Droits de l’enfant : les malentendus d’une « posture »

« Les droits de l’homme sont une invention purement moderne, liée à l’instauration de la subjectivité en posture de fondement ». On laissera à Mr Luc Ferry, philosophe et ancien ministre français de l’éducation, le bénéfice du doute sur le parfum de suspicion que suggèrent les mots « invention » et « posture« , ce dernier n’étant jamais très éloigné de son compère, l’imposture.

Les droits de l’homme – que l’on devrait définitivement appeler les « droits humains » – sont le résultat péniblement conquis de l’interminable litanie des souffrances humaines. Plusieurs dizaines de Conventions internationales les ont codifiées, dont la plupart depuis la Deuxième Guerre Mondiale : autant dire que leur statut de référence juridique est toute récente dans l’histoire de l’humanité. Les droits humains sont une forme comme une autre de mondialisation : les normes internationales sont un instrument de dialogue international, et devant lesquelles les pays – et les cultures – ont des obligations à la fois légales et égales.

Dans le domaine spécifique des droits de l’enfant, l’idée que la subjectivité de l’enfant en constitue le fondement pourrait être source de malentendus et d’erreurs aux conséquences parfois désastreuses. La Convention relative aux Droits de l’enfant (1989) décrit beaucoup plus les obligations des familles, des institutions et de l’Etat qu’elle n’accorde de droits individuels à l’enfant, lesquels ne peuvent en aucune manière être opposables aux règles de la vie sociale et du respect de la famille : inutile de prétendre que désormais un mineur peut refuser d’aller à l’école, d’être vacciné ou s’engager dans une secte. Ni même qu’un enfant peut se prévaloir de ses « droits » pour refuser l’autorité des parents ou pour insulter ses professeurs.

A l’inverse, la notion de droits de l’enfant ne doit pas être utilisée, comme prétexte – même de bonne foi – pour lui imposer un poids de responsabilités qu’il/elle ne peut supporter, selon son âge et sa maturité.

Un enfant a ses richesses, et comme tout être humain, il a aussi ses perversités. L’idée que les droits de l’enfant couronnent « l’enfant-roi » est un non-sens. Seuls les pédophiles idéalisent l’enfance.

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