Rob Lawrie : quelles leçons apprises ?

24.01.16

Nul ne doute, sur le plan humain, de la sincérité ni de la légitimité du geste de l’ancien militaire britannique Rob Lawrie, qui a cédé à la pression d’un père afghan, réfugié près de Calais, qui le suppliait d’emmener sa fille chez d’autres membres de sa famille déjà installés à proximité de son domicile en Angleterre.

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Mais certaines réactions publiques de différentes personnalités – tout aussi honorables – nous amènent cependant à une certaine prudence : dans le passé, plusieurs situations d’urgence humanitaire dramatique ont aussi été l’occasion de gestes spontanés  de sauvetages d’enfants, soit par des personnes à titre individuel, soit par des associations, y compris des ONG.

On rappellera l’avion de l’épouse d’un ancien président italien qui avait convoyé, en 1994, après le génocide, une bonne centaine d’enfants du Rwanda pour adoption en Italie.
Ou encore l’opération-commando, en 2004, d’un groupe de religieux américains qui avaient emmené une trentaine d’enfants que leurs parents suppliaient de les évacuer de Haîti « pour leur donner un avenir« , après le tremblement de terre. Ces religieux  ont été arrêté à l’aéroport de Port-au-Prince pour « enlèvement d’enfants ».

Mais la question fondamentale posée reste la suivante : comment peut-on concilier le secours immédiat d’un être humain en détresse, et éviter ainsi la « non-assistance à personne en danger »  avec la célérité nécessaire, sans pour autant être poursuivi pour enlèvement, voire trafic d’enfants ?

C’est là que des décennies d’expérience de l’action humanitaire nous permettent de penser ceci :
La France est le pays d’origine de quantité d’ONG humanitaires capables de répondre à des situations d’urgence de réfugiés dans le monde entier et dans les 48 heures… avec les compétences et les moyens appropriés, et en se coordonnant en bonne intelligence.

A Calais et alentour, de milliers de réfugiés pataugent nuit et jour dans la boue avec des centaines d’enfants depuis des mois, en plein hiver…
Alors que ces mêmes gouvernements subventionnent des centaines d’ONG pour des actions humanitaires d’ugences au-delà de 5 000 kms, on découvre avec effarement qu’il est impossible d’organiser un camp de 2 500 personnes à Calais.
Plusieurs ONG font ce qu’elles peuvent, et même si le gouvernement vient de faire installer des appartements-containers pour 250 familles… on a l’impression – minable – après plusieurs mois, qu’il est beaucoup plus simple de coordonner une action conjointe Gouvernement-ONG (parfois même avec l’aide logistique de l’armée) à plus de 5 000 kms que sur territoire français, à 300 kms de Paris …
«  Orbi « , oui peut-être, mais sûrement pas  » urbi « …

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Quant au destin des enfants, dans le cas précis, cette fillette a de la famille en Angleterre : il eût été élémentaire d’imaginer que des procédures juridiquement acceptables, sinon totalement légales, puissent être facilitées pour des regroupememts familiaux de ce type, y compris avec le père.

Pourquoi les enfants n’auraient-ils pas le droit au regroupement familial avec leurs parents ? Parce que les enfants n’ont pas les moyens de protester, ni de se plaindre sur BFM-TV ?
Cela sert à quoi d’avoir en permanence le discours, à longueur de buzz médiatiques, sur l » intérêt supérieur de l’enfant « , si on n’est pas fichu de résoudre un cas comme celui de cette fillette ? L’acte individuel de Rob Lawrie est respectable – d’autant qu’il a reconnu de lui-même avoir commis une erreur : il a eu le mérite d’attirer l’attention publique sur ce type de situation : rien que pour cela, il doit être remercié.

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Ce qui précède n’est-il qu’une perspective humanitaire, une surenchère juridique de plus provenant d’ONG militantes irresponsables ?
Non, il suffit de lire le jugement d’un tribunal britannique dont « Le Monde  » du 22 janvier (page 3) :

 » La décision rendue mercredi 20 janvier par le tribunal de l’immigration et de l’asile de Londres pourrait faire jurisprudence. (…) Le jugement, qui allègue le non-fonctionnement des règles européennes sur l’asile, pourrait accroître la pression sur la frontière.(…) Le tribunal était saisi par quatre jeunes demandeurs d’asile syrien (dont 3 mineurs), dont deux souffraient de stress post-traumatiques. Mettant en avant les « intolérables » conditions de vie dans le camp de fortune de Calais et la présence de membres de leurs familles au Royaume-Uni, leur avocat a obtenu un jugement ordonnant leur droit immédiat à être admis sur le sol britannique pour y formuler une demande d’asile auprès du Home Office. La décision s’appuie sur l’article de la Convention européenne des droits de l’homme, dont l’article 8 protège le droit de toute personne au respect de « sa vie privée et familiale. »(…) Les juges ont estimé qu’un document écrit montrant qu’ils avaient effectivement demandé l’asile en France suffisait à prouver leur demande de protection. « 

Autrement dit, la Convention de Dublin permettait de justifier le refus du Royaume-Uni parce que la première demande d’asile avait été déposée en France… Les juges ont estimé que la demande de protection n’était donc pas honorée par la France et qu’il fallait donc admettre leur arrivée dans leur famille déjà présente Outre-Manche…

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PS : Pour être complet, on pourrait ajouter, à l’adresse du tribunal britannique, qu’il aurait pu aussi faire valoir la Convention relative aux droits de l’enfant ratifiée par le Royaume-Uni stipule, en ce qui concerne les mineurs, dans son Article 22

1. Les Etats parties prennent les mesures appropriées pour qu’un enfant qui cherche à obtenir le statut de réfugié ou qui est considéré comme réfugié en vertu des règles et procédures du droit international ou national applicable, qu’il soit seul ou accompagné de ses père et mère ou de toute autre personne, bénéficie de la protection et de l’assistance humanitaire voulues pour lui permettre de jouir des droits que lui reconnaissent la présente Convention et les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ou de caractère humanitaire auxquels lesdits Etats sont parties.

2. A cette fin, les Etats parties collaborent, selon qu’ils le jugent nécessaire, à tous les efforts faits par l’Organisation des Nations Unies et les autres organisations intergouvernementales ou non gouvernementales compétentes collaborant avec l’Organisation des Nations Unies pour protéger et aider les enfants qui se trouvent en pareille situation et pour rechercher les père et mère ou autres membres de la famille de tout enfant réfugié en vue d’obtenir les renseignements nécessaires pour le réunir à sa famille. Lorsque ni le père, ni la mère, ni aucun autre membre de la famille ne peut être retrouvé, l’enfant se voit accorder, selon les principes énoncés dans la présente Convention, la même protection que tout autre enfant définitivement ou temporairement privé de son milieu familial pour quelque raison que ce soit. »


Humanité et bon sens

14.01.16

Dans le fatras des positions, des analyses et des postures, en relation avec les attentats terroristes de janvier et novembre 2015, il est des petits paragraphes qui brillent soudain comme des petit diamants d’humanité et de bon sens.

Comme ces extraits d’une chronique écrite par Véronique Nahoum-Grappe dans la revue « Esprit » No 421 de janvier 2016 (pages 16 et 17) :

(…)  » L’enseignement premier et minimal pour moi serait la prise en compte, par la vérité de l’imagination, des espaces sur la planète, en Syrie par exemple, où ces crimes contre les civils sont tels et tellement répétés qu’il est impossible de poser des bougies, de penser le deuil, d’envelopper les victimes survivantes de soin et de compétence affective et psychologique. Une société suffisamment bonne se rassemble autour des corps des morts et du coeur des survivants parce qu’elle est en paix et qu’elle jouit d’un espace de tranquillité où des bougies peuvent diffuser leur lumière de lune sur une place publique.
Lorsque des attentats meurtriers contre des civils se produisent tout le temps dans les villes en guerre, que, pour des raisons historiques, les cimetières sont ravagés et que les bougies s’éteignent vite, le charnier est la réponse : les solitudes s’accroissent dans l’ornière de leur propre malheur, les souffrances physiques rendent fou et poignardent, leur masque hurlant trahit l’expression des souffrances morales et politiques.
Au moins, offrons un accueil digne à ceux qui fuient cela au péril de leur vie. Au troisième attentat, combien de Parisiens se poseront la question de partir ?
(…)
Ce matin-là (30 novembre) l’église St Germain des Près à Paris est tellement pleine de monde qu’elle déborde de partout.(…) Parce qu’il s’agit d’un ami qui a perdu sa deuxième fille, 35 ans, j’assiste aux obsèques de trois personnes.(…)
La cérémonie trouve une définition pour l’ethnologue, un chemin possible quand il n’y en a plus et que les contours se sont évanouis. Et puis des lignes mélodiques envahissent tout cela et parfois viennent percer le bouclier secret. Il y a des voix, des chants qui entrent partout, dans les arrière-cours encore planquées, les recoins d’enfance oubliés. Elles sont comme des aiguilles de miel et de feu qui se saisissent d’un vivant, et le jettent par la fenêtre hors de tout cadre, au-dessus du vide de tout ce que l’on a jamais compris. Pendant cette cérémonie, j’ai eu le sentiment que ce qu’il y a d’inconsolable dans le malheur pouvait échapper à  » la nuit des temps  » grâce à la musique. »

