Etait-ce cela, l’objectif de l’Union Européenne ?

8.07.15

Si vous avez compris le problème posé par la Grèce, c’est qu’on vous a mal expliqué…

Il n’est pas exclu que les choses soient plus simples qu’il n’y paraisse.
Il semble que peu importe que l’économie d’un peuple membre de l’UE s’effondre, si les règles du « système » sont respectées. Peu importe que le plus grand hôpital d’Athènes  commence à connaître des pénuries.
Sans se poser la question de savoir pourquoi le « système » de la construction européenne (s’il y en a un…) permet – et veut – qu’un peuple soit laissé ainsi à l’abandon. Est-ce un objectif de la construction de l’Union Européenne ?
Peut-être que le gouvernement Tsipras est nul, mais que valaient (et qui a « arrosé » pendant des décennies) les gouvernants grecs précédents ?

Toujours est-il que si les majorités des peuples allemand et grec se méprisent copieusement, on apprend … »la fuite croissante des dépôts (bancaires) qui, depuis 2010, (s’élève) à plus de 100 milliards, (qui) seraient partis vers l’étranger, en particulier vers l’Allemagne « . (« Le Monde – 7.07.15 – page 7 –  article signé Anne Michel).

De plus ce jour, on apprend (8-07-15) que « La Croix-Rouge allemande est prête à apporter rapidement une aide humanitaire à la Grèce, en état d’urgence financière, et qui rencontre déjà des «difficultés dans les soins médicaux», selon le porte-parole de l’organisation, Dieter Schütz.

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Même si on ne comprend plus rien, on retiendra cependant le proverbe iranien :  » L’argent c’est comme la fumée de cigarettes, ça monte toujours et ne redescend jamais « .

Quelques effluves de vents mauvais répandent aussi des odeurs de vautours chez les traders, boursicoteurs, spéculateurs et autres bandits manchots en tous genres, avec des propos du genre « plus le chaos sera grand, plus on s’enrichira« . La stratégie du choc, ou celle du  » chaos créatif  » … On va finir par croire que Mélenchon a raison…

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On se rappellera que « T.I.N.A » était le petit nom de Margaret Thatcher ; « There Is No Alternative »- Or, précisément, dans cette cacophonie médiatique hyper-saturée, on a aussi pu entendre une petite voix d’une femme originaire de l’ex-Allemagne de l’Est qui disait : « On a grandi et vécu sous le régime communiste qui ne cessait de nous dire qu’il n’y avait pas d’alternative au régime. Le communisme s’est effondré, et maintenant c’est Bruxelles qui vient nous dire qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité… Si on s’est libéré du communisme, c’est bien en adhérant aux soi-disant « valeurs » d’un régime démocratique, comme une des conditions de la prospérité, dans lequel c’est le peuple qui choisit souverainement. Il devrait donc toujours y avoir des options, des alternatives, non ? « 

« Bruxelles 2015 » = « Moscou les années 50  » ?
« Hôpital public est-allemand en 1950″ = Hôpital d’Athènes en 2015 » ?


Un philosophe contre le catastrophisme

8.06.12

Extraits libres de l’interview du philosophe Dominique Bourg,
de l’Université de Lausanne,
parue le 7 juin
dans l’hebdomadaire gratuit
« Lausanne-cités« :

La notion de développement durable n’est-elle pas galvaudée ? (…)

 » Oui, c’est incontestable, car parler de développement durable aujourd’hui, c’est mettre en avant la durabilité dite faible qui indique que la destruction de notre capital naturel peut toujours être compensée par la création d’un capital reproductible via la technologie : la disparition du vers à soie ne poserait pas de problème puisqu’il serait aisément remplacé par le nylon…. (…) En réalité, cela revient à continuer à faire ce que l’on a toujours fait. Avec les résultats que l’on voit aujourd’hui. »
(…)

Nous vivons plus longtemps que nos aïeux, en meilleure santé et nous connaissons un confort  inégalé. La technique n’a-t-elle pas fait preuve de son efficacité ?

 » Certes, mais pour combien de personnes ? Sur la planète, nous sommes à peu près  un milliard et demi à vivre correctement. Mais deux autres milliards vivent avec moins de 2 dollars par jour. Non seulement notre richesse exclut les autres, mais elle montre les premiers signes d’essouflement. Pour la première fois en 2008, l’espérance de vie  aux USA a commencé à diminuer. « 

Vers quoi allons-nous ?

 » L’énergie va se raréfier et devenir très chère. Les minéraux également, de manière absolue ou relative. L’eau douce, les ressources biotiques et la biosphère, en termes de climat, posent déjà d’énormes problèmes. (…) Si on laisse les choses aller selon leur cours actuel, on va vers une violence énorme. (…)

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Quelles solutions peut-on donc adopter ?

