UN DIPLOMATE AU-DELA DES CLICHES…

22.09.18
« Pour être diplomate, il ne suffit pas d’être bête, il faut aussi être poli » : attribuée à Georges Clémenceau, cette boutade continue à faire recette. En fait, que sait-on des diplomates et consuls ? En quoi consiste leur travail, comment se déroule leur vie de nomades ? Durant près de quatre décennies, Francis Cousin, ancien ambassadeur, a exercé aux Affaires étrangères des fonctions administratives, consulaires et diplomatiques. Il donne dans ce livre un éclairage vivant du service extérieur, vu de l’intérieur. Son récit nous emmène en voyage en différentes parties du monde, mettant en exergue les moments forts et les servitudes du métier. Bien davantage qu’une autobiographie, cette narration aborde des épisodes de l’histoire contemporaine la guerre au Viêt Nam et celles des Balkans, l’aide humanitaire et la coopération au développement, la problématique du trafic de stupéfiants et la difficile transition de régimes autoritaires vers la démocratie. (…) Certains épisodes se lisent comme un polar, ainsi celui de l’enlèvement de travailleurs humanitaires jurassiens par des rebelles en Ethiopie. De nombreuses anecdotes pimentent un récit qui permet de mieux connaître, au-delà des clichés habituels, le monde diplomatique et consulaire réputé formel, voire formaliste. A cet égard, il est rafraîchissant d’observer que l’auteur manie volontiers humour et ironie, voire une pointe d’autodérision. »
Extrait de la page de garde de ce livre qui se lit d’une traite…
Quand l’auteur raconte, par exemple, les difficultés d’insallation au Consulat de Suisse à Bordeaux, ou comme envoyé pour préparer l’ouverture de la nouvelle ambassade à Hanoï, après la fin de la guerre du Vietnam, et tant d’autres séquences parfois savoureuses, on se dit que dans une ambassade, c’est le Consul qui fait le boulot…Lecture vivement recomandée.
 » METIER SANS FRONTIERES – 40 ans au service de la diplomatie suisse« .
Éditions Alphil, Neuchâtel. http://www.alphil.com/index.php/metier-sans-frontieres.html


 » EN MÊME TEMPS « ?

20.09.18
Pourquoi le « en même temps » de E. Macron serait-il condamnable alors que le « compromis hélvétique » serait la clé du succès de la politique et de l’économie suisse ?
Extraits d’un discours de Conseiller Fédéral suisse (gouvernement central) :
 » La politique à l’échelon communal est primordiale car elle confère à l’ensemble du système politique une forte assise et une grande solidité.
Le principe qui veut que l’on délègue vers le haut que ce qui ne peut pas être résolu en bas permet à notre Etat de rester svelte et flexible. Mais ce système permet aussi d’intervenir de la manière la plus efficace possible lorsque cela est nécessaire. La proximité avec les citoyens n’a donc rien d’une formule creuse. Ou, autrement dit, le risque de voir une bureaucratie bernoise anonyme marcher sur les têtes est extrêmement faible dans ce système décentralisé.

Ce système politique qui passe par la base a encore produit un autre bienfait – quelque chose que nous sous-estimons souvent nous-mêmes. Il garantit la participation. Et qui dit participation, dit débat, dialogue et discussion. Notre système bâti sur la subsidiarité a généré une culture politique du dialogue toute orientée sur la recherche de solutions.
C’est une culture du dialogue qui part de la base, une culture du débat, mais aussi de la décision. Une culture qui protège en particulier les minorités, qu’elles soient linguistiques religieuses ou politiques. Chez nous, la voix des minorités est entendue. Chez nous, les minorités sont prises au sérieux. Chez nous, les minorités ont voix au chapitre.

Cette culture du dialogue est le ciment de notre système politique: elle empêche que les intérêts particuliers soient placés au-dessus du bien commun; elle rend le compromis possible. Il n’est pas rare que le compromis soit vilipendé, qu’il soit dénoncé comme le règne de la demi-mesure et de la mollesse, et qu’il soit finalement perçu comme un signe de faiblesse.

Or c’est tout le contraire. Le compromis est le résultat d’un dialogue fructueux dans lequel les avis s’affrontent pour dégager la meilleure solution. C’est un dialogue qui ne connaît ni vainqueur ni perdant, une discussion à l’issue de laquelle la solution fait droit à tout le monde. »

La Suisse est soumise comme tout autre pays aux risques de corruption, aux lobbys et pressions en tous genres, et aux contraintes de la mondialisation, mais l’architecture des procédures décisionnelles, parfois trop longues, permet cependant de faire tenir, au beau milieu de l’Europe, un pays de huit millions d’habitants (dont 23 % d’étrangers…) avec 4 langues, 26 cantons et 450 sortes de fromages…
https://www.swissinfo.ch/fre/au-royaume-du-fromage/5604848

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Parmi les divagations de Trump…

19.09.18

Interview de Richard Powers, écrivain américain, auteur du livre « L’Arbre-monde », cité dans « Le Monde » du 14.09.2018.