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Une minute de (résistance en) silence

16.11.15

Ce lundi 16 novembre 2015, à midi, me suis rendu à la librairie Payot (Lausanne – CH), pensant que la minute de silence, en hommage aux centaines de victimes (morts et blessés) des attentats de Paris, serait plus supportable, entouré de rayons rassemblant Lucrèce, Montaigne, Kant, Ibn Khaldoun, Hanna Arendt, Robert Antelm, Camus, Zola, Sénèque, Hugo, Malraux, Gluksmann, Dostoievski, Kundera, Césaire, Klaus Mann, Dürenmatt, Ben Jelloun, Senghor, et tous les autres…

Ai acheté le dernier ouvrage de Roger-Pol Droit :
 » Qu’est-ce qui nous unit «  (Plon)

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Pendant la minute de silence,
retour soudain sur une phrase extraite
de la préface des « Antimémoires »
d’André Malraux :

(…) « Parce que, ayant vécu dans le domaine incertain de l’esprit et de la fiction qui est celui des artistes, puis dans celui du combat et dans celui de l’histoire, ayant connu à vingt ans une Asie dont l’agonie mettait encore en lumière ce que signifiait l’Occident, j’ai rencontré maintes fois, tantôt humbles et tantôt éclatants, ces moments où l’énigme fondamentale de la vie apparaît à chacun de nous comme elle apparaît à presque toutes les femmes devant un visage d’enfant, à presque tous les hommes devant un visage de mort.

Dans toutes les formes de ce qui nous entraîne, dans tout ce que j’ai vu lutter contre l’humiliation, et même en toi, douceur dont on se demande ce que tu fais sur la terre, la vie semblable aux dieux des religions disparues m’apparaît parfois comme le livret d’une musique inconnue ».

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Donc en guerre – mais surtout en résistance…

15.11.15

Les agressions et massacres revendiqués par Daesh à Paris, ce vendredi 13.11.15, nous convainquent – avec quelle violence ! – que nous sommes en guerre. Nous, c’est chacun-e d’entre nous, qui aurions pu fêter un anniversaire à la terrasse du Bar « Le Carillon », ce vendredi 13.11.2015 vers 22 heures….

En guerre oui, pour se défendre, mais contre qui ?
Contre la barbarie – sans hésitation, ni compromission, ni état d’âme – mais pas en guerre contre l’Islam. Si nous faisions de cette tragédie une guerre contre l’Islam, c’est céder du terrain à l’ennemi, en lui concédant qu’il s’agit bien d’un guerre de civilisation.

Xavier Raufer, criminologue, disait le 15.11.15 sur France Info qu’en réalité, personne ne sait exactement ce qui se cache derrière Daesh et son Califat. Il est possible – voire probable – que ce terrorisme, à répétition désormais hebdomadaire sur l’ensemble de la planète, ne soit d’inspiration religieuse que pour son drapeau, pour sa communication sur internet (y compris ses revendications invérifiables d’attentats) et ainsi recruter quelques milliers de paumés psychiatriques.

Ne serait-ce que pour nous défendre, nous n’avons pas d’autre pouvoir que de le déléguer aux élus, aux  militaires professionnels et aux services de renseignement.
Mais la situation n’entraîne pas seulement d’entrer en guerre, mais elle exige surtout d’entrer en résistance.
En résistance … pour maintenir les valeurs qui fondent notre vie collective, que les terroristes veulent détruire. Et cette résistance, c’est l’affaire – et le pouvoir – de chacune et chacun d’entre nous, pour maintenir allumée cette petite flamme de la conscience des droits humains fondamentaux, qui survit, même dans le tunnel de la guerre.

