Non, non et non…à la « légalisation de la pédophilie »…

Libération du 31.05.06 annonce la création d’un « nouveau parti pédophile aux Pays-bas », visant à « légaliser la pornographie enfantine et du sexe entre adultes et enfants », à faire « disparaître la notion d’âge du consentement« , etc…

On connaissait déjà les sites Internet promouvant  » le droit de l’enfant à l’amour »… parfois enrobés de charabia humanitaire (« Vaut-il mieux laisser un enfant du tiers monde vivre dans la décharge publique ou l’accueillir chez soi, et lui apporter l’amour dont il a besoin ? »).

Sans sur-réagir à cette information par une quelconque croisade morale ou religieuse, ce qui n’est pas ici le propos. mais :

– A-t-on déjà entendu un-e adulte affirmer qu’ayant eu des relations sexuelles dès l’âge de 8 ans avec son oncle ou sa tante, son instituteur-trice ou son chef de choeur, qu’il-elle n’en gardait que des bons souvenirs et qu’il-elle vivait une sexualité adulte plus épanouie que les autres ? Qu’entend-on dans les interviews des victimes à la sortie des procès de pédophiles ? Des hauts-le-coeur d’injustice ? Des protestations d’amour ? Jusqu’à présent, on n’a entendu que des histoires de traumatismes, de violences, voire de suicides, et parfois vingt ou trente ans plus tard.

– Si toutes les sociétés humaines ont, de manière quasi-universelle, défini dans leur législation la notion de minorité d’âge comme «  la capacité relative de discerner, de s’exprimer et de se défendre « , ce qui fonde l’existence même d’une justice des mineurs distincte de celle des adultes, cette notion serait-elle légitime, et de bon sens, pour tous les actes de la vie, à l’exception de sa dimension la plus intime ?

– Les initiateurs de ce nouveau parti ont-ils entendu parler des adolescents prostitués – pour survivre – et qui, par exemple face aux campagnes de prévention du SIDA, répondent : «  je m’en fiche, ma vie n’a pas plus d’importance que ma mort ?  »

– Si l’âge du consentement – et donc de la majorité sexuelle – n’est effectivement pas celui de la majorité civile, il est pourtant établi dans la loi que la différence d’âge entre les partenaires ne doit pas dépasser un certain nombre d’années (qui veut varier selon les pays). S’il n’y a plus d’âge de consentement, tout est donc possible entre n’importe quel adulte et n’importe quel enfant, et tous les chantages affectifs – et pécuniaires – seront possibles. Il ne restera plus qu’à légaliser la prostitution des mineurs, après celle des adultes, et le tour sera joué.

On pourrait alors lire, comme en été 1995, dans un article rédactionnel d’un magazine français florissant (condamné en 1997 par la 17 ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Paris), mais cette fois en toute impunité :  » On vit dans une société surper-stressante où l’on ne peut pas dire et faire ce que l’on pense – il est normal d’avoir des envies de viol et de torture » (avec photos de mineurs) ou encore : » A Fortaleza (Brésil), 3000 enfants de 6 à 11 ans satisfont les Gringos », avec mention des lieux et des tarifs.

On ne manquera pas alors de se dire choqués d’entendre d’autres cultures dénoncer la décadence des pays riches (mais riches de quoi ?) : s’il est vrai que les autres cultures ne sont pas en reste en matière d’exploitation de l’enfant, on ne sache pas que ce soit inscrit dans la loi. De toute façon, un crime n’en justifie pas un autre.

Il faut bien se dire que, depuis quelques années, la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants ne concerne pas seulement des auteurs de crimes qui « savent ce qu’ils font« . Il s’agit ici d’une tout autre dimension : un des fondateurs du parti mentionné affirme « Les tabous et les dogmes ne font qu’aggraver la peur et l’intolérance »... Le combat à mener est donc aussi une lutte « idéologique », au sens où l’on voit se développer, comme une traînée de poudre sur Internet, des « argumentaires » pour la liberté sexuelle avec des enfants, pour leur bien-être, et en termes de droits, etc…

Inutile de rétorquer que ce nouveau parti ne demande pas la légalisation de la pédophilie (ce qui serait répréhensible). Si, comme le disait le philosophe polonais Leszek Kolakowski :  » L’ordre politique légal n’a pas pour but de nous édifier, mais d’éviter le pire », ce que la loi n’interdirait plus, elle le permettrait donc implicitement.

