Pour un « Prix Nobel de la patience des peuples »

Après que, depuis 3 générations, les extrêmistes des deux côtés aient systématiquement torpillé toutes les tentatives d’accords de paix entre Israël et la Palestine, peut-être assiste-t-on à une évolution consistant à les mettre au pouvoir pour les contraindre aux compromis, et à leur faire étudier les cartes plutôt que de s’enfermer dans l’exégèse des volontés de Dieu, de Yahveh ou d’Allah.

Au moment de l’installation du peupe juif en Israël, Menahem Begin avait conduit le massacre d’environ 300 civils arabes du village de Deir-Yassin. Devenu premier Ministre, il signe des acords de reconnaissance avec l’Egypte et accueille le président Sadate à Jérusalem.

Trente ans plus tard, Ariel Sharon, à l’époque tout aussi extrêmiste, mais devenu Premier Ministre, décrète le retrait unilatéral des colonies de Gaza, et son successeur semble déterminé à faire de même en Cisjordanie. Et Sharon fait construire simultanément un « mur de sécurité », qui se veut la frontière définitive entre les deux peuples/Etats. Il n’y avait qu’un extrêmiste comme Sharon pour enterrer définitivement le rêve du Grand Israël…

Peut-être ce nouveau « mur de la honte » n’a-t-il qu’un seul avantage : il y a désormais quelque chose de concret à négocier, quelque chose d’autre que la confrontation des imaginaires respectifs.

Le gouvernement du Hamas, côté palestinien, suivra-t-il la même voie ? On peut l’espèrer – sauf si les autres pays arabes, qui ont rarement soutenu les Palestiniens autrement qu’en paroles – décident de payer le chèque mensuel des fonctionnaires.

Car la vie quotidienne des Palestiniens devient chaque jour un peu plus infernale. Déjà en 1992, lorsque l’Abrincate avait fait escale à Gaza, le sentiment était très fort que « Gaza, c’est Calcutta, plus la haine ». L’armée israëlienne, à l’époque, était une armée d’occupation qui contrairement à l « ‘habitude », niait l’existence même de la population, alors qu’une armée d’occupation cherche plutôt à séduire, convaincre et à améliorer le sort de la population.

Aujourd’hui, comme disait Shimon Perez du temps qu’il était inspiré,  » la vie vaut mieux que la terre« .

Mais, grands dieux – c’est le cas de le dire – il y a des peuples qui mériteraient le « Prix Nobel de la Patience ».

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