Honte à la justice iranienne !

Reçu, via la « newsletter » de l’organisation « Iran Human Rights Voice » le message suivant de l’avocat d’un condamné à mort iranien, mineur âgé de 15 ans au moment de son crime :

 » At 9:00 on 26/5/1387 (16.08.08), I was informed by Ms Asiah Amini, a human rights activist, followed by a telephone contact with the father of Reza Hejazi, that Mr Hejazi was scheduled to be executed at 4:00 am the next day. » (…)

( » Le 26 août 2008, à 9 h du matin, j’ai été informé par Mme Asiah Amini, une militante des droits de l’homme, puis par un contact téléphonique avec le père de Reza Hejazi, que Mr Hejazi était programmé pour être exécuté à 4 h du matin le lendemain. »)

 » The scheduled execution time for 20 year-old Reza Hejazi was reported to his immediate family members while I, as lawyer representing Mr Hejazi, did not receive any information in this regard. »(…)

( » L’heure de l’exécution de Reza Hajazi, âgé de 20 ans, était annoncée à sa famille proche , alors que moi, son avocat, je n’ai reçu aucune information le concernant. »)

 » I arrive at Isfehan prison at 4:30 am the next day, and when I inquired about the execution’s timing, the guard told me that executions are normally carried out between 7:00 am and 8:00 am. I waited until 8:30 am and there was no news about the execution. » (…)

( » Je suis arrivé à la prison d’Isfehan le lendemain à 4 h 30 du matin et lorsque j’ai demandé l’heure de l’exécution, un garde me répond qu’habituellement les exécutions ont lieu entre 7 h et 8 h du matin. J’ai attendu jusqu’à 8 h 30 et il n’y a eu aucune information sur l’exécution. »)

 » After considerable effort I was allowed inside the prison where I began drawing up a petition, which continued until 10.00 am. Finally, the executor of the order announced that Mr Hejazi’s execution had been stopped and I decided to return to Tehran.
In a state of shocking disbelief, I later heard that Mr Hejazi had been hanged at 11:00 am. »

( « Ayant beaucoup insisté, j’ai été autorisé à pénétrer dans la prison où j’ai commencé à rédiger un recours, ce qui a duré jusqu’à 10 h. Finalement, le responsable de l’exécution annonce que la procédure d’exécution de Mr Hejazi a été interrompue et je décide de revenir à Teheran.
En état de choc et d’incrédulité, j’ai appris un peu plus tard que Mr Hejazi avait été pendu à 11 h. »)

On ne peut évidemment que s’indigner de la pure et simple lâcheté des autorités pénitentiaires iraniennes vis à vis de l’avocat d’un condamné à mort.

L’Iran fait donc partie de la liste des derniers pays à maintenir la peine capitale par pendaison pour les mineurs – mineurs au moment des faits.
Reza Hejazy avait 15 ans au moment de son crime : il fait partie d’une longue liste de condamnés à morts exécutés par pendaison pour des crimes commis alors qu’ils étaient mineurs (moins de 18 ans).

D’après Amnesty International  » les responsables iraniens justifient les exécutions de mineurs délinquants en les définissant comme des « réparations » et non pas comme des exécutions. (…) D’après Alireza Jamshidi, porte-parole du pouvoir judiciaire, le droit iranien ne prévoit pas d’exécution (« edam« ) pour les personnes de moins de 18 ans. Par contre, dit-il, il est question de « réparation » (« qisa« ) pour les délinquants âgés de 15 à 18 ans. Dans le droit musulman, la « réparation » prévue en cas de meurtre est la peine de mort. Les membres de la famille d’une victime de meurtre peuvent pardonner au meurtrier, ou accepter une indemnisation à la place de l’exécution, mais rien ne les y oblige. »(…)
La distinction entre « exécution » et « réparation » n’a pas de sens. Une personne est exécutée lorsque sa mort est le fait de l’Etat et a été induite par un jugement définitif, rendu par une juridiction compétente, ce qui est le cas des peines de « réparation » prononcées par les tribunaux islamiques. Par ce type de déclarations ambiguës, les autorités iraniennes dissimulent le fait que chaque fois qu’un mineur délinquant est exécuté dans le pays, qu’il ait atteint ou non l’âge de 18 ans à la date de son exécution, l’Iran agit en violation du droit international. »

On épargnera au lecteur la liste de toutes les Conventions internationales sur les droit de l’homme et les droits de l’enfant que l’Iran a ratifiées.

On estime à 125 (cent vingt cinq) le nombre de mineurs (au moment de leur crime) sur la liste d’attente des exécutions par pendaison en Iran.

En creusant le sujet pour une conférence de presse sur ce sujet, le 8 juillet dernier à Genève, l’Abrincate apprend qu’il est inutile de s’adresser à l’Ayatollah Khamenei, Chef Suprême, car le Chef Suprême ne peut rien faire : seule l’autorité judiciaire peut surseoir aux exécutions, et l’on vient de voir ce que le porte-parole du « Chief Justice » iranien en pense.
Quant au Président de la République Islamique d’Iran, il faut lui envoyer copie de la lettre au Chief Justice.

Qu’est-ce qu’un Chef Suprême qui ne peut rien ?
Qu’est-ce qu’un  » Chief Justice  » qui se dit dans l’impossibilité d’appliquer le droit international que son pays a ratifié ?
Qu’est-ce qu’un Président qui ne peut rien contre un crime d’Etat ?

En Iran comme ailleurs,
un crime n’en justifie pas un autre.

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Un commentaire pour Honte à la justice iranienne !

  1. […] les informations les plus précises sur le problème. L’Abrincate, dans ses fonctions (voir billet précédent de ce blog), a organisé une conférence de presse le 8 juillet dernier à Genève, avec d’autres ONG, […]

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