Comment travaillait J.S.Bach ?

14.02.16

Voici quelques extraits de la remarquable biographie de J.S.Bach
écrite par Sir John Eliot GARDINER,
grâce à un impressionnant travail d’archives:
 » Musique au château du ciel
Un portrait de Jean-Sébastien BACH »

(Flammarion – 770 pages – 2014)

Bach

Extrait du Chapitre 7 (page 307): John Mathias Gasner, Directeur de la Thomasschule (Leipzig), et témoin oculaire  des répétitions  dirigées par Bach, au début des années 1730, écrit dans un courrier à un correspondant :

 » Si tu pouvais voir Bach (…) comment non seulement il chante sa mélodie d’une voix forte et tient sa propre partie, mais fait attention à tous en même temps et, parmi ses trente ou quarante  musiciens, ramène au rythme et à la mesure celui-ci par un geste de la tête, celui-là en tapant du pied, un troisième en le menaçant du doigt, et donne le ton quand il le faut à l’un en voix aiguë, à l’autre en voix de basse, à un troisième en voix médiane ; et comment lui seul, au beau milieu du jeu le plus bruyant des musiciens, alors qu’il a lui-même à jouer la partie la plus difficile de toutes, il remarque aussitôt si et où quelquechose ne va pas, assure la cohésion de tous, apporte son aide partout, et rétablit l’ensemble s’il chancelle, mesurant le rythme dans tous ses membres, et saisissant à lui seul toutes les harmonies par son oreille très fine, à lui seul émettant de sa gorge exiguë les parties chantées par tous. »

Gasner est tellement effaré que, dans le règlement de son école qu’il rédige quelques années plus tard, il édicte:  » Il est parfois nécessaire que le cantor délègue le soin d’indiquer la mesure à un préfet, afin d’être libre de se déplacer d’un groupe à l’autre de l’ensemble pour contrôler que tout se déroule comme il faut. »

********

Ailleurs dans ce même livre, on trouve ces quelques mots griffonnés par Albert Einstein en marge d’une lettre à l’éditeur de la revue Reclams Universum, en date  du 24 mars 1928 :

 » Voici tout ce que j’ai à dire à propos de l’oeuvre de Bach :
écoutez-la, jouez-la, aimez-la, vénérez – la,  et taisez-vous. »

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Rob Lawrie : quelles leçons apprises ?

24.01.16

Nul ne doute, sur le plan humain, de la sincérité ni de la légitimité du geste de l’ancien militaire britannique Rob Lawrie, qui a cédé à la pression d’un père afghan, réfugié près de Calais, qui le suppliait d’emmener sa fille chez d’autres membres de sa famille déjà installés à proximité de son domicile en Angleterre.

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source photo

Mais certaines réactions publiques de différentes personnalités – tout aussi honorables – nous amènent cependant à une certaine prudence : dans le passé, plusieurs situations d’urgence humanitaire dramatique ont aussi été l’occasion de gestes spontanés  de sauvetages d’enfants, soit par des personnes à titre individuel, soit par des associations, y compris des ONG.

On rappellera l’avion de l’épouse d’un ancien président italien qui avait convoyé, en 1994, après le génocide, une bonne centaine d’enfants du Rwanda pour adoption en Italie.
Ou encore l’opération-commando, en 2004, d’un groupe de religieux américains qui avaient emmené une trentaine d’enfants que leurs parents suppliaient de les évacuer de Haîti « pour leur donner un avenir« , après le tremblement de terre. Ces religieux  ont été arrêté à l’aéroport de Port-au-Prince pour « enlèvement d’enfants ».

Mais la question fondamentale posée reste la suivante : comment peut-on concilier le secours immédiat d’un être humain en détresse, et éviter ainsi la « non-assistance à personne en danger »  avec la célérité nécessaire, sans pour autant être poursuivi pour enlèvement, voire trafic d’enfants ?

C’est là que des décennies d’expérience de l’action humanitaire nous permettent de penser ceci :
La France est le pays d’origine de quantité d’ONG humanitaires capables de répondre à des situations d’urgence de réfugiés dans le monde entier et dans les 48 heures… avec les compétences et les moyens appropriés, et en se coordonnant en bonne intelligence.

