Mer  » agitée à forte  » sur l’humanitaire

Extraits de lectures improvisées ces derniers jours :

1 – Déclaration de Bernard KOUCHNER, Ministre français des Affaires Etrangères, à Jérusalem:  » Officiellement, nous n’avons aucun contact avec le Hamas, mais officieusement, il y a des organisations internationales qui entrent dans la Bande de Gaza, en particulier des ONG françaises qui nous donnent des informations. »


CKIRK008058253NUC par Chris Kutscherasource photo
Qu’il mentionne des organisations internationales (type CICR), ou intergouvernementales, (type agences des Nations Unies) n’aurait rien de choquant. Mais mentionner les organisations non-gouvernementales comme sources d’information gouvernementale est le meilleur moyen de susciter des prises d’otages parmi les personnels d’ONG. Le Ministre devrait créer une cellule de crise permanente dans son Ministère, pour « gérer » les prises d’otages…

2 – Le gouvernement éthiopien vient de soumettre au Parlement un projet de loi pénale sur les organisations Non-Gouvernementales (ONG). Il y aurait ainsi trois catégories d’ONG :

– les ONG internationales, qui doivent fournir des services et des prestations humanitaires, ne pourront plus faire de plaidoyer, de lobbying ou de campagnes sur les droits humains dans le pays;
– les ONG nationales qui, si elles sont financées à plus de 10 % de leur budget par des sources étrangères, seront assimilées à la première catégorie ci-dessus, avec les mêmes restrictions;
– les ONG locales (de type associations de jeunes, de femmes, de paysans, etc…) auront seuls le droit de faire du lobbying ou d’interpeller des autorités sur les droits humains – surtout si leur existence suppose une approbation préalable des dites autorités…

Autrement  dit :  » fournissez l’aide humanitaire, mais fermez vos grandes gueules « . A l’instar de la Russie poutinienne, l’Ethiopie, devenue démocratique, cloue le bec de la société civile en criminalisant toute prise de position réclamant l’amélioration des droits humains dans ce pays, ce qui est pourtant la base même du fonctionnement démocratique, qui ne peut se satisfaire des simples élections.

L’Union Européenne vient de déclarer que si la loi est votée au Parlement, une partie des financements au développement sera suspendue.

Broken Chair / Geneva par Acedulinesource photo

Quand on veut bien ouvrir les yeux sur la planisphère et identifier les zones du monde où les ONG n’ont plus accès (Tchétchénie, Corée du Nord, Irak, Somalie, Est du Congo, etc…), et si l’on y ajoute les pays où la prise de parole est – ou sera – interdite par la loi, sous peine d’expulsion ou d’incarcération, il y aurait matière à re-penser « le système d’intervention « , non ?

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