De la fréquentation des aéroports

Les aéroports sont désormais les seuls lieux au monde où, quelque soit son rang social, ses moyens économiques, et ses pouvoirs en tous genres, chacun-e est tenu-e d’abolir tout libre-arbitre, toute initiative individuelle et toute responsabilité personnelle. La prise en charge est totale, que vous voyagiez en « business class » ou en « classe bétail ». Quelques compensations sont supposées adoucir la dé-responsabilisation : les boutiques hors-taxes sont affriolantes, les hôtesses sont charmantes, et les écrans TV autour des bars (devenus non-fumeurs) vous abreuvent d’images passées en boucle de tous les attentats terroristes possibles et imaginables, ce qui ne peut que vous convaincre d’accepter toutes sortes de contrôles, de vos chaussures, de vos bagages, de vos boucles de ceintures, etc,etc…

Vous avez aussi le temps de regarder les autres passagers. Les équipes d’hommes d’affaires se repèrent immédiatement : le supérieur hiérarchique, c’est celui qui ne regarde pas les autres dans les yeux…

Et puis il y a les incidents … qui alimentent abondamment les soirées entre expatriés. Chacun a ses histoires d’avion. En voici quelques-unes, vécues au cours des pérégrinations de l’Abrincate :

– à Kathmandou, après une heure de queue dans une chaleur humide suffocante, arrivée au guichet pour s’entendre dire : « Yes, there is a flight, but there is no plane » (« Oui, il y a un vol, mais il n’y a pas d’avion »);

– à Nairobi, escale vers Madagascar. Le Boeing 747 se positionne en bout de piste pour le décollage. L’avion fait rugir ses moteurs et roule sur la piste, et subitement, en pleine vitesse, juste avant de lever le nez, l’avion freine de toutes ses forces pour s’arrêter en bout de piste. Commentaire du pilote : «  Un vol d’oiseaux s’est pris dans un réacteur : j’ai eu 5 secondes pour décider de décoller ou non ; j’aurais pu voler avec un moteur en moins, mais je n’ai pas voulu prendre de risques ». On sort de l’avion. Stupéfaction : les 16 pneus du 747 sont à plat. Commentaire du pilote :  » Dès qu’un freinage d’urgence est impératif, il y a un système de sécurité qui dégonfle tous les pneus pour augmenter la puissance de freinage ». Résultat : deux jours d’hôtel avec piscine, aux frais de la compagnie, le temps de faire venir 16 pneus de rechange pour Boeing 747…

– au sud du Tchad, au début des années 1980, rencontre avec deux vieilles religieuses françaises au coeur d’une région victime de sécheresse et de tensions ethniques. Une des religieuses, presque octogénaire, quitte la table et annonce :  » Bon, je vais porter le courrier à l’aviation ». Rien que dans cette formulation, on croyait voir arriver Mermoz ou Saint-Exupéry;

– au Bangladesh, dans les années 1980, vol intérieur Dhaka-Saidpur, dans un Fokker 27 de 45 places avec moteurs à hélice. Trente minutes après le décollage, l’avion est pris dans une tempête quasi-cyclonique. Frayeur générale, turbulences violentes. Vomissements, cris, appels au secours, etc… L’avion fait un piqué tout en virant sur la gauche dans un angle serré. Comme disait Erica Jong :  » Lorsqu’un avion traverse une zone de turbulences, l’athéisme devient une notion abstraite »…Retour à Dhaka, puis nouveau départ trois heures plus tard : il n’y avait plus que trois passagers.

Si vous avez quelques bonnes anecdotes aériennes, et à condition qu’elles soient courtes, n’hésitez pas à les mentionner dans les commentaires.

23.05.06 : commentaire d’un blogueur

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5 Responses to De la fréquentation des aéroports

  1. Roméo dit :

    Ce qui m’a le plus surpris c’est l' »aérodrome » d’Atar en plein centre de la Mauritanie. Nous attendons le vol de retour sur Paris ; la piste, seul espace goudronné à cent lieues à la ronde est totalement envahi de voitures, de mobylettes, d’enfants et de chameaux. Quand l’avion commence son approche, la piste se vide lentement et elle finit par être vide au dernier moment. L’avion est dans un état de saleté incroyable, toilettes bouchées etc,…mais comme il n’y a pas de personnel de nettoyage, nous repartons dans cet engin, pour apercevoir, ayant pris de la hauteur, la piste à nouveau grouillante de monde…Roméo.

  2. Roméo dit :

    Une autre histoire me revient en mémoire. Ou comment faire Nice-Rome en…17h. Vol prévu à Nice à 7h. Grève, puis avion de remplacement qui donne des signes de défaillance avant l’embarquement. Reste un avion Iberia qui fait Nice-Madrid. On nous promet sans problème ensuite un vol Madrid-Rome. Le bus tombe en panne sur le tarmac de Nice, véridique. Le temps d’en trouver un autre, et l’avion qui nous attend a donc du retard, ce qui fait qu’arrivés à Madrid il n’y a plus de correspondance immédiate pour Rome. Bagarre homérique pour récupérer un avion Ibéria dans la soirée, qui nous dépose à minuit à Rome…

  3. patrick dit :

    Du vrai du vecu: http://delpy.blog.lemonde.fr/delpy/2006/01/accident_de_mot.html#comments

    et puis pour absolument tout le reste, l’incontournable:
    http://www.crash-aerien.com/www/news/news.php

    Evidemment ames sensibles s’abstenir!

  4. patrick dit :

    Puisque les crashs vous fascinent et que vous m’en redemandez encore, voici celui du jour de ma naissance…

    http://www.crash-aerien.com/www/database/fiche.php?id=8622

  5. maitrefollace dit :

    Dans un avion en vol le micro du poste de pilotage reste branché par inadvertance. A 13H après le déjeuner tout le monde entend le commandant:
    « c’était plutôt bon. j’ai bien mangé je prendrais bien un café et je ma taperai l’hotesse » Bien sur rire dans la cabine. L’hotesse se précipite dans l’allée et remonte vers le poste. Un passager l’arrète et lui dit . « Il veut d’abord un café!

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