Ephéméride d’une navigation solitaire virtuelle sur un océan de réalités

Chaque jour, une multitude de blogs quitte le Port de l’Anonymat pour naviguer sur l’Océan Internet vers des horizons improbables.

Mon bateau s’est construit au fil des 30 dernières années : il a survécu aux cyclones du Bengale, il a longé la côte africaine de Nouadhibou à Kribi, il a paressé de New York à Rio de Janeiro, il a clapoté de St Petersbourg à Lisbonne, mais aussi risqué de s’échouer lors d’un gros coup de vent au large de l’Ile de Sein.

Mon bateau s’appelle « L’Abrincate », du nom des membres de la tribu gauloise qui, à l’arrivée des Romains, vivait paisiblement dans un coin tranquille de l’actuelle Basse-Normandie, devenu la baie du Mont-Saint-Michel, port d’attache du bateau.

En guise de bienvenue sur ce blog, vous pouvez, grâce à un webcam fixe, voir en direct la couleur du ciel au Mont-Saint-Michel.

Je quitte le port ce vendredi 3 mars 2006. Je n’aurai de contacts avec la terre ferme – et sa guerre mondiale de la communication – que pour une durée de quelques minutes par jour, sauf en cas de tempête ou pendant les jours de plongée sous-marine, le temps d’émettre un maximum de 2 000 caractères, : une citation ou une réflexion, un coup de coeur ou un coup de gueule, une anecdote ou un incident de parcours… Rien à voir avec le « misérable petit tas de secrets«  dont parlait Malraux. Rien qu’une chronique individuelle, parfaitement subjective, mais avec un double effort d’amplitude que permet l’horizon et de rigueur qu’exige la brièveté du contact-radio. « Dans le désert, les mots ont des contours nets », disait Lawrence d’Arabie. Je présume que dans l’océan aussi.

Bienvenue donc sur ce blog : vos commentaires – brefs – sont aussi les bienvenus.

Avec tout l’humour que supposent les choses sérieuses et l’inévitable humilité qui est le lot de tout navigateur solitaire.

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4 commentaires pour Ephéméride d’une navigation solitaire virtuelle sur un océan de réalités

  1. […] Il a pris contact avec moi afin que je lui offre soutien technique et conseils blogosphériques pour la mise à l’eau de son navire. Il s’est lancé à l’eau, et ma foi, je trouve qu’il s’en sort fort bien. […]

  2. […] Alain aurait pu construire son raisonnement dans la baie du Mont-Saint-Michel, port d'attache de l'"Abrincate". […]

  3. Onet Keelly dit :

    Just found your home page its great, it looks like you folks do great service keep up the good work.

  4. […] Pas envie de souffrir aujourd’hui. L’“Abrincate” (voir billet du 3 mars) n’avance pas. Ou plutôt il avance dans tous les sens : il tourne au gré des tourbillons du vent, les vagues attaquent de tous les côtés. Comme on dit parfois : ” plus tu navigues moins vite, moins tu avances davantage…” Il faut regarder la boussole presque en permanence. Et comme disait le regretté Edgar Faure… qui s’y connaissait en navigation, “ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent”. Le gouvernail automatique devient fou. Il faut y aller soi-même et tenir ferme le manche, des deux mains. Pas le temps ni l’envie de penser, ne serait-ce qu’à cause des claquements de la voile sur le mât. Laisser aller les idées, les images, comme celle de l’alcyon, cet oiseau de légende qui avait pour particularité de construire son nid au creux de la vague… en pensant à cette réflexion de Julia Kristeva : ” Un homme qui n’a point de demeure fixe n’est nulle part étranger”. […]

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