 » Le modèle de société qui fonctionne bien en garantissant l’emploi et la qualité de vie, tout en se fondant sur une diminution drastique de la consommation des ressources, est encore à inventer. En revanche nous avons entre nos mains les leviers d’une véritable transition écologique, concept que je préfère à celui de dévelopement durable. « 

Quels sont ces leviers ?

 » Il y a deux axes.  En premier lieu, l’action publique avec des investissements massifs pour donner de l’emploi, rénover le bâti ancien,  adapter le système productif à la diminution des ressources, mettre en place une réduction des flux d’énergie et de matières, car le marché ne pourra jamais à lui seul régler le problème. « 

Pourtant ne dit-on pas que le capitalisme est le système idéal pour gérer la rareté ?

 » Bien sûr, mais au prix d’une explosion des inégalités ! Et pour que la majorité puisse vivre dans des conditions décentes, seule une régulation forte comme celle que l’on a connue dans les années 60 peut garantir des conditions de vie décentes pour le plus grand nombre. « 

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Le second levier ?

 » L’action citoyenne, car la transition écologique ne peut se faire qu’au prix d’une modification de nos habitudes, vers un mode de vie plus sobre et moins dispendieux. »

L’humanité sra-t-elle capable d’opérer ces immenses changements sans violence ?

 » Si on regarde comment le capitalisme s’est réorganisé au 19 ème siècle, avec une violence relativement faible, on peut entretenir un certain espoir. La solution peut venir de l’arrivée au pouvoir d’une social-démocratie renouvelée, limitant notre boulimie matérielle et ferme quant au rôle reditributif de l’Etat. Les forces de droite n’en sont actuellement pas capables, car elles sombrent aujourd’hui dans une folie inégalitaire qui nous conduit vers un abîme de violence. « 

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 » Faire du chiffre  » ou être efficace ?

3.12.11

Dans  » Le Monde  » du 29.11.11 (page 13), au détour d’un dialogue sur la sécurité avec le criminologue Alain Bauer,  » présenté par certains comme  éminence grise du pouvoir, et notamment de Nicolas Sarkozy« , sur les questions de sécurité, on lit ceci :

(…) En fait , la réponse policière reste formatée autour de logiques qui sont quantitatives et pas qualitatives. Avec tous les effets secondaires du quantitatif : quand ça monte trop , on se fait engueuler; quand c’est trop bas, on se refait engueuler. Et donc tout le monde vise une moyenne-moyenneté visant à répondre à des outils administratifs de comptage de l’activité et pas à des outils qualitatifs d’efficacité du service. » (…)

Mr Alain Bauer

Venant d’un personnage influent du pouvoir sur la sécurité publique depuis des années, on relit une deuxième fois, une troisième fois, en se disant

– qu’il serait bon d’afficher cette réflexion dans tous les commissariats, notamment ceux où l’on dissuade le public de porter plainte quand on pressent que le pronostic d’interpellation des auteurs sera trop difficile et peu efficient (volume de temps et d’énergie démesuré par rapport au résultat attendu). Ce qui permet de faire monter le  » taux d’élucidation « ;

– qu’il est rassurant de voir que de vrais professionnels, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont capables d’être réalistes et pertinents.
Et qu’un vrai dialogue serait donc possible, au-delà des oeillères du pouvoir…


Steve Jobs : de résurrection en résurrection…

8.09.11

            Le discours que Steve Jobs, fondateur d’Apple, a prononcé en 2005 à l’intention des nouveaux diplômés de l’Université de Stanford (US) est disponible sur plusieurs sites, mais l’Abrincate est heureux de participer à sa diffusion :

            « C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout.
Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.

Steve Jobs jeune – source photo

         « Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

         La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement.
        Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
       Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent :« Bien sûr».
Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.

             Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
         Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
          Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.

            On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

           « Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
           Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
            C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien.
Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.

           Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
           Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
           Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

            « Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
           Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
          Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.

       Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
          J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.


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              Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
                 Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
                Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

               Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu.
Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.

             Soyez insatiables.  Soyez fous.
             Merci à tous.
»

Steve Jobs
Fondateur d’Apple
A l’Université de Stanford (US) en 2005

****************

Au-delà de l’estime sincère que ce discours personnel génère pour son auteur, on ne peut passer par pertes et profits – c’est le cas de le dire – les critiques formulées par des ONG, notamment chinoises, sur les conditions de travail des employés des sociétés sous-traitantes qui fabriquent les produits Apple. Sans avoir les moyens de juger de la réalité de ces critiques, on peut cependant rester attentif à ce que ces ONG affirment. Par exemple :

 » Ma Jun et la responsabilité d’Apple  » (Source de l’info)

Ma Jun, le directeur du Centre de Recherche sur l’Environnement. une ONG chinoise, explique :

« Apple clame être une des entreprises les plus vertes du monde. La raison en est très simple : Apple n’a pas d’usine, la totalité de sa production est sous-traitée. Ce sont donc ses sous-traitants qui polluent pour elle.

Même si les sous traitants d’Apple sont les principaux responsables sont de cette situation, c’est aussi parce qu’ils n’ont aucune solution pour obtenir plus de profits du côté de leur client qu’ils font pression, soit sur les employés, soit sur l’environnement. »

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En avril 2010, diverses ONG mondiales, sous la présidence de Ma Jun, ont enquêté sur 29 grandes compagnies des hautes technologie. Apple était classé dernier et n’a jamais commenté à ce sujet. Cette année, Ma Jun a réitéré son constat.

« Beaucoup de sociétés pointées du doigt ne souhaitaient pas répondre. Les associations ont envoyé des centaines d’email, organisé beaucoup de rencontres et de conférences à distance. Beaucoup ont à ce jour commencé à entreprendre des actions concrètes. La seule compagnie à n’avoir jamais envoyé la moindre réponse, c’est Apple, en fort contraste par rapport à toutes les autres. »

Les ouvriers intoxiqués de United Win envoient une lettre à Steve Jobs

Ces derniers jours, les ex-employés de United Win ont décidé d’envoyer collectivement une lettre au PDG d’Apple, Steve Jobs, dans laquelle ils décrivent ce qu’ils ont subi.

« Nous espérons qu’Apple exerce un plus grand contrôle sur ses sous-traitants, et que votre compagnie aide à débloquer le dossier au sujet de nos compensations. »

Encore aucune réponse à ce jour. »

*************

On peut consulter le rapport intégral sur Apple (en anglais) de l’ONG de Mr MA JUN sur le site :

The Other Side of Apple: Investigative Report into Heavy Metal Pollution in the I.T. Industry (Phase IV): Special Apple Inc. Edition  –  Publisher: IPE    Date of Issue: 2011-01-25

Mr MA JUN participe à un débat sur l’information écologique en Chine à la TV Chinoise CCTV (en anglais)


SOLAR IMPULSE : une étape dans l’histoire de l’aviation

9.04.10

Il faut insister pour rappeler qu’au coeur d’une actualité chargée de quantité de détritus d’information, un évènement probablement historique s’est produit le mercredi 7 avril dernier sur le petit aéroport de Payerne, à 30 kms au nord de Lausanne. Quelques centaines de spectateurs ont pu assister au premier décollage du prototype du nouvel avion « SOLAR IMPULSE », préparé dans une discrétion toute hélvétique par le Dr Bertrand Piccard, petit-fils et fils des pionniers du même nom, et co-détenteur du tour du monde en ballon sans escale.

 » Le Solar Impulse, constitué entre autres de 12 mille cellules solaires placées sur ses ailes, est un prototype d’avion réalisé pour voler autour du globe sans combustible. L’exploit est prévu pour avant 2012, avec l’idée de base de promouvoir les énergies renouvelables. Ce mercredi, il a plané pendant une heure et demie autour de Payerne, dans l’ouest de la Suisse, à une altitude de 1000m. »(…)-( source)


Tous les détails techniques sont disponibles sur d’autres sites plus compétents que celui-ci.
Mais dans cinquante ans on regardera la photo ci-dessus comme aujourd’hui on regarde celle-ci, datant des tout débuts de l’aviation au XX ème siècle :
Deux petites infos :
le deuxième exemplaire  de SOLAR IMPULSE est en construction
et le prochain test sera de faire voler cet avion solaire …de nuit...
Pour assister au premier vol de SOLAR IMPULSE,
voir cette video.
(Cliquer sur le petit encart bleu sous la première photo du site)

Une nouvelle science : l’élasticité des statistiques

31.01.10

Dans « 24 Heures », quotidien suisse romand (10.01.10),
sous le titre : « Les taux de chômage sont faux »,
on peut lire  ceci:

(…)  » Le taux de chômage helvétique est calculé sur la base du recensement fédéral (= national) de la population datant de l’an 2000. Pour Genève, ce dernier dénombrait une population active de 217 000 personnes.
Si l’on compare à ce total les 15 930 chômeurs inscrits au mois de décembre, c’est sûr, on obtient 7.2%. Mais il y a là comme un gros bug…
En effet, le nombre de places de travail a considérablement augmenté dans le canton à 242 000.
Dès lors, les quelques 16 000 sans-emplois inscrits ne représentent plus que 6,6% soit une différence de près de 10 % ! »(…) Les cantons de Vaud et du Tessin, où la démographie a beaucoup progressé(…) pourraient rejoindre la grogne genevoise contre un statistique qu’ils jugent trompeuse. »(…)