Question : « Après les incendies qui ont ravagé la Californie cet été, le président Trump a déclaré qu’il faudrait abattre les arbres car, s’il y avait moins d’arbres, il y aurait moins d’incendies…

Richard Powers :  » Cette déclaration grotesque mais dévastatrice me met en rage.(Son) administration a entrepris de démanteler l’essentiel d’une législation environnementale cruciale, conquise de haute lutte. (…) Cette remarque ahurissante de Trump s’inscrit dans une vision paternaliste qui place les hommes au-desus des femmes, les Blancs au-dessus des autres races, les Américains au-dessus des autres nations, et confère aux humains un pouvoir absolu sur tous les êtres vivants.
La domination de l’homme sur le non-humain n’est pas la solution. (…) Si nous voulons continuer à vivre sur cette planète, nous devons oeuvrer à rétablir les innombrables connexions qui nous lient au monde non-humain. (…) La littérature a fait de ces connexions une matière à récits. Les romanciers sérieux d’aujourd’hui doivent se remémorer ces récits et ces mythes, et entre prendre d’en inventer de nouveaux. Nous ne sommes pas seuls au monde. Il est grand temps de faire connaissance avec nos voisins et de revenir sur terre… »
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Enfants exploités par le travail

26.08.16

Extrait  de « HUGO Orateur »  (anthologie par Myriam Roman), Collection Folioplus Classique, page 21 :

Victor HUGO s’adresse en ces termes à ses collègues de l’Assemblée Nationale française en juin 1847 :

(…)
« Remarquez ceci :
  Vous faites des lois sur quoi et sur qui que ce soit, homme ou femme. Les réclamations s’élèvent, la lumière vous arrive de toutes parts. Sur le clergé ? les évêques prennent la parole. Sur l’université ? vos collèges sont en rumeur. Sur la classe ouvrière ? elle s’agite. Sur le commerce ? il pétitionne. Sur les médecins ? ils se plaignent. Vous faites des lois sur les enfants ? ils se taisent.

  Ils se taisent. Pourquoi ? parce qu’ils ignorent. Qu’y a-t-il de plus grave et de plus touchant ! Ils ignorent. Ils ne se doutent pas que vous vous occcupez d’eux; ils ne savent même pas ce que vous leur faites. Ne sentez-vous pas que cela vous saisit au plus profond et au plus intime de la conscience ?
  Ils se taisent. Et que de choses ils auraient à dire s’ils pouvaient parler ! Ils vous peindraient leur destinée, leur labeur, leurs fatigues avant et après le travail, la privation de soins, d’enseignement, de repos, de sommeil; ils vous diraient que lorsqu’il s’agit de les accabler de travail, la pauvreté dans la famille parle le même langage exigeant que la cupidité dans le maître. Ils vous diraient que pour eux le travail, qui devrait être un éducateur, n’est qu’une dégradation et un abrutissement. Ils vous diraient tout ce qu’ils souffrent, eux, messieurs, qui sont devant le législateur les seuls à être absolument ignorants et absolument innocents.
   Ah ! messieurs, ayez pitié d’eux ; à tous les accablements de la destinée, de la faiblese, de la misère, n’ajoutez pas ce dernier accablement, la dureté de la loi. Vous ajoutez quelques aunes (à la) richesse publique. Mais vous ôtez des âmes à Dieu, des intelligences à la civilisation, des citoyens à l’Etat. »

Amérique Latine et caraïbes : 12.5 millions d’enfants  au travail
source photo

 

 


CAMPAGNE POUR L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT ET L’EMPRISONNEMENT A VIE DES ENFANTS

16.06.16

              * Enfant : moins de 18 ans au moment de la commission de l’infraction

      Considérant qu’un enfant se définit par la capacité relative de discerner, de s’exprimer et de se défendre, les normes internationales de la justice juvénile, largement ratifiées par la plupart des pays du monde, interdisent la peine capitale et l’emprisonnement à vie pour les enfants, quelle que soit la gravité de leurs crimes. Cf. l’Article 37 de la Convention relative aux droits de l’enfant (1989) : « Les États parties veillent à ce que : a) Nul enfant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de dix-huit ans. »

