Irak : que demande le peuple ?

 Dans « Le Monde » du 30 septembre 2010, en page 18, un article sur l’Irak « ouvert aux affaires », l’auteur, Patrice Claude (excellent journaliste), raconte :

(…) L’Irak a d’énormes besoins à satisfaire et offre à l’appétit des entrepreneurs du monde entier un gâteau évalué à 600 milliards de dollars.(…)

« Comme le dit un homme d’affaires aventureux rencontré la semaine passée : « Dans un monde globalisé où la guerre économique fait rage, où peut-on trouver un pays qui a tant de besoins et assez d’argent pour les satisfaire ? » (…)

 Le FMI estime que ses perspectives économiques à moyen terme sont favorables. Les grands équilibres sont bons. L’inflation qui a dépassé 30 % en 2005, est tombée à 6,8 % en 2008 et ne devrait pas aller au-delà de 6 % cette année. La croissance réelle de l’économie est passée de 1,5% en 2007 à 9,5% l’année suivante, quand le prix du baril de pétrole a atteint des sommets avant de retomber à 4,2 en 2009. Elle devrait dépasser 7 % cette année. « L’Irak sort d’une économie centralisée et s’engage résolument dans un système de marché basé sur la compétition », assure Sami A-Araji, le président de la Commission des Investissements.

Des lois ont été votées pour garantir aux étrangers la liberté de rapatrier profits et investissements à volonté. Des exemptions fiscales de plusieurs années seon les secteurs sont offertes, de même que les droits de propriété pour les terrains acquis. Bref comme le dit Mr Al-Araji, son pays est « open for business ».

Moralité :

1 – C’est à se demander si une bonne guerre n’est pas, finalement, le meilleur moyen de relancer l’économie.

2 – Il a fallu passer par combien d’années de guerre, combien de centaines de milliers de morts, combien de milliards de milliards de dollars dépenses pour en arriver à une déclaration aussi « banale » du type : « OK, fine – la situation économique normale est rétablie.» ?

3 – Le peuple irakien, quant à lui, il peut toujours attendre. Il peut toujours voter à volonté pour élire des élites introuvables. Les prédateurs internationaux, eux, vont bénéficier d’un code d’investissement « favorable ».  » La liberté du renard dans le poulailler » a donc été rétablie : ça a été dur, mais tout est bien qui finit bien, n’est-ce pas ?

 Décidément, l’Occident est mal parti.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :