Léger malaise après perquisitions

La succession des « complots terroristes » déjoués laisse un sentiment de malaise, à la lecture des quotidiens habituels. Les articles mentionnent les intentions déjouées, les arrestations, la liste des « objets trouvés » dans les perquisitions, que ce soit à Londres, à Bruxelles ou ailleurs. Des tracts, des armes, des livres, des plans d’entraînement…

Nul ne conteste que ces faits sont avérés, mais depuis toujours, des groupuscules se constituent sur la base d’une radicalité idéologique – de droite comme de gauche – et les membres de ces sortes de sectes sont dans l’illégalité pour port d’armes, pour discours raciste, ou pour tentative (fantasmagorique) de déstabilisation de l’Etat. Mais en d’autres temps, un communiqué du Conseil des Ministres y aurait mis un terme, par dissolution…

Dans le contexte actuel, la moindre perquisition entre dans le discours sur la menace terroriste « globale », et cela entretient l’opinion publique dans une crainte et une vigilance à la fois bienvenues et indéterminées de chaque instant. Nul dénonciation d’une quelconque « machination » dans ce sentiment. De toute façon, la peur du terrorisme est désormais générale, « globale » : s’il y avait machination dans cette stratégie de la terreur annoncée et entretenue, il y a longtemps que ses initiateurs ne la maîtrisent plus. Bientôt, les enfants des rues ou les mineurs délinquants seront perçus comme des éléments d’insécurité publique à grande échelle et donc intégrés dans le fantasme terroriste, ce qui justifierait – selon le Sarkozy d’il y a trois mois – la détection précoce des enfants à risque de comportements asociaux dès l’école maternelle, à partir d’une analyse scientifique de l’INSERM…

Nous avons tellement été échaudés depuis 5 ans – depuis le 11 septembre 2001 – par les annonces et alertes à grand renfort de coups de mentons, pour ensuite – mais plusieurs mois après – apprendre qu’aucune poursuite ne pouvait être engagée contre des anciens détenus de Guantanamo par leurs autorités nationales, que les armes de destruction massive en Irak relevaient d’imprécisions des services secrets ou de véritables montages, que telle alerte aux USA était surfaite,etc,…

Que le mensonge – sous toutes formes – soit un instrument de gouvernement, cela n’est pas nouveau, et le président Mitterrand qui s’y connaissait en manipulations, a laissé cette phrase historique :  » on ne sort de l’équivoque qu’à son détriment « . Mais la question, aujourd’hui, est de savoir combien de journaux ont la possibilité de rémunérer un ou deux journalistes pour faire de véritables investigations et tenter de faire autre chose que de répercuter les communiqués officiels et les assaisonner de simples rappels historiques, avec quelques petits recherches de quelques idées pertinentes sur Internet, pour préparer un bon petit plat, affublé d’un bon titre accrocheur, si possible sous forme de bon jeu de mots, pour donner le sentiment au lecteur de comprendre ce qui se passe…alors qu’en réalité on n’apprend rien.
De grandes stratégies de communication « fabriquées », ou plus exactement présentées selon un certain contexte, reprises « en 20 lignes pour demain matin » par des médias exsangues – et le tour est joué… De toute façon, dans trois jours, l’air du temps sera passé à autre chose… à moins que ce ne soit la même chose, mais ailleurs dans le monde.

Publicités

One Response to Léger malaise après perquisitions

  1. argoul dit :

    Que d’exagérations ! Le fond de vérité réside dans la politique à la Machiavel des gouvernements qui profitent de la peur pour faire voter des textes qui les arrangent afin de mieux « contrôler » les élus. Mais est-ce bien nouveau ? N’avons pas connu la même chose durant la guerre d’Algérie ? Où sont les intellos, telle pourrait être la question légitime à poser, où sont les démocrates ? – pas dens les partis « de gauches » semble-t-il, encore moins dans les groupuscules utopistes d’extrême… Plus chez les écrivains (vous voyez Nothomb prendre parti sérieusement pour quelque chose ?). Alors ? Si les Français sont heureux d’être des vaches à l’étable, pourquoi ne pas l’analyser plutôt que les fustiger ?

    Le citoyen qui veut se faire une idée des choses ne lira pas les journaux ni ne regardera la télé. mais il reste le net et la radio ! Vous trouvez des centres réputés d’analyse du terrorisme ou de la politique étrangère de GW Bush, d’éminents chercheurs vous livrent sur l’islam et sur les banlieues de quoi satisfaire toutes vos envies. Mais voilà : il faut un peu de travail pour chercher, lire et se documenter. Ca ne tombe pas tout cuit comme au temps béni des idéologies. Il suffisait d’être abonné au journal du parti pour tout savoir sur tout et être rassuré. C’est fini !

    Et, à mon avis, c’est tant mieux. Ceux qui ne veulent pas être informés restent à s’émouvoir devant les images et à prêter l’oreille aux fantasmes politiciens. Les autres agissent, éclairés par leurs propres forces.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :