

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Et si vous cherchez une photo de l’Abrincate,
qui rédige ce blog et publie ses photos
(celles qui n’ont pas de lien de source en référence),
désolé, caramba, c’est encore raté…

juin 2009 art basel ouchy divers 046ArtBasel 2009







Bienvenue à Kaboul

29.04.09

Mardi 21 avril: 15 h 00, heure locale.
Descente sur Kaboul dans un vol de la Safi Airlines en provenance de Dubaï. Magnifique paysage de montagnes partiellement enneigées, en alternance avec des vallées qui suivent des cours d’eau, avec parfois, mais rarement, des champs cultivés de chaque côté du tracé.
Ce qui est surtout magnifique, c’est que sur la même photo, le ciel est bleu, les sommets sont blancs, les flancs de montagnes sont bruns (pas de forêts), et certaines vallées sont vertes de cultures.

A 8 000 mètres :

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 A 3000 mètres :

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15 h 30 : Atterrissage. Entrée dans l’aéroport, contrôles habituels, ni plus ni moins.
Personne ne demande le pourquoi, le comment, ni le “où? “  de votre visite (même pas l’adresse de séjour) dans le pays, lequel est tout de même dans une situation particulière…  On comprend rapidement ce qui est évident : le danger pour l’Afghanistan ne vient pas de l’aéroport, contrairement à la plupart des pays du monde,…

Plusieurs portes – et sas en plein air – à franchir avant de serrer la main de nos hôtes, à plus de 300 mètres au-delà de la sortie du bâtiment de l’aéroport.
Première consigne de sécurité : monter ou sortir de voiture toujours par la porte côté trottoir et jamais côté rue. Ambiance…

En voiture vers le centre-ville, un forte envie de faire taire tous les stéreotypes et images, et peut-être préjugés, que l’on trimbale inévitablement avec soi sur ce pays et la situation.
Pas de chance : à peine arrivés sur le premier boulevard, quelques femmes en burqua, mendîent, accroupies à même la rue ou sur le trottoir.

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Une population jeune, une ville animée : toutes les avenues offrent une perspective sur les montagnes, parfois encore enneigées, qui encerclent la capitale. Les rues qui desservent les boulevards sont, elles, défoncées d’où une circulation lente et chaotique, qui dégage une poussière permanente – à rendre asthmatique.

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A Kaboul, tout doit commencer par le “briefing sécurité” que l’on peut résumer ainsi :
- le bureau doit savoir en pemanence où tu es, jour et nuit.
- voici un téléphone portable local que tu gardes sur toi en permanence et qui doit rester ouvert jour et nuit;
- le moindre changement de programme ou de trajet doit être signalé au bureau : ton chauffeur doit toujours savoir où tu te trouves;
- ne pas sortir du logement, de l’hôtel ou du bureau pour marcher dans la rue ou “faire un tour”: tout déplacement ne peut se faire qu’en voiture avec chauffeur;
- ne jamais prendre les transports publics; il est strictement interdit aux étrangers de se promener  dans le vieille ville du centre de Kaboul.
- il est possible de faire des courses à Kaboul, à condition d’être toujours accompagné (par un homme si vous êtes une femme), et la voiture doit toujours être garée à un maximum de 100 mètres de la boutique et en position de départ (ne pas avoir besoin de faire des manoeuvres).
- il est interdit de passer la nuit en-dehors de Kaboul, et de conduire une voiture sans chauffeur;
- les expatriés doivent quitter immédiatement les lieux où se trouvent des hommes armés, même en uniforme;
- ne pas prendre de photo si l’on ne sait pas exactement ce  que l’on photographie : s’il y a quoi que ce soit de militaire ou comme bâtiment officiel dans la prise de vue, cela peut être très problèmatique.
- toujours avoir de l’argent sur soi : en cas d’attaque, n’offrir aucune résistance.
- un uniforme de police n’est nullement une garantie que la personne appartient vraiment au corps de police.
- rester toujours autant que possible éloigné des installations militaires ou de sécurité, car ce sont des cibles pour les attaquants. Se tenir éloigné des convois de police, de militaires ou de l’ISAF ;
- éviter les lieux fréquentés par la plupart des expatriés occidentaux.

A titre de pause – voici votre pain au petit-déjeuner :

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 On reprend, avec d’autres conseils plus généraux :

- ne jamais sortir en short et en chemises à manches courtes; les femmes doivent toujours porter un voile sur la tête.
- quels que soient vos accompagnateurs afghans, ne jamais obstruer leurs possibilités de faire leurs prières. Ne jamais parler ou passer devant quelqu’un qui fait sa prière.
-  ne jamais boire d’alcool en public ni adopter de comportement exubérant;
- les salutations sont particulièrement importantes en Afghanistan : serrez la main droite et mettez la main gauche sur votre coeur en signe de sincérité. Avec une femme n’offrez pas de poignée de main, sauf si elle en prend l’initiative, et contentez-vous de mettre votre main gauche sur le coeur.
- demander des nouvelles de la santé est très bien vu, ainsi que de demander des nouvelles générales sur la famille – et de saluer la famille en partant. Si vous êtes un homme, ne parlez pas des épouses et des femmes de la famille de votre interlocuteur. Cela est perçu comme une offense.
- la tendance en Occident est d’aborder immédiatement le sujet à traiter avec son interlocuteur : cela est perçu comme brutal. Pour gagner le respect et la considération de votre interlocuteur, commencez par des salutations préliminaires et des éléments de conversation générale avant d’aborder le sujet.
- marcher devant quelqu’un- surtout si la personne est plus âgée que vous ou d’un statut supérieur – est très mal vu. Si vous êtes une femme, marchez toujours derrière les hommes.
- ne grimpez pas sur les murs et ne montez pas sur le toit si les maisons de vos voisins sont visibles, notamment si vous êtes un homme.
- se moucher en public est très mal vu.

 Autres consignes diverses :

- faites attention aux scorpions ;
- où que vous alliez, vérifiez toujours instinctivement où vous iriez en cas de tremblement de terre: sous la table ou sous le linteau d’une porte,etc….Le plus sûr n’est pas nécessairement de sortir à tout prix de l’immeuble.

A défaut de pouvoir photographier – et pour cause – les symptômes générateurs de l’angoisse sécuritaire, voici quelques vues reposantes dans un magasin d’antiquités  afghanes :

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Et en guise d’au revoir :

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Petite fugue à St Petersbourg

23.11.08

De quelques jours passés à St Petersbourg, ces quelques impressions :

Dans cette ville, vous n’échappez pas à un sentiment d’exaltation, que provoque la beauté architecturale, inévitablement associée à la signification historique des évènements qui s’y sont déroulés, depuis sa fondation par Pierre le Grand : la création de la ville, la succession des tsars, les premières révoltes communistes, le siège de 3 ans par les nazis pendant la dernière guerre mondiale, et tout au long de cette histoire, une profusion culturelle et artistique – dont ce qui a survécu à 70 ans de communisme a été restauré en 2003 pour le 300 ème anniversaire de la ville.