« Savoir craindre, c’est penser. Tenir c’est faire front »  disait le regretté André Gluksmann.
Et comme disait (qui ?) :  » La vérité ne meurt jamais, mais elle mène une existence misérable. »
Notre Histoire regorge de situations où des hommes et des femmes, même les plus anonymes, ont maintenu cette flamme dans les pires tempêtes. Il n’est nul besoin d’avoir fait l’Ecole Polytechnique pour avoir, ne serait-ce que l’intuition, même fragile, de chemins de la liberté et de la justice.

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Modestement, mais il se trouve que l’Abrincate a assisté, à Genève (CH)à la cérémonie annuelle de remise des Prix des Droits de l’homme par la Fondation Martin Ennals. Les trois nominés pour le Prix ont fait chaun-e l’objet d’un petit film de 10 minutes – et ces 3 témoignages méritent d’être écoutés :

Lien sur le site : http://www.martinennalsaward.org/index.php?lang=fr
Sur la page d’accueil du site, il faut aller à la deuxième vidéo (celle où l’on a une vue d’ensemble de la salle de remise des prix) :

Madame Asmaou DIALLO (Guinée) :
de 0h 24mn 50 sec à 0h 35 mn 06 sec
Monsieur Robert SANN AUNG (Birmanie) :
de 0h 42 mn 30 sec à 0h 54 mn
Monsieur Ahmed MANSOOR (Emirats Arabes Unis) – Premier Prix :
de 1 h 15 mn à 1 h 23 mn

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Un moment très émouvant : vendredi soir à Washington (USA), un groupe d’une vingtaine de jeunes, réuni en cercle autour de quelques bougies, a entamé une « Marseillaise » chantée avec une douceur infinie, une « presque-discrétion », sans spectateurs, pour eux-mêmes en tant que petit groupe qui a voulu en s’isolant exprimer la force du lien de solidarité qui les unit à la nation française – et comme le disait De Gaulle, ce chant (ce cri ?) « venait du fond des âges« …

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Voir sur le lien de France 2 :  Journal de 13 h le samedi 14.11.15
http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_13h_,131967021.html
(aller directement à la minute 01 h 05 mn – Attention : l’extrait dure moins de 15 secondes mais il n’en est pas moins bouleversant)

 

 


Kader ATTIA, artiste « incarné »

18.07.15

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Cet été 2015 s’est tenu, à Lausanne, au Musée des beaux-Arts, une exposition de l’artiste franco-algérien Kader ATTIA, dont il peut apparaître prétentieux, voire pompeux, de lui affubler l’adjectif « incarné »… Et pourtant, dans la litanie des expositions d’art contemporain, l’abstraction est telle qu’on se demande parfois si l’artiste existe.

Kader ATTIA, lui, existe bien, et nul mieux que le journaliste Philippe Dagens ne décrit (« Le Monde » du 16.07.15 – p.20) le saisissement et l’émotion que l’on éprouve en s’imprégnant de cette exposition  :

« Allégorique est l’installation « Asesinos! Asesinos! « faite d’une centaine de portes récupérées. Chacune a été sciée en deux dans le sens de la longueur et les moitiés réunies par une charnière, de sorte qu’elles tiennent debout en triangle. Il y a de portes plutôt nobles, d’autres lamentables, des vernies et des écaillées. Au sommet du triangle, un porte-voix ou un mégaphone est fixé. Aucun son n’en sort. Cette foule, tassée dans un espace à peine suffisant, paraît s’avancer en silence. La langue du titre donne à penser que ce pourrait être un cortège des  » folles de la place de Mai  » en Argentine ou d’autres victimes de dictatures latino-américaines. Le principal n’est pas là, mais dans la monumentalité oppressante et le mutisme du dispositif scénique. »


Etait-ce cela, l’objectif de l’Union Européenne ?

8.07.15

Si vous avez compris le problème posé par la Grèce, c’est qu’on vous a mal expliqué…

Il n’est pas exclu que les choses soient plus simples qu’il n’y paraisse.
Il semble que peu importe que l’économie d’un peuple membre de l’UE s’effondre, si les règles du « système » sont respectées. Peu importe que le plus grand hôpital d’Athènes  commence à connaître des pénuries.
Sans se poser la question de savoir pourquoi le « système » de la construction européenne (s’il y en a un…) permet – et veut – qu’un peuple soit laissé ainsi à l’abandon. Est-ce un objectif de la construction de l’Union Européenne ?
Peut-être que le gouvernement Tsipras est nul, mais que valaient (et qui a « arrosé » pendant des décennies) les gouvernants grecs précédents ?