     La condamnation, comme l’exécution de la peine de mort et de l’emprisonnement à vie envers des enfants (au moment de l’infraction) sont illégitimes. Aucune pratique coutumière, à justification religieuse ou autre, ne prévaut sur les conventions et instruments internationaux ratifiés par les États eux-mêmes.
L’action de Vivere renforcera aussi, dans la mesure de ses moyens, les campagnes et coalitions existantes pour l’abolition de la peine de mort et de l’emprisonnement à vie en général, visant à ajouter une expertise et un investissement spécifiques en rapport avec les droits de l’enfant et les normes relatives à la justice pour enfants. Fort de l’apport d’organisations de référence, tels le CRIN
(2) et autres sources d’informations fiables, Vivere s’engage dans cette campagne en concertation permanente avec toutes organisations et instances compétentes.

FAITS ET CHIFFRES

       La peine de mort est encore applicable aux enfants au moins dans 13 pays (1). Parmi eux, certains ne l’appliquent pas et d’autres, qui ont pourtant ratifié les instruments juridiques internationaux, légitiment l’application de cette peine par la prévalence de coutumes, de procédures traditionnelles ou religieuses, sur le droit pénal.
La peine d’emprisonnement à vie est prévue, explicitement ou non, pour les enfants dans plus de 70 pays et ne peut donc, par principe, être considérée comme rare ou exceptionnelle. L’emprisonnement à vie peut être assorti d’une impossibilité de libération mais peut aussi résulter, de facto, d’une indétermination dans la durée de détention. Dans tous les cas l’enfant est susceptible d’être incarcéré à vie.
(…)

  • Arabie Saoudite, Brunei Darussalam, Emirats Arabes Unis, Iran, République Démocratique Populaire du Laos, Malaysie, Maldives, Nigeria, Pakistan, Qatar, Somalia, Tonga, Yemen.
  • Child Rights International Network (CRIN) : https://www.crin.org (Cliquer :“Inhuman sentencing of children“).

                                 OBJECTIF ET RESULTATS ATTENDUS 

      Fin décembre 2022, les pays dont la législation stipule encore la peine capitale et ceux prévoyant l’emprisonnement à vie (avec ou sans possibilité de libération) pour les enfants, auront aboli les articles de loi s’y rapportant, ou les auront explicitement bannis, et pris les dispositions permettant d’en vérifier l’application sur leur territoire.
         

      Dans l’intervalle, Vivere demande un moratoire, avec effet immédiat, sur les sentences de peine capitale ou d’emprisonnement à vie envers des enfants en attente de jugement, comme sur leur application après jugement, non pas comme mesure humanitaire, mais dans la perspective de l’abolition légale, explicite et définitive, de ces peines, en application des instruments juridiques internationaux que ces États ont signés et ratifiés.
Ces peines doivent être remplacées ou commuées en peines et mesures conçues et appliquées en vue de la réintégration de l’enfant dans sa communauté, et en conformité avec l’Article 6 de la Convention des droits de l’enfant : « 
1. Les États parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie.  2. Les États parties assurent dans toute la mesure possible la survie et le développement de l’enfant. »

      Dans chaque pays concerné, Vivere sera à l’écoute des acteurs de la société civile concernés par ces réalités, pour soutenir et renforcer leur action de manière adaptée à chaque contexte spécifique, y compris, si nécessaire, au niveau international. En toutes circonstances, l’action de Vivere sera animée d’un double souci d’efficacité et de sécurité pour les personnes qu’elle soutient ou qui y contribuent.          

      Cette campagne vise ainsi à faire œuvre de justice due aux enfants et aux jeunes dans le monde, face à des peines anachroniques et contraires à la loi.
Elle est animée par un noyau de bénévoles basés en Suisse, qui mettent à profit leurs expériences professionnelles respectives dans la promotion des droits de l’enfant, notamment en référence aux normes et instruments internationaux en matière de justice juvénile, et
dans un esprit de stricte neutralité politique et religieuse.

Aucune force n’est dérisoire dans ce combat pour le droit à la vie et au développement de ces enfants qui risquent la mort ou l’emprisonnement à vie.
Tous les soutiens sont les bienvenus : juridiques, financiers, compétences en réseaux sociaux, en traductions, etc… Vivere cherche à assurer le budget de la première année de fonctionnement, évalué à CHF 8 000.- (Euros 7 200.-).

Pour tout renseignement complémentaire, consulter le site de Vivere :                                 www.vivere.ch  et pour prendre contact écrire à : contact@vivere.ch       
Lausanne, 20 mai 2016

 


Revenu de base garanti … pour les 16 – 26 ans !

