Révolte québecoise salutaire dans la crise

Sans connaître tous les tenants et aboutissants de la situation générale au Québec, il est permis de penser que la révolte des étudiants est parfaitement justifiée au sens où il est inacceptable qu’un gouvernement de comptables besogneux ne cesse de leur crier dans les oreilles :  » utilisateurs-payeurs ! » ou « apprendre c’est s’enrichir, donc ça se paye ! « … pour justifier la hausse des frais d’inscription à l’Université.

Ce système économique devient complètement stupide : l’éducation, y compris universitaire, devrait être considérée d’abord comme un investissement vital du pays. Chaque étudiant-e qui a révélé ses capacités devrait être payé et aidé pour pouvoir pousser ses études au maximum et servir ainsi les intérêts du pays sur une ou deux générations.

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Sur ce site, on apprend : « L’Europe du Nord est réputée pour la qualité du système éducatif et universitaire. Les études à l’université sont gratuites. Les étudiants suédois bénéficient, notamment, de prêts d’État leur permettant de vivre sans courir après les « petits boulots ».
Le prêt est renouvelé chaque année, à condition que les étudiants obtiennent de bons résultats, et il est remboursé à un taux d’intérêt assez avantageux, sur une très longue période – tout au long de la vie professionnelle la plupart du temps. Autrement dit, l’Etat accorde des prêts aux étudiants pour vivre et se consacrer à leurs études sans avoir à travailler, et non pas pour payer les frais d’incription à l’Univesité….

Au Danemark, « si un jeune fait des études en biologie à l’Université de Copenhague, il en coûtera 220 000 couronnes (30 000 euros) par an à l’état, alors qu’un étudiant en droit dans la même université ne coûtera que 37 000 couronnes (5 000 euros). Etudier les mathématiques à Aarhus revient à 145 000 couronnes (20 000 euros), et pour un étudiant en tourisme à Aalborg, c’est 50 000 couronnes (6 700 euros).

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Tous les petits roquets de gouvernants néo-libéraux, qui prêchent, comme des religieux enamourés, la réduction du rôle de l’Etat, la privatisation des services publics de santé et d’éducation, qui criminalisent les chômeurs, etc, sont des petits rigolos parfaitement nihilistes, qui n’ont que le mot de valeur à la bouche (les valeurs de la Bourse…) et n’ont strictement aucune vision, ni sens des responsabilités, ni convictions vis à vis de leur propre pays.

Si la démocratie consiste à gouverner pour  endetter l’Etat afin de renflouer les banques irresponsables et renvoyer l’ascenseur de la pompe à finance aux pouvoirs économiques qui ont payé les campagnes électorales, on ne donne plus très cher (!) de la démocratie.

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C’est une des caractéristiques de notre époque :
les banques et leurs copains-coquins gouvernants font tout pour endetter les étudiants (pour les tenir en laisse pour le restant de leurs jours, comme pour les familles qui empruntent sur 30 ans pour leur maison) et ensuite se plaindre que leurs clients-créanciers ne sont pas fiables, et donc exiger de l’Etat qu’il les sauve de la faillitte, évidement par les impôts, ce qui n’empêche pas les familles et étudiants endettés
de continuer à devoir payer 1- leurs impôts et 2- les intérêts-et-le-capital : c’est ainsi que les petites gens payent deux fois
et qu’au prix de leur misère et de celle de l’Etat qui doit sauver les ¨banques », (en faisant payer le public une troisième fois
par l’augmentation de la TVA), celles-ci continuent à se renflouer
pour rejouer l’essentiel au casino de la Bourse et à payer des cerveaux académiques spécialisés dans « l’ingénièrie financière ».

Les deux renflouements de 500 banques européennes par la Banque Centrale Européenne fin 2011 et début 2012 (plus de 500 milliards d’euros à chaque fois) ont permis à ces banques de …les replacer au taux de 1 % à la BCE pour ensuite reprendre les crédits à 5 ou 6 % vers l’extérieur…

Et en même temps, on veut nous convaincre que c’est le marché et les investissements privés qui vont financer les investissements vitaux
à long terme pour relancer l’économie, investir dans l’urgence d’installer une économie durable et le développement économique
du tiers de l’humanité sur 50 ans ???

Combien de temps va-t-on continuer
à penser que nous sommes dupes ?

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On aura malgré tout noté ce qu’a dit le 7 juin 2012, Michel Barnier
Commissaire européen au Marché intérieur et des Services, à Bruxelles
(vous êtes bien assis ?) :

 « «  Nous ne voulons plus que les contribuables paient, les banques doivent payer pour les banques », a insisté Michel Barnier au cours d’une conférence de presse. Il a souligné que ces propositions n’étaient « pas faites pour traiter les crises d’aujourd’hui » comme celle du secteur bancaire espagnol, mais pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation à l’avenir, et pour « casser le lien entre les crises bancaires et les finances publiques ».

Dans le communiqué intitulé « Résumé pour les citoyens«  (sic),
on peut lire ceci :

 » Le renflouement répété de banques (considérées comme «trop grandes pour faire faillite») — qui n’en continuent pas moins à prendre des risques excessifs et à faire des bénéfices au détriment de leurs clients – a alimenté un sentiment de profonde injustice, aggravé la dette publique et imposé des sacrifices supplémentaires aux contribuables. »

Diantre  ! Que c’est bien vu… Mais qu’est-ce qu’il n’a pas fallu entendre, depuis le début de la crise en 2008, de toute la droite européenne sur l’irresponsabilité des gens de gauche, évidemment incompétents en économie … puisqu’ils en appellent sans cesse à l’Etat !!!

Et le texte se termine par la question « Qui en bénéficierait et comment ?
« L’exposition des contribuables aux coûts de renflouement des banques serait réduite au minimum. Les coûts de restructuration et de résolution seraient supportés par les propriétaires des banques, les créanciers et les gestionnaires responsables des mauvaises pratiques.
Les entreprises pourraient se concentrer davantage sur leurs activités essentielles, grâce à une plus grande stabilité financière et une incertitude moindre sur la santé de leurs sources de financement. »
Quand la proposition prendrait-elle effet ?
Début 2015. »

En un mot ? Le bon sens.
Espoir ou enfumage ?

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Extraits de la Revue de presse d’Ivan Levaï sur France-Inter du samedi 9 juin 2012 :

 » On devrait relire le premier discours de Roosevelt, arrivant au pouvoir aux Etats-Unis, après la crise de 1929, et disant dans son premier discours :

 » Les dirigeants qui président aux échanges des biens de l’humanité ont échoué par leur propre obstination et leur propre incompétence pour ensuite admettre leur échec, le regretter et abdiquer. Les pratiques de cambistes (à la Bourse) sans scrupules restent l’objets d’accusations publiques : les hommes les ont rejetté du fond de leur coeur et de leur esprit. Il est vrai qu’ils ont essayé d’agir mais leurs efforts sont basés sur des coutumes obsolètes.(…) Face au manque de crédits, ils n’ont rien trouvé de mieux que de prêter davantage. Privé du profit grâce auquels ils incitaient la population à les suivre, ils n’ont eu d’autres recours que d’exhorter, larmoyants, les citoyens à leur rendre la confiance perdue. Ils ne connaissent que les lois d’une génération d’égoïstes. Il leur manque une vision d’avenir et sans celle-ci, les gens courent à leur perte. »

C’était du temps les Etats-Unis étaient capables de sursaut, de clarté et de courage dans la guerre mondiale qui a suivi la crise économique. C’était l’époque où Morgan Chase,  Goldman Sachs, Lehman Brothers n’étaient pas encore gangrénés par une mafia de petits roquets de Bourse issus des laboratoires de ce Docteur Folamour qu’était Milton Friedman. 

 

 Franklin D. Roosevelt

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