Enfants et confettis « propres en ordre », s.v.p.

La fugue de jeunes suisses « difficiles » d’un « centre éducatif », à l’état sanitaire déplorable, situé quelque part en Catalogne, a suscité une émotion considérable. Les séjours, financés par les parents, étaient placés sous la tutelle des autorités de la Ville de Zurich. Les jeunes dénoncent avoir été maltraités, brutalisés, mis en cage (photo de presse à l’appui) et mal nourris.

Au fil de l’enquête, le doute s’est installé sur la véracité des dires des mineurs-fugueurs : les sévices corporels auraient été commis par les jeunes entre eux.

Quels que soient les faits réels, la simple recherche des responsabilités juridiques ne saurait suffire :

1 – les jeunes aux comportements trop difficiles, même non délinquants, et qui dérangent tout le monde, parents, autorités, écoles, on les envoie loin (en suisse allemand , on dit :  » weg ! ») : la Catalogne est d’un chic fou.

2 – le contrôle des autorités publiques sur les conditions de placement de jeunes – qui ne sont pas des délinquants – se résume probablement au contrôle des comptes (quand les comptes sont bons, tout va bien), le reste étant l’affaire de l’association privée, auprès de laquelle la « démarche éducative » a été « externalisée », et dont le directeur se dit « à la recherche d’actionnaires » (sic). Il faudra s’y faire : on parle désormais du « marché libre des enfants difficiles« …

3 – Si l’enquête révèle que les mauvais traitements ont été le fait des jeunes entre eux, l’image de l’association et des autorités est donc sauve…

Or les fugues et les éventuelles fausses déclarations des jeunes devraient être considérées comme les symptômes de dysfonctionnements graves. Il n’est aucunement choquant, par principe, qu’une autorité publique fasse appel aux services d’une association privée. Mais externaliser la démarche éducative suppose que le contrôle … existe. L’actualité des dernières années a suffisamment révélé l’ampleur des risques de mauvais traitements, de négligences, voire d’abus sexuels, dans les institutions s’occupant d’enfants et de jeunes.

Cet « incident » n’est probablement qu’un des symptômes d’une société qui se débarrasse de ses troublions le plus loin possible, en noyant toute responsabilité dans des considérations juridiques et budgétaires « satisfaisantes », et si possible à plus de deux mille kilomètres. Cela participe du même raisonnement que de faire disparaître les « fins de droits » des statistiques du chômage, d’interdire la mendicité, et de voir s’évanouir dans la nature des mineurs non-accompagnés à qui on refuse l’asile (pour ensuite se plaindre de les retrouver dans les trafics de drogue) … Merci de bien vouloir disparaître.

A part ça, à l’autre bout de la Suisse, la République et Canton de Genève dispose, paraît-il, d’une loi sur la couleur des confettis (dernier paragraphe de l’interview): dans les manifestations populaires, seuls sont autorisés à la vente les sacs de confettis à couleur unique, pour ne pas que des maraudeurs ramassent les confettis usagés et multicolores et les revendent dans d’autres pochettes improvisées.

Quand la Suisse sera membre de l’Union Européenne, les choses entreront en ordre.

Et les jeunes difficiles, même non délinquants, on les enverra au Burkina-Faso ou en Patagonie.

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2 commentaires pour Enfants et confettis « propres en ordre », s.v.p.

  1. […]  » Enfants et confettis « propres en ordre », s.v.p… […]

  2. […] Voir le précédent billet de ce blog :  » Enfants et confettis « propres en ordre », s.v.p… &ra… […]

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