La violence pour lutter contre la violence ?

Dans le quotidien suisse « Le Matin » daté du 20.05.11, un article présente l’action d’une association « Face à face«  qui organise pour des jeunes ayant commis des actes de violence , « sur demande du Tribunal des Mineurs ou envoyés par leurs parents » des rencontres avec  des garde-frontières genevois « afin d’être confrontés aux différents stades de la violence dans le but de leur faire comprendre où se situe la limite. »

             » D’abord on leur présente toute une série d’armes et d’accessoires. Cela va du couteau en plastique à la mitraillette, en passant par le gilet pare-balles. »
On leur montre  » un panel d’armes allant de la non-létale à celle qui peut tuer d’un seul coup.(…) Nous tenons à leur montrer la différence entre le virtuel et le monde réel. »

On passe alors à l’action.

 » Vêtu d’un gilet pare-balles et d’un casque, un garçon de 16 ans fait mine de provoquer les agents. Ils sont armés, le somment de jeter son arme, une fois, deux fois, il fait mine d’agresser les garde-frontières, ceux-ci finissent par tirer avec des balles en plastique de couleur. Si c’est l’exercice qui a clairement le plus amusé la galerie (sic), il est d’une violence extrême. Non pas du fait que les agents tirent sur les jeunes, car bien entendu tout est encadré et conçu de sorte à ne traumatiser personne(sic), mais pour ce qu’il implique : « (…)  » ils ne se rendent pas compte qu’en deux minutes ils peuvent tuer quelqu’un. »

              « Allez on prend une pause et on va voir le chien.(…)
Un à un, les adolescents s’installent alors dans le noir, dissimulés derrière une table, en compagnie d’un expert en race canine. Ils jouent les cambrioleurs planqués. Le maître-chien lance « Paco » et celui-ci trouve le pseudo-voleur, en aboyant à faire frémir les plus courageux. Tandis que les garçons jouent les durs, les deux filles en ressortent passablement secouées. »(…)

                » Tout cela est notre contribution à rendre peut-être (sic) le monde meilleur. », conclut l’adjudant B.

Voilà donc comment une société parle à ses jeunes les plus violents.
Si cette méthode est réellement efficace (comment la police l’évalue-t-elle ?) alors il faut arrêter de nous raconter que les séries télévisées quo-ti-dien-nes ou les films du genre « Orange Mécanique » incitent les jeunes à la violence…
Comment se fait-il que tous les soirs – sans exception – sur les plus grandes chaînes de télévision soit disant « généralistes », soit en prime time, soit en seconde partie de soirée, il n’est question que de crimes, d’experts, d’examens médico-légaux, de  » Faites entrer l’accusé « , avec tous les détails physiques et psychologiques des criminels, des victimes, des témoins, des rescapés ?

On pourrait aussi se demander comment la société la plus riche du monde (hormis les pays pétroliers) peut-elle concevoir que ces méthodes sont les seules susceptibles d' »éradiquer » la violence ?
D’autres méthodes appliquées ces dernières années posent d’une certaine manière la question : à quoi ça sert d’être le pays le plus riche du monde si c’est pour en arriver là ?

Voir le précédent billet de ce blog :  » Enfants et confettis « propres en ordre », s.v.p… »

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