A Calais et alentour, de milliers de réfugiés pataugent nuit et jour dans la boue avec des centaines d’enfants depuis des mois, en plein hiver…
Alors que ces mêmes gouvernements subventionnent des centaines d’ONG pour des actions humanitaires d’ugences au-delà de 5 000 kms, on découvre avec effarement qu’il est impossible d’organiser un camp de 2 500 personnes à Calais.
Plusieurs ONG font ce qu’elles peuvent, et même si le gouvernement vient de faire installer des appartements-containers pour 250 familles… on a l’impression – minable – après plusieurs mois, qu’il est beaucoup plus simple de coordonner une action conjointe Gouvernement-ONG (parfois même avec l’aide logistique de l’armée) à plus de 5 000 kms que sur territoire français, à 300 kms de Paris …
«  Orbi « , oui peut-être, mais sûrement pas  » urbi « …

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Quant au destin des enfants, dans le cas précis, cette fillette a de la famille en Angleterre : il eût été élémentaire d’imaginer que des procédures juridiquement acceptables, sinon totalement légales, puissent être facilitées pour des regroupememts familiaux de ce type, y compris avec le père.

Pourquoi les enfants n’auraient-ils pas le droit au regroupement familial avec leurs parents ? Parce que les enfants n’ont pas les moyens de protester, ni de se plaindre sur BFM-TV ?
Cela sert à quoi d’avoir en permanence le discours, à longueur de buzz médiatiques, sur l » intérêt supérieur de l’enfant « , si on n’est pas fichu de résoudre un cas comme celui de cette fillette ? L’acte individuel de Rob Lawrie est respectable – d’autant qu’il a reconnu de lui-même avoir commis une erreur : il a eu le mérite d’attirer l’attention publique sur ce type de situation : rien que pour cela, il doit être remercié.

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Ce qui précède n’est-il qu’une perspective humanitaire, une surenchère juridique de plus provenant d’ONG militantes irresponsables ?
Non, il suffit de lire le jugement d’un tribunal britannique dont « Le Monde  » du 22 janvier (page 3) :

 » La décision rendue mercredi 20 janvier par le tribunal de l’immigration et de l’asile de Londres pourrait faire jurisprudence. (…) Le jugement, qui allègue le non-fonctionnement des règles européennes sur l’asile, pourrait accroître la pression sur la frontière.(…) Le tribunal était saisi par quatre jeunes demandeurs d’asile syrien (dont 3 mineurs), dont deux souffraient de stress post-traumatiques. Mettant en avant les « intolérables » conditions de vie dans le camp de fortune de Calais et la présence de membres de leurs familles au Royaume-Uni, leur avocat a obtenu un jugement ordonnant leur droit immédiat à être admis sur le sol britannique pour y formuler une demande d’asile auprès du Home Office. La décision s’appuie sur l’article de la Convention européenne des droits de l’homme, dont l’article 8 protège le droit de toute personne au respect de « sa vie privée et familiale. »(…) Les juges ont estimé qu’un document écrit montrant qu’ils avaient effectivement demandé l’asile en France suffisait à prouver leur demande de protection. « 

Autrement dit, la Convention de Dublin permettait de justifier le refus du Royaume-Uni parce que la première demande d’asile avait été déposée en France… Les juges ont estimé que la demande de protection n’était donc pas honorée par la France et qu’il fallait donc admettre leur arrivée dans leur famille déjà présente Outre-Manche…

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PS : Pour être complet, on pourrait ajouter, à l’adresse du tribunal britannique, qu’il aurait pu aussi faire valoir la Convention relative aux droits de l’enfant ratifiée par le Royaume-Uni stipule, en ce qui concerne les mineurs, dans son Article 22

1. Les Etats parties prennent les mesures appropriées pour qu’un enfant qui cherche à obtenir le statut de réfugié ou qui est considéré comme réfugié en vertu des règles et procédures du droit international ou national applicable, qu’il soit seul ou accompagné de ses père et mère ou de toute autre personne, bénéficie de la protection et de l’assistance humanitaire voulues pour lui permettre de jouir des droits que lui reconnaissent la présente Convention et les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ou de caractère humanitaire auxquels lesdits Etats sont parties.

2. A cette fin, les Etats parties collaborent, selon qu’ils le jugent nécessaire, à tous les efforts faits par l’Organisation des Nations Unies et les autres organisations intergouvernementales ou non gouvernementales compétentes collaborant avec l’Organisation des Nations Unies pour protéger et aider les enfants qui se trouvent en pareille situation et pour rechercher les père et mère ou autres membres de la famille de tout enfant réfugié en vue d’obtenir les renseignements nécessaires pour le réunir à sa famille. Lorsque ni le père, ni la mère, ni aucun autre membre de la famille ne peut être retrouvé, l’enfant se voit accorder, selon les principes énoncés dans la présente Convention, la même protection que tout autre enfant définitivement ou temporairement privé de son milieu familial pour quelque raison que ce soit. »


Qu’est-ce qu’une identité culturelle ?

14.01.16

Dans la foire d’empoigne que constitue le débat actuel sur les identités, il est reposant de relire ce que disait le philosophe Paul RICOEUR (cité dans le No 44 de Décembre 2015 de la « Revue des Cèdres ») :

 » A la différence d’un outillage qui se conserve, se sédimente, se capitalise, une tradition culturelle ne reste vivante que si elle se recrée sans cesse. La façon dont un peuple développe sa culture repose sur une loi de fidélité et de création : une culture meurt dès qu’elle n’est plus renouvelée, recréée; il faut que se lève un écrivain, un penseur, un sage, un spirituel pour relancer la culture et la risquer à nouveau dans une aventure est un risque total. Nous pouvons d’autant moins le prévoir que les grandes créations artistiques commencent toujours par quelques scandales : il faut d’abord que soient brisées les images fausses qu’un peuple, un régime se font d’eux-mêmes; la loi du scandale répond à la loi de la conscience fausse ; il est nécessaire qu’il y ait des scandales. Telle est la loi tragique de la création d’une culture, loi diamétralement opposée à la tranquille accumulation des outils qui constitue la civilisation. «  (…)

Paul RICOEUR, « Histoire et vérité » – Seuil 1964

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Ce qui nous rappelle la fameuse et incontournable observation du philosophe Alain :

 » Tout homme persécute
s’il ne peut convertir.
A quoi remédie la culture
qui rend la diversité adorable. »

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Humanité et bon sens

14.01.16

Dans le fatras des positions, des analyses et des postures, en relation avec les attentats terroristes de janvier et novembre 2015, il est des petits paragraphes qui brillent soudain comme des petit diamants d’humanité et de bon sens.

Comme ces extraits d’une chronique écrite par Véronique Nahoum-Grappe dans la revue « Esprit » No 421 de janvier 2016 (pages 16 et 17) :

(…)  » L’enseignement premier et minimal pour moi serait la prise en compte, par la vérité de l’imagination, des espaces sur la planète, en Syrie par exemple, où ces crimes contre les civils sont tels et tellement répétés qu’il est impossible de poser des bougies, de penser le deuil, d’envelopper les victimes survivantes de soin et de compétence affective et psychologique. Une société suffisamment bonne se rassemble autour des corps des morts et du coeur des survivants parce qu’elle est en paix et qu’elle jouit d’un espace de tranquillité où des bougies peuvent diffuser leur lumière de lune sur une place publique.
Lorsque des attentats meurtriers contre des civils se produisent tout le temps dans les villes en guerre, que, pour des raisons historiques, les cimetières sont ravagés et que les bougies s’éteignent vite, le charnier est la réponse : les solitudes s’accroissent dans l’ornière de leur propre malheur, les souffrances physiques rendent fou et poignardent, leur masque hurlant trahit l’expression des souffrances morales et politiques.
Au moins, offrons un accueil digne à ceux qui fuient cela au péril de leur vie. Au troisième attentat, combien de Parisiens se poseront la question de partir ?
(…)
Ce matin-là (30 novembre) l’église St Germain des Près à Paris est tellement pleine de monde qu’elle déborde de partout.(…) Parce qu’il s’agit d’un ami qui a perdu sa deuxième fille, 35 ans, j’assiste aux obsèques de trois personnes.(…)
La cérémonie trouve une définition pour l’ethnologue, un chemin possible quand il n’y en a plus et que les contours se sont évanouis. Et puis des lignes mélodiques envahissent tout cela et parfois viennent percer le bouclier secret. Il y a des voix, des chants qui entrent partout, dans les arrière-cours encore planquées, les recoins d’enfance oubliés. Elles sont comme des aiguilles de miel et de feu qui se saisissent d’un vivant, et le jettent par la fenêtre hors de tout cadre, au-dessus du vide de tout ce que l’on a jamais compris. Pendant cette cérémonie, j’ai eu le sentiment que ce qu’il y a d’inconsolable dans le malheur pouvait échapper à  » la nuit des temps  » grâce à la musique. »

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Une minute de (résistance en) silence

16.11.15

Ce lundi 16 novembre 2015, à midi, me suis rendu à la librairie Payot (Lausanne – CH), pensant que la minute de silence, en hommage aux centaines de victimes (morts et blessés) des attentats de Paris, serait plus supportable, entouré de rayons rassemblant Lucrèce, Montaigne, Kant, Ibn Khaldoun, Hanna Arendt, Robert Antelm, Camus, Zola, Sénèque, Hugo, Malraux, Gluksmann, Dostoievski, Kundera, Césaire, Klaus Mann, Dürenmatt, Ben Jelloun, Senghor, et tous les autres…

Ai acheté le dernier ouvrage de Roger-Pol Droit :
 » Qu’est-ce qui nous unit «  (Plon)

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Pendant la minute de silence,
retour soudain sur une phrase extraite
de la préface des « Antimémoires »
d’André Malraux :

(…) « Parce que, ayant vécu dans le domaine incertain de l’esprit et de la fiction qui est celui des artistes, puis dans celui du combat et dans celui de l’histoire, ayant connu à vingt ans une Asie dont l’agonie mettait encore en lumière ce que signifiait l’Occident, j’ai rencontré maintes fois, tantôt humbles et tantôt éclatants, ces moments où l’énigme fondamentale de la vie apparaît à chacun de nous comme elle apparaît à presque toutes les femmes devant un visage d’enfant, à presque tous les hommes devant un visage de mort.

Dans toutes les formes de ce qui nous entraîne, dans tout ce que j’ai vu lutter contre l’humiliation, et même en toi, douceur dont on se demande ce que tu fais sur la terre, la vie semblable aux dieux des religions disparues m’apparaît parfois comme le livret d’une musique inconnue ».

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Donc en guerre – mais surtout en résistance…

15.11.15

Les agressions et massacres revendiqués par Daesh à Paris, ce vendredi 13.11.15, nous convainquent – avec quelle violence ! – que nous sommes en guerre. Nous, c’est chacun-e d’entre nous, qui aurions pu fêter un anniversaire à la terrasse du Bar « Le Carillon », ce vendredi 13.11.2015 vers 22 heures….

En guerre oui, pour se défendre, mais contre qui ?
Contre la barbarie – sans hésitation, ni compromission, ni état d’âme – mais pas en guerre contre l’Islam. Si nous faisions de cette tragédie une guerre contre l’Islam, c’est céder du terrain à l’ennemi, en lui concédant qu’il s’agit bien d’un guerre de civilisation.

Xavier Raufer, criminologue, disait le 15.11.15 sur France Info qu’en réalité, personne ne sait exactement ce qui se cache derrière Daesh et son Califat. Il est possible – voire probable – que ce terrorisme, à répétition désormais hebdomadaire sur l’ensemble de la planète, ne soit d’inspiration religieuse que pour son drapeau, pour sa communication sur internet (y compris ses revendications invérifiables d’attentats) et ainsi recruter quelques milliers de paumés psychiatriques.

Ne serait-ce que pour nous défendre, nous n’avons pas d’autre pouvoir que de le déléguer aux élus, aux  militaires professionnels et aux services de renseignement.
Mais la situation n’entraîne pas seulement d’entrer en guerre, mais elle exige surtout d’entrer en résistance.
En résistance … pour maintenir les valeurs qui fondent notre vie collective, que les terroristes veulent détruire. Et cette résistance, c’est l’affaire – et le pouvoir – de chacune et chacun d’entre nous, pour maintenir allumée cette petite flamme de la conscience des droits humains fondamentaux, qui survit, même dans le tunnel de la guerre.

« Savoir craindre, c’est penser. Tenir c’est faire front »  disait le regretté André Gluksmann.
Et comme disait (qui ?) :  » La vérité ne meurt jamais, mais elle mène une existence misérable. »
Notre Histoire regorge de situations où des hommes et des femmes, même les plus anonymes, ont maintenu cette flamme dans les pires tempêtes. Il n’est nul besoin d’avoir fait l’Ecole Polytechnique pour avoir, ne serait-ce que l’intuition, même fragile, de chemins de la liberté et de la justice.

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Modestement, mais il se trouve que l’Abrincate a assisté, à Genève (CH)à la cérémonie annuelle de remise des Prix des Droits de l’homme par la Fondation Martin Ennals. Les trois nominés pour le Prix ont fait chaun-e l’objet d’un petit film de 10 minutes – et ces 3 témoignages méritent d’être écoutés :

Lien sur le site : http://www.martinennalsaward.org/index.php?lang=fr
Sur la page d’accueil du site, il faut aller à la deuxième vidéo (celle où l’on a une vue d’ensemble de la salle de remise des prix) :

Madame Asmaou DIALLO (Guinée) :
de 0h 24mn 50 sec à 0h 35 mn 06 sec
Monsieur Robert SANN AUNG (Birmanie) :
de 0h 42 mn 30 sec à 0h 54 mn
Monsieur Ahmed MANSOOR (Emirats Arabes Unis) – Premier Prix :
de 1 h 15 mn à 1 h 23 mn

**********
Un moment très émouvant : vendredi soir à Washington (USA), un groupe d’une vingtaine de jeunes, réuni en cercle autour de quelques bougies, a entamé une « Marseillaise » chantée avec une douceur infinie, une « presque-discrétion », sans spectateurs, pour eux-mêmes en tant que petit groupe qui a voulu en s’isolant exprimer la force du lien de solidarité qui les unit à la nation française – et comme le disait De Gaulle, ce chant (ce cri ?) « venait du fond des âges« …

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Voir sur le lien de France 2 :  Journal de 13 h le samedi 14.11.15
http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_13h_,131967021.html
(aller directement à la minute 01 h 05 mn – Attention : l’extrait dure moins de 15 secondes mais il n’en est pas moins bouleversant)

 

 


Un brin de solution pour les migrants et réfugiés ?

11.11.15

Proposition d’annonce :

 » Cherchons migrants désireux d’obtenir le statut de réfugié (1), de s’intégrer en s’engageant d’abord à apprendre la langue du pays d’accueil (2), mais aussi à ne pas enfreindre les lois de ce pays, sous peine d’expulsion (3), pour combler le déficit de main d’œuvre dans les métiers qui sont, de manière chronique, en manque de candidats (4) et disposés à bénéficier d’une procédure de retour au pays avec formation et capital. »

La rémunération des emplois serait conforme aux lois du pays de destination, en respectant le salaire minimum et l’obligation d’assurances maladie-accident.
Les charges sociales et l’impôt sur le revenu seront cependant remplacés par le système suivant (5) :
– un pourcentage du revenu brut négocié avec chaque réfugié-e sera envoyé par la personne à sa famille restée au pays (6)
– un pourcentage du revenu sera obligatoirement placé sur un compte d’épargne.
Au terme de la période d’emploi (minimum 3 ans), il lui sera proposé de retourner dans son pays pour créer une activité économique avec son capital, qui sera rallongé de 50% par le pays d’accueil initial (7).
Dans le cadre de l’aide au développement, le-la candidat-e pourra, une fois ré-installé-e dans son pays, recevoir une subvention (8) destinée à former des jeunes apprentis nationaux (9).
Les réfugié-e-s qui, au terme de leur contrat de 3 ans, ne souhaitent pas revenir au pays d’origine, entrent alors dans le système général des lois du travail du pays d’accueil, avec charges sociales, impôt sur le revenu, et indemnités de chômage, si besoin est (10).
Le refus de l’asile et l’expulsion seraient automatiques dans le cas de requérant-e-s qui ne veulent pas s’intégrer, ni apprendre la langue, ni travailler, et/ou qui, après leur arrivée dans le pays d’accueil, contreviennent aux lois pénales de ce pays (après jugement…).
Les mineur-e-s étranger-e-s non-accompagné-e-s (qui entrent dans un pays de destination sans représentant légal) devraient bénéficier en priorité et automatiquement de ce système.

