Une minute de (résistance en) silence

16.11.15

Ce lundi 16 novembre 2015, à midi, me suis rendu à la librairie Payot (Lausanne – CH), pensant que la minute de silence, en hommage aux centaines de victimes (morts et blessés) des attentats de Paris, serait plus supportable, entouré de rayons rassemblant Lucrèce, Montaigne, Kant, Ibn Khaldoun, Hanna Arendt, Robert Antelm, Camus, Zola, Sénèque, Hugo, Malraux, Gluksmann, Dostoievski, Kundera, Césaire, Klaus Mann, Dürenmatt, Ben Jelloun, Senghor, et tous les autres…

Ai acheté le dernier ouvrage de Roger-Pol Droit :
 » Qu’est-ce qui nous unit «  (Plon)

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Pendant la minute de silence,
retour soudain sur une phrase extraite
de la préface des « Antimémoires »
d’André Malraux :

(…) « Parce que, ayant vécu dans le domaine incertain de l’esprit et de la fiction qui est celui des artistes, puis dans celui du combat et dans celui de l’histoire, ayant connu à vingt ans une Asie dont l’agonie mettait encore en lumière ce que signifiait l’Occident, j’ai rencontré maintes fois, tantôt humbles et tantôt éclatants, ces moments où l’énigme fondamentale de la vie apparaît à chacun de nous comme elle apparaît à presque toutes les femmes devant un visage d’enfant, à presque tous les hommes devant un visage de mort.

Dans toutes les formes de ce qui nous entraîne, dans tout ce que j’ai vu lutter contre l’humiliation, et même en toi, douceur dont on se demande ce que tu fais sur la terre, la vie semblable aux dieux des religions disparues m’apparaît parfois comme le livret d’une musique inconnue ».

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Cours d’économie contemporaine …

11.04.13

 » Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise.
Depuis que je suis petit, c’est comme ça… »

 » Un crédit à long terme,
ça veut dire que moins tu peux payer, plus tu payes. »

« Je vais vous expliquer le principe de base de l’économie :
donne-moi ta montre, et quand tu as besoin de l’heure, moi je te la dis ! »

Coluche

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 » Il faut prendre l’argent là où il est : chez les pauvres. Ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres. « 

Alphonse Allais
 Alphonse Allais , natif de Honfleur .
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 » S’il est périlleux de tremper dans une affaire suspecte, il l’est encore davantage de s’y trouver complice d’un grand : il s’en tire, et vous laisse payer doublement, pour lui et pour vous. « 
Jean de La Bruyère
 
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 » Si d’ordinaire on ne distingue pas capitalisme et économie de marché, c’est que l’un et l’autre ont progressé du même pas, du Moyen- Âge à nos jours, et que l’on a souvent représenté le capitalisme comme le moteur de l’épanouissement du progrès économique. « 

Fernand Braudel
 
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 » Du faible au fort, ce serait voler ;
du fort au faible, c’est seulement s’approprier le bien d’autrui. »

Jean-Jacques Rousseau
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 » C’est une règle de prudence vulgaire, lorsqu’on est parvenu au faîte de la grandeur, de rejeter l’échelle avec laquelle on l’a atteint, afin d’ôter aux autres les moyens d’y monter. »

Friedrich List
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 » Le vrai satellite artificiel, c’est la masse des monnaies flottantes qui encercle la terre de sa ronde orbitale. La monnaie devenue artefact pur, d’une mobilité sidérale, et d’une convertibilité instantanée, a enfin trouvé sa vraie place, plus extraordinaire que le Stock Exchange : ­l’orbite où elle se lève et se couche comme un soleil artificiel. »
Jean Baudrillard
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 » La situation devient sérieuse lorsque l’entreprise n’est plus qu’une bulle d’air dans le tourbillon spéculatif. »

John Maynard Keynes

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 » Les profits sont le sang vital du système économique, l’élixir magique sur lequel repose tout progrès. Mais le sang d’une personne peut être le cancer pour un autre. »

Paul Samuelson

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 » Pourquoi les banquiers n’épousent jamais leur maîtresse ?              
Pour ne pas transformer une action en obligation. « 

http://lewebpedagogique.com/maule64/

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 » Naturellement, ce sont les régimes communistes qui encagent tout et chacun dans un totalitarisme lugubre. Mais le capitalisme lui aussi d’une autre façon, sous d’autres formes, empoigne et asservit les gens. Comment trouver un équilibre humain pour la civilisation, voilà la grande question de ce siècle ! « 

(Charles De Gaulle, « Mémoires d’espoir », entretien avec Michel Droit en juin 1968).