Tout cela est pi-to-ya-ble…

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5 Responses to Non, non et non…à la « légalisation de la pédophilie »…

  1. Nicolas dit :

    Hello Bernard !
    Il y aurait tant à dire en réaction à cette nouvelle et à ton billet…
    Si l’on considère ce “mouvement politique” comme le symptôme extrême de quelque névrose de société, y a deux aspects qui m’interpellent plus fortement :

    1°la notion de consentement versus la notion de responsabilité.

    Ce parti —outre quelques mesures populistes— propose aussi de militer pour la zoophilie consentante.
    On se rend donc compte à quel point ils souffrent du classique égocentrisme de l’abuseur : projection sur la victime de ses propres désirs, et interprétation délirante du feed-back.
    (Dieu merci, mon vieux chat est mort.)

    Malheureusement il me semble constater de plus en plus régulièrement —chez les jeunes gens à qui j’enseigne— un refrain comparable, qui permet de se dédouaner de toute responsabilité :
    “J’ai envie…” + “Il y a…” DONC “Je fais…”
    “J’ai envie de ce Natel” + “Machin le possède” DONC “Je le prend”
    “J’ai envie de sexe” + “Elle a besoin d’argent” DONC “J’engage une prostituée”
    “Je veux visionner une video zoophile” + “On en trouve sur Internet” DONC “Je la télécharge”
    (L’élève surpris dans cette embarassante situation m’a répondu “Ben quoi, elle est payée pour, non ?”, ce qui ne l’a pas sauvé d’une sainte colère).

    Certains semblent donc avoir étendu une forme de pensée “libérale” à tous les domaines de l’activité humaine, la seule loi désormais en vigueur étant celle de ses propres désirs, bornée par les “opportunités du marché”, et inévitablement excusée par des circonstances extérieures auxquelles on ne peut rien.
    (Et nous ne referons pas ici la litanie de défense des abuseurs ou des simples salauds qui justifient leurs actes —illégaux ou pas)

    2° L’ambigüité.
    Si cet article de Libé est correctement ficelé, on pourrait tout de même lui reprocher un manque d’engagement.

    Chaque année, au début de l’été, fleurissent les reportages sur les destinations de tourisme sexuel (avec en général une touche sur la prostitution des enfants).
    La recette est simple: quelques images de plages, quelques images de jolies filles dénudées, et quelques enfants pauvres.
    On réalise ainsi une excellente audience.
    La palme à cette journaliste qui —sous prétexte de dénoncer— a réussi l’exploit de publier un guide indiquant endroits, prix, signes distinctifs des enfants prostitués et pots-de-vins éventuels à verser aux autorités.

    Le sulfureux fait vendre, et donc le journaliste (pas celui de Libé, entendons-nous) pourra se dédouaner lui aussi de toute responsabilité en déclarant “ce sont mes lecteurs qui en redemandent”.
    Quelle belle promotion !

    Dans ce climat médiatique d’indifférenciation marchande, le mot “éthique” fait-il vendre ?
    Probablement autant que le mot “responsabilité”…

    Le combat à mener est donc aussi une lutte « idéologique », dis-tu en conclusion.

    J’ai peur que l’idéologie pédophile ne fleurisse sur un terreau bien plus profond, constitué par ceux que Sartre appelait les salauds, confortés dans leur égocentrisme jouisseur par les marchands de tous poils qui ne cessent de marteler : “Satisfy your desires !”

    Une note d’espoir ? D’accord !

    Yo sé muy bien que te dirán
    que la vida no tiene objeto,
    que es un asunto desgraciado.

    Entonces siempre acuérdate
    de lo que un día yo escribí
    pensando en ti como ahora pienso.

    La vida es bella, ya verás
    como a pesar de los pesares
    tendrás amigos, tendrás amor.

    (Goytisolo)

    Amitiés

    Nicolas

  2. Juliette dit :

    Votre note Bernard et le commentaire de Nicolas vont dans le sens de ce que nous voulons dénoncer nous aussi dans notre blog : Le « tout se vaut », ce nihilisme philosophique, climat dans lequel baigne notre société et qui fait des ravages à tous les niveaux…Résistons! Trouvons des antidotes… Ne baissons pas les bras!
    Amitiés, Juliette

  3. cristina dit :

    Le parti des pédophiles n’est pas interdit par la justice (17/07/2006)

    © BELGA Le fondateur du parti, âgé de 62 ans, a lancé le PNVD pour redorer l’image des pédophiles

    LA HAYE Le juges des référés de La Haye n’a pas interdit lundi le PNVD (parti de l’amour de son prochain, liberté et diversité) qui milite pour la pornographie infantile et les relations sexuelles entre adultes et enfants.

    Pour la justice, le PNVD a le droit d’exister comme tout parti politique. La fondation d’étude et de lutte contre la pédophilie « Soelaas », à l’origine de la procédure judiciaire, a été déboutée car elle ne peut se prévaloir d’une action en urgence, n’ayant pas d’intérêt dans l’affaire, selon le juge.

    Ad van den Berg, le fondateur du parti, âgé de 62 ans, a lancé le PNVD dans le but de redorer l’image des pédophiles, ternie depuis l’affaire Dutroux.

    Il avait indiqué que son parti n’avait pas uniquement la pornographie infantile comme thème de campagne et qu’il propose aussi de supprimer le Sénat et la fonction de Premier ministre, de légaliser des drogues douces et dures et de condamner à la prison à vie quiconque est reconnu coupable d’assassinat, pour la deuxième fois.

    Sur son site internet, la formation politique estime que toute personne âgée de 16 ans et plus devrait pouvoir jouer dans un film porno et que la majorité sexuelle devrait passer de 16 à 12 ans.

    http://www.dhnet.be/dhinfos/article.phtml?id=152566

    MERCI MONSIEUR Le juges des référés de La Haye !!!!!!! Grâce à ce geste combien encore d’enfants abusés violés assassinés ???

  4. PERSONNE dit :

    DAILYMOTION DONNE ACCES A LA PORNOGRAPHIE POUR LES ENFANTS

    L’HYPOCRISIE DE DAILYMOTION
    Certains membres de Dailymotion envoient régulièrement des vidéos pornographiques que les enfants peuvent voir à loisir jusqu’à ce que Dailymotion se décide à les envoyer dans la partie sexy réservée aux adultes ou ils peuvent quand même voir des photos pornographiques ! J’admire leur hypocrisie en conseillant aux membres de ne pas poster ces vidéos alors quils leurs offrent un espace pour qu’ils puissent s’y installer à loisir , en offrant la possibilité à tout le monde d’admirer leur album photos ! Etant donné qu’il n’y a pas d’autre entée sur le site pour poster des vidéos , d’une part, ils leur disent de ne pas les poster et par ailleurs ils les invitent à le faire en leur offrant un espace réservé à cet effet !
    Ne vaudrait-il pas mieux qu’ils désactivent leur compte dès la première vidéo pornographique , plutôt que de les encourager à continuer ?
    http://jesuispersonne.blogspot.com/

  5. Benjamin dit :

    Il est stupide de s’en prendre à un juge des référés qui ne statue pas « sur le fond » mais dans l’urgence, en attendant la décision qui sera prise par un tribunal siégeant en ayant le temps d’écouter toutes les parties.

    Ensuite, il est également stupide de s’en prendre à un magistrat qui n’a pas à inventer le droit, mais à le dire. Il est à ce jour légal, dans ce pays, de créer un parti politique ou une association dont une des finalités vise à abaisser l’âge de la majorité sexuelle (je pense d’ailleurs que ce serait tout à fait légal en France également…)

    1/ Inutile de vitupérer, de clamer son indignation, bref de contribuer à la victimisation de ces pervers. Il vaut mieux répondre de manière académique en peaufinant la loi qui traite du sujet.

    2/ A contrario de ce que l’on pense, et après mûre réflexion, je me demande s’il ne vaut pas mieux laisser ce genre de parti se créer, ce qui permettra d’en surveiller les membres – assurés pour le moment d’une relative tranquillité quand ils avancent masqués. Croyez vous véritablement qu’un tel parti, quelles que soient les moyens qu’il mettra en oeuvre pour arriver à ses fins, emportera l’adhésion d’une partie significative de la population? Plutôt que de victimiser, il vaut mieux combattre par contradiction portée systématiquement et de façon rationnelle, contre-manifestations, etc.

    Ou alors, que la société par le biais de ses représentants désignés – à savoir les politiques – disent clairement que « liberté n’est pas licence » et interdise ce genre de partis. Il est trop facile de se défausser sur un hypothétique « gouvernement des juges »

    _______________

    La loi, en France, a placé la majorité sexuelle à 15 ans. Elle a été renforcée (d’ailleurs fort discrètement, peu de gens le savent) sous le gouvernement de Jospin, qui excluait de la notion de « consentement » tout acte sexuel consenti sur la base d’une rétribution et cela fait beaucoup. Malheureusement, cette mesure est encore relativement peu sanctionnée par les tribunaux, le recours au services sexuels d’un(e) mineur(e) contre argent ou « cadeaux » étant encore peu sanctionné – par le plancher des peines prévues.

    Il faut également à mon sens introduire, pour les mineurs, une notion de « différence d’âge. Actuellement, les rapports sexuels entre mineurs, quels que soient leur âge et sur la base du consentement bien entendu sont totalement autorisés. En clair, un jeune homme de 17 ans et demi peut se « taper » une gamine de 12 ans qu’il aura séduite par son entregent, sa tchatche, son prestige (que valent à côté de lui les petits copains de classe qui 99 fois sur cent ne rêvent que de décrocher leur premier baiser?)

    Enfin, et là on doit faire acte autant de prévention et d’éducation que de répression (la répression étant – au titre de l’exemplarité – une des conditions de la prévention) se battre pour mettre dans la tête des mômes que tout n’est pas permis avec le corps de l’autre.

    Si l’âge du premier rapport sexuel a au final peu varié statistiquement, on rencontre de nombreuses disparités, et dans certaines situations des violeurs ou de « simples » agresseurs sexuels très jeunes n’ont même pas conscience de commettre un délit, voire un crime. Autant dire que le terreau est déposé pour permettre tous les abus.

    J’ai été confronté comme éducateur à des situations hallucinantes. Des mômes de 14 ans qui contraignaient des filles de leur âge à pratiquer régulièrement des fellations pour éviter des harcèlements et des brimades répétées sont tombés des nues quand on leur a dit qu’ils étaient des délinquants (« bah quoi, on les a pas baisées, alors »…) Et les mêmes filles considéraient ces actes comme un « pis aller », bref « c’est pas grand chose en regard de la paix et de la tranquillité par rapport à ce que subissent celles qui veulent pas ».

    dans une dizaine d’années au plus elles seront mères de famille. Seront-elles armées pour protéger leur propre progéniture, puisqu’elles auront intégré leur passé comme la « normalité » une fatalité?

    Enfin, je ne peux m’empêcher de m’étonner de la bienveillance dont bénéficient certaines personnalités du monde artistique ou intellectuel: Gide, dont aucun professeur ou presque ne rappelle que c’était certes un grand écrivain, mais qu’il commettait des crimes sexuels, comme Montherlant, Matzneff, Foucauld, etc.

    Selon que vous serez puissant ou misérables…

    Pour dailymotion tout comme « youtube »: placer des vidéos pornographiques mettant en jeu des mineurs est un délit. Tout internaute qui s’y risque peut en principe se voir déférer devant les tribunaux et sanctionner très sévèrement. Point barre.

    Seulement comment surveiller en temps réel la Toile – internationale par définition, dont les législations des pays d’où partent et arrivent les images varient? Moi, je parierais plutôt sur la demande (s’il n’y en a pas il n’y aura pas d’offre). Il existe la commande « signaler un abus ». Que chaque internaute sache que s’il visionne intentionnellement ou non (parfois on tombe sur des horreurs tout à fait involontairement, images, textes, vidéos) un contenu prohibé sans le signaler immédiatement pour provoquer son retrait rapide, on court le risque d’être poursuivi et condamné pour complicité d’apologie. Effectivement, le risque sera minime mais je pense assez dissuasif pour multiplier les signalements et aider les enquêteurs à traquer les émetteurs de contenu prohibé.

    Cela dit, pour la pornographie « classique », tout en la déplorant, je ne peux que constater qu’elle est entrée dans les moeurs. Il vaut mieux que les parents en parlent avec leurs enfants pour qu’ils s’en défendent et surtout QU’ILS ASSUMENT LEURS RESPONSABILITES DE PARENTS EN SURVEILLANT CE QUE LES GOSSES VISIONNENT SUR LES ORDINATEURS.

    BREF QU’ILS NE DEMANDENT PAS A LA SOCIETE DE LES SUPPLEER SYSTEMATIQUEMENT.

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