Quelques diapos…

L’appartement de Dostoïevski transpire l’humanité du personnage, mais aussi de sa femme, Anna Gigorievna (qu’il avait engagée comme secrétaire-dactylo), et dont Tolstoï, qui l’a rencontrée, dira que “si tous les écrivains russes avaient eu une telle épouse, quels chefs-d’oeuvres nous aurions ! “.

Dostoevsky in 1880 par raskolni_comDostoïevski en 1880

Dostoievski par Anthony Romm
Bureau de Dostoïevski

responsable par ^ mAyAkA ^Source photo

” C’est trop idéaliste … et de ce fait, cruel. “
(“Humiliés et offensés” – 1861)

” Nous rabaissons trop la providence quand, par dépit de ne pouvoir la comprendre, nous lui prêtons nos idées “. (Source)

” Si l’on chasse Dieu de la terre, nous le rencontrerons sous la terre.”
(“Notes d’un souterrain” – 1864)

Le Musée de l’Ermitage, restauré comme neuf, dont l’entrée est impressionnante :

La Cathedrale St Isaac est un chef-d’oeuvre :, qui fut un Musée de l’Athéisme pendant les décennies de communisme, avec un “Pendule de Foucault” suspendu à la coupole

Intérieur de la Coupole de St Isaac (100 mètres de hauteur)

L’Eglise de la Résurrection :

“Nabucco” de Verdi au Theâtre Mariinsky (ex-théâtre Kirov) :

Musée Russe :

Saint Boris et Saint Gleb (XIV siècle)

La Forteresse Pierre et Paul, où sont inhumés tous les tsars :

Mais une question taraude le piéton étranger qui croise tant de Russes grisonnants dans les rues ou dans le métro : que se passe-t-il dans la tête de gens nés après la dernière guerre, qui ont grandi et qui ont été éduqués dans l’idéologie communiste stalinienne, et qui aujourd’hui, à l’âge de la retraite, voient ces touristes admirer les fastes impériaux dans une ville qui a retouvé son nom germanique (St Petersbourg) et non pas russe (Petrograd) ?

Ya-t-il un Dostoïevski ou un Soljenitsine en germe dans cette génération ?


Vendée-Globe: ” seule la force du vent…”

4.11.08

Extraits du Réglement de la Course du VENDEE-GLOBE,
à la voile,
sur des monocoques de 60 pieds (env. 18 mètres)
en solitaire,
sans escale
et sans assistance,
qui quittera les Sables d’Olonne
dimanche 9 novembre à 13 h 02 :

Paragraphe 2 : (…) Par SANS ASSISTANCE, il convient de comprendre qu’en aucun cas les concurrents ne pourront recevoir d’aide extérieure personnalisée, ni bénéficier d’une intervention volontaire, récurrente ou planifiée, visant à améliorer leurs performances et/ou celles de leur bateau.

Ils ne pourront donc pas recevoir :
- d’assistance météorologique personnalisée. Le routage est interdit
(c’est à dire) toute indication personnalisée, spécialement préparée ou individualisée pour un seul ou un groupe de concurrents, venant de l’extérieur,en-dehors des sources (…)autorisées, et permettant la compréhension des différentes situations météorologiques et le choix de la ou des routes à suivre ou à ne pas suivre.
- d’assistance extérieure : (un concurrent) ne pourra être ravitaillé de quelque façon que ce soit.(…) Les concurrents ne seront pas autorisés à aller à terre ni à débarquer au-delà de la limite de la plus grande marée haute.
(Un concurrent désirant revenir à terre) ne pourra le faire qu’à l’intérieur de la zone portuaire du port des Sables d’Olonne (et) et ne sera plus autorisé à repartir en course au-delà de 10 jours après le départ de la course.”

- d’assistance médicale. L’intervention directe d’un médecin à bord sera interdite.
Le conseil médical par téléphone, radio ou fax, ne sera pas considéré comme une assistance.
(…)
Par conseil médical, on entend toute aide à distance d’un médecin destinée à résoudre un évènement médical imprévu altérant la santé du concurrent. Toute autre intervention sera considérée comme permettant d’améliorer les performances du concurrent.”

Paragraphe 7 : ” Les concurrents participeront à la compétition à leurs risques et périls et sous leur propre responsabilité. Il appartiendra à chaque concurrent de juger en fonction de ses connaissances, des équipements dont il dispose, de la force du vent, des prévisions météorologiques,etc, de l’opportunité de prendre ou de ne pas prendre le départ de la course ou de rester en course.”(…)
La veille, en particulier la veille/radio et/ou Inmarsat, que l’organisation pourra assurer doit être considérée par les concurrents comme facultative et aléatoire et en aucun cas comme une sécurité supplémentaire sur laquelle ils peuvent compter.”

Paragraphe 10.14 : ” Chaque concurrent sera tenu de transmettre à la Direction de course, une fois par 24 heures, par téléphone satellite ou par email, une position en latitude et longitude et un rapide descriptif de son état de santé et de l’état de son bateau.”

Article 12.2 . (…) “Aucun moyen de propulsion ne pourra être utilisé pendant la course, autre que la force du vent sur les voiles.
Toutes les maneouvres de voiles ne devront être accomplies que par la force du concurrent.”

Source photo : “Moon Sea (“Mer de lune “) de Yvan Aivazosky,
Musée Russe de St Pétersbourg

Sur le site du Vendée-Globe 2008-09 :

La description des moments-clés de la course

La liste des concurrents
(avec photos, leurs antécédents, accès à leurs sites Internet et à leurs adresses email)

Les videos des préparatifs

Et lorsqu’on clique sur le mot “tempête”, on trouve les quelques citations suivantes :

” A terre, même dans les moments les plus sombres,
la vie recommence toujours le lendemain.
En mer, lors d’une tempête, on éprouve le sentiment de piège pour l’éternité.”

(Olivier de Kersauson)

” Quand un bateau est dans la tempête,
et qu’il y a des rochers pas loin,
il est peu courant qu’il soit piloté par un comité.”
(J.P.Getty)

” Rhume : tempête sous narine” (Léo Campion)

” La solitude est une tempête de silence
qui arrache toutes nos branches mortes.”
(Khalil Gibran)

Vent - Vendee Globe Start Nov 2004 par Preceymeister


Petits flashes de Khartoum

7.03.08

Quelques impressions, à l’occasion d’un déplacement professionnel au Soudan (ce qui explique le silence de ce blog depuis trois semaines).

Petit préambule marginal (hors-sujet) : le voyage commençant très tôt le matin au départ de Genève, une nuit d’hôtel près de l’aéroport, coûte 140 francs suisses, c’est-à dire l’équivalent – rien pour dormir quelques heures – du salaire mensuel d’un salarié ou d’un fonctionnaire, diplômé de l’université et qui fait vivre 5 à 10 personnes, dans quantité de pays dans le monde. Lequel monde ne devrait pas très longtemps continuer ainsi à marcher sur la tête.
C’est un point de vue qui en vaut un autre.

Partir de Suisse et atterrir en Afrique, c’est sentir son cerveau se dilater, respirer, et prendre le temps d’écouter ses propres sensations, en prenant le temps de regarder, d’écouter et de faire taire ce cerveau occidental qui se croit toujours au centre du monde. Comme dit le proverbe : ” Les Africains disent aux Suisses : vous avez les montres, mais nous, on a le temps.”

Arrivée à Khartoum, dont l’aéroport est situé en plein centre ville. Si on loge dans le centre, on est donc réveillé chaque matin par ces 4 instruments d’un orchestre improbable : les premiers décollages (les Antonov et Ilyouchine russes sont comme d’habitude les plus bruyants), le muezzin qui lance son premier appel à la prière, les ânes qui s’ébrouent au coin de la rue, sans oublier les coqs qui aiment visiblement jouer les violons solo…

Le Soudan est un pays grand comme 4 fois la France, avec 30 millions d’habitants. A une guerre interminable, qui a pourtant l’air de se terminer au Sud du pays, succède un conflit à l’ouest au Darfour, depuis 2003, dont on ne voit pas la fin : les enjeux et les stratégies plus ou moins occultes attisent en permanence les acteurs du conflit et comme toujours les populations civiles payent le prix fort, en dizaines de milliers de morts et en millions de personnes déplacées.

L’épisode de l’”Arche de Zoé” est toujours très présent – et très chaud – dans les esprits, comme nous l’ont prouvé un certain nombre de contacts avec différentes personnes, dont des officiels de la Justice et de la Police.
La “Commission de l’Aide Humanitaire”, qui a rang de Ministère, mène la vie dure aux ONG étrangères, par une sorte de harcèlement administratif, sur des petites choses comme sur des grandes, comme les autorisations de circuler, même dans les alentours immédiats de la capitale.
Les ambassades informent, quasiment en temps réel, leurs ressortissants, par SMS, des incidents, ou des risques pour les déplacements d’étrangers.
Comme, par exemple, l’annonce d’une manifestation d’islamistes vers le quartier des Ambassades et des Nations Unies pour protester contre les caricatures de Mahomet dans la presse danoise : manifestation, sinon suscitée en tout cas autorisée par le gouvernement. (une plaisanterie qui circule : la différence entre une démocratie et une dictature ? en démocratie : “ 20 000 manifestants selon les organisateurs, et 2 000 selon la police“. Un dictature ? ” 2 000 selon les organisateurs, et 20 000 selon la police“…)
Ou encore ce message envoyé par l’ambassade de France sur les téléphones portables des ressortissants français, le 3 mars dernier : “Jeudi dernier, l’un de nos compatriotes a été arrêté par les autorités locales pour avoir pris des photographies dans Khartoum alors qu’il était dépourvu d’autorisation de photographier. Après plusieurs heures il a été relâché grâce à l’intervention de l’Ambassade de France. Les services consulaires vous recommandent de veiller au respect de la législation soudanaise et vous conseillent également de respecter les us et coutumes du pays. Bien cordialement.”

Après plusieurs jours de rendez-vous de travail, le vendredi, jour de prière, sortie autour d’une mosquée vers Omdurman, ville proche, de l’autre côté du Nil. Tous les vendredi, une cérémonie soufi (le soufisme est une branche mystique et ascétique de l’Islam) a lieu, où plusieurs centaines de musulmans viennent chanter et psalmodier le nom d’Allah, en s’exprimant progressivement par des danses proches des “derviches tourneurs”:

Source

Ambiance très chaleureuse, accueillante aux étrangers qui peuvent prendre des photos librement, le seul risque étant d’être invité à se convertir…

La ville de Khartoum ne présente pas de caractéristique particulière, si ce n’est d’être au confluent du Nil Bleu et Nil Blanc, d’où partent et où aboutissent de grandes artères commerçantes :

Les mosquées de Khartoum mériteraient cependant un safari-photo, comme la mosquée Hamed-an-Nil, (dont les bulbes suggèrent étrangement le style des églises orthodoxes…) devant laquelle se déroulent les cérémonies soufi mentionnées plus haut (à gauche de la photo) :

http://www.asmat.cz/img/fotky_velke/3202_v.jpg

On vous parlera des prisons de Khartoum une autre fois.

En attendant, ne manquez pas ce site de photos des plus belles mosquées du monde,
et surtout ce site-là.


Ciel de plomb sur Lima; du fuel pour Managua

10.09.07

De passage pour 4 jours au Pérou, dans un déplacement prévu depuis longtemps, et donc sans savoir que, quelques jours avant d’atterrir, un tremblement de terre de force 8 mobiliserait les énergies et les esprits vers les villes de Pisco et Ica, à 250 kms au sud de Lima, détruites à 80 %.
Donc, changement de programme, réduit à quelques contacts fort intéressants, et plus de temps que prévu pour humer l’air du temps.

D’abord, du début à la fin du séjour, un froid humide (90% d’humidité) sous un ciel bas et lourd, et véritablement “de plomb”, par ses nuances de gris et son immobilisme. Un poète péruvien décrit, paraît-il, ce ciel d’hiver comme étant de la couleur “du ventre d’un âne”…

Lima : une capitale de 8 millions d’habitants, dont la plupart des quartiers sont d’apparence totalement impersonnelle, traversés d’avenues interminables, saturés de panneaux publicitaires.
Mais comme dans toutes les grandes villes désormais, c’est en s’approchant du centre que l’air devient plus respirable, et que marcher redevient un plaisir élémentaire, l’”urbanisme” des siècles précédents ayant respecté un certain équilibre entre les parcs et espaces et monuments et bâtiments construits avec raffinement et, semble-t-il, avec une solidité éprouvée, lorsque l’on sait la récurrence des tremblements de terre dans la région.

