« Gilets jaunes » et « Vendredi noir »(« Black Friday ») : (re)lire « GLOBALIA » de J.-Ch. Rufin

23.11.18

Dans sa chronique du matin, qu’il anime de 7 h à 9 h sur France-Culture, Guillaume ERNER, excellent animateur-journaliste s’épanche avec le billet d’humeur suivant :

      « Il y a aujourd’hui un mouvement plus fort que celui des « gilets jaunes », un mouvement d’une autre couleur, le « Black Friday », le « Vendredi Noir », mouvement de soutien au capitalisme mondial, si vous voulez donner plus aux multinationales, et rejoindre ce mouvement auquel participent quelques ONG, Amazone, Renault et quelques autres… Un mouvement qui témoigne du clivage entre les êtres humains d’aujourd’hui, une partie d’entre eux souhaitant consommer moins, théorisant la vie frugale, et une autre partie, aspirant à consommer plus. Je ne parle pas seulement de ceux qui voudraient profiter du superflu, mais aussi de ceux qui voudraient acquérir le super-superflu.
     Alors la conséquence de tout cela, c’est que le calendrier grégorien est modifié : l’année n’est plus rythmée par l’Ascension, la Pentecôte, je ne parle même pas de la Choura, etc…l’année est désormais rythmée par l’agenda commercial : ce « Black Friday » arrive exactement un mois avant Noël, qui, je le rappelle, est l’anniversaire de la naissance de l’Ipad, un mois et demi avant le jour le plus sacré du calendrier occidental, celui de l’ouverture de « Soldes »…
      Revoici les zones érogènes de la consommation, caressées plusieurs fois par an, pour conserver sa ferveur à l’édifice et permettre à chacun de connaître les délices du « hard-discount ». En un sens on peut se réjouir de l’apparition de ce nouvel universel, articulé d’un mantra intitulé « moins 30% 40%… » A partir de « moins 50% », on appartient à la pleine conscience, celle des « éveillés ». Comme le dit Durkheim, le rite agit mais il n’agit pas comme il dit : il ne nous reste plus qu’à croire que c’est « Grande Fête de la Promotion » à la manière des « Semailles »et des « Moissons » qui rapprochent les hommes, mais qui en fait les rapprochent des caisses. »

(re)Lisez « Globalia » de Jean-Christophe RUFIN (Livre de poche),
et si vous persévèrez dans la lecture, vous vous surprendrez à penser ….. » mais, on y est déjà... »

On pourrait aussi re-diffuser « La Grande Bouffe », avec Philippe Noiret…et son discours
à propos du nihilisme que génère l’abondance.

Résultat de recherche d'images pour "humour black friday"


Rony Braumann, excellent clinicien de l’humanitaire

28.09.18

Extraits libres d’une conférence (45 minutes) donnée par Rony Braumann, ancien président de « Médecins sans frontières« , le 24 septembre dernier, à la Policlinique Médicale Universitaire de Lausanne (Suisse), sur le thème ; « Crises internationales, médecine humanitaire«  :

  • La médecine comporte des branches multiples : éducation à la santé, urgences épidémiques, chirurgie de guerre, vaccinations et santé publique publique, psychiatrie, orthopédie, etc…Pourquoi  parle-t-on de médecine humanitaire, et non pas de « comptabilité humanitaire », etc. Probablement  parce la médecine est une science et un art applicables aux êtres humains, mais cela ne suffit pas pour définir le terme « humanitaire »…
  • Un élément de définition serait d’affirmer qu’il s’agit d’une action qui n’attend aucune contrepartie en retour. C’est une fonction asymétrique en quelque sorte. Le sociologue Marcel Mauss définissait la structure de la société comme l’échange permanent d’actes de dons et de retour ; donner et recevoir. L’acte humanitaire ne suppose pas de « contre-dons ».
  • Sous l’angle historique, on peut résumer l’apparition de l’humanitaire essentiellement au 19 ème siècle sous trois formes successives :
    – D’abord, ce qu’on a appelé les « réformateurs sociaux » : les médecins ont progressivement fait valoir leur action en lien direct avec les conditions de vie, et surtout face aux maladies liées aux logements insalubres (tuberculose, etc), mais aussi, par exemple, contre le travail des enfants. C’est aussi la période, dans une perspective philanthropique, de la naissance de l’anti-esclavagisme, notamment à l’initiative des Quakers en Grande-Bretagne.
    – L’apparition de la médecine de guerre, avec la création de la Croix-Rouge, à partir de la bataille de Solférino (20 000 victimes, mourants abandonnés, etc), afin d’organiser des secours permanents aux militaires, puis progressivement aux populations civiles, et aboutissant à l’élaboration du droit international humanitaire.
    L’organisation de la « médecine de masse » dans le cadre de la politique coloniale dite « civilisatrice » qui, en même temps qu’elle offrait un service médical universel de base, donnait aux populations, l’image d’une sorte de suprématie occidentale, ouvrant le champ à l’imposition de la langue et de la religion coloniale.
  • Parmi les enjeux et problèmes de la médecine humanitaire (malgré le fait que devant les souffrances, il y a lieu d’agir en urgence et de poser les questions plus tard) il y a des questions courantes : pourquoi la gratuité des médicaments à 5 000 kms et pas chez nous ? Le droit humanitaire international, qui règle les comportements dans les guerres, ne revient-il pas à les justifier ? etc…
  • Mêm si l’action humanitaire moderne ne se pratique plus dans le cadre des enjeux du passé, il reste que beaucoup d’ONG définissent leur action selon des principes dits humanitaires : neutralité, impartialité, indépendance... Ces « notions-boussoles » sont très ambivalentes selon les situations : elles peuvent indiquer soit le Nord, soit le Sud…
    Neutralité : se taire ? faut-il se taire lorsqu’il y a des déplacements forcés de population que la Cour pénale internationale qualifie aujourd’hui de crime contre l’humanité ? Se taire et laisser parler les autres à leur place ?
    Impartialité : nourrir en même temps les victimes et les bourreaux dans des camps de réfugiés, suite à un génocide ?
    Indépendance : mais de qui ? de l’Etat ? des donateurs institutionnels ? des paroxysmes médiatiques ? Qu’on le veuille ou non, il faut toujours se dire qu’on est toujours utile à un pouvoir, même si en être conscient ne doit pas empêcher l’action.
  • Je n’utilise jamais le terme de bénéficiaires, mais de destinataires de l’action
  • Concernant le problème actuel des migrants, il faut distinguer 3 notions différentes :
    – le sauvetage en mer, qui est un devoir, à la fois juridique (le droit de la mer) et moral
    – le droit d’asile, défini par des critères très précis que les Etats doivent respecter
    – le droit de résidence est une autre notion, autour de laquelle il n’y a qu’une seule contrainte en droit international : ne pas renvoyer ceux qui ne bénéficient pas de l’asile dans un pays où leur vie ou leur sécurité ne sont  pas garanties.

A travers les nombreux exemples donnés pour chacune des idées exprimées, Rony Braumann se révèle un « clinicien de l’humanitaire », au sens où il analyse de manière rigoureuse, précise des actes et des objectifs, tout en dévoilant les ambivalences des mots, et de manière très pédagogique. Réfléchir à partir des faits et chiffres, et non de principes ou d’idélogies en tous genres, suppose la rigueur d’un clinicien, qui pourtant se préoccupe de ce que préconisait Maraux : « Transformer en conscience une expérience la plus large possible« .

Mais on se premettra cependant une remarque : si l’humanitaire doit se perfectionner par l’expérience, sans tomber dans les facilités des préjugés, des idéologies, des intérêts stratégiques des uns ou des autres, il est – nous semble-t-il – très important d’affirmer que, parmi les « ressources de légitimité de l’humanitaire« , l’ensemble des instruments internationaux des droits humains constitue un socle de principes, de valeurs et de normes largement négociés, adoptés, signés et ratifiés au niveau international par les Etats eux-mêmes, d’ailleurs souvent en consultant les acteurs de la société civile.
A une époque où l’effacement progressif de toute référence aux « droits humains » que la communauté internationale (ONU) a pourtant mis plus de 70 ans à établir, à travers une petite centaine de conventions internationales traitant de tous les sujets vitaux pour… l’humanité, il serait inconcevable que les acteurs humanitaires participent délibérément à cette tendance générale à négliger les droits fondamentaux que tous ces Etats ont ra-ti-fiés (c’est-àdire qu’ils sont pleinement intégrés dans leurs droits nationaux).
Le droits humains ne sont pas une idéologie, mais une boîte à outils ; c’est précisément la référence aux droits humains qui permet de libérer les acteurs humanitaires de toute référence politique, religieuse, idéologique, stratégique, etc… et qui permet justement de faire en sorte que l’exercice de la neutralité ne consiste plus à se taire…