6.06.16

Le peuple suisse a refusé (77% des votants), ce dimanche 5 juin 2016, sur le « Revenu de base inconditionnel », qui lui était présenté selon la définition suivante :

 » Revenu de Base Inconditionnel (RBI) est une rente mensuelle, suffisante pour vivre, versée individuellement à chaque personne, de la naissance à la mort, quels que soient ses autres revenus ou sa fortune.

Comme avec les autres revenus, le RBI se substitue à la plupart des prestations sociales jusqu’à la hauteur de son montant (AVS, AI, allocation d’étude et familiales, aide sociale, assurance chômage, etc.). Les prestations sociales en sus seront maintenues pour les ayants droit, par exemple dans le cas du chômage ou des prestations complémentaires. »

   Pourquoi pas ? au rythme où se succèdent les victimes par millions des crises économiques récurrentes, la voie est ouverte aux – utopistes qui, parfois dans l’histoire ont été de précurseurs prophétiques… »

On ne peut s’empêcher de poser la question : le système serait-t-il durable ? On ne le saura que lorsqu’un pays aura essayé…
Aux deux extrêmités de la pyramide des générations, les problèmes s’aggravent : d’un côté, une génération de plus en plus nombreuse de retraités qui, progressivement, verront leurs pensions diminuer. De l’autre côté, une génération de jeunes soit sans emploi, soit en stages perpétuels rémunérés ou non, qui ne cotiseront qu’à partir de 30 ou 35 ans, avec des emplois précaires dans leur durée.

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Et donc, dans une France et une Europe à la démographique vacillante, et puisqu’il paraît qu’ « on a tout essayé « …une mesure d’urgence et de simple bon sens s’impose : il faut mettre en place un système de revenu de base universel pour tous les jeunes de 16 à 26 ans.
– D’une part, l’apprentissage de la gestion autonome d’un budget ne se fait que si on met les individus en situation de l’assumer progressivement.
– Cela ferait cesser ce spectacle humiliant (pour les jeunes) de la succession d’études coûteuses (pour des parents dont les retraites ne suffiront plus), de stages à répétition, gratuits ou très faiblement rémunérés, pour une génération entière de jeunes adultes contraints de vivre chez – et aux frais de – leurs parents  jusqu’à 30 ans et plus…
– Ce revenu ferait l’objet des mêmes charges sociales générales, ce qui couvrirait une part des dépenses de santé, une contribution significative aux caisses de retraite,  etc…

A quelles conditions ?
– Suivre l’école selon ses capacités, ce qui contribuerait à l’équilibre des formations différenciées selon les talents, et selon une diversité de compétences et de niveaux de responsabilité, ce dont le marché du travail a besoin.
– Passer une période de 2 ans, entre 16 et 26 ans, dans un pays d’une autre culture que la culture d’origine, soit en une fois, soit en plusieurs séquences, soit en études, soit en travail, soit en bénévolat – dont 3 mois dans une association d’utilité publique ou humanitaire.

Qui aimerait creuser cette idée ?
Quel candidat à quelque pouvoir serait d’accord d’affronter une partie de l’opinion publique pour tester la formule ?

 

 

 

 


Indignation No 4/4 : Une sonde Rosetta pour Chibok ?

14.04.16

Pourquoi donc la chaîne de télévision CNN choisit-elle de rendre publique, le 14 avril, une une photo de 15 des 276 jeunes filles kidnappées par Boko Haram dans leur école de la ville de Chibok, au nord-est du Nigeria ?  (dixit la presse) ?
Comment est-ce possible qu’il n’y ait strictement aucune trace de ces presque 300 adolescentes, dont les medias affirment qu’elles ont probablement pour être vendues comme esclaves sexuelles ou comme chair à canon d’attentats kamikazes ?

Supposons qu’un canard soit trouvé mort, victime de la grippe aviaire, un matin sur plage du Sri Lanka… Le monde entier en sera informé le soir même par toutes les TV du monde.
Mais on n’a toujours aucune trace des adolescentes nigériannes…

Faut-il demander à l’Organisation Mondiale de la Santé d’appliquer ses protocoles ?
Faudra-t-il demander à l’ESA de construire une sonde « Rosetta 2 »
pour se poser sur la comète de Boko Haram ?

Deux ans sans avoir la moindre indication
de la localisation de près de 300 jeunes filles kidnappées ?
Vraiment ???

Mission-Rosetta-cinq-choses-a-savoir-sur-la-mission-de-Philae

 

 


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