Diamants de poche pour la route…

3.02.13

 » La liberté n’a pas toujours les mains propres,
mais il faut choisir la liberté, »

André Malraux

« Ce que nous rappelle Freud, ce n’est pas le mal,
mais le bien qui entraîne la culpabilité. »

Jacques Lacan

 » Le contraire du mal, ce n’est pas le bien,
mais le sens. »

Théologienne protestante.

 » Qu’y a-t-il dans le vide
qui puisse nous faire peur ? « 

Blaise Pascal

 » La vérité ne triomphe jamais entièrement par elle-même,
mais ses adversaires finissent toujours par mourir. »

Max Planck

 » De toutes les manifestations de la puissance,
la retenue est celle qui frappe le plus les hommes. »

Thucydide

 » L’excuse du mal par le pire serait-elle devenue
un principe de justice ? « 

J.P.Mignard, avocat.

 » Le vrai point de vue sur les choses,
c’est celui de l’opprimé. »

Jean-Paul Sartre.

 » Entre le fort et le faible,
entre le riche et le pauvre,
entre le maître et le serviteur,
c’est la liberté qui opprime
et la loi qui affranchit. »
Lacordaire

 » Le discours conservateur se tient toujours au nom du bon sens. »
Pierre Bourdieu

 » La loi n’a pas tous les droits.  »
Mireille Delmas-Marty

 » Qui vit de combattre un ennemi
a tout intérêt à le laisser en vie. »
Friedrich Nietzsche

 » On ne se définit pas par des racines, mais par des routes. « 
Amin Maalouf

 » L’universel, c’est le local, moins les murs. »
Miguel Toga.

 » A chaque effondrement des preuves,
le poète répond par une salve d’avenir. »
René Char

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Citations extraites librement d’un tout petit livre intitulé
 » Citations à être juste plus humains  »
de Yann Le Pennec

Les bénéfices de la vente de ce petit ouvrage vont à l’association  » Les mots bleus «  qui travaille à l’insertion sociale par l’apprentissage du français.


Le silence, communication éminente…

25.08.12

Extraits libres de l’ouvrage de
Maurice Maeterlinck,
intitulé  » Le trésor des humbles « 

 » Les abeilles ne travaillent que dans l’obscurité, la pensée ne travaille que dans le silence, et la vertu dans le secret. Il ne faut pas croire que la parole serve jamais aux communications véritables entre les êtres. (…)

L’instinct des vérités surhumaines que nous possédons tous nous avertit qu’il est dangereux de se taire avec quelqu’un que l’on désire ne pas connaître ou que l’on n’aime point : car les paroles passent entre les hommes, mais le silence, s’il a eu un moment l’occasion d’être actif, ne s’efface jamais et la vie véritable, la seule qui laisse quelque trace, n’est faite que de silence.(…)


source

S’il vous est donné de descendre un instant en votre âme jusqu’aux profondeurs habitées par les anges, ce qu’avant tout vous vous rappellerez, ce qu’avant tout vous vous rappellerez d’un être aimé profondément, ce n’est pas les paroles qu’il a dites ou les gestes qu’il  faits, mais les silences que vous avez vécus ensemble.(…)

C’est parce qu’aucun de nous n’ignore cette sombre puissance et ses jeux dangereux que nous avons une peur si profonde du silence. Nous supportons à la rigueur le silence isolé, notre propre silence : mais le silence de plusieurs, le silence multiplié et surtout le silence d’une foule est un fardeau surnaturel, dont les âmes les plus fortes redoutent le poids inexplicable.(…)

Il est des êtres qui n’ont pas de silence, et qui tuent le silence autour d’eux ; et ce sont les seules êtres qui passent vraiment inaperçus.(…) Nous ne pouvons nous faire une idée exacte de celui qui ne s’est jamais tu. On dirait que son âme n’a pas eu de visage.(…)

Les âmes se pèsent dans le silence, comme l’or et l’argent se pèsent dans l’eau pure, et les paroles que nous prononçons n’ont de sens que grâce au silence où elles baignent. »


Marcher et lever les yeux…

8.06.12

Peintures murales
dans la presqu’île du centre de Lyon :

Un graffiti sur un mur de Lyon

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Quelques vitraux de l’église de Pérouges
(près de Lyon) :

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Dans une rue de Genève
qui jouxte l’Université (UNI-Mail) :

so what do you mean ?

