Qu’est-ce qu’un « Etat illibéral »?

Un Etat – ou une démocratie – « illibérale » fait partie du vocabulaire ambiant, c’est à dire flottant au gré des émotions et débats récurrents sur l’évolution de l’Europe (et dans le reste du monde).
De quoi s’agit-il ? L’excellente revue « Papiers  » (la revue de France-Culture) reprend des extraits d’interviews diffusées précédemment, dans lesquels on entrevoit des éléments de définition compréhensible:
Jacques Rupnik cite le Premier Ministre hongrois Viktor Orban : « On m’accuse en disant que ma démocratie n’est pas libérale, et moi je défends une Etat illibéral : j’ai une autre conception de la démocratie qui est fondée sur la souveraineté du peuple et cette souveraineté prime sur les contraintes constitutionnelles et juridiques que vous invoquez pour me critiquer. »
Myriam Benlolo-Carabot commente ainsi :  » Viktor orban revendique aujourd’hui, avec une volonté très identitaire, la démocratie hongroise : pour lui, la souveraineté appartient exclusivement au peuple, et tout élément susceptible de contrer la souveraineté du peuple, qu’il s’agisse des contre-pouvoirs traditionnels ou des pouvoirs supranationaux, doit être combattu. »
P.H. Tavoillot ajoute :  » L’Europe d’Orban, c’est l’Europe du sursaut, qui retrouve la nature profonde de la démocratie : la maîtrise par le peuple de son destin. Face à cela (selon lui) il y l’Europe du déclin, dont le trait principal est l’immigration: une Europe qui n’a plus de frontières, vouée au multiculturalisme, à la non-maîtrise, à une sorte de non-décision, et dont la pathologie principale consiste dans l’abus des contre-pouvoirs ».(…)
     « Ne négligeons pas cet argument très fort : les démocraties illibérales se considérent comme les vrais démocrates, et nous sommes à leurs yeux des démocraties en déclin, qui ont oublié la politique, car nous aurions perdu la maîtrise de notre destin, au profit de l’économie et du droit. » (…) Une Europe qui n’a plus de frontières, vouée au multiculturalisme, à la non-maîtrise, à une sorte de non-décision, et dont la pathologie principale consiste dans l’abus des contre-pouvoirs. »

L’avenir de la démocratie à l’occidentale serait-il donc d’écarter toute référence au système des droits humains établis depuis 70 ans autour d’un consensus – relatif certes, mais acquis comme « boîte à outils » du dialogue international – à force de négociations entre des pays de culture, de langue, de religion, de coutumes radicalement différentes ? Pourquoi vanter – ou s’accomoder de – la mondialisation dans tous les domaines et ignorer cette « globalisation des droits humains fondamentaux « , acquise de haute lutte à partir des leçons tirées de la seconde guerre mondiale  ?

 

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