Mais rien dans les formes publiques d’expression artistique ne suggère, rappelle ou met en valeur la période pré-hispanique ou pré-coloniale. Seuls les visages de la quasi-totalité des visages croisés dans les rues témoigne des origines indiennes de ce peuple des Andes.
A New York, vous buvez du Coca-Cola ; à Dubaï, vous buvez du Mecca-Cola, et à Lima, vous pouvez boire l’Inca-Cola

Visité les programmes d’une ONG qui travaille dans une banlieue de Lima, pour promouvoir la justice des mineurs, par des sanctions éducatives, comme alternatives à la détention. Un travail quotidien de fourmi, dont l’anonymat n’a d’égal que l’obstination, dans un océan de détresse économique et sociale. Visité quelques familles, dont certaines, très dignes, cultivent l’espoir de voir leurs adolescents s’en sortir. D’autres familles, comme cette mère seule avec huit enfants dans une seule pièce, dont l’aînée, vivant dans une pièce adjacente, a déjà trois enfants et en attend un quatrième. Un des garçons, âgé de 16 ans, déjà accoutumé à la “colle”, allongé sur “le lit du dessus”, soigne sa grippe et ne souhaite qu’une chose : “étudier”…
Repas avec le Commissaire en chef de la police des 5 commissariats de cette banlieue : convaincu que la pure et simple répression des mineurs délinquants par incarcération ne sert qu’à alimenter la récidive, et que “la prison est l’école du crime”, il semble cependant bien seul, et doit d’ailleurs être bientôt muté…


Managua
(Nicaragua) :
Organisé par la Cour Suprême (système judiciaire largement inspiré des Etats-Unis), un séminaire international rassemble 120 acteurs de la justice des mineurs (dont les gardiens de la prison de Tipitapa, à 30 kms de Managua, où croupissent, entre autres, 42 mineurs chinois, immigrants illégaux – que fait l’ambassade de Chine ?). Des participants qui se révèlent très bien informés des normes internationales, au point qu’on se dit qu’il ne manque que la volonté politique. Que fait donc Ortega II ?
Question posée en fin de séminaire, et en catimini, par une fonctionnaire du Ministère de l’Education : ” Pourriez-vous nous aider à former nos personnels à la prévention des abus sexuels dans les institutions scolaires ?

Visité l’église de Santa Maria de Los Angeles, dont les peintures murales témoignent de toute l’histoire du pays, mais aussi de ce que le foi catholique a inspiré les révoltes sandinistes contre le régime de Somoza. “Somos cristianos, somos revolucionarios”.
L’évêque actuel a tenté de faire disparaître ces peintures murales, devenues lieu de pélerinage, àa la fois religieux, nationaliste et révolutionnaire… En vain, la révolte grondait. Le compromis a été trouvé : elles sont recouvertes d’une toile qui officiellement sert à les protéger de l’humidité…

Pays le plus pauvre de l’Amérique centrale : les pénuries réapparaissent. A la une de “La Prensa”, grand quotidien de Managua, une grande photo du tanker qui vient livrer du fuel vénézuelien : il faut rassurer la population, car l’électricité est désormais coupée tous les jours, de 14 heures à 20 heures.
Du temps de “Ortega I”, chaque personne avait droit à un demi-savon par mois…

C’était un petit morceau de notre chapitre : ” Comment vit l’autre moitié du monde ?


Vu(es) d’avion (2)

27.08.07

Amsterdam-Lima le 21 août : 12 heures de vol sans escale.
Attentes interminables pour l’enregistrement de près de 300 passagers, pour les passeports, les contrôles de sécurité, et dans le couloir d’accès à l’avion, etc…

Question : lorsqu’il y aura un vol du futur Airbus A 380 avec 600 passagers, que se passera-t-il dans les aéroports ? Combien de temps tout cela prendra-t-il ? Combien d’heures à l’avance faudra-t-il se présenter ? Combien de temps faut-il rien que pour faire asseoir 600 personnes ? Combien d’heures  d’attente pour les mêmes contrôles à l’arrivée ?
Et si deux ou trois A 380 partent en même temps du même aéroport ?

Lu dans l’incontournable “International Herald Tribune” (21.08.07) :

“British Airways a perdu les bagages de plus de 550 000 clients au premier semestre de cette année·.(…) “Cela fait une moyenne statistique de ” 28 bagages perdus pour mille passagers”.

En réalité, il ne s’agit pas de “perte sèche” de bagages mais de retards dans la livraison des bagages, que le passager récupère dans un délai qui va de 2 ou 3 jours à 2 ou 3 semaines.

Sans compter les plaintes innombrables de passagers qui tentent en vain de joindre une personne de la compagnie par téléphone, la compagnie considérant que la responsabilité du chaos revient aux autorités aéroportuaires. La cause de ce chaos n’est autre que les retards des vols qui oblige à stocker les bagages “en retard” ailleurs que dans l’entrepôt des bagages des vols qui sont à l’heure. Tout irait bien si tous les avions étaient à l’heure, le moindre retard d’un avion ne devant pas affecter le flot des avions ponctuels.
Situation typique où tout est prévu, à condition qu’il n’y ait aucun grain de sable. Et dans un aéroport qui assure un flot de quelques centaines d’avions au départ ou à l’arrivée chaque jour, il y a toujours un grain de sable.
Donc, mettez toujours une étiquette à votre bagage, et remplissez votre bagage à main de bouquins que vous rêvez de lire depuis longtemps – surtout si vous prenez un Airbus A 380.

Lu dans le “Wall Street Journal” (21.08.07) :

Un  article sur Mr Hyman Minsky, (“Minsky moment arrives”), économiste américain, décédé en 1996, peu connu mais dont la popularité posthume semble assurée. Selon ses thèses, les systèmes financiers, largement basés sur des procédures spéculatives, conduisent intrinsèquement à des crises comme celles des “subprimes” (prêts hypothéquaires à un public d’acquéreurs immobiliers n’offrant pas spontanément toutes les garanties de solvabilité – si on a bien compris…), alors que la pensée unique généralisée exige de faire confiance aux lois du marché, supposés rétablir les équilibres.
(Soit dit en passant, qui a dit que l’expression “lois du marché” était une contradiction, puisque par définition, le marché fonctionne par des mécanismes d’adaptation permanente aux donnés factuelles immédiates – et donc sans loi contraignante - pour un intérêt financier à court terme ?)

Hyman Minsky était donc un “mouton noir” dans l’océan de l’idéologie ambiante néo-libérale et il a toujours été de bon ton de l’ignorer comme le “grincheux de service” et l’oracle de mauvaise augure.