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Sur le faîte de l’église de Nazaré (Portugal) :

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Sur la porte du bureau d’un collègue de travail :

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La clé de la formation continue …


Ce qui reste quand il ne reste rien ?

17.05.12

Il est des livres reçus en cadeau, mais qui « n’accrochent pas« , malgré de louables efforts…
Puis un jour, à la faveur d’une furie de rangement, on les retrouve, on les feuillette, et subitement… »ça parle… » sans qu’on puisse l’expliquer…
Ce sont parfois des textes qu’il ne faut pas seulement lire, mais ruminer… ce qui est tout le contraire de notre pratique quotidienne de la lecture sur ordinateur, car les mots et leur agencement répondent à une aspiration qui n’est pas éloignée de la poésie, non pas comme exercice de style, mais la poésie – même en prose – qui laboure nos émotions…

Exemple :

Extraits libres de « INCIPIT », de Maurice Bellet
Ed. Desclée de Brouwer – 1992

  » Qu’est-ce qui reste quand il ne reste rien ?  Ceci : que nous soyons humains envers les humains, qu’entre nous demeure l’entre nous qui nous fait hommes.

Car si cela venait à manquer, nous tomberions dans l’abîme (…) de l’inhumain ou du déshumain, le monstrueux chaos de terreur et de violence où tout se défait. Cette mutuelle et primitive reconnaissance, c’est en un sens le banal et l’ordinaire de la vie.

C’est ce qui s’échange dans le travail partagé, dans les gestes simples de tendresse, dans les conversations au contenu peut-être dérisoire, mais où pourtant l’on converse, face à face, présents pour s’entendre.

C’est ce qui subsiste et resurgit dans les situations extrêmes (…) Alors il arrive qu’un presque rien, la lumière d’un visage, la musique d’une voix, le geste offert d’une main, tout d’un coup disent tout.(…)

Parole, primordiale parole où se désigne l’humain de l’humain. Elle peut être sans mots, dans l’aube impalpable du langage. Et si les mots la disent, ils sont chair et esprit, pétris d’une substance qui les exhausse au-dessus du langage ordinaire. (…)

Ce qui sépare l’humain de l’inhumain est ce sans quoi il n’y a pas d’humanité. Ou encore : sans cette primitive donation réciproque, qui donne à chacun visage, voix, nom, nous ne sommes pas.(…)

Cette relation si primitive qu’on ne sait comment la nommer ne repose ponit sur ceci ou cela, c’est tout le reste qui repose sur elle. (…) C’est en amont de ce que nous nommons morale ou éthique, parce qu’avant d’être exigence, c’est donation. C’est en amont du politique qui, sans cette référence, est livré au meurtre. Vertige : tout pour nous repose sur cette pointe insaisissable, naissance d’humanité. En venir là et s’y tenir, c’est tourner la page, c’est sortir des querelles, c’est venir à ce point de fusion où tout ce qui soutenait les grands édifices s’absorbe en ce pur commencement.(…)

A la très humble et infime origine correspond le déploiement que rien ne retient plus.

Que nous est-il arrivé ?

Nous venons de cette modernité qui a voulu sortir des âges obscurs de l’humanité ; son oeuvre a été prodigieuse, nous ne sommes, nous en vivons. Mais qu’advient-il dans l’aventure, de cet infime ce-sans-quoi nous ne sommes pas ? (…)

Les idées, projets, institutions sur lesquels on faisait fond révèlent leur fragilité, ou pire : leur complicité obscure avec ce qui nous détruit. (…) C’est comme si, par-dessous ce que nous avons bâti, se faisait entendre l’étrange ébranlement ; comme si l’abîme menaçait de s’ouvrir sous le sol où nous marchons encore. (…) Mais nous garderons assez confiance pour laisser s’éveiller tout l’arrière-fond de ce que nous sommes, nous ne craindrons pas l’humanité qui nous habite. (….)

Tout ce que l’homme moderne posait en face du religieux, du côté de la raison, science, révolution, etc., part dans le même mouvement qui emportait ces vieux édifices de la croyance. Défaire les appuis ! (…) Mais du coup, le mouvement s’inverse. De ce point tout surgit. (…) Il n’y a rien à ajouter à cet infime et pur commencement ; surtout pas ce qui fonderait, justifierait, expliquerait, etc. (…) Il est bien vrai que mettre cette humanité au principe de l’homme, c’est affronter, c’est faire se lever tout ce qui, parmi nous, n’en veut pas. Cet homme est dans le singulier – pas dans l’abstraction. Il est dans la venue à rencontre – pas dans ce que nous nommons histoire. (…)

Tout ce qui a paru de l’irrépressible présence (…) n’est pas à part et ne met pas à part. Il ne peut être que ce qui rend tout homme proche. Pas un universel surplombant et triomphant – celui-là exclut plus férocement que tout – mais l’hospitalité infinie (…)

S’il y a séparation, ce ne peut être qu’avec ce qui tue, avec le meurtre. Et le meurtre est partout où, de quelque façon, l’homme est meurtri, et spécialement en ce qui lui est si précieux : sa façon précisément d’être homme, de se supporter d’être humain. (…)

L’amour peut devenir prétexte aux pires intolérances – il a tous les droits puisqu’il aime. Et on sait ce qu’on a pu faire du Dieu d’amour.

Tout devrait aller, ici, vers cette naissance d’humanité, sans cesse commençante par-delà la tristesse et la mort, qui est le déploiement de toutes les puissances de l’être humain, et de chaque être humain dans sa différence singulière. Or sans cesse, tout est repris par la pesanteur, se dépose en lourdeurs, dans les chemins usés ; ou même dévie et se détourne. (…)

Mais ce qui demeure la loi et le principe critique en tout ce déploiement, c’est ce très humble commencement où l’homme reconnaît en l’homme son proche.(…)

C’est pourquoi toujours il est nécessaire de repasser par l’origine ; et c’est à quoi doit s’employer ce moment si capital de nos vies, le moment par excellence gratuit et inutile, être tournés par là, sans rien prétendre, sans vouloir et sans pensée, seulement libres dans le don qui nous donne d’être.

Quant à la façon, chacun verra. « 


Eloge de la lecture

12.12.11

Extrait lu lors de l’émission « L’esprit Public »
de Philippe MEYER sur France Culture,
le 4 décembre 2011

« La littérature élargit notre être en nous introduisant à des expériences qui ne nous sont pas propres. Celles-ci peuvent être belles, terribles, impressionnantes, excitantes, pathétiques, comiques, ou simplement piquantes. La littérature nous donne accès à elles toutes.

Ceux d’entre nous qui ont été de vrais lecteurs toute leur vie réalisent rarement de façon plénière cette énorme extension de leur être qu’ils doivent aux auteurs. Nous en prenons mieux la mesure quand nous bavardons avec un ami qui ne lit guère. Il peut être plein de bonnes qualités et de bon sens, mais il habite un monde étriqué, un monde dans lequel nous aurions du mal à respirer.

L’homme qui se contente de n’être que lui-même, et dont l’individualité se trouve donc rétrécie, vit dans une prison. Mes seuls yeux ne me suffisent pas… Même les yeux de toute l’humanité ne me suffisent pas.

Je regrette que les bêtes n’écrivent pas. Comme je serais heureux de savoir quel visage ont les choses pour une souris ou pour une abeille, et je serais encore plus heureux de percevoir l’univers olfactif chargé de toutes les informations et émotions que connaît un chien.

Quand je lis de la bonne littérature, je deviens mille autres hommes tout en restant moi-même. Comme le ciel nocturne d’un poème grec, je regarde avec une myriade d’yeux, mais c’est encore moi qui regarde.
Ici, tout comme dans la prière, dans l’amour, dans l’action morale, dans le savoir, je me transcende, et c’est quand je me transcende que je deviens vraiment moi-même. ».

Clive Staple Lewis,
Surpris par la joie

(cité par Simon Leys)


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