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Avantages de cette formule :

• Elle répond aux besoins et demandes d’un certain nombre de demandeurs d’asile et de migrants (la plupart réfléchiraient avant de refuser).
• Elle répondrait aussi à la nécessité de remplacer une bonne part du budget national d’aide au développement par une aide directe aux personnes (villageois ruraux, activités informelles ne ville, etc.) susceptibles de contribuer au « vrai » développement parmi les  populations, et non plus de disparaître dans la corruption des « élites », potentats, dictateurs et bourreaux de leur propre pays.
• Elle répond à la demande de dignité de ces demandeurs d’asile et migrants. Respecter la dignité des migrants et celle des populations du pays d’accueil, c’est faire fonctionner une formule où les deux parties y trouvent leur compte  » donnant-donnant « ( » win-win « ).
S’il se créait une dynamique de vrai développement du pays, cela inciterait peut-être certains cadres supérieurs nationaux déjà exilés dans les pays riches à revenir « au pays » où ils pourraient trouver des opportunités conformes à leurs compétences.

Autres commentaires :

Il serait utile de procéder à une évaluation chiffrée et sérieuse du coût de ces procédures en comparaison des budgets consacrés
– à l’aide publique bilatérale au développement.
– au coût des personnels et procédures d’accueil, de logement de couverture médicale universelle pour des demandeurs d’asile qui attendent la réponse pendant 2 ans et autres coûts des réfugiés.

Les subventions publiques des pays de destination aux ONG spécialisées dans l’accueil et le suivi des réfugiés doivent être maintenues, voire développées, pour éviter le recrutement de nouveaux fonctionnaires, et maintenir un niveau global minimum d’efficacité.
Cela permettrait aux organisations humanitaires internationales de se consacrer strictement aux missions humanitaires irremplaçables sur place, dans les pays d’origine des migrants. Le développement économique à long terme ne trouvera de solutions que par des investissements sous de multiples formes, dont celle proposée ci-dessus.
Beaucoup d’organisations humanitaires qui se consacrent aussi au développement se heurtent régulièrement au refus des gouvernements de reprendre et poursuivre leurs activités (les ONG n’ont pas pour objectifs de se substituer indéfiniment aux Etats pour assurer les services publics de base), pour cause de – ou sous prétexte de – contraintes budgétaires exigées par les financeurs internationaux.

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Notes

   (1) Un réfugié est un migrant qui a fait une demande d’asile et qui a obtenu une réponse positive. Tous les arrivants sont des migrnts et certains demandent l’asile pour obtenir le statut de réfugiés. Cela correspond à des critères très précis et l’obtention du statut de réfugié entraîne automiatiquement des droits inaliénables (selon la loi du pays et /ou selon les conventions internationales)
(2) Frais de cours pour l’apprentissage de la langue par le pays d’accueil
(3) Engagement écrit, ce qui implique qu’en cas de crime ou délit qui justifie une privation de liberté, il-elle est au même régime que les nationaux
(4) Ils-elles ne « volent » donc pas emplois des nationaux du pays d’accueil.
(5) Le principe de rémunérer sans charges sociales est déjà en vigueur pour certaines catégories de nouveaux salariés, afin d’inciter les entreprises à embaucher.
(6) La loi fixera un pourcentage minimum : la négociation avec le-la réfugié-e portera sur un pourcentage éventuellement plus élevé.
(7) Exemple : épargne individuelle sur 5 ans = 12 000 euros – Complément du pays d’origine : 6 000 euros. Un capital de départ de 18 000 euros suffit, dans certains pays, pour initier une activité génératrice de revenus ou une micro-entreprise.
(8) Soumise à suivi et contrôle
(9) Cela contribuera à la diminution du nombre des jeunes migrants vers l’étranger
(10) Egalité des droits, avec possibilité d’engager une procédure de naturalisation.

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