De mes yeux vu (2)

Bangladesh : dans le train qui va de Dhaka, la capitale, à Rangpur (250 kms au nord), pas un cm2 de libre. Durée du trajet : 24 heures, dont une nuit en couchettes, y compris sur le bateau qui traverse le Brahmapoutre (25 kms de large). Du monde partout, dans les wagons, places assises et places debout, sur les tampons entre les wagons, sur les wagons, accrochés à l’extérieur… on distingue parfois à peine la structure du wagon…

Question : comment le contrôleur procède-t-il pour contrôler les billets ?

Vous avez 30 secondes pour réfléchir avant de lire la suite…

Réponse : Le train s’arrête en rase campagne, l’armée encercle le train et fait évacuer tous les wagons : ne remontent dans le train que celles et ceux qui ont un billet valide… les autres continuent à pied. C’est rare, mais ça se fait…

Arrivé à Rangpur, vous prenez un véhicule qui vous conduit, vers l’ouest à Kurigram et Chilmari au bord du fleuve. La route est une digue surélevée, comme les maisons, qu’elles soient en briques et ciment en ville ou qu’elles soient en bambou en campagne. Densité de population en milieu rural : 1 250 hb/km2 (un million d’habitants dans un cercle de 50 kms de rayon). Il y a donc toujours quelqu’un qui vous regarde, où que vous soyez et quoi que vous fassiez.

Arrivé à Chilmari, par exemple au mois d’août, c’est la pleine saison des crues et donc des inondations, mais surtout de l’érosion par le fleuve : ces gens qui n’ont rien, ne sont propriétaires de rien … n’ont même pas la terre sous leurs pieds, car chaque année, la rive du fleuve recule et les villageois se déplacent et s’installent provisoirement (?) sur les flancs inclinés des digues qui servent de routes en attendant … l’aide alimentaire. Comme d’habitude, le problème n’est pas la pénurie de riz, mais les prix du marché devenus inaccessibles.


Il y a cependant une autre solution : comme le fleuve charrie ce qu’il a érodé, ces alluvions s’accumulent à différents endroits imprévisibles au milieu du fleuve, et certains, qui ont perdu leur terre, s’installent sur des îles – ou plutôt des bancs de sables – qui apparaissent à 500 mètres ou à un kilomètre de la rive : avec un barque, vous pouvez vous rendre sur une de ces îles et de loin, en tendant l’oreille, vous pouvez entendre un bruit de fond : c’est le bruissement de l’humanité

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2 Responses to De mes yeux vu (2)

  1. Juliette dit :

    Juste une petite note d’espoir…J’ai rencontré au salon du livre de Colmar un homme qui s’est investi personnellement pour aider les pauvres du Bangladesh. De retour d’un séjour touristique, chef d’entreprise il s’est mis à aimer ces gens… Ainsi, il a vendu sa société pour fonder une association « Parcours » qui réussit littéralement à « soulever des montagnes ». Il a mis son talent d’homme d’affaire au service d’une cause qui, pour lui, en vaut vraiment la peine… Nous avons besoin de connaître de telles actions aussi, j’en parlerai plus en détails dans une prochaine note… Amitiés, juliette

  2. diane dit :

    Bonjour,
    par hasard sur votre blog, je dois dire que j’apprècie beaucoup vos messages–
    la description faite entre les talibés et l’enseignement au haut moyen âge était très intéressante;

    Je ne sais pas où votre bâteau est en ce moment, mais bon vent!!
    à bientôt sur la toile

    P.s: ajouter à mes favoris!
    diane

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