Toujours est-il que si les majorités des peuples allemand et grec se méprisent copieusement, on apprend … »la fuite croissante des dépôts (bancaires) qui, depuis 2010, (s’élève) à plus de 100 milliards, (qui) seraient partis vers l’étranger, en particulier vers l’Allemagne « . (« Le Monde – 7.07.15 – page 7 –  article signé Anne Michel).

De plus ce jour, on apprend (8-07-15) que « La Croix-Rouge allemande est prête à apporter rapidement une aide humanitaire à la Grèce, en état d’urgence financière, et qui rencontre déjà des «difficultés dans les soins médicaux», selon le porte-parole de l’organisation, Dieter Schütz.

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Même si on ne comprend plus rien, on retiendra cependant le proverbe iranien :  » L’argent c’est comme la fumée de cigarettes, ça monte toujours et ne redescend jamais « .

Quelques effluves de vents mauvais répandent aussi des odeurs de vautours chez les traders, boursicoteurs, spéculateurs et autres bandits manchots en tous genres, avec des propos du genre « plus le chaos sera grand, plus on s’enrichira« . La stratégie du choc, ou celle du  » chaos créatif  » … On va finir par croire que Mélenchon a raison…

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On se rappellera que « T.I.N.A » était le petit nom de Margaret Thatcher ; « There Is No Alternative »- Or, précisément, dans cette cacophonie médiatique hyper-saturée, on a aussi pu entendre une petite voix d’une femme originaire de l’ex-Allemagne de l’Est qui disait : « On a grandi et vécu sous le régime communiste qui ne cessait de nous dire qu’il n’y avait pas d’alternative au régime. Le communisme s’est effondré, et maintenant c’est Bruxelles qui vient nous dire qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité… Si on s’est libéré du communisme, c’est bien en adhérant aux soi-disant « valeurs » d’un régime démocratique, comme une des conditions de la prospérité, dans lequel c’est le peuple qui choisit souverainement. Il devrait donc toujours y avoir des options, des alternatives, non ? « 

« Bruxelles 2015 » = « Moscou les années 50  » ?
« Hôpital public est-allemand en 1950″ = Hôpital d’Athènes en 2015 » ?


Guerre de civilisations ?

1.07.15

 » Dans le désert, les mots ont des contours nets  » disait Lawrence d’Arabie.

Nul ne doute de la détermination du Premier Ministre français, Mr Manuel VALLS, à combattre le terrorisme. Mais il ajoute, le dimanche 28 juin, lors de l’émission « Le Grand Rendez-vous » d’Europe 1 : « Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons », a déclaré M. Valls.

Ce n’est pas faire un procès d’intention à Mr Valls de dire que la civilisation est précisément le contraire de la guerre, et qu’il s’agit donc d’une guerre de toutes les civilisations (c’est à dire 99.9 % de l’humanité) contre la barbarie. L’ennemi n’est pas l’Islam (ce qu’il confirme dans la suite de l’entretien), mais en utilisant l’expression « guerre des civilisations », il prête le flanc à l’interprétation de l’ennemi, qui ne cesse de proclamer stupidement sa « guerre contre les croisés« .

Oui, les mots ont des contours nets : il s’agit bien d’une guerre des civilisations contre la barbarie..

Il est clair que de nombreuses guerres, dans l’histoire de l’humanité, ont voulu affirmer et imposer un civilisation sur une autre – ou sur toutes les autres – mais le XX ème siècle ayant conduit ce raisonnement à ses conséquences extrêmes, il faut désormais refuser, au XXI ème siècle, d’entrer dans un discours symétrique contre la barbarie d’une bande de tueurs.
Il faut résolument réduire et annihiler cette barbarie, mais pas au nom d’une civilisation contre une autre : en quoi les comportements de l’Etat Islamique ou de Boko Haram vis à vis des populations, des sites historiques, etc, sont-ils l’expression d’une civilisation ?
99,99% des musulmans du monde condamnent ces comportements et sont tout aussi horrifiés.

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Dans le Dictionnaire Robert en 9 volumes, page 848 :

 » BARBARIE : Manque de civilisation, état d’un peuple non civilisé. »

 


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