Petit clin d’oeil à Pierre-Henri Simon

Au hasard d’un fond de grenier et en prévision d’un long parcours en avion, retrouvé un petit livre de Pierre-Henri Simon :  » Mauriac par lui-même » (Collection « Ecrivains de toujours » / Seuil), non pas tant pour Mauriac en soi, que par plaisir de retrouver le style de celui qui fut critique littéraire, en page 2 du « Monde », pendant des années.
Un style parfait de clarté jusque dans les nuances, qui donnait envie de lire, par sa capacité à susciter l’empathie, sans cependant céder à aucune complaisance mondaine,  ni dissimuler le néant de l’analyse par des successions de jeux de mots ou des effets de style.
Empathie, rigueur, précision des mots : Pierre-Henri Simon, c’était une maîtrise de la langue, véritablement au service d’un contenu.

Qu’on en juge :

 » La poésie est un frisson qui naît quand l’essence d’une âme se mêle au fond des choses « .

 » Le romancier donne vie à ses personnages en projetant hors de lui non pas sa personnalité consciente et réalisée, mais les virtualités secrètes et opprimées du moi créateur. « 

 » Le propre des incendies du coeur est qu’ils nous séduisent plus par l’ardeur de leurs flammes qu’ils ne nous effraient par la désolation de leurs cendres. « 

Sur les personnages des romans de Mauriac :  » Ses créatures n’existent qu’autant que leurs  voix éveillent des échos complices dans les consciences solitaires « .

 » Dans la polémique, (Mauriac a) une technique raffinée de l’acupuncture, un art de toucher l’adversaire au point douloureux; après quoi, craignant d’avoir été trop fort, il se rétracte, il s’excuse ; car, si son premier mouvement n’est pas toujours bon, sa conscience est honnête et ses intentions sont droites. « 

 » Entre la chose décrite et l’état d’âme, il aperçoit, plutôt qu’un rapport analogique, un lien nécessaire, une solidarité vitale, de telle sorte que le décor et l’aventure, le climat physique et le climat moral sont donnés ensemble, s’expliquant l’un par l’autre, dans une totalité à la fois psychologique et intensément poétique. » (…) Ce n’est point un artifice littéraire : c’est l’exigence profonde d’un art qui, voulant refléter le drame de l’esprit incarné, tend constamment à rejoindre l’âme à travers la sensation. « 

On ne peut clore ce petit et modeste hommage à P.H.Simon sans citer quelques fulgurances de François Mauriac lui-même :

Sur les rapports entre réalité et fiction :

 » Tout drame inventé reflète un drame qui ne s’invente pas. »

Sur sa foi religieuse :

 » La possession, hors de l’espace et du temps, de cet amour en qui j’ai foi, plus qu’en ma propre vie, est à la lettre inimaginable, échappe à toute vie humaine, à toute approximation. Il faut y tendre mais n’en point parler. »

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One Response to Petit clin d’oeil à Pierre-Henri Simon

  1. saint pierre dit :

    Bjr 🙂 merci pour ce billet fotr intéressant 🙂 il y ab cependant quelques points obscurs : on ne peut clore ce petit et modeste hommage a p … qu’ebtends tu par là ? bonne contiunation 🙂

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