UN DIPLOMATE AU-DELA DES CLICHES…

22.09.18
« Pour être diplomate, il ne suffit pas d’être bête, il faut aussi être poli » : attribuée à Georges Clémenceau, cette boutade continue à faire recette. En fait, que sait-on des diplomates et consuls ? En quoi consiste leur travail, comment se déroule leur vie de nomades ? Durant près de quatre décennies, Francis Cousin, ancien ambassadeur, a exercé aux Affaires étrangères des fonctions administratives, consulaires et diplomatiques. Il donne dans ce livre un éclairage vivant du service extérieur, vu de l’intérieur. Son récit nous emmène en voyage en différentes parties du monde, mettant en exergue les moments forts et les servitudes du métier. Bien davantage qu’une autobiographie, cette narration aborde des épisodes de l’histoire contemporaine la guerre au Viêt Nam et celles des Balkans, l’aide humanitaire et la coopération au développement, la problématique du trafic de stupéfiants et la difficile transition de régimes autoritaires vers la démocratie. (…) Certains épisodes se lisent comme un polar, ainsi celui de l’enlèvement de travailleurs humanitaires jurassiens par des rebelles en Ethiopie. De nombreuses anecdotes pimentent un récit qui permet de mieux connaître, au-delà des clichés habituels, le monde diplomatique et consulaire réputé formel, voire formaliste. A cet égard, il est rafraîchissant d’observer que l’auteur manie volontiers humour et ironie, voire une pointe d’autodérision. »
Extrait de la page de garde de ce livre qui se lit d’une traite…
Quand l’auteur raconte, par exemple, les difficultés d’insallation au Consulat de Suisse à Bordeaux, ou comme envoyé pour préparer l’ouverture de la nouvelle ambassade à Hanoï, après la fin de la guerre du Vietnam, et tant d’autres séquences parfois savoureuses, on se dit que dans une ambassade, c’est le Consul qui fait le boulot…Lecture vivement recomandée.
 » METIER SANS FRONTIERES – 40 ans au service de la diplomatie suisse« .
Éditions Alphil, Neuchâtel. http://www.alphil.com/index.php/metier-sans-frontieres.html


 » EN MÊME TEMPS « ?

20.09.18
Pourquoi le « en même temps » de E. Macron serait-il condamnable alors que le « compromis hélvétique » serait la clé du succès de la politique et de l’économie suisse ?
Extraits d’un discours de Conseiller Fédéral suisse (gouvernement central) :
 » La politique à l’échelon communal est primordiale car elle confère à l’ensemble du système politique une forte assise et une grande solidité.
Le principe qui veut que l’on délègue vers le haut que ce qui ne peut pas être résolu en bas permet à notre Etat de rester svelte et flexible. Mais ce système permet aussi d’intervenir de la manière la plus efficace possible lorsque cela est nécessaire. La proximité avec les citoyens n’a donc rien d’une formule creuse. Ou, autrement dit, le risque de voir une bureaucratie bernoise anonyme marcher sur les têtes est extrêmement faible dans ce système décentralisé.

Ce système politique qui passe par la base a encore produit un autre bienfait – quelque chose que nous sous-estimons souvent nous-mêmes. Il garantit la participation. Et qui dit participation, dit débat, dialogue et discussion. Notre système bâti sur la subsidiarité a généré une culture politique du dialogue toute orientée sur la recherche de solutions.
C’est une culture du dialogue qui part de la base, une culture du débat, mais aussi de la décision. Une culture qui protège en particulier les minorités, qu’elles soient linguistiques religieuses ou politiques. Chez nous, la voix des minorités est entendue. Chez nous, les minorités sont prises au sérieux. Chez nous, les minorités ont voix au chapitre.

Cette culture du dialogue est le ciment de notre système politique: elle empêche que les intérêts particuliers soient placés au-dessus du bien commun; elle rend le compromis possible. Il n’est pas rare que le compromis soit vilipendé, qu’il soit dénoncé comme le règne de la demi-mesure et de la mollesse, et qu’il soit finalement perçu comme un signe de faiblesse.

Or c’est tout le contraire. Le compromis est le résultat d’un dialogue fructueux dans lequel les avis s’affrontent pour dégager la meilleure solution. C’est un dialogue qui ne connaît ni vainqueur ni perdant, une discussion à l’issue de laquelle la solution fait droit à tout le monde. »

La Suisse est soumise comme tout autre pays aux risques de corruption, aux lobbys et pressions en tous genres, et aux contraintes de la mondialisation, mais l’architecture des procédures décisionnelles, parfois trop longues, permet cependant de faire tenir, au beau milieu de l’Europe, un pays de huit millions d’habitants (dont 23 % d’étrangers…) avec 4 langues, 26 cantons et 450 sortes de fromages…
https://www.swissinfo.ch/fre/au-royaume-du-fromage/5604848

Résultat de recherche d'images pour "compromis"
Résultat de recherche d'images pour "compromis"

Parmi les divagations de Trump…

19.09.18

Interview de Richard Powers, écrivain américain, auteur du livre « L’Arbre-monde », cité dans « Le Monde » du 14.09.2018.