Mais l’article mentionne que désormais, beaucoup de ses étudiants de l’époque, intégrés dans des fonctions économiques ou académiques, se rappellent – maintenant – ses leçons et discours. Un d’entre eux, Charles Kindelberger, devenu professeur d’économie au Massachussett’s Institute of Technology (MIT), a publié un livre intitulé – rien que cela : ” Manias, Panics and Crashes : a history of financial crisis” (” Manies, paniques et catastrophes : une histoire des crises financières“). Un autre, nommée Laurence Meyer, qui était gouverneur à la Réserve Fédérale US, affirme qu’à l’université, les analyses de Minsky ne l’intéressaient pas outre mesure, mais que cela avait changé lorsqu’il est “entré dans le monde réel”.
Etc,etc…

Quel nombre et quel degré de catastrophes faudra-t-il attendre pour qu’on comprenne que cette soi-disant “inévitabilité” de la loi du marché, et de la soumission absolue de toute l’économie aux fluctuations de la Bourse, est une vaste fumisterie et que ce discours est finalement une idéologie comme une autre ?

Lu dans le “Financial Times “ (21.08.07″), sous le titre “Germany skills gap costs 20 bn euros a year” (” En Allemagne, les carences de compétences professionnelles coûtent 20 milliards d’euros chaque année” - article signé par Bertrand Benoît).

Selon une étude officielle, réalisée auprès de 2 400 entreprises allemandes, par le Ministère allemand de l’Economie, la croissance rapide des exportations allemandes est insuffisamment alimentée par les compétences disponibles sur le marché intérieur de l’emploi. Selon le Ministre, Mr Michael Glos, il faut lancer une grande “offensive nationale de qualification”, plus d’investissements, publics et privés, dans l’éducation, plus de coopération entre le monde des affaires et les universités, recruter plus de femmes, plus de travailleurs âgés et plus d’étrangers vivant en Allemagne.
Et l’article ajoute : “ Le ministre s’est révélé prudent dans son plaidoyer pour plus d’immigration, reflétant ainsi les craintes des partis de la coalition de perdre des voix en prônant l’ouverture des frontières.”
D’où la tension entre patrons de l’économie et politiciens : tandis que les premiers sont favorables à l’ouverture des frontières, les derniers leur reprochent de préférer faire venir des ouvriers étrangers à bas-salaires plutôt que d’investir dans la formation à l’intérieur du pays.

Il y a quelques années, l’OCDE avait chiffré le besoin en main d’oeuvre étrangère, ne serait-ce que pour maintenir le niveau économique de l’Union Européenne,  à 75 millions de personnes dans les 50 ans à venir.
Quel politicien aura le courage de dire la vérité ?

Autre article du même “Financial Times ” sur les perspectives de l’économie chinoise :

” Le “prix chinois” ne sera progressivement plus le prix le plus bas pour acheter un bien de consommation. Ce sera une récompense sur la valeur des industries dans lesquelles la Chine privatisée investira partout dans le monde.  Ne considérez pas la Bourse de Shanghaí comme une anomalie. Considérez – la comme étant l’avenir.” (Stephen Green)

La Chine réussira-t-elle l’exploit d’être à la pointe la plus arrogante d’un capitalisme financier mondial effréné, tout en maintenant un système politique et social qui se donne encore le “faux-nez” du communisme et du Parti Unique ?

Décidément, le monde économique est truffé de “faux-nez”, des néo-libéraux aux communistes, qui se tiennent tous par la barbichette en jouant au tiercé mondial quotidien des OPA, sur le dos – et avec l’argent – d’une humanité spectatrice et impuissante…
A moins que…


Bangladesh : on ne peut rien contre l’eau qui monte.

9.08.07

Pour avoir travaillé quelques années au nord du Bangladesh, l’Abrincate mesure l’ampleur des conséquences des inondations de cette année dans ce pays, ainsi qu’en Inde et au Pakistan.

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De toutes les catastrophes naturelles possibles et imaginables, la pire est – de loin – la montée des eaux.
On en peut rien contre l’eau qui monte.

Un cyclone au Bangladesh est très spectaculaire, par sa soudaineté et sa force, mais moins grave : les maisons villageoises étant en bambou, il est relativement facile de les redresser.
Face à une sécheresse, les populations affectées sont accessibles : c’est une question de mobilisation, de moyens logistiques et de volonté.
Face à une inondation, une seule solution pour les populations : la fuite. Fuite sur les digues, quand il y en a – et si elles tiennent le coup. Les familles s’installent sur les bas-côtés des digues, pour laisser la partie plate à la disposition des véhicules de secours et des familles qui partent s’installer ailleurs.

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Il suffit de voir une carte de la capitale, Dhaka, pour mesurer la vulnérabilité d’une ville de près de 9 millions d’habitants.
Et rappeler que le Bangladesh a une population d’environ 140 millions d’habitants sur une surface équivalente à un quart de la superficie de la France.

A 400 kms au nord de Dhaka, au bord du Brahmapoutre, les eauxdu fleuve érodent les rives et les populations se déplacent régulièrement, chaque semaine ou chaque mois, vers l’intérieur : non seulement ce sont des populations de paysans sans terre … mais ils n’ont même pas la terre sous leurs pieds.

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Et tout ceci au milieu d’une population d’un million de personnes dans un cercle de 50 kms de rayon en milieu rural, soit près de 1300 habitants au Km2. En Asie, les chiffres sont toujours très impressionnants : un dispensaire de villages “fait” jusqu’à 200 ou 300 consultations par jour.

Le plus frustrant est de savoir – et de voir – que dans une circonstance pareille, il y a très souvent dans les entrepôts des stocks disponibles de riz et sur les marchés les quantités nécessaires de nourriture de base, mais dont le prix est inaccessible. Au Bangladesh, ce type de catastrophe est globalement prévisible chaque année, notamment en août, mais les propriétaires terriens et les commerçants savent précisément stocker en prévision des pénuries
Il serait fort intéressant comparer la mesure de la montée des eaux et l’augmentation du prix du kilo de riz sur le marché : le parallèle est quotidien…
Incidemment, il faut rappeler ici que les véritables pénuries alimentaires à grande échelle sont très rares : elles surviennent dans des populations victimes de conflits et donc déplacées par la guerre, ou réfugiées dans un pays voisin (surtout lorsque les combats incluent la destruction des récoltes et des champs cultivables).
Autre problème : l’absence d’information. D’où la prolifération des rumeurs, notamment celle de l’apparition du choléra, qui n’est souvent qu’une épidémie de dhiarrées ou de gastro-entérites, due au paradoxe de la pénurie d’eau potable.

Et lorsque, pour “coordonner l’intervention d’urgence“, vous allez rencontrer l’équivalent du Préfet de région, à l’époque – il y a 25 ans – il disposait d’un bureau, d’une table, d’une chaise et d’une moto 125 cm3 contre le mur de son bureau. Aujourd’hui, il a probablement un téléphone portable et un ordinateur…

Face à ce type de situations tout à fait prévisibles, car saisonnières (sauf leur ampleur), des progrès logistiques ont été réalisés, mais rien ne remplace l’apprentissage de la solidarité.

