Le « revenu universel » est-il « en marche »?

Dans un article publié par « Le Monde » en date du 21 décembre 2018, une analyse d’Antoine Reverchon se termine ainsi :

(…) La « prime Macron«  (accordée suite aux manifestations des « gilets jaunes ») ressort, tout en gardant le  même nom, d’ue autre logique (que le discours « économiquement correct »): elle revient à reconnaître que la simple rémunération du travail productif ne suffit pas à assurer à des nombreuses personnes un revenu suffisant pour vivre, et que seul l’argent public peut corriger ce que l’activité économique ne peut assumer. C’est exactement la philosophie qui préside au concept de revenu universel.(…)
Quelle que soit la façon dont on présente la chose, un nombre croissant de Français verront donc une part de leur rémunération versée,
    – non pas parce qu’ils sont devenus soudain plus productifs,
    – non pas parce que les entreprises ont dégagé plus de profit à partager,
    – ni parce que victimes d’un « accident de la vie », ils bénéficient du versement d’une pension ou de la solidarité publique,
mais parce que l’Etat et les ronds points de France se sont finalement convaincus qu’avoir les moyens de mener une vie décente relevait de l’action politique, (…) et pas seulement de la mécanique économique. »

En juin 2017, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies rendait public un rapport (A/HRC/35/26 du 20.06.2017) rédigé par Mr Philip Alston, Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, qui conclut en ces termes : (…) 59. Pour ses plus fervents partisans, le revenu de base est une utopie, non en ce que son application est irréaliste ou irréalisable, mais en ce qu’il constitue un projet extrêmement ambitieux, radical et progressiste. Souvent, ceux-ci écarteront d’un revers de main les objections des esprits critiques ou sceptiques, selon lesquelles le revenu de base n’est pas viable financièrement, ne saurait être versé sans conditions ou implique un changement des mentalités qui n’a guère de chances de se produire, n’y voyant que les propos de défenseurs sans imagination du statu quo, alors que la situation est à l’évidence insatisfaisante. » (…)
(…) Cependant, une démarche utopique peut aussi insuffler l’énergie si nécessaire pour repenser la protection sociale de manière optimale, afin qu’elle soit expressément destinée à la réalisation du droit de tout être humain à un niveau de vie suffisant au XXIe siècle. À une période tout aussi décisive, en 1943, Lord Beveridge avait présenté un rapport qui jetait les bases de l’État-providence au Royaume-Uni, en soulignant que, à un moment révolutionnaire de l’histoire du monde, il faut être révolutionnaire, et non pas faire du rapiéçage. L’idée d’un revenu de base ne devrait donc pas être rejetée d’emblée, au motif qu’elle est utopique. Les décideurs nationaux et internationaux doivent développer une créativité propre à mettre la politique sociale en accord et en résonance avec les innovations technologiques et les autres tendances nouvelles qui nous ont conduits à cette croisée des chemins. (…)
Dans un rapport intitulé « Le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales», l’OIT propose une série de mesures pour parer aux «conséquences négatives sur les conditions de travail» dues à «la dynamique qui sous-tend la production et les relations d’emploi au sein de l’économie mondiale» et invite, par exemple, à promouvoir les normes internationales du travail, à combler les déficits de gouvernance et à favoriser un dialogue social inclusif et efficace. »(…)
De manière peu surprenante, en 2016, à l’issue de longs débats concernant ce rapport, la Conférence internationale du Travail s’est dite préoccupée par le fait que « les normes actuelles de l’OIT ne soient peut-être pas adaptées à l’objectif de la réalisation du travail décent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales».(…)
Les méthodes traditionnelles risquent de n’avoir guère de prise sur l’affaiblissement systématique des autorités du marché du travail, la flexibilité toujours plus grande des conditions de travail et la forte progression de la précarité, notamment par la perte d’avantages sociaux, parmi ceux qui ont encore un emploi.(…)
C’est à ce point que s’engage le débat sur le revenu de base. La protection sociale, considérée au sens large, apparaîtrait comme offrant un meilleur angled’approche des problèmes susmentionnés.(…)

S’en suit une liste des conditions et objectifs de mise en oeuvre du revenu universel :
https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G17/073/30/PDF/G1707330.pdf?OpenElement

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :