Quand le juste et le juriste ne se parlent plus…

Dans un récent article de réflexions du quotidien suisse « 24 Heures », winter Mr Herbert WINTER, président de la Fédération suisse des communautés israëlites(FSCI) s’exprimait ainsi :

 » La FSCI (…) représente dix-sept communautés juves, ou quelques 14 000 juives et juifs de Suisse (et) s’occupe d’une multitude de thèmes. La sauvegarde et la promotion des intérêts communs des juifs en Suisse sont des priorités, notamment auprès des autorités fédérales et des institutions. » (…)
Rien de plus normal et personne n’en conteste rien, pour les Juifs, ni plus ni moins que pour toute autre communauté sur le même territoire.

 » Comme les Juifs du monde entier, nous sommes étroitement liés à Israël pour des raisons historiques, religieuses et culturelles, et le devenir de l’Etat juif est primordial pour nous. La FSCI s’engage sans restrictions pour le droit d’Israël à l’existence, et est solidaire de sa population. »
Rien de plus normal, et on ne voit pas au nom de quoi cela pourrait ou devrait être contesté, au titre de la liberté d’association et d’expression dans une démocratie.

(…) « La solidarité avec Israël ne signifie pas que nous sommes responsables  de sa politique ou que nous en sommes les porte-parole. S’agissant des questions politiques à traiter au Proche-Orient, il n’existe pas une position juive unique, mais bien plusieurs  appréciations.
La FSCI se mobilise contre toute forme de critique unilatérale contre Israël.
Il est en principe permis de critiquer Israël pour autant que l’on ne remette pas en question son droit à l’existence ou que l’on n’utilise ni n’avive de préjugés antisémites.
« (…)

Ouf ! On peut donc n’avoir, de naissance comme par éducation, aucun lien, aucune racine, de près ou de loin, avec la communauté et la culture juives et critiquer la politique de l’Etat d’Israël sans forcément se faire taxer ou même simplement soupçonner d’antisémitisme.
On n’est donc pas forcément antisémite lorsqu’on affirme que l’Etat d’Israël, auquel le peuple juif a droit (comme tous les peuples), est un Etat comme les autres, avec sa raison d’Etat, sa paranoïa, son haut-niveau de corruption, etc – ni plus ni moins que les autres.
On n’est donc pas automatiquement antisémite lorsqu’on a le sentiment que le mot « paix » dans la bouche des leaders israëliens rappelle parfois l’usage du mot par tous les Brejnev ou les Andropov de feu l’URSS : en parler sans cesse, et faire le contraire. Négocier en annonçant la liste de ce qui n’est pas négociable, continuer la construction de colonies de manière effrénée, ignorer ce que dit la Cour Internationale de Justice de La Haye sur le « mur de sécurité », ignorer même ce que désapprouvait la Cour Suprême de l’Etat d’Israël, non pas sur le principe du mur, mais sur une partie de son tracé…

On n’est donc pas nécessairement antisémite lorsqu’on se dit impressionné, voire choqué, par la sinistre litanie des 37 Résolutions de Nations Unies sur le conflit israëlo-palestinien (depuis 1947) dont aucune n’aura été appliquée, par l’effet du veto des USA…

On se souviendra de la célébre citation de Theorore HERZL, écrivian-fondateur des théories politiques du sionisme, qui disait :  » Toute action humaine a commencé par être un rêve et a fini par devenir un rêve.« 

herzl-balcony

Et c’est tout de même un paradoxe de constater que d’un côté, c’est la culture juive qui a inspiré l’humanité à se percevoir en tant qu’Histoire et en tant qu’oeuvre de justice, et de voir l’Etat qui prétend incarner cette culture se conduire au mépris de toute notion de droit international.
Comme si seul l’Etat d’Israël pouvait dire sa justice en se moquant du droit…

Il n’y a pas de justice privée, même pour un peuple qui se dit « élu » et l’on rappelera ce que répondait le philosophe Emmanuel LEVINAS quand on lui demandait ce qu’il fallait entendre par l’expression  » le peuple juif comme peuple élu  » :


” L’élection ne privilégie pas. L’élection n’a qu’un sens moral.
L’homme moral, c’est celui qui, dans une assemblée, fait la chose qu’il y a à faire. Là, il s’élit.
Le prophète, celui qui revendique la justice, il n’est pas élu par les autres, il est élu parce qu’il a entendu l’appel le premier.
C’est à tort qu’on a pu ressentir l’élection comme un privilège.
Certes, pendant la persécution, elle a pu être un élément de consolation, et cette conscience d’élection a pu devenir égoïste.
Mais il ne faut pas, j’y insiste, voir cette notion comme une prérogative.
Le prophète Amos dit : ” C’est vous seules que j’ai choisi entre toutes les familles de la terre, c’est pourquoi je vous demanderai compte de toutes vos fautes.”(…)

***********

Cela fait du bien de pouvoir écrire ce type de billet
en espérant avoir une chance de ne pas être immédiatement
entarté d’antisémitisme…

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