Le plus étonnant, lorsqu’on va à la rencontre des familles réfugiées sur les pentes des digues, c’est un certain silence : aucune révolte, aucune agressivité, voire une atmosphère bon enfant. En réalité, c’est le fatalisme qui est révoltant.

Au fil des années, des efforts considérables ont été réalisés par des ONG bangladeshi, notamment à travers la création de coopératives de paysans sans terre qui se préparent aux pénuries, couplée avec l’alphabétisation des mères pour la prévention des maladies les plus courantes de leurs enfants. Sur ce plan, les programmes d’”éducation fonctionnelle” sont souvent remarquables.
Mais il n’y aura pas de solution durable sans une véritable répartition des terres et sans une volonté politique quant aux prix des denrées vitales sur les marchés en cas de catastrophe de cette ampleur.


” Avancer contre le vent par la force du vent “

25.06.07

Dans la perspective de vacances dans un lieu que ce blog permet de deviner,
voici des extraits libres d’un joyau de petit livre sur le voyage vers la mer :

” Philosophie légère de la mer “, de Cécile Guérard
(Edition des Equateurs) :

” L’arrivée sur une plage suscite toujours dans notre esprit
une impression unique :
(…)
prendre place devant un spectacle fabuleux
sans rien devoir à personne.”

“Quand nous ne sommes qu’une mouche dans les grandes villes,
ici, face à la solitude de l’océan, nous avons l’impression
de nous démultiplier, de nous accroître.”

” Le grand air dégonfle l’esprit de sérieux,
déploie l’âme qui se ratatine sur son sort,
rallume l’imagination que tout emploie à éteindre.”

“La mer et les vents d’ouest chassent toutes les dépressions
quand les forêts semblent des couvercles sur les âmes.”

” La promenade réconcilie avec le temps qui passe.”
” Un temps pur : entièrement à soi
et qui ne rentre pas dans un agenda.
La promenade maritime est subversive !
Une absence d’ordre,
au double sens de rangement et d’autorité.”

” Mettre les voiles…
Commencer par se perdre est la condition première.
Suspension provisoire de notre faculté de penser !
Notre errance maritime pratique le vide par dissolution.”
Liquéfiée, notre conscience est alors
purement et simplement liquidée. “

” Le moi est soluble dans l’eau de mer.”
” Contrairement à une nuit d’insomnie,
la mer possède un pouvoir hypnotique
qui nous laisse sans voix, sans paroles
comme si nous étions revenus à l’âge des balbutiements :
c’est que nous ne récitons plus.”
(…)
“Après avoir été dissoute, notre pensée se reforme
par intuitions, fragments, fulgurances.
Des sources souterraines alimentent ces inspirations, ces découvertes.
Les mots refont surface avec leur cortège d’images, de réminiscences.”

” Oublier pour mieux se souvenir,
apprendre à lâcher prise,
pour que nos pensées nous reviennent,
affinées, vives et enrichies, libérées de tout dogmatisme.
Revenus de ce “grand lessivage”, nous sommes régénérés.

Un continent poétique relie l’homme à la mer :
l’homme en exil transforme l’océan en asile.”

” L’eau ne soigne pas seulement nos artères et notre tension :
elle désintègre notre histoire, harponne nos angoisses,
dissout nos peurs.
Elle a un pouvoir de purification.”

” La mer n’a pas d’âge,
couverte de rides, elle les perd aussitôt,
elle a une turbulence enfantine,
se précipite pour aller nulle part.”
(Paul Morand)
L’océan brasse les siècles et les saisons
sans tenir compte de leur chronologie,
nulle trace de l’oeuvre du temps à sa surface.”

” Du passé nous confectionnons des matelas
en oubliant qu’il faut savoir oublier
pour continuer à vivre.
La mer dispense une sagesse : on n’agit pas
sur ce qui ne dépend pas de nous, ni sur ce qui n’est plus ;
délivrons-nous de ces vaines pensées,
vivons l’instant ici et maintenant.

” Lorsque l’ensablement guette nos vies,
l’appel du large retentit comme une alarme.
La mer s’ébroue pour faire tomber les bateaux sur son dos.
Il nous prend aussi l’envie de secouer nos attaches,
liens, relations, réseaux, connexions.
C’est notre avis de tempête.
Nous ne voulons plus être l’araignée
au centre de sa toile archi-tissée,
mais un poisson vif-argent filant à l’anglaise
dans les eaux extraterritoriales.
Devenir inaccessible.”

” La pensée clarifiée, l’horizon sur la mer s’éclaircit.
On apprend à connaître les lois invariables de la nature.
On peut en déduire notre action :
la mer replace l’homme face à son destin, il y est seul.
Mais l’indifférence de la nature,
son absence de sentiments et d’intentions
ouvre à l’homme le champ de l’action.

Tel un navigateur
“avançant contre le vent par la force du vent”,
luttant avec et contre les flots.
Par la volonté.”


Le Salut, pour vous, c’est quoi ?

24.06.07

Sollicité en 2003 par les ” Cahiers Protestants “ sur ce thème imposé,
l’Abrincate avait proposé ce qui suit :

Elie Wiesel raconte parfois que, dans le camp de concentration d’où il a survécu, des prisonniers, abasourdis par leurs conditions de ” vie “, et présumant le destin qui les attendait, décident de faire … le procès de Dieu : Juges, Procureurs, avocats s’improvisent.
Pendant les débats, l’avocat de la défense de Dieu se révèle particulièrement bouleversant et efficace. Au terme du procès, les jurés prononcent l’acquittement de Dieu.
On demande alors à l’avocat de la défense comment il s’y est pris pour défendre Dieu aussi brillamment : ” C’est simple, je me suis mis à la place de Satan…”

Le Bien et le Mal, Satan, le Péché, le Salut… Voilà des couples de mots que toutes les religions du monde ont inscrit dans le langage automatique de tous leurs catéchismes : nous sommes ” tous pêcheurs “, mais le Salut est donné… Il doit donc bien y avoir quelque chose derrière ces mots pour qu’ils aient survécu à 2 000 ans d’histoire.
Mais, à 18 ans, la vie offre tant de choses qu’on ne peut se résoudre à la vivre en noir et blanc, alors qu’elle est en couleurs.