Question : « Après les incendies qui ont ravagé la Californie cet été, le président Trump a déclaré qu’il faudrait abattre les arbres car, s’il y avait moins d’arbres, il y aurait moins d’incendies…

Richard Powers :  » Cette déclaration grotesque mais dévastatrice me met en rage.(Son) administration a entrepris de démanteler l’essentiel d’une législation environnementale cruciale, conquise de haute lutte. (…) Cette remarque ahurissante de Trump s’inscrit dans une vision paternaliste qui place les hommes au-desus des femmes, les Blancs au-dessus des autres races, les Américains au-dessus des autres nations, et confère aux humains un pouvoir absolu sur tous les êtres vivants.
La domination de l’homme sur le non-humain n’est pas la solution. (…) Si nous voulons continuer à vivre sur cette planète, nous devons oeuvrer à rétablir les innombrables connexions qui nous lient au monde non-humain. (…) La littérature a fait de ces connexions une matière à récits. Les romanciers sérieux d’aujourd’hui doivent se remémorer ces récits et ces mythes, et entre prendre d’en inventer de nouveaux. Nous ne sommes pas seuls au monde. Il est grand temps de faire connaissance avec nos voisins et de revenir sur terre… »
L’image contient peut-être : texte


Enfants exploités par le travail

26.08.16

Extrait  de « HUGO Orateur »  (anthologie par Myriam Roman), Collection Folioplus Classique, page 21 :

Victor HUGO s’adresse en ces termes à ses collègues de l’Assemblée Nationale française en juin 1847 :

(…)
« Remarquez ceci :
  Vous faites des lois sur quoi et sur qui que ce soit, homme ou femme. Les réclamations s’élèvent, la lumière vous arrive de toutes parts. Sur le clergé ? les évêques prennent la parole. Sur l’université ? vos collèges sont en rumeur. Sur la classe ouvrière ? elle s’agite. Sur le commerce ? il pétitionne. Sur les médecins ? ils se plaignent. Vous faites des lois sur les enfants ? ils se taisent.

  Ils se taisent. Pourquoi ? parce qu’ils ignorent. Qu’y a-t-il de plus grave et de plus touchant ! Ils ignorent. Ils ne se doutent pas que vous vous occcupez d’eux; ils ne savent même pas ce que vous leur faites. Ne sentez-vous pas que cela vous saisit au plus profond et au plus intime de la conscience ?
  Ils se taisent. Et que de choses ils auraient à dire s’ils pouvaient parler ! Ils vous peindraient leur destinée, leur labeur, leurs fatigues avant et après le travail, la privation de soins, d’enseignement, de repos, de sommeil; ils vous diraient que lorsqu’il s’agit de les accabler de travail, la pauvreté dans la famille parle le même langage exigeant que la cupidité dans le maître. Ils vous diraient que pour eux le travail, qui devrait être un éducateur, n’est qu’une dégradation et un abrutissement. Ils vous diraient tout ce qu’ils souffrent, eux, messieurs, qui sont devant le législateur les seuls à être absolument ignorants et absolument innocents.
   Ah ! messieurs, ayez pitié d’eux ; à tous les accablements de la destinée, de la faiblese, de la misère, n’ajoutez pas ce dernier accablement, la dureté de la loi. Vous ajoutez quelques aunes (à la) richesse publique. Mais vous ôtez des âmes à Dieu, des intelligences à la civilisation, des citoyens à l’Etat. »

Amérique Latine et caraïbes : 12.5 millions d’enfants  au travail
source photo

 

 


CAMPAGNE POUR L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT ET L’EMPRISONNEMENT A VIE DES ENFANTS

16.06.16

              * Enfant : moins de 18 ans au moment de la commission de l’infraction

      Considérant qu’un enfant se définit par la capacité relative de discerner, de s’exprimer et de se défendre, les normes internationales de la justice juvénile, largement ratifiées par la plupart des pays du monde, interdisent la peine capitale et l’emprisonnement à vie pour les enfants, quelle que soit la gravité de leurs crimes. Cf. l’Article 37 de la Convention relative aux droits de l’enfant (1989) : « Les États parties veillent à ce que : a) Nul enfant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de dix-huit ans. »

     La condamnation, comme l’exécution de la peine de mort et de l’emprisonnement à vie envers des enfants (au moment de l’infraction) sont illégitimes. Aucune pratique coutumière, à justification religieuse ou autre, ne prévaut sur les conventions et instruments internationaux ratifiés par les États eux-mêmes.
L’action de Vivere renforcera aussi, dans la mesure de ses moyens, les campagnes et coalitions existantes pour l’abolition de la peine de mort et de l’emprisonnement à vie en général, visant à ajouter une expertise et un investissement spécifiques en rapport avec les droits de l’enfant et les normes relatives à la justice pour enfants. Fort de l’apport d’organisations de référence, tels le CRIN
(2) et autres sources d’informations fiables, Vivere s’engage dans cette campagne en concertation permanente avec toutes organisations et instances compétentes.

FAITS ET CHIFFRES

       La peine de mort est encore applicable aux enfants au moins dans 13 pays (1). Parmi eux, certains ne l’appliquent pas et d’autres, qui ont pourtant ratifié les instruments juridiques internationaux, légitiment l’application de cette peine par la prévalence de coutumes, de procédures traditionnelles ou religieuses, sur le droit pénal.
La peine d’emprisonnement à vie est prévue, explicitement ou non, pour les enfants dans plus de 70 pays et ne peut donc, par principe, être considérée comme rare ou exceptionnelle. L’emprisonnement à vie peut être assorti d’une impossibilité de libération mais peut aussi résulter, de facto, d’une indétermination dans la durée de détention. Dans tous les cas l’enfant est susceptible d’être incarcéré à vie.
(…)

  • Arabie Saoudite, Brunei Darussalam, Emirats Arabes Unis, Iran, République Démocratique Populaire du Laos, Malaysie, Maldives, Nigeria, Pakistan, Qatar, Somalia, Tonga, Yemen.
  • Child Rights International Network (CRIN) : https://www.crin.org (Cliquer :“Inhuman sentencing of children“).

                                 OBJECTIF ET RESULTATS ATTENDUS 

      Fin décembre 2022, les pays dont la législation stipule encore la peine capitale et ceux prévoyant l’emprisonnement à vie (avec ou sans possibilité de libération) pour les enfants, auront aboli les articles de loi s’y rapportant, ou les auront explicitement bannis, et pris les dispositions permettant d’en vérifier l’application sur leur territoire.
         

      Dans l’intervalle, Vivere demande un moratoire, avec effet immédiat, sur les sentences de peine capitale ou d’emprisonnement à vie envers des enfants en attente de jugement, comme sur leur application après jugement, non pas comme mesure humanitaire, mais dans la perspective de l’abolition légale, explicite et définitive, de ces peines, en application des instruments juridiques internationaux que ces États ont signés et ratifiés.
Ces peines doivent être remplacées ou commuées en peines et mesures conçues et appliquées en vue de la réintégration de l’enfant dans sa communauté, et en conformité avec l’Article 6 de la Convention des droits de l’enfant : « 
1. Les États parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie.  2. Les États parties assurent dans toute la mesure possible la survie et le développement de l’enfant. »

      Dans chaque pays concerné, Vivere sera à l’écoute des acteurs de la société civile concernés par ces réalités, pour soutenir et renforcer leur action de manière adaptée à chaque contexte spécifique, y compris, si nécessaire, au niveau international. En toutes circonstances, l’action de Vivere sera animée d’un double souci d’efficacité et de sécurité pour les personnes qu’elle soutient ou qui y contribuent.          

      Cette campagne vise ainsi à faire œuvre de justice due aux enfants et aux jeunes dans le monde, face à des peines anachroniques et contraires à la loi.
Elle est animée par un noyau de bénévoles basés en Suisse, qui mettent à profit leurs expériences professionnelles respectives dans la promotion des droits de l’enfant, notamment en référence aux normes et instruments internationaux en matière de justice juvénile, et
dans un esprit de stricte neutralité politique et religieuse.

Aucune force n’est dérisoire dans ce combat pour le droit à la vie et au développement de ces enfants qui risquent la mort ou l’emprisonnement à vie.
Tous les soutiens sont les bienvenus : juridiques, financiers, compétences en réseaux sociaux, en traductions, etc… Vivere cherche à assurer le budget de la première année de fonctionnement, évalué à CHF 8 000.- (Euros 7 200.-).

Pour tout renseignement complémentaire, consulter le site de Vivere :                                 www.vivere.ch  et pour prendre contact écrire à : contact@vivere.ch       
Lausanne, 20 mai 2016

 


%d blogueurs aiment cette page :