La télévision, Malraux et Sarkozy…

Une courte séquence d’une prestation télévisée d’André Malraux dans le cadre de la campagne présidentielle de 1974 (1) :

 » Nous pouvons changer les conditions de la jeunesse et les conditions de la vie.
Le plan est trop complexe pour que je puisse l’exposer complètement mais disons qu’ il est le lien entre l’utilisation permanente de la télévision et l’utilisation de l’ordinateur. Il n’est pas chimérique et il coûte le dixième de l’emprunt qui est actuellement prévu par tous les candidats.
Quoiqu’il arrive, cette transformation aura lieu.
 »

source photo

                  Ce que Malraux n’avait pas prophétisé est que cette alliance de l’ordinateur et de la télévision signerait l’euthanasie progressive du service public, face à la concurrence des chaînes payantes, des chaînes thématiques – qui peuvent être excellentes et à moindre coût que les chaînes traditionnelles, lesquelles qui produisent elles-mêmes en grande partie ce qu’elles diffusent (même si c’est parfois de la soupe à chien,talk-shows stupides, « secret stories », etc).

Mais cette disparition progressive vient de la mise à disposition par des groupes multinationaux privés (mais véritables monopoles), de communication et de prestations gratuites ou (faiblement ) payantes, qui n’offrent plus aucune contrainte de contenu ni d’horaire (Google, ou Tube, Dailymotion,etc…).

D’où une attractivité et une facilité d’accès et d’utilisation qui videra les services publics de tout intérêt et donc de tout public – et donc de ressources puisque la publicité « ira voir ailleurs »…

Au point qu’on peut se demander si la décision-surprise de Sarkozy d’interdire la publicité sur les chaînes publiques à partir de 20 h, c’est à dire à partir de l’heure de la plus grande audience, ne consistait pas -précisément –  à accélérer la dégénerescence du service public sous prétexte de répondre à la nostalgie du public d’une télévision sans pub…

Et donc si André Malraux avait prophétisé l’inévitable, le sortant de l’Elysée passera peut-être à l’Histoire comme le précurseur visionnaire de la disparition définitive du service public de la communication, par captation de cette évolution au service (financier) des multinationales de la communication. Et paradoxalement, cette politique (car c’en est une) devait passer par la nomination directe du patron de toutes les chaînes de télévision publique : on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

source photo

(1) http://www.youtube.com/watch?v=oy_uZF4WbyI

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