« Au SECO (Service Fédéral de l’Economie) on se dit conscient  de ce problème de recensement.
Mais le Directeur du travail nuance toutefois :  » Dans l’arc lémanique, les frontaliers ne sont pas du tout comptabilisés dans les chiffres du chômage , puisque ce derniers ne prennent en compte que la population active résidante ».
A l’échelle nationale,  si  le référentiel était la population active actuelle, le taux de chômage ne serait plus de 4,4% mais de 3.8% (…)

Tout cela en dit long sur la validité des statistiques utilisés à longueur de journée par les politiques et les médias pour nous convaincre de quelque chose…. Il ne s’agit pas de hurler aux mensonges, mais on aimerait avoir la certitude que l’on compare ce qui est comparable…
Qu’il s’agisse des statistiques du chômage, de celles de la criminalité, ou des performances boursières, l’essentiel n’est pas – finalement – tant leur validité que l’heure à laquelle on les diffuse dans les média, de préférence très tôt le matin pour que ces pourcentages aient les effets voulus de communication (et non pas d’information) dans « les temps de cerveaux disponibles « …

Sur le thème des statistiques, voir les billets précédents :

 » Délinquance juvénile : mais qu’est-ce qu’on nous raconte ? »

 » Les faits, les chiffres, les indicateurs …et la réalité »


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2010 : l’humanité apprend à vivre avec elle-même

1.01.10

L’ heure est aux bilans et perspectives.

Les bilans sont maigres :

– le Sommet du G20 à Pittsburg (USA) sur la crise économique n’a pas abouti à une régulation internationale des escrocs qui tirent les ficelles et des procédures qui légalisent le vol et la corruption ;

– la Conférence de la FAO, à Rome, sur le milliard d’humains affamés n’a déplacé que Lula du Brésil, Berlusconi et Mugabe… Les autres chefs d’Etat avaient probablement mieux à faire ;

– la Conférence ministérielle de l’OMC, à Genève, n’a abouti sur presque rien de substantiel ;

– quant à la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, le consensus n’existe que sur le constat d’échec.

Mais cette litanie d’échecs ne doit cependant pas obscurcir ce qui se cherche et ce qui se construit peu à peu.
En effet, lorsque les conférences diplomatiques et les sommets en tous genres aboutissent à un consensus de décisions, en général, agrémentées de dizaines de milliards de dollars accordés (« granted »), on sait tous que cela se résume le plus souvent à des effets d’annonce pour les télévisions et médias. Et même lorsque l’argent promis est versé, même partiellement, où va réellement cet argent ?
Si Copenhague avait abouti à un engagement ferme et public de sommes promises pour aider les pays pauvres à gérer les conséquences des changements climatiques, où serait passé l’argent envoyé au Tchad ou au Zimbabwe  ?

La succession des sommets et conférences « thématiques » ne pourra se perpétuer longtemps si ce n’est pas au niveau politique que se feront les jonctions et les passerelles entre les problèmes climatiques, les questions agricoles, les mécanismes économiques, les flux migratoires et l’aggravation de la malnutrition… La crédibilité des conférences au sommet se dissout dans la répétition médiatique devant laquelle les gens sont de moins en moins dupes.

Et donc, au-delà de ces gesticulations médiatiques, la prise de conscience est là, universelle et pressante sur la nécessité de mesures urgentes dans les 10 ans à venir.

L’humanité, constituée en Etats souverains, réalise que leur interdépendance est inévitable, qu’il n’y a pas d’alternative à la négociation et au compromis si elle ne veut pas disparaître, par les pandémies, par la famine ou par la dissémination nucléaire…

Même si ces conférences sont vaines dans leurs résultats concrets immédiats, la prise de conscience des populations par  les médias et par les acteurs de la société civile est salutaire.

Regardez la vitesse à laquelle le principe du G8 est passé à la trappe… Désormais tous les sommets réuniront les 20 pays les plus riches et émergents qui représentent 95 % de la production mondiale

Si l’humanité veut survivre, il n’y a pas d’alternative à la démocratie.

***************

Petit cadeau de Nouvel An :

A 00 h 03, ce 1 er janvier 2009, la cathédrale de Lausanne
s’embrase comme chaque année,
mais cette fois sous la bienveillance d’une pleine lune :


BONNE ANNEE A TOUS NOS LECTEURS

ET NOTAMMENT AUX FIDELES DE CE BLOG

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PS : les photos sans référence sont celles de l’Abrincate



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