Sarkozy « ad limina » chez le Président Destroy

Il est de bon ton, à l’approche des élections présidentielles françaises, d’aller se faire adouber chez les références idéologiques mondiales, ne serait-ce que pour la photo qui figurera dans la « profession de foi » du candidat. Du temps de la guerre froide, la tendance était d’ailleurs d’aller plutôt se faire voir chez les leaders du camp opposé, ce qui en réalité donnait plus de crédibilité à la démarche…
Sarkozy est donc allé serrer la main de Bush en catimini dans un couloir de la Maison-Blanche, tout en étalant, la main sur le coeur, son admiration pour l’Amérique. Ce fut peut-être le geste de trop : à force d’en faire des tonnes dans sa prè-campagne, sur le ton d’une conviction mal dissumulée (« l’affaire est faite« ), il devrait pourtant se dire que « le diable est dans les détails« , et que cette démarche sera peut-être le grain de sable dans la machine à gagner.

Car le président américain suscite une haine internationale croissante : sa politique est un échec, à commencer par l’Irak (100 morts par jour – ceux qui passent à la TV et ceux dont les cadavres sont découverts chaque semaine dans des charniers). Les succès de l’économie américaine ne valent que par un déficit abyssal dont il se moque, puisque le monde entier le finance, à commencer par la Chine, « adversaire de première classe » puisqu’elle ne cesse d’acheter des « bons du trésor » américain à la pelleteuse.

Ce président mériterait pourtant le surnom de « Président G.W.Destroy » : Irak ? destroy… Liban ? destroy… ONU ? destroy… Cour Pénale Internationale ? destroy… Approche multilatérale contre l’effet de serre ? destroy… Les droits des prisonniers de Guantanamo ? destroy… Union (politique) Européenne ? destroy…

Sarkozy devrait pourtant ne pas prendre à la légère un des fondements de la fibre gaulliste « indépendantiste », partagée par une partie beaucoup plus large de l’opinion publique française que son propre parti …qui se dit dans la lignée gaulliste. De plus, même si les groupes altermondialistes, du genre « Attac », se suicident à petit feu, les thèses et perceptions, et surtout les peurs altermondialistes, sont partagées par une grande partie de l’opinion (comme d’ailleurs les thèses écologistes largement approuvées même si les électeurs ne votent pas pour eux).

Il y a quelques années, un livre avait fait grand bruit avec la thèse selon laquelle une victoire quasi « unanimiste » se transformait toujours en « machine à perdre » du pouvoir politique… Sarkozy, lui, s’y croit déjà : mais son activisme fait penser au cycliste qui, à force de pédaler le plus vite possible, finit par lâcher les pédales.

On dira que Ségolène Royal fait, elle aussi, sa tournée internationale : oui, mais pour aller voir Zapatero, que le peuple espagnol a installé après avoir remercié illico son prédécesseur, « caniche de Bush » – comment s’appelait-il déjà ?

Publicités

2 Responses to Sarkozy « ad limina » chez le Président Destroy

  1. Philippe dit :

    Il est d’ailleurs étonnant que ce soit le ministre français de l’Intérieur qui ait été commémoré le 11 sepetmbre, et non pas le ministre des Affaires étrangères. Sauf à considérer que c’est que nous avons tous le même intérieur, pour les terroristes du moins.

    A Gauche ou à Droite, il y a généralement accord sur la politique extérieure de la France. En militant pour un nouvel atlantisme, Sarkozy est en rupture avec des années de diplomatie française… et on a du mal à en voir les motivations.

  2. flo.blog dit :

    Un Ministre de l’Intérieur et Président d’un des plus grands partis politiques de France qui se prend pour un Ministre des Affaires étrangères et un Président de la République… Plutôt étonnant, en effet !
    Pour ce qui est des Affaires étrangères, de toute façon, Douste-Blazy a été recasé là parce que c’est un caméléon qui se font partout (on arrive même à l’oublier !) et au moins, Chirac était certain de ne pas avoir un diplomate pour lui faire de l’ombre sur son terrain de prédilection que représente la scène internationale (il n’y a d’ailleurs bien que là où il est audible).
    Ensuite, que Sarko se rende aux Etats-Unis, c’est pas un problème en soit. Sans doute Cécilia avait-elle déjà préparé le terrain 😉
    Ce qui est choquant, c’est qu’il n’a aucune légitimité à effectué ce voyage comme il l’a fait. Il n’a pas la légitimité en tant que Ministre de l’Intérieur. Il n’avait pas non plus à rencontrer Bush en tant que Président de parti (et la photo, etc…)
    Sarko, toujours aussi déconcertant !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :