Claude Roy, l’oeil et le bon sens de l’honnête homme

Claude ROY habitait Vézelay,
comme Romain  Rolland, Max-Pol Fouchet ou Maurice Clavel.
Excellente compagnie pour  » être habité  »
et inspirer les réflexions suivantes,
prises au hasard de lecture estivale d’un ouvrage
(qui aujourd’hui pourrait constituer la matière évolutive d’un blog),
et que l’éditeur résume fort bien ainsi : (…)
 » Chuchotements du vent dans les blés
et grondements des révolutions à l’Est de l’Europe (…),
les sagesses de la solitude,
les plaisirs de la sociabilité,
le regard intérieur
et l’attention à l’Histoire
 » :

« L’étonnement du voyageur – 1987-1989 »
Ed. Gallimard 1990

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Libres extraits :

« Ne pas se croire malin parce qu’on est pessimiste, fausse lucidité à la portée du premier venu. » (p.246)

« Il y a un domaine où l’économie de marché est sans aucun doute possible supérieure à l’économie d’Etat : les idées. » (p.277)

« Le despotisme naît parfait. L’intérêt de la démocratie est qu’elle est toujours imparfaite et constamment perfectible. » (p.220)

« Les gardiens de la loi la gardent pour eux. » (p.272)

« Gorbatchev a créé beaucoup de problèmes. Ouvrir une prison entraîne du désordre. » (p. 272)

« Socialisme à visage humain ? Cela faisait dire à Vladimir Boukovsky : «  Le visage humain me suffit . » (p. 328)

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« Pour pouvoir emprunter de l’argent, les pauvres doivent fournir la preuve qu’ils pourraient se passer de l’emprunter. » (p.72)

« Ce proverbe yiddish qui constate que si les riches pouvaient payer les pauvres pour mourir à leur place, les pauvres seraient tirés d’affaire. » (p.151)

« L’Histoire et les statistiques prouvent qu’être un homme n’oblige pas à être humain. » (p.72)

« La vie augmente régulièrement, sauf le prix de la vie humaine. » (p.244)

« Une société bien ordonnée, où  les pauvres sont coupables de l’être et les malheureux responsables de leur malheur… » (p.267)

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« Dans le théâtre social des apparences, où personne ne parle vraiment à personne, où personne n’écoute personne et où personne ne répond, on fait grand tapage autour de ce qui manque le plus : les relations humaines. Les bateleurs sur l’estrade n’ont que le mot communication à la bouche.(…) Les vrais problèmes de communication entre les hommes n’ont aucun rapport avec les pitreries des experts en communication, des publicitaires et des manipulateurs de médias.(…) La littérature est ce passe-muraille qui tente de « faire passer » ce que disent les inconnus au-delà des murs. » (p.15)

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«  Walter Benjamin montre  que le personnage central des récits de Kafka, c’est ce « citoyen moderne  qui se sait à la merci d’une immense mécanique dont le fonctionnement est dirigé par des autorités qui restent nébuleuses pour les exécutants et plus encore pour ceux dont la machine s’occupe. » (p.53)

«  J’essaie de garder présents à l’esprit, comme principes de salubrité intellectuelle, un aphorisme, une remarque et un théorème.

L’aphorisme  est de Lichtenberg: « Il se coupait à lui-même la parole. » (On ne le fait jamais trop.)

La remarque est de Wittgenstein : « s’il existait, disait-il, un verbe signifiant « croire à tort », il
n’aurait pas de première personne de l’indicatif présent.
 » (cf. la conduite automobile : il y a toujours un angle mort.)

Le théorème est celui que publie Gödel en 1931 qui énonce que n’importe quel système formel susceptible d’exprimer adéquatement l’arithmétique content une formule, au moins, qui est indécidable, et qui ne pourra jamais être démontrée dans le système considéré. Un tel système ne pourra donc jamais apporter la démonstration de sa propre consistance.(…) Ce qui illustre parfaitement ce qu’écrit un des plus subtils commentateurs du Théorème de Gödel, le mathématicien  Jean-Yves Girard : « Le théorème de Gödel est une réfutation d’un modèle mécanique de la science, de la pensée, du monde. » (p.13 et 14)

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« Je crains plus les faiblesses de la suffisance que les dangers du doute de soi » (p.277)

« A son ton, je devine qu’il ne cherche par des vérités possibles mais des certitudes certaines. » (p.306)

« On a parfois l’impression qu’il y a plus de gens que de personnes. » (p.227)

« Voir, de se yeux voir, se fait de plus en plus rare : on regarde pour nous. » (p.55)

« J. aimerait que je l’admire parce qu’il se bat pour une cause perdue. Mais je le soupçonne de la croire juste parce que perdue. » (p.306)

 « Une pleine poubelle de certitudes inexpugnables et de solutions définitives. » (p.322)

«  Une pensée pure n’a pas de prix, mais elle peut être fausse : la vertu n’implique pas l’exactitude. » (p.323)

La certitude d’un gardien de buts… (source photo)

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« Si nous nous consolions moins vite, l’humanité  ferait plus de progrès. Mais notre compassion devant la souffrance s’estompe, notre indignation, devant l’absurdité noire s’éteint. On laisse souffrir. On laisse la société aller de travers. L’oubli du mal est un mal aussi grand que le mal. » (p.161)

« Une méchante fée lui accorda le don de justice – mais seulement de justice. Il découvrit que c’était une malédiction. » (p.267) – A mettre en rapport avec Camus : « On commence toujours par vouloir la justice et on finit toujours par créer une police. »

 

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« Où diable s’est donc caché en moi ce mot qui m’échappe ?» (p.138)

« Quand tu écris, garde à portée de la main le fusil à tuer les adjectifs. » (p.277)

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« Il semble que plus la vie des hommes était courte, moins ils se pressaient, et plus ils avaient le temps. » (p.132)

« Je ne trouve aucune trace d’un droit de propriété des hommes sur la terre. Juste un droit de passage. » (p.158)

« Quel est l’imprudent qui a dit : «  Cette planète est la vôtre. Faites comme chez vous » ? On voit le résultat » (p.119)

« A  force d’occuper la planète, les hommes vont se sentir un peu seuls. » (p. 271)

« Reviens, Noé. On a besoin de ton arche. » (p.83)

 

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« Ce que j’aime notamment chez les chats,
c’est qu’ils vous interdisent de se croire leur propriétaire. »
(p. 15)

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Un commentaire pour Claude Roy, l’oeil et le bon sens de l’honnête homme

  1. annemarie dit :

    j’ai connu un grand sage de 99ans jardinier de son état,a la fin de sa vie
    tu vois nous ne sommes rien des rien du tout,je retourne a la terre
    moi qui l’ai tellement retourne toute ma vie
    je l’ai appelé le jardinier de dieu
    croyant il me chantait l’Ave maria a 4h du matin
    lui l’Étranger venu de l’Italie fuyant Mussolini se louant dans les terre de France,je suis assistante de vie de nuit,merci jean baptiste

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