Les années passent, et au fil des situations vécues, une autre notion apparaît, plus sourde, mais plus forte, à laquelle personne, visiblement, n’échappe : le mystère, que nos bons professeurs de grec définissaient ainsi : ” ce devant quoi on ne peut que se taire”.
Il surgit sous forme de choc, de gifle, ou d’extase. Il laisse de toute façon KO : il n’y a plus de mots qui tiennent. D’autant plus que les mots peuvent être gravement détournés, ce qu’Albert Camus résumait ainsi : ” Mal utiliser les mots, c’est ajouter au malheur du monde.

Août 1983. Bangladesh. Village de Chilmari, au bord du fleuve Brahmapoutre, à 400 kms dau nord de la capitale, Dhaka. Inondations. Erosion des terres par le fleuve. Comme chaque année, des milliers de villageois déplacent leurs huttes de bambou vers l’arrière, à dos d’homme, sur les flancs des digues qui risquent de s’effondrer si la crue du fleuve s’amplifie. Paysans sans terre et sans travail, autre que journalier, nuées d’enfants, marché pourtant bien achalandé, mais aux prix inabordables – et donc distribution de nourriture en urgence pour 8 ou 10 000 enfants chaque jour.
Des cliniques où cent à cent vingt enfants perfusés étonnent pourtant les médecins (” plusieurs de ces enfants, selon nos livres de médecine, devraient être morts depuis longtemps “). Mais on en enterre parfois deux ou trois par jour.
Des responsables ? des coupables ? La surpopulation, les propriétaires terriens, l’analphabétisme , les spéculateurs su les marchés, l’islam obscurantiste, la corruption, l’incompétence des autorités … Mais le mal, dans ce contexte, c’est quoi ? c’est qui ?
Le Salut ? A première vue, la notion est intempestive … Pour 80 % de la population, il s’agit de survivre, à l’horizon des trois ou quatre jours qui suivent… A plus long terme, une seule piste sûre : mettre tout le monde à l’école, à condition qu’elle soit aussi un apprentissage de la solidarité – ce que permet l’éducation fonctionnelle.
Le droit à l’éducation est la matrice – et le moteur – de tous les droits humains. On sait que ce ne sont jamais les plus pauvres qui font les révolutions, mais les classes moyennes éduquées. Quand on sort du Bangladesh, on se dit que dans d’autres pays où il y a des révoltes à cause du prix du pain, c’est que tout espoir n’est pas perdu…

Mai 1995 : Rwanda. Prison de Gitarama. 8 000 prionniers accusés de génocide (ou de complicité), debout, en plein soleil. On entre dans la grande cour centrale, on se fraye un chemin au milieu d’une foule apparemment plutôt calme. Quand il y a un ” trou ” dans la foule, c’est qu’il y a un mort, qu’on transporte sur un brancard et qui circule de bras en bras au-dessus des têtes ” vers la sortie “.
Une voix – celle d’un tueur de village ? – nous lance : ” C’est ça, vos droits de l’homme ?”.
A l’autre bout de la cour, un bâtiment. Un escalier qui descend vers le sous-sol, sur les côtés duquel des prisonniers accroupis se lèvent pour créer un espace de passage aux visiteurs. En-bas à droite, une pièce en sous-sol où croupissent environ soixante jeunes, de 12 à 18 ans. Les matelas sont accumulés contre un des murs pendant la journée. Un prisonnier adulte (un tueur de village ?) nous interpelle : “Auriez-vous des cahiers et des crayons pour que je puisse faire un peu de scolarité, autrement qu’en écrivant sur les murs ?”

De retour à Kigali, la capitale, audience chez le Ministre de la Justice, à qui nous expliquons nos programmes en faveur des alternatives à la prison pour les mineurs – ou au moins pour qu’ils ne soient pas incarcérés avec des adultes.
Réponse du Ministre : ” Sous l’ancien rélgime, j’ai fondé une association de défense des droits de l’homme au Rwanda. Dès que je suis devenu Ministre, j’ai dû décider immédiatement que la mesure la plus urgente était d’en mettre le plus possible en prison pour leur épargner une mort certaine par vengeance villageoise.”
Depuis le nazisme, aucune situation n’a suggéré aussi fortement le déluge du mal absolu : le Rwanda? Pas d’enjeu géopolitique, pas de pétrole, pas de complexe militaro-industriel : le massacre de 500 à 800 000 personnes s’est fait à la machette… En tous cas, malgré tous les ouvrages d’analyse en tous genres … un certain mystère. De retour en Suisse, impossible de s’exprimer avant 48 heures…

N’importe quelle année, n’importe où en Afrique ou en Asie, un enfant de 8 ou 10 ans joue le rôle de garde-malade de sa mère hospitalisée, atteinte du SIDA …
Le péché de qui ? Etrange sentiment, devant la pandémie du SIDA, que le salut de l’humanité est peut-être plus menacé par le comportement intime de chacun que par la menace de l’arme nucléaire…

Novembre 1994. Belgique. Tribunal de Turnhout. Un Britannique, fondateur et éditeur d’un guide touristique pour homosexuels comparaît en justice, suite à notre campagne contre l’exploitation sexuelle des enfants dans le tourisme. Son ” Club ” fournissait, moyennant finances, des ” portfolios “, par pays et sur demande, où figuraient tous les détails pratiques pour ” se payer ” des jeunes garçons dans les pays les plus pauvres : les lieux, les coûts, les pièges à éviter, le vocabulaire de base pour aborder les garçons des rues,etc….
Argument développé par la défense de l’accusé ? ” Que vaut-il mieux pour un jeune garçon abandonné ? Vivre dans – et de – la décharge publique ou bien être accueilli, nourri, habillé, scolarisé et aimé par un homme ? “
(sic).
Y aurait- il donc une pédophilie humanitaire, qui ” sauve les enfants ” ?

Partout, et dans tous les domaines, il y a ceux qui se payent de mots et ceux qui ” payent les mots cassés“….
On pourrait faire tout un glossaire des mêmes mots qui nomment à la fois des ” péchés ” et des ” voies de salut ” pour l’humanité … selon que l’on tient le manche du marteau ou que que l’on soit sous l’enclume :

– ” l’amour des enfants” qui sert parfois de prétexte pour les violer et les détruire ;
- ” la souveraineté de l’Etat “, prétexte à tant de dictatures pour massacrer leurs populations ;
- ” le droit d’ingérence ” qui consiste parfois à intervenir, de manière sélective, dans les Etats les plus faibles ;
- ” l’embargo économique ” qui a souvent l’effet contraire de l’effet voulu sur une population qui n’a d’autre choix que de s’accrocher aux dictateurs en place ;
- ” la mondialisation/libéralisation de l’économie mondiale”, présentée comme la seul alternative de développement, après l’échec du communisme, et qui préconise le ” désengagement de l’Etat ” dans des pays qui ne consacraient déjà que 5 à 8 % de leurs budgets nationaux à la santé publique et à l’éducation…
- la ” libre circulation des personnes “, notion qu’on peut mettre en rapport avec les statistiques de l’ ” Office des Nations Unies pour la Prévention du Crime” qui annonce que, chaque année, environ 700 000 personnes sont victimes de trafics d’êtres humains dans le monde ;
- l’annonce récurrente et toujours très médiatique de la “promotion des droits de l’enfant“, croisade universelle des pays européens, dans lesquels, pourtant, des milliers d’enfants disparaissent définitivement chaque année des institutions où les autorités les ont placés.
On peut même lire dans un document officiel de l’Office Fédéral
(suisse) des Réfugiés (à propos des réfugiés en général, dont des mineurs) : ” Près des 90 % des requérants d’asile originaires d’Afrique quittent le domaine de l’asile par des départs non-officiels. Sans cette soupape (sic), la politique d’asile devrait assumer un fardeau social et financier qu’elle ne pourrait pas supporter. Les disparitions – qu’on le veuille ou non – remplissent ainsi une fonction-clé dans la gestion des flux migratoires entre la Suisse et l’Afrique “.(…)

Dans le tas de ferraille du siècle de fer qui s’annonce, on se doit d’entretenir les devoirs de mémoire et de repentance historique, mais aussi d’exercer notre responsabilité devant les générations futures (“sauver la planète“).
Or les “péchés” du passé et ceux de l’avenir sont finalement plus facilement identifiables que ceux du présent : aujourd’hui, que pouvons-nous faire ? A l’heure de la mondialisation, l’action individuelle a-t-elle encore un sens ? Par où se tourner ? Que répondre à un Président américain qui termine ses discours de croisade par “ God bless America “, sinon : ” God bless the Iraki children ” ?

Pendant la guerre du Kosovo, un ami grec défendait les Serbes par ” solidarité orthodoxe “.
Réponse : ” Devons-nous par solidarité catholique, soutenir les religieuse rwnadaises jugées en Belgique pour complicité de génocide ?
Si la religion est une affaire d’identité à laquelle on s’accroche et dans laquelle, finalement, on s’enferme, que signifie alors le salut individuel ou collectif ? Tous les conflits qui mêlent les intérêts des Etats avec les identités religieuses, en manipulant les notions de salut (le nôtre) et de péchés (ceux des autres), sont insolubles, comme en Irlande du Nord, en Israël.-Palestine,etc…
Les notions de péché et de salut sont des notions religieuses – qui devraient ” relier ” les hommes entre eux. Pourquoi dégénèrent-elles en péchés et saluts collectifs, c’est à dire en guerres de religion ?
Si la religion est affaire de vérité, individuelle et collective, il faut se convaincre de ce que disait le poète : ” La vérité ne meurt jamais, mais elle mène une existence misérable”.

Il y a quelques années, devant travailler sur la notion juridique de “Crime contre l’humanité“, nous demandions à un juriste australien : ” Ne pensez-vous pas que la criminalité organisée envers les enfants devrait être qualifiée et poursuivie au titre de Crime contre l’humanité ? “.
Réponse : ” Dans le droit australien, nous avons seulement le crime contre la personne”.
Et il ajoute en souriant : ” Mais si vous me donnez une définition de l’humanité, je vous dirai si je réponds positivement à votre question…”
Au fil de nos recherches, nous avons découvert qu’en réalité, le Crime contre l’humanité, qui est la plus haute qualification criminelle existante, ne se réfère à aucune définition objective de l’humanité. Comme si, historiquement, l’humanité ne pouvait se définir que négativement, à savoir par ce qui la nie.
On ne peut définir l’humanité, mais il est désormais définitivement admis en droit que l’esclavage, l’ apartheid ou l’extermination d’une population, sont des Crimes contre l’humanité – lesquels n’ont juridiquement pas besoin d’être commis en situation de conflit armé pour être qualifiés comme tel (ce que beaucoup de gens, y compris parmi les juristes, semblent ignorer).

Mais finalement, n’est-ce pas mieux ainsi ? Plutôt que de s’envoyer à la figure des concepts, des définitions prétenduement exhaustives, des identités, des jugements, des appartenances, et autres “querelles des universaux“, il est finalement préférable de faire silence, d’écouter le mystère d’une humanité qui se cherche dans un au-delà suffisamment difficile à identifier dans le présent.

Au risque de faire sourire … Voyageant souvent dans de nombreux pays, nous essayons toujours de trouver le temps, ne serait-ce qu’une heure, au pas de course, pour visiter le lieu où s’exprime la religion des gens du pays : le Temple de Kali à Calcutta (Inde), la Mosquée marocaine de Nouakchott(Mauritanie), la Grande Synagogue de Jérusalem(Israël), la Cathédrale St Patrick de New York (ou Trinity Church, à deux pas de ” Ground Zéro “), le Temple tibétain de Kathmandou (Népal), la Cathédrale orthodoxe de Bucarest (Roumanie), la petite église d’Addis-Abeba (Ethiopie), la petite Mosquée de Mitrovica (Kosovo) ou le grand Temple Shinto de Tokyo (Japon).
Ou encore cette magnifique petite église d’un village du sud de la France où, sur le portail écrasé de soleil, un papier jauni sous plastique indiquait : “ Dimanche – 16 h 30 : ” Méditation des mystères douloureux “
Dans tous ces lieux, qu’il y ait foule ou pas, une écoute du silence, qui transpire tout sauf le vide, une sorte de sérénité naturelle, des gestes rituels lents ou rapides, des chants incompréhensibles, des objets étranges ou inattendus, mais captés par des regards intérieurs d’effroi et d’espoir, happés par la nuit des temps et pour longtemps encore…

Et lors d’un de ces retours en Suisse, un quotidien romand étale “à sa une” le problème très controversé du partage de la Cathédrale de Lausanne entre les religions de la place, débat où la pingrerie le disputait au théologique.
Dans un pays où une bonne proportion de gens disent ne croire en rien, et où le débat collectif navigue en permanence entre le cours du dollar, la météo du week-end, la distribution légale de drogue ou le destin des demandeurs d’asile, on se dit que ce pays aurait pourtant une chance unique d’être un exemple de dépassement des identités de clocher, et d’agir, ne serait-ce que sur les symboles, surtout lorsqu’on prétend prêcher sur l’essentiel, qui n’est rien de moins que le salut de l’humanité.

Et on se dit qu’il faudrait inventer le péché d’ineptie.”

(Voir aussi un précédent billet de ce blog : ” Satan et les statues” qui reprend en introduction l’anecdote d’Elie Wiesel)