La tartufferie monumentale du candidat Sarkozy

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, et après avoir pris position résolument contre son élection en 2007, l’Abrincate s’est abstenu de signer des billets de colère, de désaccord, d’indignation ou de mépris pour l’occupant de l’Elysée, d’abord parce que ressasser la négativité, c’est mauvais pour la santé, et ensuite parce qu’il reste toujours à espérer une évolution vers des attitudes et des politiques plus positives.

Mais là, l’Abrincate s’accorde la liberté de considérer, au moment où le président sortant se lance dans une nouvelle campagne présidentielle, à quel point le mandat qui se termine a été pitoyable.

Après une première période où le président s’est comporté en adolescent gâté, impoli, arrogant et pusillanime, la liste est longue de nullités, à des degrés divers, des retournements de veste, des annonces quasi-quotidiennes débitées comme les moulins à prière, de décisions dont on ne verra pas toujours la couleur, toutes choses qu’on présentera ici comme simples échantillons :

– les mensonges sur le caractère intransigeant de certaines mesures… annulées juste avant la période électorale (le bouclier fiscal) ;
– l’impayable Congrès de Versailles pour annoncer … un grand emprunt;
– la suppression de toute formation des maîtres de l’enseignement primaire (pour laisser le service public se dégrader ?) ;
– la consultation-bidon dans les préfectures sur  » l’identité nationale « ;
– la réduction des fonctionnaires (qui finalement n’a pas coûté moins cher à l’Etat);
– le foutoir législatif en réaction au moindre crime médiatisé ;
– les coupes budgétaires dans les subventions aux associations qui s’occupent seules des banlieues abandonnées;
– l’abandon des polices de proximité, etc …

Le tout a été noyé dans une augmentation de la dette publique de 630 milliards en 5 ans…Si “tout doit être fait pour réduire le budget de l’Etat “, où sont donc passés  les plus de 125 milliards d’euros de nouvelles dettes contractées chaque année du quinquennat ?

Et on apprend par hasard (le livre de Mr René Dosières) que chaque déplacement du président (deux ou trois fois par semaine) coûte environ 500 000 euros, protégé par deux ou trois cercles concentriques de gendarmes et CRS…
Combien coûte donc ” la minute de la petite phrase” destinée au journal de 20 heures ? Tout récemment, le président a fait un déplacement de Paris à St Quentin(Aisne)… avec l’Airbus présidentiel…

Autour du président, dans l’entourage, qui est donc, en cinq ans,  sorti du lot de médiocrité, et avec d’autres compétences que les mouvements de menton lors d’un micro-trottoir, en apparence spontané ?

Mis à part Alain Juppé, qui a eu l’intelligence de s’occuper des “Affaires étrangères”, les Morano, les Bertrand, les Coppé, les Besson, les Hortefeux (la cellule “Riposte” !!!), et même les Fillon et autres Chatel (qui compare François Hollande à Babar…) nous font penser à ces reportages sur les Suricates, ces petits animaux qui se dressent spontanément sur leurs pattes pour observer, écouter et réagir au millimètre :

Le Club des Suricates qu’est l’UMP devrait méditer ce proverbe :
” Qui vit par et pour les medias tombera par les medias. “

****

                Imagine-t-on l’arrogance et l’impéritie que s’autoriserait ce président s’il était reconduit pour 5 ans sans possibilité de se re-présenter aux prochaines élections ?
S’il devait n’avoir de comptes à rendre à personne pendant son deuxième mandat, à quoi servirait-il de protester contre l’intimidation et les écoutes des journalistes, dont il nommera les employeurs, contre les attaques régulières et méprisantes envers les juges ? Sans oublier les nominations de magistrats favorables au pouvoir politique, sous prétexte de garantir l’indépendance de la Justice ? Plus c’est gros, plus ça passe…

On a déjà eu quelques symptômes forts de cet autoritarisme moderne que constitue la menace sur les journalistes et les magistrats, sans souci, autre que de façade, de l’indépendance des pouvoirs, laquelle est pourtant la seule vraie définition de la démocratie ?

Si on en reprend pour cinq ans de Sarkozy , le régime se ” poutinisera “, se ” berlusconisera ” sans limites autres que celles du bon pouvoir du prince.
Ce sera l’amalgame permanent, dans l’impunité totale, des pouvoirs politique, économique,  judiciaire et médiatique, le tout à l’intérieur d’un groupe de deux ou trois cents personnes, copains et coquins en foire permanente pendant 5 ans….

Sans oublier la décision de lancer l’armée française dans une guerre,  sur simple suggestion “éclairée” de Bernard-Henri Lévy, autour d’une tasse de thé, sans la moindre consultation des élus nationaux…

Comment imaginer la ré-élection d’un président qui a perdu toutes les élections intermédiaires pendant son mandat ? Les municipales, les cantonales, les européennes, les sénatoriales,etc…

Les Français vont-ils de nouveau accourir au miel dégoulinant du charabia sarkozien, pour de nouveau se plaindre du délabrement économique et politique du pays, dans la médiocrité et dans le tournis quotidien des effets d’annonce et du show permanent à 500 000 euros la petite phrase du journal télévisé ? Et si toutes les questions de société font l’objet de réferendums, on va voir le pataquès…

Et si l’Europe qu’il nous prépare se donne déjà en exemple dans la mise à genoux du peuple grec, il sera trop tard pour s’en plaindre…

Dès l’ouverture de sa campagne, le candidat-président annonce un référendum pour que “le peuple” se prononce sur le fait que les chômeurs sont coupables de l’être…

Oublier Sarkozy…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :