Comment vit l’autre moitié de l’humanité ? (1)

Le seul élément fictif de ce billet sera le prénom de cette jeune fille : Halima.

Née en 1988 dans un village rural africain, orpheline de père et de mère, Halima est recueillie par sa tante et son oncle. En 2005, peu après son 17 ème anniversaire, elle se laisse séduire par un travailleur journalier de passage dans le village pour un chantier de quelques semaines.
Elle tombe enceinte, mais ne dit rien à personne. A la fin du chantier, l’homme a quitté le village, destination inconnue.
De forte constitution, la grossesse d’Halima ne se perçoit pas spontanément. Faute de travail régulier, ses oncle et tante décident de venir s’installer à la capitale, dans le quartier des  » arrivants « , sorte de bidonville de la périphérie.
Comme elle doit travailler pour survivre, Halima s’engage comme domestique chez des particuliers. C’est au cours d’une de ses journées de travail qu’elle accouche, seule, dans la clandestinité chez ses  » patrons », absents.
Elle prend un couteau de cuisine et coupe le cordon ombilical. Hémorragie de l’enfant, qui meurt dans les heures qui suivent. Elle glisse le corps dans un sac plastique et se dirige vers une poubelle de quartier. Des passants la repérent et la dénoncent.
Rattrapée par la police, elle est conduite en garde à vue et poursuivie pour infanticide. Douze mois de détention préventive à la prison des femmes.
Après un an, procès en cour criminelle (avec photo dans le journal…) : mineure au moment des faits, Halima est condamnée à 18 mois de prison ferme.

La peine de prison se termine le 28 juin 2007.
Problème : l’entourage exige qu’Halima, au terme de sa peine, soit flagellée de 80 coups de fouet, selon la Charia, pour avoir eu des activités sexuelles  » illégales ».
Rendez-vous chez le Procureur pour argumenter sur le fait que lorsqu’il y a deux qualifications, et que la peine a été effectuée pour la qualification la plus grave, la peine de la qualification la moins grave passe à la trappe. Accordé sur-le-champ.
Muni d’ un ordre de levée d’écrou, direction la prison pour femmes.
Halima, timide au milieu d’un groupe de prisonnières, apprend qu’on vient la chercher pour la ramener chez elle. Incrédule, elle fait son baluchon, et dit au revoir  » aux copines « . Dont une Asiatique, incarcérée pour avoir organisé la prostitution de jeunes filles locales au sous-sol de son restaurant chinois.

Dans le bidonville, Halima a du mal à retrouver le chemin de sa maison. Finalement, après quelques tours de quartier, elle s’ y retrouve. La cabane de bois est fermée avec cadenas. Des voisines s’approchent, mais se tiennent sur la réserve en reconnaissant Halima, mais affirment cependant que la mère sera de retour dans environ une demi-heure à une heure.
Pas question, évidemment, de laisser Halima sur place, seule, sous le regard méfiant des voisines. On repart faire un tour de quartier.
Une heure plus tard, la mère (et donc sa tante), de retour chez elle, accueille Halima avec une apparente réserve, sinon froideur. D’après les collègues nationaux, l’émotion était forte sans pour autant submerger la réserve devant des étrangers.

Probléme : pendant 18 mois, en prison, Halima a mangé à sa faim, trois fois par jour.
Or, revenue chez elle, son oncle gagnant comme travailleur journalier l’équivalent de deux kilos de riz (pour nourrir trois personnes), le risque est réel qu’Halima sombre dans la prostitution pour survivre. Elle sera donc suivie par une équipe sociale, pour apprendre un métier, parallélement à une aide alimentaire familiale régulière, aussi pour éviter que le couple d’oncle et tante d’Halima ne la rejette, sous prétexte que devenue adulte, elle doive survivre seule.

C’était notre chapitre :
 » Scènes de la vie quotidienne
dans le monde du sous-sol
d’une bonne moitié de l’humanité « .

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3 Responses to Comment vit l’autre moitié de l’humanité ? (1)

  1. Juliette dit :

    Le ton de votre blog me plait car en mettant devant nos yeux des faits vrais que vous avez vécu…vous nous laissez devant une évidence, sans faire d’analyses, sans vouloir nous donner de leçons. On reste muets, sans voix, et on ne met pas de suite un mouchoir de rationalité pour supprimer notre malaise.
    Merci
    Juliette

  2. Amadou dit :

    Le billet reflet exactement les peripéties de Halima, hélas c’est la vie de plusieurs jeunes filles. devant des faits vrais on reste presque muets. Seul comme le dit le proverbe peul ‘Tawaado njanngu, laabaa woldé’ c’est à dire le temoin occulaire est mieux placé que quiconque pour raconter l’histoire

    Une fois de plus nous vous remercons pour ce temoignage

  3. jeandaix dit :

    A ma manière, j’essaye de contribuer à ce que ne perdurent pas de telles situations, en suscitant des prises de conscience susceptible d’engendrer des changements de comportement individuels et collectifs d’où par exemple l’appel ci-après qui pourrait s’intituler : alerte incendie.

    Ami(e) blogueur(se), lecteurs et lectrices de ce blog,

    Vous êtes sensibles aux problèmes de santé et d’environnement. Sinon vous allez l’être, par force. Vous savez que l’incendie est allumé dans la forêt, c’est le réchauffement planétaire. Les fumées toxiques portées par le vent se font déjà sentir, les plus faibles de vos proches en ressentent les effets dans leur santé. Il y a urgence d’agir, sans attendre les secours publics, lents à intervenir parce qu’insuffisamment informés, ou négligents lorsque des intérêts financiers s’y opposent. Il a fallu cinquante ans pour l’amiante !

    Il appartient à chacun d’agir sans délai pour sa propre protection et celle de sa famille. LES SOLUTIONS EXISTENT. Notre centre de réflexion Jeandaix les propose, dans les Dialogues avec Marianne. Nous devons avertir nos voisins de l’imminence du danger et des moyens de l’éviter. Après l’appel de Paris du docteur Belpomme et celui de Nicolas Hulot, nous lançons un appel pressant et plus large. RELAYEZ cet appel d’urgence, par vos réseaux familiaux, relationnels, professionnels, syndicaux et associatifs, auprès des candidats et des élus, par Internet, par écrits, par tous vos contacts (rien ne vaut le contact de personne à personne).

    C’est chacun de nous qui formons l’opinion publique en l’informant, l’éduquant pour ainsi faire pression sur les pouvoirs publics.

    Le danger imminent est un risque mais aussi une chance pour nous pousser à inventer une nouvelle façon de vivre, de mieux vivre ensemble. Jeandaix propose des pistes. Contribuez à les enrichir et surtout à les concrétiser.
    A nous de construire cette nouvelle société et d’en imposer les lois aux législateurs !

    Jeandaix a développé une connaissance holistique qui répond aux interrogations sur l’énergie, l’univers, la vie et la spécificité de l’homme. Il souhaite la partager avec vous à travers les « Contes des mille et une vies » déjà publiés et un nouveau, initiatique : le Conte des deux cerisiers, en forme de feuilleton hebdomadaire.

    Nous avons à initier un changement de paradigme pour engendrer l’indispensable émergence d’une nouvelle civilisation.

    En vous remerciant par avance de vos visites, vous et vos commentaires seront toujours les bienvenus, à bientôt, Jeandaix.

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